Il fait partie des leaders de sa génération. Titré trois fois en 2019 sur le circuit, il a fait une courte apparition dans le top 20 mondial. A 21 ans, Alex De Minaur a un potentiel immense. Doté d’une vitesse de déplacement fulgurante, celui que l’on surnomme "le Démon" fait preuve d’une maturité étonnante pour son âge, à l'image de son mentor Lleyton Hewitt, entré dans le top 10 mondial à seulement 19 ans.

« Chaque jour compte. C’est difficile de prendre conscience de cela quand on est jeune mais dès que vous commencez à mûrir un peu, avec quelques années d'expérience sur le circuit, vous réalisez que si vous voulez être au top niveau mondial et battre le top 10, il faut constamment s’améliorer », a déclaré l’Australien, de mère espagnole et de père uruguayen. «Il ne faut pas se satisfaire de son niveau et de son classement. Il faut toujours vouloir viser plus haut en termes de qualité de match pour espérer battre les joueurs mieux classés. »

Dans le portrait que nous avions réalisé sur lui en décembre dernier (De Minaur, ascendant démon), on avait notamment remarqué que De Minaur s’était beaucoup enrichi de cette double culture hispanique et australienne. Mais surtout, il réalise la chance qu’il a de pouvoir cohabiter sur le circuit avec les meilleurs joueurs de l’histoire : « Dès ma première compétition, quand j’avais huit ans, j’ai voulu devenir joueur de tennis. J’ai aimé ce sport tout de suite et j’ai toujours cherché à jouer le plus possible pour m’améliorer au maximum. J’ai de la chance de pouvoir jouer avec tous ces gars que j'ai vus jouer en grandissant. Chaque fois qu'il y avait une finale Roger-Rafa lors d'un tournoi du Grand Chelem, je les regardais en boucle, sans arrêt. Ce sont ces matchs qui m'ont donné faim et envie de réaliser mes rêves de joueur de tennis. C’est grâce à eux que j’essaye de continuer à m'améliorer pour qu'un jour je puisse être dans leur situation. »

Après 11 défaites consécutives face au top 10, l’Australien est parvenu depuis août dernier à inverser la tendance avec des victoires sur Bautista, Zverev et Nishikori. Il reste sur 27 victoires pour seulement 9 défaites depuis un an. De quoi nourrir des ambitions pour les prochains mois et tenir un discours teinté d’optimisme : « Il y a toujours des hauts et des bas sur le circuit. On subit forcément des échecs mais il suffit de ne rien lâcher. Parfois, on n’atteint pas toujours nos objectifs mais le plus important c’est d’avoir la bonne mentalité et de regarder les choses de manière positive dans la bonne direction. »

Fait rare concernant le jeune Australien, il travaille avec le même entraîneur depuis ses débuts en pro en 2015, Adolfo Gutierrez. Sa collaboration avec l’entraîneur espagnol satisfait le joueur : « Il m'aide à rester concentré sur les choses importantes. Il m'a vu grandir en tant que joueur de tennis et en tant que personne. C’est incroyable de voir les choses ce que nous avons pu réaliser ensemble. Sa présence à mes côtés est un rappel constant d'où je viens et des combats que j’ai menés pour que je sois là où je suis aujourd’hui."

Depuis la suspension du circuit, Alex De Minaur s’est entraîné durement dans son camp de base à Alicante afin de préparer au mieux son retour à la compétition. Absent à l’Open d’Australie pour blessure, sa motivation sera immense lors de la reprise du circuit en août : « Cette suspension du circuit a été l’un des moments les plus difficiles de ma carrière. Tout a changé dans nos vies. Nous étions habitués à voyager partout sans passer plus de trois semaines au même endroit. D’un coup, nous avons été confinés sans être autorisés à sortir, ni jouer au tennis, s’entraîner ou courir. Ce fut difficile. »

Peu réputé pour son excentricité sur le court, l’Australien aimerait « être connu comme ce gentil garçon drôle et détendu mais aussi comme ce joueur qui n'abandonnera jamais sur le court, celui qui se battra jusqu'au bout. »


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