Cela fait maintenant un an jour pour jour que Juan Martin Del Potro a joué son dernier match sur le gazon du Queen's contre Denis Shapovalov. Victime d'une fracture de la rotule droite et gêné jusque dans son quotidien, la Tour de Tandil a effectué deux passages au bloc opératoire qui n'ont pas eu les résultats escomptés : une opération en juin 2019 à Barcelone par un médecin proche de Rafael Nadal et une arthroscopie à Miami en janvier dernier.

«Tout au long de ma carrière, les blessures ont été les « matchs » les plus difficiles que j'ai eus à gérer. Je veux continuer à jouer, mais la réalité est que ça me coûte beaucoup, avait-il avoué dans un live Instagram que nous avions retranscrit pendant le confinement (Del Potro : “Je ne baisse pas les bras”). Il y a des jours où je me dis que je mérite de terminer sur une bonne note. Malgré la douleur que je ressens encore, je veux continuer d'essayer. Ici à la maison, j'ai un mini bureau. J'ai ma routine d'entraînement forcé que j’applique plusieurs fois par jour. Je ne baisse pas les bras car je veux jouer à nouveau."

Hélas, le joueur argentin se cantonne beaucoup à des exercices musculaires pour renforcer son genou, ses contacts ces dernières semaines avec le terrain étant plus rares, comme l'a avoué le journaliste Pablo Amalfitano pour le site argentin Pagina12 [1].

Même s'il vient de se séparer de Sebastián Prieto, l'entraîneur qui l'a mené à sa seconde finale de Grand Chelem, à l'US Open en 2018 (ce dernier va dorénavant encadrer Juan Ignacio Londero), le joueur s'accroche à sa volonté de retrouver le circuit : «J'ai joué tant d'années avec une douleur au poignet que si je devais jouer un peu plus avec une douleur au genou, pour pouvoir boucler un cycle comme je le souhaite, j'essaierai de mettre ça de côté », a-t-il avoué pour la chaîne ESPN.

Mais les solutions s'amenuisent. C'est aujourd'hui Roland Biedert, ancien médecin de la Fédération Suisse et très proche de Roger Federer qui fait office d'homme de la dernière chance. Surnommé « le gourou du genou », ce spécialiste éminent de la chirurgie orthopédiste a régulièrement voyagé avec le maestro suisse pendant ses tournois du Grand Chelem, jouant un rôle clé dans le traitement de ses blessures au dos et au genou.

Véritable « homme miracle », son principal fait d'arme est d'avoir « retapé » le Suisse à la fin de l'année 2014 avant la finale en Coupe Davis contre la France. Accablé par des maux de dos sévères, Roger Federer avait réussi à récupérer en un temps record pour pouvoir offrir à la Suisse son premier trophée. Il a également opéré et reconstruit le cartilage du genou de Stan Wawrinka en 2017. La Tour de Tandil profiterait ainsi de ses excellentes relations avec Roger Federer pour faire appel à cet éminent médecin. Les deux joueurs sont effet gérés par la même agence, Team 8, créée d'ailleurs par Federer lui-même et son manager Tony Godsick.

Ce chirurgien fait aujourd'hui office de dernier espoir pour Juan Martin Del Potro et ses fans qui attendent avec impatience le retour de leur idole sur les courts. Espérons que l'Argentin (32 ans le 23 septembre prochain) puisse refouler les terrains en 2021 et s'octroyer une fin de carrière comme il le souhaite.


[1]https://www.pagina12.com.ar/273068-panorama-del-potro-a-un-ano-del-ultimo-partido

Crédit photo : AI / REUTERS / PANORAMIC