Alors que Dominic Thiem s’était offert tribune à contre courant il y a presque un mois au sujet du fond de soutien de l’ATP pour les joueurs les plus mal classés, c’est au tour du tennis féminin de tempérer cet élan de générosité. L’Autrichien s’était montré assez réticent à mettre la main à la poche pour soutenir financièrement les joueurs mal classés : « Aucun de ces joueurs mal classés ne lutte pour survivre. Toute l'année, j'en vois beaucoup qui ne donnent pas tout au tennis. Beaucoup ne sont pas très professionnels. Je ne vois pas pourquoi je devrais leur donner de l'argent. »

Soutenu par la suite notamment par Matteo Berrettini, le vent de la solidarité a semble-t-il tourné.

En effet, ce fonds d'aide aurait été modifié par le conseil des joueuses de la WTA et ne concernera que le top 500 et pas au-delà. Ce conseil rassemble huit femmes, ayant toutes un rôle différent. Certaines comme Sloane Stephens ou Madison Keys représentent le top 20, tandis que Vekic et Krunic représentent le reste du top 100. Au-delà du top 100, c’est l’Américaine Kristie Ahn qui représente les joueuses. Etant classée 96e mondiale actuellement, ce n’est pas certain qu’elle soit la mieux placée pour défendre les intérêts de ses consœurs, puisqu'elle était classée 500ème il y a presque dix ans maintenant.

Dans une interview accordée à nos confrères d’Ukrainian Tennis, Aleksandra Krunic dresse un constat percutant mais collant à la réalité : « Si vous êtes coincés à la 500ème place pendant plusieurs années, vous devriez vous attendre à être dans le rouge, vous en êtes conscients. On est tous passé par là. C'est la responsabilité des joueurs de comprendre dans quelle situation financière ils vont se retrouver. » En effet, il est vrai que les joueuses et joueurs au-delà de la 500ème place savent que ce ne sera pas évident de financer leur saison. Mais en réalité, ces joueurs mal classés perdent de l'argent sur le circuit. L’aide devait s’étendre initialement jusqu’aux 700 premières mondiales, elle sera finalement limitée aux 500 premières. Une décision qui va déplaire à des joueurs comme Vasek Pospisil, mobilisés bec et ongle pour défendre les intérêts des joueurs bien moins classés que lui en pointant du doigt la mauvaise répartition de l’argent sur le Tour. 

Krunic a rajouté que l'argent issu des Grands Chelems pour financer ce fonds devrait revenir à ceux qui jouent ces Grands Chelems. A la vue des déclarations respectives de Thiem et de Krunic, les joueuses et joueurs au-delà du top 500 peuvent se sentir lésés par les élites du circuit.

Une élite qui ne semble donc pas considérer les joueurs et joueuses au-delà du top 500 comme faisant partie des leurs...