Comme attendu, Dominic Thiem ne s'est pas fait que des amis avec ses propos d'avant-hier auprès de la presse autrichienne, même si les extraits de ce qu'il a déclaré ont parfois été pris hors contexte...

A l'origine de cette déclaration, un journaliste du site Kronesport [1] lui avait relaté lors d'un live vidéo la réaction de John Millman qui regrettait qu'il ait fallu attendre une pandémie mondiale pour constater que des joueurs mal classés se débattaient avec de nombreuses difficultés financières.

C'est sur ce sujet que Dominic Thiem a déclaré : « Tous les joueurs qui sont aujourd'hui au top du classement ont dû se battre pour arriver là où ils sont. Pour être tout à fait honnête, aucun de ces joueurs de tennis mal classés ne lutte pour survivre, aucun d'entre eux ne va mourir de faim. Je connais bien les tournois Futures moi-même car j'y ai joué pendant deux ans. Il y a beaucoup de joueurs qui ne donnent pas leur vie entière au tennis, qui ne sont pas si professionnels ou du moins, ne se consacrent pas à ce sport de la manière la plus professionnelle qui soit. Je ne vois pas pourquoi je devrais leur donner de l'argent. Pour être franc, je préfère donner à des gens ou des institutions qui en ont vraiment besoin. Aucun métier au monde ne vous garantit du succès et un haut niveau de revenu. »

Des déclarations qui ont le mérite d'être franches et qui ont forcément fait réagir. Pas toujours négativement.

Sven Groeneveld, ancien coach de Maria Sharapova, a indiqué qu'il était « ridicule de penser que les joueurs devraient aider d'autres joueurs » et attend de voir comment la WTA, ATP  et l'ITF va se positionner.

Dustin Brown a évoqué sur son profil Twitter tous les sacrifices qu'il avait accomplis pour devenir joueur professionnel. "Quand j'ai commencé en 2004, je vivais dans un camping-car, je survivais de semaine en semaine avec le peu d'argent que je gagnais. Une défaite au 1er tour d'un tournoi à 10 000 dollars, c'était 117,50 dollars moins les taxes. A cause de ça, je cordais aussi des raquettes pour les autres joueurs. 5 euros à chaque fois. Si la situation actuelle s'était produite à ce moment-là, je n'aurais jamais percé au plus haut niveau. Cela m'aurait empêché de faire carrière. Je cordais même les raquettes de mes adversaires. S'ils me faisaient confiance, ils m'en offraient.. »

Tara Moore, 447eme joueuse mondiale, a regretté les propos du n°3 mondial : « Malheureusement, c'est ce que pensent certains des joueurs les mieux classés. Parmi les joueurs moins bien classés, certains sont  incapables d'acheter de la nourriture ou d'obtenir des soins médicaux. Ils ont essentiellement perdu leur emploi aussi et si Thiem veut un retour de ce sport en bonne et due forme, il devrait comprendre ce désespoir. Il y a peut-être un futur champion du Grand Chelem classé hors 500 qui ne reviendra pas à la suite de cette crise. Il y a des joueurs dont les membres de la famille sont malades et leur seul revenu est le tennis (coaching, matchs en club) ».

D'autres joueurs ont préféré prendre un peu de hauteur sur ce sujet, comme Illya Marchenko, ancien 49ème joueur mondial : « Quoi qu'il en soit, je pense que nous devrions plutôt réparer ce système au lieu d'accomplir ce genre d'actions caritatives. Les joueurs devraient obtenir ce qu'ils méritent. Et nous méritons bien plus que ce que nous obtenons en ce moment. Oui, avec des joueurs moins bien classés, on obtient ni sponsors ni spectateurs, mais sans eux, le tennis n'existerait pas. »

Dans l'émission du 2 mai avec Grégoire Barrère, Rodolphe Gilbert, Florent Serra et Franck Boucher, nous sommes revenus sur les propos de l'Autrichien.


[1]https://www.krone.at/2142873