Longtemps, Milos Raonic s'est senti un peu seul comme porte drapeau du tennis canadien sur le circuit masculin. Mais le travail remarquable de la Fédération canadienne, bien aidée par Louis Borfiga, a permis de faire éclore deux pépites : Denis Shapovalov et Felix Auger-Aliassime. Les deux jeunes sont désormais dans le top 20 mondial, bien décidés à se faire une place dans le top 10. Les trois canadiens seront favoris de leur match ce lundi en fin d'après-midi. A noter également l'entrée en lice du tenant du titre, le Russe Daniil Medvedev, l'opposition de style entre Reilly Opelka et Diego Schwartzman et le choc entre Karen Khachanov et Pablo Carreno Busta.


Milos Raonic vs Daniel Evans

Voici peut-être l’un des bons coups à jouer ! Selon les bookmakers, Milos Raonic part favori, avec une cote assez avantageuse. Mais rien, vraiment rien du tout, ne garantit un succès du géant canadien. Certes, il est vrai que l’ancien finaliste de Wimbledon (en 2016) s’est montré plutôt rassurant lors de son premier tour. Pourquoi rassurant ? Parce qu’il a totalement coupé avec le tennis durant la trêve imposée par la pandémie du coronavirus et était apparu loin de son poids de forme idéal sur un cliché publié récemment. Mais face à Sam Querrey, le 30ème joueur mondial a assuré : une victoire létale (6-4/6-4) où il a fait preuve d’une efficacité diabolique. La preuve en quelques chiffres : 2 balles de break obtenus, 2 balles de breaks transformées ; 3 balles de break concédées, 3 balles de break sauvées. Aussi, le Canadien a rendu une copie presque parfaite derrière sa première balle de service : 33 points remportés sur 38 disputés (soit 87%), dont 19 aces ! Badaboum, ça fait mal et nul doute que la qualité de l’engagement de Milos Raonic sera, comme souvent, l’une des clés du match.

Il existe néanmoins plusieurs motifs d’espoir pour Daniel Evans. D’abord, contre Sam Querrey, le Canadien a été beaucoup moins performant derrière ses secondes balles (50%). Or, grâce à ses prises de balles précoces et son sens du timing, le Britannique est un formidable relanceur ! Il l’a montré une nouvelle fois lors de son entrée en lice face à Andrey Rublev : 6 breaks réussis et 66% des points gagnés derrière la deuxième balle du Russe. Résultat, un succès très solide (7-5/3-6/6-2) devant le troisième meilleur joueur du circuit depuis l’été 2019 (derrière Novak Djokovic et Rafael Nadal). Ensuite, même si c’est la reprise, Evans semble afficher depuis une petite année une forme resplendissante – il pointe actuellement au 28ème rang, son meilleur classement en carrière. En 2020, il a réalisé quelques percées (demie à Dubaï, quart à l’ATP Cup et à Rotterdam) et a fait tomber plusieurs cadors : David Goffin, Karen Khachanov, Fabio Fognini et Andrey Rublev, déjà deux fois. Enfin, même s’il a peu joué face aux grands serveurs du circuit (encore jamais contre Querrey et Raonic), il a démontré l’année dernière à Delray Beach qu’il savait gérer cette situation en dominant un certain John Isner.        

L’œil de Rodolphe Gilbert : On avait entrevu qu’il y avait un coup à jouer pour Daniel Evans face à Andrey Rublev, et le Britannique a réussi à s’imposer. Mais cette fois-ci, c’est un tout autre profil qui se présente face à lui. Milos Raonic a en outre été convaincant lors de son premier tour. Un jeu risqué mais vraiment efficace. Compliqué face à ce type de joueur – dominant – de réaliser un nouvel exploit. Je pense donc que ça va être compliqué pour Evans de résister au Canadien mais tout est possible avec le Britannique qui présente un bilan positif face aux grands serveurs avec notamment des succès sur Zverev (US Open 2016) et Cilic (Melbourne 2017).


