Covid-19, violences policières : le sport en général – et le tennis en particulier – éprouve bien du mal à se faire une place aux Etats-Unis. Il y a une semaine, les professionnels de la raquette retrouvaient le circuit ATP lors du Masters 1000 de Cincinnati (joué exceptionnellement à New York). Déjà disputé dans des conditions bien particulières – pandémie de coronavirus oblige –, le tournoi a vu son agenda décalé après le choix de Naomi Osaka de ne pas jouer sa demi-finale le jour prévu, en guise de protestation contre les tirs policiers dont a été victime l’Américain Jacob Blake dans le Wisconsin, incitant ainsi les organisateurs à décaler à vendredi l’ensemble des rencontres du jeudi. La Fédération américaine de tennis, l’ATP et la WTA ont justifié le report des matchs en prenant « collectivement position contre l’inégalité raciale et l’injustice sociale qui, une fois de plus, ont été mises au premier plan aux Etats-Unis ».

Néanmoins, après 6 mois d’arrêt, la reprise du tennis poursuit son chemin. Un chemin tortueux, donc. A Flushing Meadows, pour le Masters 1000 de Cincinnati comme pour l’US Open, un protocole sanitaire strict a été mis en place afin d’éviter la propagation de la Covid-19. Les athlètes se retrouvent ainsi dans une situation paradoxale : la sécurité est prioritaire, mais elle a pour corollaire un appauvrissement de liberté(s). C’est en effet dans une « bulle » que les joueurs vivent durant la durée des deux épreuves. Une fois arrivés à New York, ils sont testés deux fois à 48 heures d’intervalle, puis tous les quatre jours.

Deux hôtels sont exclusivement réservés aux participants (même si 8 joueurs ou joueuses ont eux choisi de louer une maison individuelle) et leur unique trajet quotidien – entre 45 minutes et 1 heure et demie en bus – consiste à aller de leur chambre au stade et inversement. Sur place, le port du masque et la distanciation sociale sont évidemment obligatoires. Enfin, les deux tournois se jouent à huis-clos. Mais si le Masters 1000 proposait ses plus belles affiches sur le Louis Armstrong (10 200 places) et le Granstand (6000), le Majeur ouvrira aux meilleurs joueurs la plus grande enceinte du stade, le court Arthur Ashe (22 547). Une ambiance étrange et inédite attend ainsi les tennismen professionnels, habitués pour certains à batailler devant des tribunes pleines.

Un Flushing Meadows vide

Non, cette année il faudra se passer de la torride et traditionnelle ambiance new-yorkaise. Pas de huées, comme Daniil Medvedev a pu en connaître il y a tout juste douze mois, après avoir toisé la foule suite à son succès délicat contre Feliciano Lopez. Pas de bronca anti-Djoko, que le Serbe a dû essuyer après avoir provoqué le public acquis tout à la cause de Roger Federer lors d’une demi-finale mémorable en 2011. Pas non plus de soutien patriotique pour les Américains, celui dont a régulièrement bénéficié Jimmy Connors durant la fin du vingtième siècle. Forcément, Flushing Meadows va sonner creux et ça va faire tout drôle ! Une circonstance à ne pas prendre à la légère pour ces athlètes de haut-niveau, même si le propre du joueur de tennis est de savoir s’adapter. En effet, quid des remontada pour les tennismen menés deux manches à rien ? Sans l’appui des supporters, pas évident. Ainsi, la dimension mentale n’aura peut-être jamais été aussi prégnante que lors de cette 137ème édition de l’US Open, sans parler du stress lié à la pandémie - et des mesures sanitaires qui vont avec -, autre facteur psychologique à ne pas négliger.

À New York, en août et en septembre, il fait chaud, parfois très chaud, et aussi particulèrement humide. Comme chaque saison, il faudra en tenir compte, mais peut-être encore davantage cette année. On l’a vu lors du Masters 1000 de Cincinnati, tous les participants ne se sont pas présentés sur la même ligne de départ, après avoir coupé si longtemps avec la compétition. Comme certains joueurs sont encore en phase de reprise, il sera compliqué pour eux de supporter la durée d’une rencontre en cinq manches. L’aspect physique sera donc primordial, en fonction du niveau de préparation, de la récupération et du degré d’endurance de chacun des candidats au titre suprême.

En raison du contexte économique difficile, la dotation baisse de 6,7% en comparaison avec l’édition 2019. Au total, 53,4 millions de dollars (environ 45 millions d’euros) seront distribués aux joueurs de simple et de double. Le vainqueur du simple masculin empochera 3 millions de dollars (2,52 millions d’euros), contre 3,85 millions de dollars l’année dernière. Une somme encore très alléchante, de quoi aiguiser les appétits des stars de la petite balle jaune. D’ailleurs, contrairement au plateau féminin, largement décimé - 78 joueuses du TOP 100 dont seulement 4 membres du TOP 10 au rendez-vous (Ashleigh Barty, Simona Halep, Elina Svitolina, Bianca Andreescu, Kiki Bertens et Belinda Bencic manquent à l’appel) -, le tableau masculin peut s’enorgueillir de compter 89 joueurs du TOP 100, dont 15 membres du TOP 20.

