Rome fait partie des rendez-vous importants qui préfacent la grande messe de l’ocre à Roland Garros. Le tournoi italien nous a offert quelques-uns des plus beaux duels entre spécialistes de la terre battue. Retour cette semaine sur ces quelques moments qui ont écrit l’histoire du tennis.

Notamment cette finale en 2001 entre le numéro un mondial Gustavo Kuerten et Juan Carlos Ferrero. Un combat de trois heures en cinq sets (un format qui n'existe plus aujourd'hui en Masters 1000) qui a vu l'Espagnol remporter son premier grand titre en carrière. Son ascension le mènera deux ans plus tard à son triomphe parisien.

Cette finale du tournoi de Rome en 2001 propose une affiche de rêve entre deux des plus grands joueurs de terre battue de l’époque. Mais si le Brésilien est déjà solidement installé sur le trône mondial, l'Espagnol vient à peine d'intégrer le top 10 mondial. Guga arrive à Rome avec déjà trois titres sur terre en ce début de saison à Bueno Aires, Acapulco et Monte-Carlo mais surtout une série en cours de 32 victoires pour une seule défaite sur ocre.

De l’autre côté, Juan Carlos Ferrero, alors âgé de 21 ans, se présente à Rome avec un rang de 8ème mondial et lui aussi déjà vainqueur de trois tournois depuis le début de la saison, à Dubai, Estoril et Barcelone.

L’affiche est belle, surtout lorsqu’on connaît, près de 20 ans plus tard, l’achèvement de la carrière de ces deux hommes.

Kuerten est logiquement favori de cette rencontre. Il a l’expérience, l’âge et le statut pour lui contre la fougue et le désir de revanche du jeune Ferrero battu en cinq sets en demi-finale de Roland Garros un an plus tôt. Le numéro 1 mondial prend d’ailleurs rapidement le match à sa main et parvient à imposer son jeu dans le premier set. Ses longs coups droits clouent Ferrero loin derrière sa ligne de fond et la tactique fonctionne : 6-3 pour Kuerten avec deux break en prime.

Dans la deuxième manche, le jeu de Kuerten se grippe. Ferrero en profite pour varier les coups et gêner considérablement le Brésilien qui ne parvient pas à jouer sur son coup droit. Il accumule les fautes directes et se montre nettement moins performant au service. Après le partage des deux jeux initiaux, Ferrero déroule et enchaîne cinq jeux d’affilées pour l'emporter 6-1.

L’Espagnol a été supérieur dans tous les secteurs du jeu mais a aussi laissé pas mal d’énergie dans la bataille. Il paye ses efforts dans la troisième manche où Kuerten reprend sa marche en avant. Le jeu du Brésilien redevient plus efficace et les jeux défilent malgré un Ferrero courageux mais dépassé. A 5-2 , 15-30, un point symptomatique du set se produit. Les deux hommes se livrent un combat physique impressionnant : un échange long de 22 coups, une défense de fer de Ferrero et pourtant, Kuerten gagne le point d’un superbe coup droit croisé. Il empoche le set dans la foulée 6-2.

Dans un match en trois sets gagnants, sur terre battue en prime, certains pensent déjà que la messe est dite pour le jeune Espagnol qui se retrouve mené 2 sets à 1 face au meilleur joueur du monde sur cette surface, titré à Rome en 1999 et finaliste en 2000 dans la capitale italienne. Mais l’Espagnol fait preuve d’une force mentale impressionnante et d’une condition physique à toute épreuve. Ne souffrant pas de la chaleur, il commence à prendre le dessus définitivement sur le plan physique et remporte le quatrième set qui sera le plus disputé de la rencontre. Auteur d’un de jeu de contre et de retour quasi parfait, il s’impose 6-4.

On sent que le vent a tourné. Les deux hommes jouent avec les lignes, souvent à l’avantage de Ferrero. Kuerten s’énerve et laisse la partie lui échapper. C’est résigné qu’il concède une ultime fois son service à 4-2. Ferrero ne se fait pas prier pour conclure le match dans la foulée sur un ace parfait, pleine ligne.

Score final : 3-6/6-1/2-6/6-4/6-2

L’Espagnol lève les bras vers le ciel, épuisé par ce duel de géants. Les deux hommes se recroiseront quelques semaines plus tard, à nouveau en demi-finale de Roland-Garros. Et le Brésilien s'imposera pour aller inscrire une troisième et ultime fois son nom au palmarès de la Porte d’Auteuil !