Denis Shapovalov vs Jan-Lennard Struff

C’est l’un des gros coups du premier tour ! La victoire nette et sans bavure (6-2/6-4) de Jan-Lennard Struff face à Alex de Minaur. Un succès acquis grâce à un solide pourcentage de points gagnés derrière sa première balle (78%) et une efficience remarquable sur les points importants : 2 balles de break sauvées sur 2 concédées. Il faut dire que le joueur allemand a largement progressé depuis maintenant un an et demi. Beaucoup moins de frappes qui partent n’importe où et de sautes de concentration. Résultat, une jolie saison 2019 (deux demies et deux quarts) avec un ratio positif et plus de 30 succès (35V/29D), deux premières dans la carrière de Struff.

Classé au 34ème rang – quasiment son meilleur classement (N°33), le grand allemand (1m93) possède quelques chances de créer la surprise. Si c’est bien Denis Shapovalov qui endosse la tunique du favori, rappelons que Struff mène 3/1 dans leurs confrontations. Trois succès acquis en début d’année dernière, même s’il faut noter qu’ils se sont déroulés sur terre et sur gazon (à Monte-Carlo, Roland Garros et Stuttgart). Depuis, le jeune canadien (21 ans) a retrouvé du poil de la bête. Avec son nouveau coach, Mikhaïl Youzhny, Shapovalov a enchaîné les bonnes performances fin 2019 (titre à Stockholm, finale à Paris-Bercy et en Coupe Davis). Au passage, de belles victoires sur Fabio Fognini, Alexander Zverev, Gaël Monfils, Mattero Berrettini, Taylor Fritz ou encore Karen Khachanov.

Au premier tour de ce Masters 1000 de Cincinnati, il a rapidement mis la machine en route. Un succès 6-3/6-3 face à Marin Cilic avec un rendement exemplaire au service : 84% des points gagnés derrière sa première balle, 60% derrière sa seconde. Le talent indéniable du Canadien lui offre la possibilité de battre n’importe qui, a fortiori un joueur moins doué que lui comme Struff. Mais le 17ème mondial force parfois son jeu et à en vouloir trop en mettre il commet assez régulièrement de grossières erreurs. Une rencontre dont l’issue est donc difficile à prévoir, même si, comme souvent avec lui, elle dépendra de la précision (ou non) de Shapovalov dans le jeu.

L’œil de Rodolphe Gilbert : Voici un vrai match de cogneurs. C’est surtout Jan-Lennard Struff qui frappe très fort : gros service et gros coup droit. Denis Shapovalov frappe bien aussi, mais c’est surtout un joueur qui prend la balle très tôt. Il possède un magnifique revers à une main et il est capable de donner beaucoup de vitesse à la balle. C’est un gaucher qui a une bonne première balle, jamais évident pour l’adversaire. Je l’ai trouvé très bon contre Marin Cilic. Les données sont donc assez simples : si le Canadien réédite la même performance que face au joueur croate, il passera.


Felix Auger-Aliassime vs Tennys Sandgren

C’est l’une des affiches du deuxième tour. Une opposition plutôt alléchante entre l’un des meilleurs joueurs de la « Next Gen » et un joueur assez fantasque mais par période terriblement efficace. Tennys Sandgren semble d’ailleurs affûté. Il s’est montré à la fois solide et entreprenant lors de son premier tour face à l’Italien Lorenzo Sonego. Il a rapidement trouvé le rythme, notamment au service, un secteur du jeu où il remporté 80% des points derrière sa première balle. Pas étonnant quand on sait que l’Américain a disputé 25 matchs d'exhibition durant la pause. Un besoin irrépressible de jouer afin de continuer ce qu’il avait commencé au début de l’année, à savoir un quart de finale à l’Open d’Australie où il avait subi une défaite cruelle (7 balles de matchs ratées) face au maître Roger Federer.

