Jannik Sinner va fêter ses 19 ans le 16 août prochain. Encadré par le célèbre Riccardo Piatti, le jeune italien n'était pas encore dans le top 500 mondial avant son titre en challenger à Bergame en février 2019. Son éclosion a été fulgurante mais il aura confirmé les promesses et montré l'étendu de son potentiel tout au long de la saison dernière pour grimper à la 68ème place mondiale un an plus tard après sa victoire sur David Goffin à Rotterdam. Entre temps, il aura signé 62 victoires sur le circuit en un an dont 14 sur le circuit principal, remporté trois titres en challenger et surtout le Next Gen en écartant Alex De Minaur en finale.

Ses performances ont fait de lui la coqueluche du circuit sur le début de saison 2020 avec quelques wildcards de tournois qui le voulaient absolument dans leur tableau. Il est aussi devenu, signe de cette évolution, ambassadeur de la marque Rolex aux côtés de Roger Federer. La suspension du circuit l'a stoppé dans son élan mais le jeune homme est pressé. D'apparence, il a très peu fait parler de lui durant la suspension du circuit mais il a quand même distillé quelques déclarations qui en disent long sur les ambitions du joueur.

Début avril, seulement trois semaines après la suspension du circuit, le joueur piaffait déjà d'impatience et rongeait son frein : « Je sais que je n'ai que 18 ans mais j'aime jouer. Plus je joue et plus j’aime ça. Mon objectif est de gagner l’US Open mais j'ai aussi le rêve de battre Roger Federer sur le Center Court de Wimbledon. J'espère qu'il jouera encore la saison prochaine. Je dois avouer que Rafael Nadal m'inspire également. J'ai eu la chance de m'entraîner avec lui à l'Open d'Australie et j'aimerais beaucoup lui ressembler au niveau de la personnalité mais aussi être capable de jouer le plus possible à son niveau avec la même régularité. Je suis très ambitieux. Mon entraîneur (Riccardo Piatti) me demande d'être patient alors je vais l'être. »

Jannik Sinner est éduqué pour gagner. Il est a priori équilibré mais il est encore trop tôt pour déterminer si ses prédispositions mentales lui permettront de s'immiscer dans le top 10 mondial. Pendant le confinement, l'Italien s'est entraîné avec Stan Wawrinka mais aussi Alexei Popyrin et Stefanos Tsitsipas au sein de l'Académie de Patrick Mouratoglou. Cependant, pour continuer à progresser, Piatti aimerait que son jeune poulain s'entraîne à nouveau avec Rafael Nadal : « J'ai déjà parlé à Carlos Moya [l'entraîneur de Rafael Nadal] pour que Jannik se confronte un peu à Rafa. Comme il n'y a pas de tournoi en ce moment, j'aimerais qu'il simule des matchs d'entraînement avec ce qui se fait de mieux au monde sur la planète tennis. Jannik a eu beaucoup de temps pour travailler physiquement pendant la suspension mais à l'entraînement, nous avons surtout travaillé le service afin d'améliorer sa rotation des épaules. Son service est devenu bien meilleur aujourd'hui : il manque toujours de puissance mais il trouve des meilleures zones. »

Jannik Sinner, un peu à l'image de Paul-Henri Mathieu [revoir notre émission où le Français était invité avec Bob Sinclar], a quitté le foyer familial à l'âge de 13 ans pour sacrifier sa vie au tennis et tenter de devenir un joueur professionnel. « Ce n'était pas facile au début de quitter tous mes amis et ma ville natale. J'ai dû abandonner ma famille, ce qui n'a pas été facile non plus. Mais c'était ma décision et aujourd'hui je ne le regrette pas. J'aime toujours autant jouer au tennis. C'est pour ma passion du tennis que j'ai quitté ma maison. Je suis vraiment heureux d'avoir pris cette décision. »

Cependant, tout aurait pu s'arrêter lorsque le jeune garçon avait 7 ans. Il n'avait plus touché une raquette pendant un an. Mais son père ne voulait pas que son fils abandonne le tennis et a réussi à lui redonner goût à la petite balle jaune. Natif des Dolomites, une région dans le nord de l'Italie, le tennis n'était pas pourtant son premier choix : « Dans ma région, c'est le ski le sport numéro un. Petit, j'ai beaucoup plus skié que joué au tennis. J'ai également joué beaucoup au football. Ce n'était pas facile pour moi d'abandonner le ski et le football pour jouer exclusivement au tennis. »

Tout a basculé lorsque le jeune Sinner a visité l'académie de Riccardo Piatti qui entraînait à l'époque Richard Gasquet. Les premiers contacts avec le coach italien et la qualité des entraînements l'ont tout de suite convaincu de poursuivre l'aventure au sein de l'académie : « Je me souviens que Riccardo Piatti était vraiment très excité en me regardant jouer. Il y avait beaucoup d'autres entraîneurs là-bas et ils m'avaient tous fait des compliments. Ils voulaient que j'intègre l'académie. Cela m'a aidé à prendre ma décision. Surtout la présence de Riccardo qui est encore à mes côtés sur le terrain aujourd'hui. Je lui suis très reconnaissant. »

Piatti qui a également entraîné Novak Djokovic au début de carrière du Serbe, a notamment déclaré que le potentiel de Sinner à 18 ans est supérieur à celui qu'avait Djokovic au même âge. Voilà de quoi mettre une certaine pression sur les épaules du jeune homme, qui apparemment, semble plutôt bien la supporter.

Source : ATP / UbiTennis / SuperTennisTV