Un Djokovic gonflé à bloc

Certes, Roger Federer et Rafael Nadal ne sont pas là, et c’est loin d’être anodin. Le Suisse, détenteur du record de trophées à l’US Open (5) dans l’ère Open - en compagnie de Jimmy Connors et de Pete Sampras - est blessé au genou. L’Espagnol, titré 4 fois dans le Majeur américain, a lui préféré privilégier sa santé et axer sa préparation sur terre battue en vue de Rome et surtout Roland Garros. Forcément, ces deux absences de poids font le bonheur de Novak Djokovic, seul membre du Big 3 à s’aligner, dont l’objectif avoué est de supplanter ses deux rivaux dans la course au plus grand nombre de tournois du Grand Chelem remportés - le Serbe en compte 17, à  deux longueurs de Nadal et à trois de Federer. Les trois autres TOP 20 qui n’ont pas franchi l’Atlantique sont également européens et se nomment Gaël Monfils, Fabio Fognini et Stan Wawrinka. Si les deux francophones se consacrent déjà à la saison sur la surface ocre, l’Italien se remet lui d’une opération aux deux chevilles effectuée à la fin du mois de mai. Autres absents de marque, Kei Nishikori - pas encore prêt après avoir contracté le coronavirus -, Nick Kyrgios - qui a opté pour la prudence devant l’ampleur de la pandémie - et Jo-Wilfried Tsonga.

Avec Novak Djokovic, déjà victorieux à trois reprises à New York, on ne trouve que deux autres anciens vainqueurs du tournoi : Andy Murray et Marin Cilic. Deux anciens finalistes de l’épreuve sont également au rendez-vous : Daniil Medvedev et Kevin Anderson. Il va sans dire que le numéro un mondial est l’immense favori du deuxième tournoi du Grand Chelem disputé cette saison (après l’Open d’Australie, qu’il a d’ailleurs empoché). Ses outsiders les plus sérieux ? Dominic Thiem, Daniil Medvedev et Stefanos Tsitsipas. Une grosse surprise peut-elle avoir lieu ? Si on s’en tient uniquement aux statistiques, c’est peu probable. Depuis vingt ans, deux joueurs seulement sont parvenus à s’imposer alors qu’ils ne faisaient pas partie des 8 premières têtes de série. Leur noms ? Pete Sampras (en 2002) et Marin Cilic (en 2014). Pas vraiment des inconnus… Seulement, depuis 2000, c'est à New York que l'on compte le plus grand nombre de vainqueurs différents (11) par rapport à Melbourne et Londres (7) ou encore Paris (8).

La covid-19 ayant modifié les plans ordinaires de l’organisation, la Fédération américaine de tennis a décidé de se passer des qualifications. En revanche, comme chaque année, huit invitations ont été attribuées, uniquement à des joueurs américains : Michael Mmoh, Mitchell Krueger, Sebastian Korda, Thai-Son Kwiatowski, Maxime Cressy, Ulises Blanch, Brandon Nakashima et J. J. Wolf. L'an passé, aucun n'avait passé le premier tour.

Au total, 21 joueurs américains sont présents dans le tableau principal - les femmes font encore mieux avec 31 joueuses -, les Etats-Unis étant la nation la mieux représentée devant l’Italie (10), l’Espagne (9), la France (8) et l’Argentine (6). Les tricolores, dont les chances d’aller au bout sont infimes, se nomment Benoit Paire, Richard Gasquet, Gilles Simon, Ugo Humbert, Jérémy Chardy, Adrian Mannarino, Corentin Moutet et Grégoire Barrère.


Quelques petites statistiques

25% d'outsiders en moyenne sur les 10 dernières éditions dont 4 sur 10 en finale et 5 sur 20 en demi-finale. Au premier tour, les favoris remportent leur match en moyenne 73% du temps, comme l'année dernière avec 18 outsiders sur 64 matchs dont les mémorables victoires de Kukushin face à Bautista, Fabbiano face à Thiem ou encore de Pospisil face à Khachanov.

Cela nous amène au bilan des têtes de série sur ce tournoi. Les têtes de série sont plutôt performantes avec un taux de présence de 65% au 3ème tour mais 10 d'entre elles avaient chuté dès le premier tour la saison dernière, un record historique dans le tournoi. Depuis 2010, les trois seuls joueurs non-têtes de série à s’être immiscés en quarts de finale sont Del Potro en 2016 avec une wildcard puisqu’il revenait de blessure et était classé 142ème mondial mais aussi Rublev en 2017 (53ème mondial) et Millman en 2018 (55ème mondial).

Voici le bilan des 346 têtes de série depuis 2009 à l’US Open :
- 275 têtes de série sur 346 ont gagné au 1er tour (79,5%)
-224 têtes de série sur les 275 restantes ont gagné au 2ème tour (81,5%)

Si on pouvait travestir la maxime de Lamartine, on écrirait : « Deux seuls êtres vous manquent et tout est dépeuplé. » Sauf qu’en l’espèce, si les deux plus grands joueurs de l’histoire du jeu - jusqu’à aujourd’hui - vont considérablement manquer à cette 137ème édition de l’US Open, l’absence de Roger Federer et Rafael Nadal fait terriblement les affaires de Novak Djokovic - s’il en avait besoin. La voie étant libre, l’unique membre du Big 3 présent à New York s’avance en grandissime favori du Majeur américain. Couronné pour la huitième fois à l’Open d’Australie, le Serbe chasse le record absolu dans les tournois du Grand Chelem et il n’en est plus si loin. S’il réussissait à soulever le trophée, il remporterait son dix-huitième Majeur, soit seulement un de moins que l’Espagnol et deux de moins que le Suisse.