Le 55ème mondial ne part pas favori. Mais il a franchement toutes les armes pour poser des problèmes à Felix Auger-Aliassime. Il devra éviter de se faire bouger et choisir une filière assez courte. Si les échanges durent, on peut imaginer que le Canadien trouvera les angles qui feront flancher l’Américain. Au premier tour, le jeune québécois de 20 ans n’a pas connu de difficultés pour éliminer Nikoloz Basilashvili. Après 3 doubles fautes inaugurales et un break concédé dès le premier jeu, il a su faire craquer le Géorgien, il est vrai extrêmement friable dans la seconde manche.

S’il joue à son meilleur niveau, Auger-Aliassime a toutes les chances de s’imposer notamment grâce à ses qualités de retour et sa vitesse de déplacement. Mais malheureusement pour lui, il connaît encore des problèmes de constance. C’est ce qu’il lui a valu un début de saison poussif, avant de se rattraper à Rotterdam puis à Marseille en se hissant jusqu’en finale.

L’œil de Rodolphe Gilbert : C’est évident, Tennys Sandgren a les armes pour créer la surprise. Il a été à deux doigts de faire tomber Roger Federer à Melbourne. C’est aussi sa surface de prédilection. C’est un joueur américain typique de dur, un frappeur-contreur. Il a été convaincant au premier tour. Comme tous les Américains, il est très patriote et a sans doute envie de bien figurer aux Etats-Unis. Mais face à lui, on a aussi un joueur qui a montré beaucoup d’envie, dans l’attitude, dans son premier tour. Mais sur le plan du jeu, on n’a pas vu grand chose. Felix Auger-Aliassime a connu des hauts et des bas contre Nikoloz Basilashvili. Il fallait passer ce premier tour, pour la confiance notamment, et il l’a fait, même si le Géorgien l’a un peu aidé dans le second set. Il faudra produire néanmoins un tennis plus consistant pour battre Tennys Sandgren. Le Canadien est favori, mais méfiance, Sandgren est capable de jouer un très bon tennis sur dur. Bon, comme le jeu de l’Américain est « franc », il peut y avoir du déchet, donc je donne un léger avantage à Auger-Aliassime mais dans un match serré.

Daniil Medvedev vs Marcos Giron

La grosse cote du jour, elle est pour lui ! Marcos Giron n’a pratiquement aucune chance de faire tomber Daniil Medvedev. C’est en tout cas ce que pensent les bookmakers, et il est difficile de ne pas les suivre. L’Américain, qui s’exprime certes le mieux dans ces conditions (dur extérieur), ne pointe qu’au 101ème rang mondial. A 27 ans, il n’a joué que 16 matchs sur le grand circuit (6V/10D) et n’est jamais parvenu à battre un membre du TOP 20. Il a failli sortir dès le deuxième tour des qualifications face à Grégoire Barrère (4-6/7-6/6-4) et a profité d’une douleur à la jambe de Mackenzie McDonald pour éliminer son compatriote (7-6/7-5) lors du premier tour du tableau principal.

Voilà des données qui ne sont pas censées inquiéter Daniil Medvedev. Cependant, le Russe ne s’est pas du tout montré depuis le confinement. Il existe ainsi une inconnue sur son état de forme et on peut penser que c’est pile le bon moment pour le jouer. Mais c’est oublié la marge de sécurité conséquente que possède aujourd’hui celui qui fait maintenant partie du TOP 5. Son jeu, parfaitement élaboré, et son sens tactique l’empêchent de subir d’immenses déconvenues – à part ses deux revers surprises en début d’année contre Vasek Pospisil à Rotterdam et Gilles Simon à Marseille.

Rappelons tout de même que Medvedev est particulièrement performant sur dur (près de 70% de victoires en carrière) et qu’il était quasiment imbattable sur cette surface durant la seconde moitié de saison 2019. Il y a pile un an, c’était tout simplement le tube de l’été : il avait enchaîné 6 finales de suite, pour 3 titres (Cincinnati, Saint-Pétersbourg et Shanghai) et 3 échecs lors de l’ultime marche (Washington, Montréal… et l’US Open). Autant dire que le Russe de 24 ans a ses habitudes à Flushing Meadows.  

