Selon une information du site RDS, Tennis Canada a décidé de mettre à pied ce lundi 20 avril 70% de ses 120 employés permanents (40% à long terme, 30 % de façon temporaire).

« Autant d’employés qui perdent leur emploi, c’est une journée noire pour Tennis Canada. (…) Le Canada avait le vent dans les voiles. On a pris un sacré coup », regrette Louis Borfiga, responsable du développement de l’Élite au sein de la Fédération.

« Pour garder notre organisation à flot et pouvoir espérer retomber sur nos pieds le plus rapidement possible, il fallait prendre ces mesures. » explique Eugène Lapierre, directeur du tournoi de Montréal.

La non-organisation des tournois de Montréal et Toronto représente une perte financière de 25 millions de dollars. Les mesures prises par la Fédération canadienne permettent de limiter cette perte à 17 millions.

Les conséquences risquent d'être très importantes en matière de formation chez les jeunes spécifiquement. Simon Larose, entraîneur national du programme féminin, a été remercié. L'aide vis-à-vis des joueurs âgés de plus de 18 ans (les joueurs dit « de transition ») a été suspendue. Elle concerne notamment Filip Peliwo (26 ans, ancien vainqueur de Wimbledon junior et aujourd'hui 339ème mondial) et Brayden Schnur (24 ans, 177ème mondial et 92ème mondial à son meilleur classement) dont l’entraîneur Frédéric Niemeyer fait partie des coachs remerciés.

« On continue notre mission de développement, ce n’est pas comme si le Canada avait mis une croix dessus. Mais les conditions vont être différentes » explique Sylvain Bruneau, entraîneur de Bianca Andreescu, qui travaille en étroite collaboration avec Tennis Canada.

Leylah Fernandez, grande espoir du tennis canadien, continuera à bénéficier d'aides. « Comme elle a moins de 18 ans et qu’elle n’a pas encore les moyens financiers de s’assumer, elle aura un bon programme et une bonne aide » indique  Louis Borfiga.

Anticipant ces durs changements, Tennis Canada a demandé il y a un mois à Félix Auger-Aliassime et Bianca Andreescu, qui bénéficiaient d'aides de la Fédération, d'assumer entièrement leurs frais d’entraîneurs.

Malgré les temps difficiles qui s'annoncent, la Fédération essaye de positiver. Le tennis canadien a le vent en poupe et espère tirer parti de ces espoirs très prometteurs sur le circuit pour remettre les différentes structures sur les bons rails dans les années à venir.

« 94% de ce que nous investissons dans le développement du tennis dans notre pays provient de ce qui est généré par la Coupe Rogers, » a déclaré Michael Downey, le Président de Tennis Canada.

La Coupe Rogers est le plus grand rendez-vous tennistique de l'année au pays de l'érable. Chaque saison, au cœur du mois d'août, le monde de la petite balle jaune se réunit à Toronto et Montréal.

Voilà pourquoi le tennis canadien risque d’être l’une des principales victimes de cette crise sanitaire. Au même titre que le tennis français est dépendant à 85% de Roland Garros, la Fédération Canadienne tire la quasi-totalité de ses revenus de la Coupe Rogers. Suite au report de Roland Garros, en anticipant une éventuelle annulation, la FFT a décidé de verser 35 millions d'euros aux clubs affiliés, acteurs et partenaires du tennis français. Les acteurs du tennis canadien attendent un geste financier. Le Canada, emmené par Louis Borfiga, est actuellement l'un des meilleurs pays en terme de formation. Les duos Auger/Shapovalov chez les garçons et Andreescu/Fernandez chez les filles sont là pour le prouver.

Pour en savoir plus sur la dépendance du tennis français envers Roland Garros
https://tennisbreaknews.com/2020/03/19/le-report-de-roland-garros-une-bonne-nouvelle-pour-le-tennis-francais/

Le tournoi WTA qui devait réunir les joueuses à Montréal en août a déjà été enlevé du calendrier suite à la décision du gouvernement québécois d’annuler tous les événements sportifs et culturels jusqu’au 31 août prochain.

Le tournoi masculin qui doit lui se tenir à Toronto est en suspens mais a peu de chance de se tenir. Une décision sera prise au plus tard le 1er juin.

« Ça va être une année très difficile (…) Nous sommes conscients qu'il y aura une restructuration des effectifs dans notre organisation, il y aura beaucoup de gens qui seront sans emploi, surtout si le Masters 1000 de Toronto est également annulé. »

« Nous n'allons pas pouvoir investir au même niveau que nous l'avons fait ces dernières saisons. J'estime que nous perdrons bien plus de 10 millions de dollars si les deux tournois sont annulés, j'espère que le gouvernement pourra nous aider. »

« Nous sommes l'une des fédérations les plus autosuffisantes au monde puisque nous n'avons presque pas d'aide gouvernementale, mais cette situation nous laisse dans une position de grande vulnérabilité », conclut le Président de la Fédération Canadienne.

Source
http://www.puntodebreak.com/2020/04/14/tenis-canadiense-borde-del-abismo-financiamos-94-rogers-cup
https://www.rds.ca/tennis/journee-noire-pour-tennis-canada-1.7423259