Le fiasco de l’Adria Tour mis à part, la saison 2020 est un triomphe total pour le numéro un mondial. « Nole » est tout simplement invaincu cette année et il affiche un bilan parfait de 23 victoires en autant de rencontres disputées, avec quatre épreuves glanées : l’ATP Cup, Melbourne, Dubaï et Cincinnati. Lors du Masters 1000, Novak Djokovic a maté la concurrence dans la difficulté et montré qu'avec un mental hors-norme, il était déjà fin prêt à retrouver les sommets. Certes, son cou l’a un peu fait souffrir et Roberto Bautista-Agut, en demie, puis Milos Raonic, en finale, l’ont poussé dans ses retranchements (deux succès en 3 manches et un total de 5 heures de jeu). Mais on connait tous la capacité exceptionnelle de Novak Djokovic à récupérer sur le plan physique. Surtout, il est encore plus compliqué de le faire craquer au meilleur des 5 manches. Tête de série N°1 pour la septième fois dans le Majeur américain - un record -, le « Djoker » se sent particulièrement à l’aise sur le dur new-yorkais : 3 titres, 5 autres finales et un ratio de 72 succès pour 11 défaites, soit près de 87% de victoires.

Dans cette partie la plus haute, ils sont peu nombreux à pouvoir prétendre faire tomber le monstre « Djoko ». La surprise pourrait venir du contingent américain, dont les trois meilleurs représentants, tous classés dans le TOP 50, sont éparpillés dans ce premier quart du tableau. Pourquoi pas John Isner, pour commencer ? Avec sa force de frappe au service, l’exploit n’est pas impossible. Le géant américain de 2m08 a d’ailleurs déjà battu le Serbe à deux reprises (en 12 confrontations), à chaque fois sur dur extérieur, à Indian Wells en 2012 et à Cincinnati en 2013. En revanche, aucune trace de victoire lors d’une rencontre disputée au meilleur des 5 manches. Huitième de finaliste à Cincinnati et sorti par un excellent Stefanos Tsitsipas, le 21ème mondial se sent toujours bien lorsqu’il s’agit de jouer à la maison. Il a glané 13 de ses 15 trophées sur son sol, dont un Masters 1000, à Miami en 2018. À l’US Open, il a déjà atteint par deux fois les quarts de finale, en 2011 et en 2018.

Encore plus grand (2m11), Reilly Opelka dispose des mêmes armes que son aîné. Sa mise en jeu surpuissante fait peur à n’importe quel joueur. Le 39ème mondial claque 20 aces en moyenne par match, soit le deuxième meilleur total derrière… John Isner. Lors de la reprise du circuit, il a frappé deux grands coups en dominant successivement Diego Schwartzman puis Matteo Berrettini pour se hisser en quart de finale. Problème, il a quitté le court blessé au genou, abandonnant à la fin du premier set face à Tsitsipas. Pas très rassurant en vue de son entrée en lice à l’US Open qui le verra affronter la tête de série N°7, David Goffin. Enfin, beaucoup moins attendu, Taylor Fritz aura l’ambition de se rattraper après une élimination précoce (au deuxième tour) au Masters 1000 de Cincinnati. Comme ses compatriotes, le 24ème mondial aura à cœur de briller à domicile, lui qui a enfin confirmé les espoirs placés en lui depuis la catégorie junior en atteignant 3 finales sur dur depuis un an (Atlanta, Los Cabos et Acapulco).

D’autres joueurs, et pas des Américains, sont susceptibles de se frayer un chemin dans cette partie de tableau. D’abord Denis Shapovalov, dont le talent pur et les frappes aériennes sont capables de trouer tous les autres joueurs du circuit. Mais le 13ème mondial, en verve en fin de saison dernière (titre à Stockholm et finale au Masters 1000 de Paris-Bercy), a les défauts de ses qualités. Avec lui, ça passe ou ça casse ! Une inconstance pour le moment chronique dont il a été une nouvelle fois victime au deuxième tour de Cincinnati face à Jan-Lennard Struff, après une jolie victoire inaugurale contre Marin Cilic. Le joueur allemand est peut-être l’homme à surveiller de ce quart de tableau. S’il paraît bien présomptueux de l’imaginer battre Novak Djokovic - le Serbe lui a infligé une sévère défaite (6-3, 6-1) il y a quelques jours -, ses succès enregistrés contre le Canadien, Alex De Minaur et David Goffin ont confirmé sa récente progression : deux demies, deux quarts et un ratio positif (35V/29D) - une première ! - en 2019. Le Belge, dominé en 3 manches dès les huitièmes de finale, reste une valeur sûre de cette zone du tableau.