L’œil de Rodolphe Gilbert : C’est la rentrée pour Daniil Medvedev. On se souvient de son niveau exceptionnel durant l’été dernier et c’est d’ailleurs le tenant du titre de ce Masters 1000 de Cincinnati. C’est très compliqué de savoir dans quel état il va se trouver pour cette reprise. On sait en revanche que son adversaire est un joueur typique américain. C’est franchement presque un tour idéal pour un retour à la compétition, parce que Marcos Giron n’est que 101ème mondial et n’est pas très grand par la taille. Medvedev devrait avoir le temps de pouvoir développer son jeu et ça tombe bien car le Russe a besoin de jouer plusieurs coups dans l’échange pour trouver le rythme. Pour moi, cette coupure de 6 mois n’est pas forcément un désavantage pour Medvedev. Il avait tellement joué en 2019, notamment dans la seconde partie de saison, qu’on devrait le retrouver frais sur le plan physique, voire psychologique. En revanche, sur le plan du jeu, impossible de prévoir si quelque chose s’est cassé durant la pause.  


Taylor Fritz vs Aljaz Bedene

Voici une rencontre très intéressante à analyser. Et sans doute à regarder. Les deux joueurs qui s’affrontent jouent actuellement leur meilleur tennis. Peu connu du grand public, Aljaz Bedene a énormément progressé depuis un an. Sur 32 rencontres disputées, il s’est imposé 21 fois, soit un ratio de 65% de victoires. Ses résultats : une finale à Metz et trois quarts de finale à Vienne, Doha et Rotterdam. C’est notamment grâce à son service qu’il est devenu aussi performant. Il a légèrement modifié son geste et est devenu bien plus efficace. Depuis l’US Open 2019, il réussit 25% d’aces supplémentaires et remporte 88% de ses engagements (contre 78% sur l’ensemble de sa carrière). Il a encore servi 17 aces face à Garin et remporté 81% des points derrière sa première. Il a cependant été breaké 4 fois. Bedene a impressionné en infligeant une bulle au Chilien dans la troisième manche (6-4/6-7/6-0). Contre Taylor Fritz, il y aura une belle bataille de serveurs. Pour son entrée en lice, le jeune américain (22 ans) a lui claqué 9 aces et surtout remporté tous ses points derrière sa première balle de service (22 sur 22) ! Il a ainsi écrasé Lloyd Harris en 52 minutes de jeu, 6-1/6-3. Fritz (1m93), plus grand que Bedene et mieux classé (N°24 contre N°61) a réalisé une saison 2019 très prometteuse.

Ancien N°1 mondial chez les juniors, il s’est hissé à trois reprises en finale d’un tournoi sur dur depuis un an (Atlanta 2019, Los Cabos 2019 et Acapulco 2020, où il a réalisé un très beau parcours : des victoires contre John Millman, Ugo Humbert, Kyle Edmund et John Isner, avant de céder contre Rafael Nadal). Il aussi remporté son premier trophée l’année dernière, à Eastbourne (sur gazon). Taylor Fritz a annoncé avoir travaillé énormément durant la trêve. Il part avec un avantage sur Bedene grâce à sa puissance de frappe. Mais sa cote est si basse qu’il pourrait être intéressant de miser sur une manche remportée par le Slovène qui sera plus à l’aise si les échanges durent.   


