La situation sanitaire continue d'empirer jour après jour aux Etats-Unis : 57 683 nouveaux cas ce samedi portant ainsi à 2,8 millions le nombre de cas positifs sur le sol américain. Près de 130 000 victimes sont à déplorer. Au-delà de la catastrophe sanitaire, se pose évidemment la question de la reprise des compétitions sportives aux Etats-Unis alors même que certains Etats fédéraux ont fermé leurs frontières.

Parmi les franchises de MLB (Ligue de Baseball) qui ont repris l'entraînement ce vendredi, 38 cas positifs ont été détectés sur 3185 tests, soit environ 1%. Malgré les mesures de protection sanitaire, il semble impossible de stopper l'épidémie. Les récents cas positifs de Frances Tiafoe ou de Franco Davin (le coach de Kyle Edmund) en sont la preuve. Toutefois, il est à noter que la quasi-totalité des cas positifs sont asymptomatiques. Fort heureusement. Cette situation est néanmoins une vraie source d'inquiétude pour les joueurs et les joueuses, comme le révélait Jean-Michel Pequery, entraîneur d'Elliot Benchetrit, lors d'une récente émission avec Stéphane Houdet. Ce samedi, Benoît Paire vient d'ailleurs d'annoncer à nos confrères de RMC qu'il ne souhaitait d'ailleurs pas disputer l'US Open en l'état actuel de la situation.

Partout à travers le monde, de nouveaux foyers de contamination se développent poussant certains pays ou certaines régions à se confiner à nouveau, comme le nord-est de la Catalogne (Lérida), Lisbonne (Portugal), deux cantons allemands, Leicester (Grande-Bretagne), la ville de Mondragone près de Naples en Italie ou encore l'Ukraine. C'est également le cas à Wuhan en Chine où environ 10% de la ville est à nouveau confinée. Dans le sud de l'Inde, ces nouvelles mesures concernent aussi 15 millions de personnes à Chennai. Le cas le plus inquiétant concerne les deux Amériques. La Californie, le Texas et la Floride ont mis fin aux mesures d'assouplissement. Les deux plus grandes villes d'Argentine sont à nouveau confinées : Buenos Aires et Cordoba. Sans parler de la situation au Brésil qui empire ou en Guyane avec un couvre-feu durci ces derniers jours. Enfin, des milliers d'habitants à Melbourne sont également contraints de rester confinés chez eux.

Toutes ces mesures ont forcément un impact sur la reprise du circuit prévue le 3 août à Palerme pour la WTA et le 13 août à Washington pour l'ATP. En effet, des dizaines de joueurs et joueuses ne sont pour le moment pas autorisés à quitter leur pays. Par exemple, d'après la journaliste québecoise Stephanie Myles, ce sont 23 des 50 joueuses inscrites au tournoi de Palerme qui ne pourraient pas y participer. Le cas se présenterait également la semaine suivante à Prague avec 11 joueuses interdites de se déplacer d'après les restrictions de déplacements décidées par l'Union Européenne. Ces mesures se sont assouplies le 30 juin dernier pour une quinzaine de pays mais il reste encore beaucoup de zones fermées à l'espace Shenghen.

L'actuelle représentante des joueuses au conseil d'administration de la WTA, Vanessa Webb, a déclaré, toujours d'après Stephanie Myles, « qu'il y a des joueuses qui veulent jouer, d'autres qui ne veulent pas, des joueuses qui peuvent jouer, d'autres qui ne peuvent pas jouer partout et quelques-unes qui ne peuvent même plus quitter leur pays... »

La question de l'équité se pose donc. La solution est-elle d'organiser des tournois régionaux le temps que la pandémie s'estompe ? A exactement 30 jours de la reprise, les décisions doivent être prises rapidement.

Le Président de la WTA, Steve Simon, malgré le manque d'équité, n'envisage pas l'annulation des points. Selon lui, les répercutions seraient trop importantes : « Nous en avons discuté avec les tournois, nos partenaires commerciaux et les diffuseurs. Ils sont tous convaincus qu'il doit y avoir un système de points pour donner de la crédibilité au Tour et aux tournois pour qu'ils ne deviennent pas simplement des exhibitions. C'est important en raison des différents investissements financiers provenant de tous ces tournois. Si nous n'avons pas de points de classement, cela va complètement perturber le système. »

Pour le moment, l'Union Européenne exclut toujours d'ouvrir ses frontières aux voyageurs provenant des Etats-Unis. Comment envisager donc une reprise du circuit aux Etats-Unis alors même que les joueurs et joueuses seront attendus à Madrid, Rome et Paris dans la foulée de l'US Open... avec une mise en quarantaine de 14 jours dès leur retour en Europe ?

Les instances du tennis et les autorités gouvernementales ont quelques jours pour trancher cette question et proposer des solutions pour permettre une reprise dans des conditions équitables sportivement tout en respectant les mesures visant à limiter la propagation du virus. Casse-tête vous avez dit ?