Mais pour le voir percer, il va falloir que le N°10 mondial retrouve une confiance qui le fuit depuis le début de l’année. Après sa belle victoire face à Rafael Nadal à l’ATP Cup, il a essuyé des revers surprenants, contre Vasek Pospisil à Montpellier, Jannik Sinner à Rotterdam et Egor Gerasimov à Marseille. Et comme l’US Open est le seul des quatre Majeurs où David Goffin n’a pas atteint les quarts de finale, rien ne prête à l’optimisme. Dans le même style - jeu de jambe dynamique et jeu de contre solide -, il faudra suivre avec attention les prestations de Pablo Carreno-Busta et de Filip Krajinovic. L’Espagnol, certes battu dès le deuxième tour à Cincinnati par Karen Khachanov, a plusieurs fois démontré ses qualités sur dur extérieur : 2 titres (Winston-Salem en 2016 et Chengdu en 2019) et surtout 3 demies dans des épreuves de premier rang, à Indian Wells en 2017, à Miami en 2018… et à l’US Open en 2017 ! Le Serbe, lui, n’a jamais jamais remporté de trophées sur dur - ni sur aucune autre surface d’ailleurs -, mais il a semblé particulièrement affûté la semaine dernière en enchaînant trois victoires de rang, contre Salvatore Caruso, Marton Fucsovics et surtout Dominic Thiem ! Un succès éclatant en deux manches (6-2, 6-1), avec seulement 2 petits points perdus derrière ses engagements.

Voici sans doute la partie de tableau la moins fournie, sur le plan qualitatif. Une aubaine pour Stefanos Tsitsipas, qui semble un ton - voire deux - au-dessus des autres. Si le Grec joue à son niveau, il devrait logiquement rejoindre sans trop de difficultés les quarts de finale du tournoi, pour ne pas dire le dernier carré. La tête de série N°4 semble déjà en bonne forme, malgré la pause forcée liée à la pandémie du coronavirus. En atteste son solide parcours à Cincinnati qui l’a vu se hisser jusqu’en demi-finale, après avoir montré ses muscles face à 3 gros serveurs du circuit (Kevin Anderson, John Isner, Reilly Opelka - sur abandon), avant de chuter contre un quatrième du genre, Milos Raonic. Sur le plan statistique, il avait même réalisé un sans faute - aucune manche perdue, aucun break concédé - avant de tomber sur le "maous costaud" canadien, qui a semblé ressusciter. Cet accroc mis de côté, le vainqueur du Masters 2019 semble l’un des rares joueurs du plateau disposant des moyens de faire trembler Novak Djokovic - il a d’ailleurs déjà battu le numéro un mondial à deux reprises, à chaque fois sur dur extérieur (au Canada en 2018 et à Shanghai en 2019).

Un cran en-dessous, les deux outsiders de ce quart de tableau se nomment Alexander Zverev et Diego Schwartzman. En début de saison, le joueur allemand a franchi un nouveau palier en accédant pour la première fois au dernier carré dans un tournoi du Grand Chelem - à sa 19ème tentative. Un parcours prometteur puisqu’il avait réussi à dominer notamment Andrey Rublev et Stan Wawrinka, avant de céder en 4 manches face à Dominic Thiem. De quoi recouvrer la confiance après une saison 2019 remplie de doutes (25 défaites) et de grandes difficultés derrière sa seconde balle de service : seulement 44% des points gagnés, 392 doubles fautes, soit presque 6 de moyenne par rencontre, le taux le plus élevé parmi les membres du TOP 100 ! Mais le 7ème mondial, désormais entraîné par David Ferrer, est retombé dans ses travers dès son tournoi de reprise : une défaite contre Andy Murray avec 11 doubles fautes à la clé. Il subsiste donc un réel point d’interrogation sur le niveau actuel du cadet des frères Zverev.

De son côté, l’Argentin a déjà prouvé ses aptitudes à briller sur la surface dur en extérieur. C’est bien simple, c’est à l’US Open qu’il a signé ses meilleures performances dans les tournois du Grand Chelem : 2 quarts de finale (en 2017 et en 2019) contre un seul à Roland Garros (en 2018). Classé au 13ème rang, Diego Schwartzman a aussi atteint le « Grand 8 » au Masters 1000 du Canada (en 2017) et a remporté l’épreuve de Los Cabos l’année dernière. Certes, il a été éliminé dès le deuxième tour à Cincinnati par un implacable Reilly Opelka, mais rien de rédhibitoire quand on connait le tempérament bagarreur et la force mentale du petit argentin.

Un peu plus bas dans la hiérarchie, il faut relever la présence de Kevin Anderson. Son entrée en lice face à Alexander Zverev aura pour conséquence la sortie d’un cador dès l’entame du tournoi. Blessé au coude puis au genou sur l’ensemble des deux dernières saisons (seulement 30 matchs joués), le Sud-Africain peine à revenir au premier plan. Mais grâce à son service de feu et son coup droit puissant, celui qui ne pointe qu’à la 124ème place a les armes pour jouer les trouble-fêtes dans cette partie de tableau. Tout dépendra bien sûr de ses capacités physiques, mais rappelons tout de même qu’Anderson a déjà excellé à Flushing Meadows en se hissant jusqu’en finale en 2017.     

