Pendant le confinement, le chaîne ESPN en Argentine comble l'absence de compétitions sportives en retransmettant les grands matchs du tennis argentin.

Il y a quelques jours, c'est ainsi la victoire de Nalbandian aux Masters ATP Finals de Shanghai en 2005 contre Roger Federer qui a été rediffusée, au grand plaisir de l'ancien n°3 mondial, qui a pu revoir son match pour la première fois, comme il l'a avoué lors d'un live Instagram organisé par le site ViaCordoba cette semaine. « C'était génial, du premier au dernier point. J'étais détendu parce que normalement avec mon classement, je ne devais pas participer aux Masters. Cette semaine était incroyable [1]».

Petit retour en arrière. En novembre 2005, David Nalbandian termine sa saison à la 12ème place mondiale. Il va alors profiter d'un jeu de domino pour rentrer dans le tableau du dernier événement de l'année qui réunit sur le papier les huit meilleurs joueurs du monde sur l'année écoulée. Mais Lleyton Hewitt va d'abord faire l'impasse sur le tournoi, sa femme devant accoucher de son premier enfant. Gaston Gaudio le remplace alors. C'est ensuite Andy Roddick, qui déclare forfait pour une blessure au dos. David Nalbandian est en train de préparer son sac pour partir à la pêche vers le Río Pico en Argentine lorsqu'il apprend la nouvelle. « S'ils m'avaient appelé un jour plus tard, ils n'auraient pas réussi à me retrouver, parce que j'allais pêcher dans un endroit sans aucun réseau, sans téléphone, rien. ». L'Argentin prend l'avion le lendemain soir pour Shanghai. Quatre jours plus tard, il doit jouer son premier match contre Roger Federer. Il demande aux organisateurs de programmer le match tôt car il sait qu'il va en soirée subir de plein fouet le contrecoup du décalage horaire. « Je n'ai jamais eu de difficultés à m'adapter à un changement de surface, mais ce n'était pas le cas pour le changement d'heure. En Europe, à 4 ou 5 heures d'intervalles, je m'en sortais. Mais à Shanghai, c'était la folie. Je me levais à 5 heures et demi du matin et à 16h, c'était comme si on me tirait dessus !». Accompagné par sa mère et sa compagne en Chine, l'Argentin perd son premier match en trois sets contre le Suisse. Mais ce n'est que partie remise...

En effet, David Nalbandian a pris confiance, s'inclinant après un match serré (6-3/2-6/6-4), alors même qu'il a abordé le tournoi dans des conditions difficiles. Sans pression, il bat ensuite Guillermo Coria (7-5/6-4) et Ivan Ljubicic (6-2/6-2) et se qualifie pour les demi-finales. Il dispose ensuite assez facilement de Nikolay Davydenko (6-0/7-5) pour rencontrer à nouveau le maestro suisse en finale. N°1 mondial à l'époque, l'Helvète surfe sur une série hallucinante de 24 finales consécutives gagnées depuis octobre 2003 ! La tâche s'annonce fastidieuse...

A l'époque, la finale se disputait en trois sets gagnants. Et exceptionnellement pour cette édition 2005, le tournoi s'était déroulé sur moquette.

L'Argentin perd les deux premiers actes (7-6/7-6) mais étrille le Suisse les deux manches suivantes (6-2/6-1). Le dernier set est très disputé. Breaké à 5 jeux partout, David Nalbandian debreak immédiatement et s'impose lors du tie-break décisif après 4h30 de match. A l'age de 23 ans, David Nalbandian remporte ainsi le plus grand tournoi de sa carrière. "C'était très difficile. Pour faire jeu égal et avoir des chances de battre Roger Federer, vous deviez jouer à 100% et de manière régulière surtout. Contre lui, tactiquement, vous devez être comme une horloge."

Le natif de Cordoba a pris sa retraite en 2013 à l'âge de 31 ans, perturbé par des blessures récurrentes à l'épaule. « J'ai subi plusieurs opérations chirurgicales. Sans cela, j'aurais pu essayer de jouer encore quelques années » a-t-il avoué. L'Argentin s'est alors tourné vers le padel, comme il l'a avoué ce mois-ci [2] « Je ne joue pas à haut niveau mais je m'amuse. C'est une des raisons qui fait que je ne me blesse pas. Ensuite, en Argentine, les terrains ont beaucoup évolué. Autrefois nous jouions sur du ciment, aujourd'hui nous avons de la résine et du gazon synthétique. Cette évolution rend le jeu plus souple, avec moins de lésions potentielles ». Il porte un regard positif sur l'évolution de ce sport depuis quelques années. “Pendant les années 90, les instances ont préféré le tennis au padel, et le développement des installations, du matériel et du nombre de joueurs se sont arrêtées net. Depuis une dizaine d´années, le padel revient en force, et c'est tant mieux.”


[1]https://www.lanacion.com.ar/deportes/tenis/nalbandian-vio-final-completa-del-masters-2005-nid2359597?utm_term=Autofeed&utm_medium=Echobox&utm_source=Twitter#Echobox=1588172169

[2]https://padelmagazine.fr/passionne-david-nalbandian-parle-de-padel/