John Isner vs John Millman

Il faut miser sur John Isner – il part d’ailleurs favori. Dans ce match et dans ce tournoi. On le dit, on le répète, le géant américain (2m08) se sent particulièrement bien aux Etat-Unis : il a remporté 13 de ses 15 trophées à la maison, dont un Masters 1000, à Miami en 2018. A 35 ans, le gros de sa carrière derrière lui, sa motivation est décuplée en vue des deux tournois qui s’enchaînent à New York. Au premier tour, face à Hubert Hurkacz, il a rendu une copie très propre. Un succès 7-5/6-4, 80% des points gagnés derrière sa première… et sa seconde, 2 balles de break concédées mais sauvées, soit 100% de réussite.

Le service sera évidemment l’un des points-clés de la rencontre. Quel sera le pourcentage de première de John Isner et comment John Millman va t-il s’adapter au retour ? Une première indication : l’Australien n’est habituellement pas très à l’aise face aux « big men » : 0/1 contre Milos Raonic, 0/1 contre Sam Querrey et 0/3… contre John Isner. Des rencontres néanmoins souvent très accrochées et qui peuvent lui donner de l’espoir. D’ailleurs, il est parvenu à battre un autre grand serveur, Reilly Opelka, à Tokyo l’année dernière. Un tournoi où il atteint la finale, ne cédant que face à Novak Djokovic.

Un résultat pas si étonnant. A 31 ans, John Millman n’a peut-être jamais été aussi fort. Il est devenu très complet, solide sur sa ligne de fond et capable de résister à n’importe quel adversaire, comme en attestent ses victoires en 2020 contre Felix Auger-Aliassime, Karen Khachanov et Hubert Hurkacz. Il aussi failli faire tomber Roger Federer dès le troisième tour de l’Open d’Australie, ne s’inclinant que 10/8 dans le super tie-break du cinquième set. Face à John Isner, il risque d’accuser un peu le coup sur le plan physique. En effet, pour son match de reprise, il a dû batailler près de 3 heures pour venir à bout d’Adrian Mannarino (4-6/6-4/7-6).       

Reilly Opelka vs Diego Schwartzman

C’est un duel des extrêmes ! On parle ici de taille, puisque si Reilly Opelka est le plus grand joueur du circuit (2m11) à égalité avec Ivo Karlovic, Diego Schwartzman est lui le plus petit (1m70) en compagnie de Yoshihito Nishioka. Soit un différentiel de 41 centimètres ! Dis comme cela, on ne donnerait pas une chance au « David » de l’histoire. Mais c’est ne pas connaître les formidables facultés de relance et de combativité de l’Argentin. D’ailleurs, il est déjà parvenu à faire tomber (de haut) quelques « Goliath » : Sam Querrey (trois fois), Kevin Anderson (une fois)… et Reilly Opelka (une fois aussi). C’était en 2017 au Masters 1000 du Canada, dans des conditions similaires.

Depuis, l’Américain a égalisé en s’imposant l’année dernière à Miami. Un partout, balle au centre. D’ailleurs, les spécialistes ne s’y trompent pas et ne parviennent pas à dégager clairement un favori. Diego Swhartzman possède juste un léger avantage. Logique, étant donné ses performances à l’US Open : déjà deux quarts de finale ! Lui qui n’avait pas joué un match durant la pause forcée a eu un peu de difficultés à entrer dans son tournoi – il a commis pas mal d’erreurs de placement et de décentrage –, mais il a fini par retrouver le rythme dans la deuxième manche pour s’imposer 7-6/6-3 face à Casper Ruud.

De son côté, Reilly Opelka a assuré contre Cameron Norrie (6-3/6-4) en s’appuyant sur son arme préférentielle, le service (18 aces). Sur dur, le 39ème joueur mondial est plutôt efficace. C’est sur cette surface qu’il a glané ses deux titres ATP : à New York (indoor) en 2019 et à Delray Beach (outdoor) en 2020 juste avant la coupure. Si l’Américain dépasse les 65 ou 70% de premières, la tâche sera compliquée pour Diego Schwartzman. L’Argentin devra en tout cas être particulièrement performant sur les balles de break qu’il pourra se procurer, une donnée essentielle pour connaître l’issue de la rencontre.   