On jettera également un œil sur trois autres concurrents. Cristian Garin, pour commencer. Le Chilien a déjà triomphé deux fois cette saison - à Cordoba puis à Rio - et il pointe désormais au 18ème rang. Si sa surface de prédilection demeure la terre battue, il a démontré certaines qualités sur dur ces derniers mois avec un quart au Masters 1000 de Paris-Bercy et des succès sur John Isner, Kyle Edmund et Fernando Verdasco. Autre joueur à surveiller, Hubert Hurkacz. S’il a perdu d’entrée il y a quelques jours face à John Isner, le Polonais a déjà prouvé qu’il pouvait être au rendez-vous sur dur extérieur. En 2019, le 29ème mondial a glané son premier titre à Winston-Salem (en dominant au passage Feliciano Lopez, Frances Tiafoe, Denis Shapovalov et Benoit Paire) et a fait chuter Stefanos Tsitsipas au Masters 1000 de Montréal. Enfin, beaucoup s’interrogent sur la mauvaise passe de Borna Coric. Exceptée sa finale à Saint-Pétersbourg en octobre dernier, le Croate ne parvient plus à retrouver le niveau qui était le sien en 2018. Cette année là, l’ancien 12ème mondial avait atteint le dernier carré au Masters 1000 d’Indian Wells puis la finale dans un autre tournoi de cette catégorie, à Shanghai. Certes, Coric a depuis accumulé les pépins physiques (dont le coronavirus), mais celui qui pointe aujourd’hui qu’au 33ème rang a beaucoup à démontrer dans les mois qui viennent s’il veut continuer à faire partie des joueurs qui comptent. 

C’était le tube de l’été 2019. Il y a pile un an, c’était même l’homme à battre. Durant quatre mois, Daniil Medvedev avait survolé l’été et le début de l’automne en enchaînant six finales de suite pour trois titres (Masters 1000 de Cincinnati, ATP 250 de Saint-Pétersbourg et Masters 1000 de Shanghai) et trois échecs lors de l’ultime marche (ATP 500 de Washington, Masters 1000 de Montréal et US Open). Au passage, cinq succès contre des TOP 10 (dans l’ordre chronologique : Dominic Thiem, Karen Khachanov, Novak Djokovic, Stefanos Tsitsipas et Alexander Zverev) et une défaite sur le fil face à Rafael Nadal à Flushing Meadows (7-5, 6-3, 5-7, 4-6, 6-4). Une période ahurissante qui a permis au joueur russe d’intégrer le TOP 5 et surtout de s’afficher depuis comme un prétendant extrêmement sérieux aux épreuves les plus huppées du circuit, dont les tournois du Grand Chelem.

En 2020 néanmoins, Medvedev éprouve quelques difficultés à retrouver le chemin du succès : un simple huitième de finale à Melbourne et surtout deux revers surprises et prématurés à Rotterdam et à Marseille contre deux joueurs bien moins classés que lui – Vasek Pospisil (N°104) et Gilles Simon (N°58). Pour la reprise, lors du Masters 1000 de Cincinnati, le 5ème joueur mondial a alterné le bon et le moins bon. D’abord impérial contre Marcos Giron et Aljaz Bedene (seulement 6 points concédés derrière sa première sur l’ensemble des deux rencontres), Medvedev a ensuite calé en quart de finale face à Roberto Bautista-Agut. Il avait pourtant mieux commencé la partie que son adversaire, mais a finalement craqué tactiquement et physiquement en 3 manches et 2h15 de jeu, la faute à une cruelle faiblesse derrière sa seconde balle de service (10/34, soit 29% des points gagnés) et à une inefficacité chronique lors des moments cruciaux (seulement 5 balles de break converties sur 20 obtenues). La thèse de l’accident de parcours est pour le moment retenu, mais gare à ne pas connaître le même type de mésaventures à l’US Open.

Si la logique du classement est respectée, le protégé de Gilles Cervara devrait affronter en quart Matteo Berrettini. Alors que Daniil Medvedev n’était pas forcément attendu en finale de l’US Open l’année dernière, que dire alors de l’Italien, qui ne chavira qu’en demie face à l’ogre espagnol, Rafael Nadal. Quelques jolis succès (Richard Gasquet, Andrey Rublev ou encore Gaël Monfils) qui ont placé le Romain dans une nouvelle catégorie - le TOP 10 mondial - et dans une autre dimension - une première participation au Masters. S’il a ensuite confirmé au Masters 1000 de Shanghai en se hissant jusqu’en demi-finale, Berrettini n’a quasiment pas eu l’occasion en 2020 de s’exprimer sur les terrains (2 rencontres seulement avant l’interruption de la saison), à cause d’une douleur aux abdominaux. Pour son retour, le 8ème mondial n’a pas vraiment eu le temps de recouvrer ses sensations, puisqu’il a été battu dès son deuxième match par Reilly Opelka.

