David Nalbandian multiplie les lives sur Instagram en ce moment, évoquant certains épisodes marquants de sa carrière. Après avoir relaté la semaine dernière la plus grande victoire de sa carrière au Masters 2005 face à un Roger Federer au firmament de son invincibilité (article disponible en cliquant sur ce lien), l'Argentin a livré d'autres anecdotes auprès de son ami Horacio de la Pena (ancien entraîneur de Gaston Gaudio et Fernando Gonzalez).

Nalbandian a tout d'abord évoqué sa capacité à ne pas subir contre les meilleurs joueurs et à rivaliser avec eux pendant toute sa carrière, quel que soit la surface. « Le fait de commencer à jouer sur des terrains en ciment m'a beaucoup aidé. La balle revient vers vous plus rapidement et cela m'a forcé à travailler mon timing, ma capacité à accélérer la balle et donc à ne pas subir. Sur dur, vous devez être parfaitement placé sur le court pour pouvoir répondre aux coups de vos adversaires, c'est le plus important, que cela vous plaise ou non. J'ai appris tout cela avec mon frère, bien que cela me soit aussi venu naturellement car j'ai toujours su bien frapper la balle. »

Nalbandian disposait d'un revers à deux mains extraordinaire et donnait l'impression qu'il pouvait en disposer comme il souhaitait. Comme il l'explique, son coup droit était, lui, beaucoup moins instinctif. « En revers, tout se déroulait toujours plus naturellement. Peu importe comment la balle revenait sur moi, je savais que je pouvais faire ce que je voulais avec. Avec mon coup droit, je devais réfléchir un peu plus, parfois je devais attendre, j'avais besoin d'un temps de réflexion pour savoir quel coup exécuter. Cette pensée que j'avais pouvait m'user un peu mentalement. Je pouvais également être plus tendu sur ce coup. Tandis qu'avec le revers, je pourrais jouer pendant 60 jours d'affilée les yeux fermés que ça ne me poserait aucun problème. »

Le début des années 2000 a été particulièrement florissant pour le tennis argentin et Nalbandian explique la réussite de cette génération par une grande volonté d'apprendre et la grinta que les joueurs montraient sur le terrain. "On regardait tous les matchs. Dans mon cas, plus j'en regardais, plus j'apprenais. Plus je parlais aux gens, plus j'acquerais des connaissances. À notre époque, il n'y avait pas autant de technologie, alors nous passions toute la journée à parler de tactique, à parler de tennis avec des gens qui en savaient beaucoup sur le tennis, ce qui nous permettait de nous améliorer. De cette façon, nous avons acquis toutes les informations qui nous étaient nécessaires pour bien jouer. On ajoutait à cela un nouvel ingrédient, à savoir notre manière spécifique de voir le tennis. Notre caractère très compétitif et notre volonté insatiable de gagner sont des facteurs fondamentaux. On ne se contentait pas de bien jouer, il nous fallait la victoire à tout prix.

Nalbandian a également évoqué le caractère épuisant du tennis sur le plan mental, lié à l'accumulation des matchs. Il a ainsi expliqué sa manière de procéder pour rester dans de bonnes dispositions. « Jusqu'au dernier jour de ma carrière, j'avais besoin d'être frais dans ma tête pour agir de manière lucide à 4-4 ou un 5-5 dans un match et prendre les meilleures décisions. C'est la clé. Dans mon cas, pour favoriser cela, j'avais besoin de prendre un après-midi de congé toutes les deux semaines, mais en choisissant toujours ce que j'aimais faire pendant ce temps libre. Si je ne le faisais pas, il m'était impossible de me déconnecter de la pression du tennis. J'allais à la pêche, je participais à un rallye, je faisais du parachutisme... puis quand je revenais, j'avais plus envie de jouer au tennis que n'importe qui. »

Nalbandian raconte enfin sa rivalité avec Roger Federer pendant sa carrière. L'Argentin peut se vanter d'avoir battu 8 fois le maestro suisse en 19 confrontations entre 2002 et 2008, une période où Roger Federer surdominait le tennis mondial. « Quand vous jouiez Roger à cette époque, vous saviez qu'il allait vous tuer avec ses services et ses coups droits, mais vous connaissiez aussi ses défauts. Il fallait générer de l'espace, c'est pour cela que je l'ai bien joué. S'il gagnait ses points en deux coups, je ne m'énervais pas, je savais que c'était sa grande qualité. Mais quand je jouais un échange plus long, dans 90 % des cas, ce point devait être le mien. Si je ne gagnais pas ces points-là, je savais que la victoire m'échapperait. Le but était de le faire courir et, s'il était bien placé, je frappais toujours vers la droite pour créer des espaces et faire en sorte qu'il ne joue pas le point si confortablement. »

Étant donné qu'il arrivait à bien manœuvrer contre Federer, Nalbandian donnait régulièrement des conseils à ses camarades argentins pour le jouer... avec plus ou moins de succès. « Au début, Federer avait un mauvais revers, il laissait beaucoup d'opportunités à l'adversaire sur ce coup. Sur terre battue, par exemple, si tu frappais trois fois de suite sur son revers, tu pouvais lui faire mal. Une fois, alors que Zabaleta devait le jouer à Monte Carlo (ndlr : en 2002), je lui avais dit : "Tu ne peux pas perdre contre lui ! » Sauf que Mariano n'a pas été capable de faire deux revers croisés de suite et il a perdu [rires]".

Sources :http://www.puntodebreak.com/2020/05/03/nalbandian-reves-sentia-queria