L’œil de Rodolphe Gilbert : C’est le genre de match qui peut être incroyable. Une telle différence de taille, ce n’est pas commun. Comment aborder ce type de rencontre quand on est beaucoup plus petit que son adversaire ? D’abord, il faut savoir que ce n’est pas une première, c’est donc assez courant pour Diego Schwartzman de se retrouver dans cette situation. Car il y a beaucoup de grands joueurs par la taille sur le circuit aujourd’hui. Or, grâce à son coup d’œil, sa mobilité, sa capacité à prendre la balle tôt et sa faculté à faire jouer ses adversaires, l’Argentin arrive souvent à leur poser des problèmes. La première clé pour Schwartzman, c’est de ne pas se frustrer. Il faut réussir à dépasser le manque de rythme de ce style de matchs. La deuxième clé, c’est le retour. S’il parvient à relancer souvent le service de Reilly Opelka, il aura l’occasion de gagner des points puisqu’il est plus fort dans le jeu. En conséquence, il aura aussi des balles de break et de quoi prendre le service de l’Américain. Mais attention, Opelka a été convaincant lors de son premier tour. Il y a un écart de classement entre les deux hommes, mais pour moi cette partie est très ouverte, plus qu’équilibrée.      


Karen Khachanov vs Pablo Carreno-Busta

Voici un match extrêmement piégeux pour les parieurs. Oui, Karen Khachanov est plus impressionnant et plus puissant dans le jeu. Oui, Karen Khachanov est mieux classé (N°16) que son adversaire (N°25). Oui, Karen Khachanov a déjà remporté un des tournois les plus prestigieux du circuit (Paris-Bercy) alors que Pablo Carreno-Busta se contente de s’imposer dans des ATP 250. Oui, Karen Khachanov est donc favori selon les bookmakers. Oui, mais... il serait bien hasardeux de conseiller de miser gros sur le joueur russe.

Depuis son titre dans le Masters 1000 parisien à la fin de l’année 2018, on ne reconnaît plus Karen Khachanov. En 2019, son bilan est neutre : 30 victoires pour 29 défaites. Il n’a atteint qu’une demie (au Masters 1000 du Canada) et deux quarts (à Roland Garros et au Masters 1000 d’Indian Wells) dans les tournois majeurs. En 2020, aucun résultat probant, à part un succès contre Fabio Fognini à Rotterdam. Malgré son succès au premier tour contre Alexander Bublik (6-4/6-4 et aucune de balle de break concédée), il y a de quoi être prudent étant donné que le Russe parvient rarement à enchaîner deux victoires ces derniers mois.

D’autant qu’en face, se présente un des joueurs les plus difficiles à négocier. Spécialiste de terre battue à l’origine, Pablo Carreno-Busta a ensuite obtenu ses meilleurs résultats sur dur extérieur et aux Etats-Unis : une demie à l’US Open 2017 et deux supplémentaires à Indian Wells 2017 et à Miami 2018. Très régulier, véritable métronome sur le court, l’Espagnol a parfaitement négocié son premier tour face à Dusan Lajovic (7-5/6-1, 6 balles de break sauvées sur 7 concédées).

Evidemment, si Karen Khachanov joue le feu, il sera presque impossible pour Pablo Careno-Busta de le contrer. Mais comme le Russe ne parvient pas à trouver de bonnes sensations depuis quelque temps, difficile de l’imaginer écraser son adversaire. D’ailleurs, c’est bien l’Espagnol qui mène dans leurs confrontations (2/1). Sur dur, c’est pour le moment un match nul : un succès de chaque côté, à chaque fois lors du Masters 1000 du Canada. 


⭐️⭐️⭐️ Victoire d'Isner vs Millman (1,53)
⭐️⭐️ Au moins 22 jeux dans le match Raonic vs Evans / Au moins 21 jeux dans le match Auger vs Sandgren / Medvedev 2-0 vs Giron
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