Avant de rejoindre les quarts de finale, Matteo Berrettini devra peut-être écarter l’un des épouvantails du tableau, Andrey Rublev. Son patronyme est maintenant bien connu, puisqu’il s’agit du troisième meilleur joueur sur dur depuis l’été dernier (42 victoires pour 12 défaites), derrière Novak Djokovic et Rafael Nadal. En 2019, le jeune russe s’est imposé à Moscou, a joué une autre finale à Hambourg (sur terre), s’est hissé en quart à Cincinnati (après avoir fait exploser Stan Wawrinka puis Roger Federer) et a atteint les huitièmes de finale à Flushing Meadows. En 2020, celui qui est aujourd’hui classé à la 14ème place s’est déjà offert deux trophées (à Doha et à Adélaide) et a disputé un autre huitième de finale en Majeur, à l’Open d’Australie. Éliminé d’entrée par l’excellent et déroutant Daniel Evans lors du récent Masters 1000 de Cincinnati, Rublev reste néanmoins l’un des joyaux de ce tableau de l’US Open.

Medvedev, Berrettini… et Grigor Dimitrov : ce quart de tableau rassemble trois des quatre demi-finalistes de l’édition précédente du Majeur new-yorkais. Après une saison 2017 étincelante (sacre au Masters et demie à Melbourne), le Bulgare n’a pas réussi à rééditer les mêmes performances lors des deux saisons suivantes - il a remporté moins de matchs en 2018 et 2019 (47) que lors de l’année précédente (49). Heureusement, en fin de saison dernière, il a quelque peu sauvé les meubles en accédant au dernier carré de l’US Open, après avoir dominé en quart de finale un certain Roger Federer. Pour la reprise du jeu, le 19ème mondial est confronté à un autre souci. Touché par la Covid-19, Dimitrov n’a pu se préparer dans de bonnes conditions. S’il s’est montré rassurant contre Ugo Humbert lors de son entrée en lice au Masters 1000 de Cincinnati, il a ensuite flanché physiquement dès le tour suivant face à Marton Fucsovics.

Justement, le Hongrois fait partie d’un petit cercle de joueurs dont les favoris devront se méfier. Ancien 31ème mondial, il a réalisé un bon début d’année. Grâce à son style léché et varié, Marton Fucsovics a atteint les quarts de finale à Doha puis un huitième de finale à l’Open d’Australie où il a enchaîné quelques victoires convaincantes (Denis Shapovalov, Jannik Sinner et Tommy Paul) avant de s’incliner en 4 manches face à Roger Federer. Autre joueur à observer de près parmi cette petite bande d’impétrants, Aljaz Bedene. Depuis un an maintenant, le Slovène a largement progressé. Lors de ses 34 derniers matchs, il s’est imposé 22 fois, soit 66% de victoires. Parmi ses succès à retenir, celui acquis contre Stefanos Tsitsipas à Rotterdam en février. C’est surtout sur ses mises en jeu que Bedene a franchi un palier. Malgré sa taille normale (1m83), il a légèrement modifié son geste au service - il prend la balle davantage phase montante - et est devenu bien plus efficace. Avant de s’incliner face à Daniil Medvedev à Cincinnati il y a quelques jours, il a pris le soin de marquer son territoire en écartant Cristian Garin et Taylor Fritz, avec 28 aces au total à la clé. Encore jamais invité en seconde semaine dans les tournois du Grand Chelem, voici peut-être venu le moment pour le 61ème joueur mondial. À suivre aussi, le comportement de Nikoloz Basilashvili. Déjà vainqueur de trois tournois ATP 500 dans sa carrière (Pékin en 2018 et Hambourg en 2018 et 2019), le Géorgien présente une menace ponctuelle. Mais si sa puissance de frappe est impressionnante, son inconstance l’empêche de prétendre à un parcours serein durant plusieurs tours consécutifs. En 2020, son bilan est d’ailleurs peu reluisant : 4 petits succès pour 6 défaites.

Cette partie de tableau est aussi l’occasion de voir la moitié du contingent français présent à l’US Open : Benoit Paire, Ugo Humbert, Jérémy Chardy et Grégoire Barrère. C’est évident, même si l’espoir fait vivre, il est difficile d’imaginer l’un d’entre eux rejoindre le dernier carré. En manque de motivation depuis sa finale à Auckland en début d’année, l’Avignonnais, malade, a dû abandonner dès son entrée en lice à Cincinnati. Victorieux du tournoi néo-zélandais face à son compatriote, Humbert a été coupé dans son élan par le confinement. Tout jeune papa et sans doute pas vraiment la tête au tennis, le Palois a lui chuté sèchement dès le premier tour des qualifications du récent Masters 1000. Bien installé dans le TOP 100 à présent, Barrière a passé un tour dans ce même tableau, avant de s’incliner contre l’Américain Marcos Giron.

Quelques mots enfin sur trois joueurs dont il faudra suivre le destin à Flushing Meadows, et ce pour des raisons diverses. Prime à la jeunesse d’abord, commençons par Emil Ruusuvuori, vainqueur de quatre tournois Challenger en 2019. À 21 ans, le Finlandais vient de remporter son premier match en Masters 1000 (contre un autre membre de la nouvelle génération, Sebastian Korda), un résultat qui lui permet d’intégrer le TOP 100. Au deuxième tour, cet ancien vainqueur du Masters junior n’a cédé que face à Matteo Berrettini, après un duel accroché en 3 manches. Guido Pella et Hugo Dellien sont les deux autres joueurs à étudier. Ecartés au tout dernier moment du Masters 1000 de Cincinnati après que leur préparateur physique a contracté le coronavirus, l’Argentin et le Bolivien ont été placés à l’isolement. Ils ont été testés plusieurs fois depuis et demeurent négatifs. Contraints de préparer l’US Open sans toucher la raquette et en se contenant d’exercices physiques dans leur chambre d’hôtel, la quinzaine new-yorkaise risque de ne pas s’éterniser pour eux. Mais méfiance avec l'Argentin, trop souvent sous-estimé par ses adversaires mais aussi les bookmakers et les parieurs...

