Une nouvelle fois, le père de Novak Djokovic, s'est offert une sortie médiatique qui devrait faire du bruit. Srdjan Djokovic avait déjà déclaré en février dernier juste après son titre à Melbourne que son fils était le meilleur joueur de tous les temps et qu'il allait rapidement rattraper le Suisse au nombre de titres en Grand Chelem. Cette fois, il attaque directement Roger Federer dans une émission sur Sports Club avec Igor Miklja.

« Federer est toujours le meilleur joueur de tennis au monde. C'est un fait selon les résultats mais cela ne durera pas longtemps. Il cultive tant d'animosité envers Novak. Ils ont développé une sorte de respect au fil des ans, mais pourquoi pensez-vous qu'il joue toujours à 40 ans? Imaginez cela, un homme de 40 ans joue encore au tennis, quand il peut rentrer chez lui et faire des choses plus intéressantes. Mais comme Nadal et Novak lui soufflent dans le cou, il ne peut tout simplement pas accepter le fait qu'ils seront meilleurs que lui. Allez mec, va t'occuper de tes enfants, fais autre chose, va skier. »

Au-delà de cette attaque frontale envers le Suisse, « Novak est une compilation des meilleures qualités de ma femme et de moi, poursuit Srdjan Djokovic. Et ce qui n'allait pas est resté avec nous. Il a pris le meilleur pour lui-même. Pourquoi mon plus jeune fils Djole a-t-il échoué dans le tennis professionnel ? C'était trop ordinaire pour lui de jouer au tennis. Quand le balle arrive vers lui, il lui vient dix façons de la frapper dans sa tête. Le temps qu'il réfléchisse, la balle passe. Après sa carrière de tennis qui durera encore deux, peut-être trois ans, quoi que Novak fasse à l'avenir, il réussira autant qu'il a réussi au tennis. »

Le père de Novak Djokovic est aussi revenu sur le contexte familiale et l'enfance de Novak : « Nous avons vécu la période la plus difficile ou l'une des plus difficiles de l'histoire du peuple serbe. Nous avons dû grandir à la fois en tant que joueur de tennis et construire une famille au moment des bombardements. Nous étions une jeune famille, nos enfants étaient petits. Novak avait douze ans, Marko avait huit ans, George avait quatre ans. Ces bombardement, c'était terrible. Imaginez que les 20 pays les plus riches du monde ont bombardé un petit pays pauvre comme la Serbie. A cette époque, nous nous cachions dans des cachettes puis nous sortions pour aller sur les courts du club de tennis Partizan. Il me semble que cela nous a sauvés mentalement, à la fois nous les parents mais aussi nos enfants. »

Srdjan Djokovic raconte aussi à quel moment il a compris qu'il ne pouvait plus entraîner son fils pour ne pas freiner sa progression : « Je ne pouvais plus tenir la balle assez longtemps face à lui. Je ne pouvais plus l'entraîner. Il était temps d'avoir un entraîneur et je ne faisais confiance qu'à Nikola Pilić. Mais il n'acceptait pas les enfants de moins de 14 ans. Et il avait moins de 13 ans à l'époque. Novak l'a supplié d'aller s'entraîner avec lui pendant quelques semaines. Ils sont finalement restés ensemble quatre ans et demi. En tant que parent, si vous interrogez divers experts sur le talent de vos enfants et qu'ils ont la même opinion, alors investissez-vous et engagez-vous complètement pour vos enfants. Mais si l'opinion des experts est différente, ne forcez pas les choses par plaisir. C'est un état naturel et normal pour des parents de penser que nos enfants sont les meilleurs, les plus talentueux, les plus intelligents, les plus beaux, etc. Mais l'irréalité de ce sport ruine à la fois la famille et les enfants. Alors, parents, soyez avec vos enfants mais ne poussez pas trop fort là où il n'y a pas de ressources et de talents pour cela. »

Il a ajouté qu'il était strict avec Novak pendant son enfance, ce qui n'était pas le cas des deux autres fils. Cependant, en tant que parent, il devait trouver l'équilibre et ne pas lui imposer le poids de la famille : « Pour Novak, mes entraînements étaient du travail. Il disait qu'il jouait au tennis la nuit parce qu'il s'entraînait la journée. L'engagement et la foi absolue dans tout ce que vous faites dans la vie mènent au succès, c'est sûr. Jusqu'à l'âge de 17 ans, on ne lui a rien dit sur les difficultés de ce sport, que le tennis coûtait beaucoup plus cher que les revenus que nous avions, que nous faisions des emprunts à des taux d'intérêt très élevés pour payer ses entraîneurs. Un jour, il est allé à Wimbledon seul avec eux. Ils lui ont dit qu'il avait grandi et qu'il devait tout apprendre lui-même, qu'il n'avait pas besoin de ses parents, de son père avant tout. A son retour, nous nous sommes assis à une table et je lui ai dit certaines choses, pas toutes, c'est sûr. Puis tout est devenu clair pour lui. Il était déjà mature à l'époque. On voit maintenant dans les moments les plus difficiles de son jeu qu'il est très fort mentalement, que tout le monde est un bébé pour lui. Il ne gagne pas avec son coup droit ou son revers, mais il gagne avec ce qu'il a dans la tête. La différence entre lui et les autres joueurs de tennis est que les autres joueurs de tennis ne sont que des joueurs de tennis...»