C'est clairement le quart de tableau le plus relevé, homogène. Il contient bon nombre d'outsiders potentiels. Celui qui sortira vivant de ce quart de tableau risquera de le payer physiquement au moment du final four. Si le tirage au sort avait été effectué juste avant la reprise du circuit, beaucoup de spécialistes auraient sans doute parié les yeux fermés sur une accession facile de Dominic Thiem dans le dernier carré de l’US Open. Tout simplement parce que l’Autrichien, meilleur joueur de terre battue de la planète derrière Rafael Nadal, dispose à présent de tous les atouts nécessaires pour briller régulièrement sur dur. Il a d’ailleurs débloqué son compteur dans un grand tournoi (un Masters 1000) à Indian Wells en 2019, avant de s’imposer à Pékin et à Vienne, puis de se hisser jusqu’en finale du Masters. Rebelote en 2020 puisqu’il a touché du doigt le Graal à l’Open d’Australie avant de céder in extremis en 5 manches en finale face à Novak Djokovic, après avoir secoué Rafael Nadal et Alexander Zverev, respectivement en quart et en demie.

L’histoire est belle, la progression régulière et la logique voudrait voir le N°3 mondial s’imposer bientôt dans un tournoi du Grand Chelem. Mais il y a un hic, enfin plusieurs. D’abord, Dominic Thiem s’est fait piteusement sortir dès son entrée en lice à Cincinnati. Une défaite humiliante (6-2, 6-1) face à Filip Krajinovic, et des statistiques indignes de son rang (seulement 55% des points gagnés derrière sa première et 38% derrière sa seconde). « C’était un match horrible de ma part, je n’ai pas bien joué du tout et je n’ai pas été capable d’entrer dans le rythme. Pour le moment, c’est difficile à comprendre, mais j’y réfléchirai et je suis sûr que je trouverai de meilleures réponses dans les prochains jours », a souhaité positiver le double finaliste de Roland Garros. Ensuite, le tout récent Masters 1000 disputé à New York a mis en lumière deux joueurs que le hasard a placé dans le quart de tableau de l’Autrichien : Milos Raonic et Roberto Bautista-Agut. Deux outsiders qui ont prouvé ces derniers jours qu’il faudrait compter avec eux à Flushing Meadows. Voilà de quoi contrarier les ambitions de Thiem, d’autant que l’Autrichien n’a jamais été en réussite à l’US Open : un seul petit quart de finale en six participations.

Milos Raonic et Roberto Bautista-Agut sont donc les deux outsiders les plus sérieux de cette partie de tableau. Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver une explication. Avec Novak Djokovic, ce sont tout simplement les deux tennismen qui paraissent le plus en forme, en atteste leur formidable parcours à Cincinnati. Pour le Canadien, c’est un quasi sans-faute : 6 matchs, 5 victoires (dont une contre Andy Murray et une autre devant Stefanos Tsitsipas) et une quatrième finale de Masters 1000 en carrière à la clé, après quatre ans d’attente. Sur le plan statistique, l’ancien finaliste de Wimbledon (en 2016) a claqué 98 aces et n’avait perdu que deux fois son service avant la finale. Même s’il a été battu une onzième fois (en autant de confrontations) par le numéro un mondial, il aura quand même réussi à lui enlever un set. Une résurrection pour l’ancien N°3 mondial, connu pour ses frappes lourdes au service et en coup droit, même s’il avait déjà laissé entrevoir un renouveau en se hissant jusqu’en quart de finale de l’Open d’Australie en début d’année (en dominant au passage Stefanos Tsitsipas, déjà, ainsi que Marin Cilic).

Roberto Bautista-Agut ne fait lui que confirmer une progression linéaire. On connait depuis plusieurs années son penchant pour les épreuves jouées sur dur extérieur. Sur ses 9 titres en carrière, 6 ont été remportés dans ces conditions. Ensuite, l’Espagnol sort d’une excellente année 2019 : une demie à Wimbledon - sa première dans un tournoi du Grand Chelem -, un quart à Melbourne et trois quarts supplémentaires en Masters 1000 (à Miami, à Montréal et à Cincinnati). Rien d’étonnant de le voir ainsi performer dès la reprise du circuit, étant donné ses incroyables aptitudes de marathonien. Ces derniers jours, il aura passé près de 9 heures sur les courts, pour un glorieux bilan de trois victoires (contre Richard Gasquet, Karen Khachanov et Daniil Medvedev) et une défaite sur le fil en demie après un combat titanesque perdu en 3 heures de jeu contre Novak Djokovic. Attention toutefois, l’Espagnol aura pour premier adversaire l’Américain Tennys Sandgren (quart de finaliste à l’Open d’Australie en 2018 et en 2020), soit un véritable match piège.

Derrière ces trois champions (Thiem, Raonic et Bautista-Agut), difficile de se frayer un chemin jusqu’au « Grand 8 ». Pourtant, on trouve encore du beau monde dans cette partie de tableau. Voici une petite liste de quatre joueurs qui aspirent à aller loin dans cet US Open. D’abord, Karen Khachanov. S’il a bien du mal à enchaîner les prestations de qualité depuis son titre au Masters 1000 de Bercy en 2018 (15 éliminations d’entrée lors de ses 32 derniers tournois), le Russe est toujours capable de cogner très fort et de faire trembler les meilleurs, en atteste son match d’anthologie disputé il y a deux ans à Flushing Meadows face à Rafael Nadal. Ensuite, Felix Auger-Aliassime. Si le jeune Québécois de 20 ans a perdu dès son entrée en lice lors de ses deux premières apparitions à New York, il a été sacré dans ce même lieu chez les juniors en 2016. Toujours à la recherche de son premier titre, « F2A » a néanmoins déjà atteint 5 finales sur le grand circuit en moins de deux années chez les professionnels. Avec un peu plus de constance, le Canadien ne devrait pas tarder à percer le tableau d’un Majeur. À suivre également, le comportement de Marin Cilic, qui a signé le plus bel exploit de sa carrière à New York en glanant l’US Open en 2014. Un environnement qui pourrait lui redonner de la sérénité, lui qui peine à sortir la tête de l’eau depuis sa victoire en Coupe Davis en 2018. En 2019, le Croate n’a remporté que 22 matchs (pour 19 défaites) et a considérablement chuté au classement (hors du TOP 30). Sa reprise n’a pas été rassurante puisqu’il a cédé d’entrée contre Denis Shapovalov. Enfin, sans faire de bruit, Daniel Evans commence à étoffer son tableau de chasse. Après avoir déjà dominé David Goffin, Karen Khachanov, Fabio Fognini et Andrey Rublev en début de saison, il a récidivé en sortant d’entrée ce dernier à Cincinnati. À l’aise sur dur en 2020 - demie à Dubaï, quart à l’ATP Cup et à Rotterdam -, le Britannique au jeu fin et varié pointe actuellement au 28ème rang, son meilleur classement en carrière.

De nombreux regards seront pointés en direction d’Andy Murray, l’un des trois anciens vainqueurs présents dans le tableau - avec Novak Djokovic et Marin Cilic. L’Ecossais s’était imposé en 2012 et avait aussi atteint la finale en 2008. On connait l’histoire, à la fois heureuse et douloureuse, le Britannique a depuis connu les sommets - une saison 2016 phénoménale avec un titre en Majeur (Wimbledon), un autre au Masters, deux finales supplémentaires en Grand Chelem (Open d’Australie et Roland Garros) et la place de numéro un mondial comme récompense -, mais aussi l’enfer - deux lourdes opérations à la hanche et une absence prolongée (seulement 33 matchs joués depuis début 2018). Ainsi, Murray ne disputera que son troisième Majeur sur les onze derniers (il avait même évoqué la fin de sa carrière lors de l’Open d’Australie 2019). L’US Open ne sera aussi que son deuxième tournoi de l’année. Pour son retour à la compétition, celui qui n’est classé que 134ème à l’ATP a rassuré et s’est rassuré : il a passé deux tours et a tenu le choc sur le plan physique (deux succès en 3 manches contre Frances Tiafoe et Alexander Zverev). Sera-t-il néanmoins capable d’enchaîner les rencontres au meilleur des 5 manches ? C’est toute la question.  

Retour de blessure également pour Alex De Minaur. Touché aux abdominaux, le jeune australien (21 ans) avait été contraint de déclarer forfait à l’Open d’Australie. Pour sa reprise, il a perdu d’entrée face à un très bon Jan-Lennard Struff. Particulièrement à l’aise sur dur extérieur - il a remporté ses 3 titres dans ces conditions : Sydney, Atlanta et Zhuhai, tous en en 2019 -, De Minaur n’est sans doute pas encore à 100%. On peut toutefois compter sur sa fougue et son esprit de combattant pour lutter jusqu’au bout. Un autre joueur est extrêmement motivé : Richard Gasquet. En fin de carrière, le Français a affirmé durant le confinement son envie de continuer à jouer au plus haut niveau. Certes, il a perdu dès le deuxième tour à Cincinnati, mais c’était face à l’un des hommes forts de la semaine, Roberto Bautista-Agut. New York a déjà sourit au tricolore de 34 ans, puisqu’il a déjà atteint le dernier carré à Flushing Meadows (en 2013). Son premier tour sera néanmoins compliqué : la machine à ace, Ivo Karlovic. On suivra enfin avec attention la troisième participation dans un tournoi du Grand Chelem de Jannik Sinner. La pépite italienne a perdu dès son entrée à lice en qualification à Cincinnati, mais son talent indéniable pourrait poser de réels soucis à Karen Khachanov au premier tour de l’US Open. À 19 ans, il pointe déjà au 73ème rang et a déjà battu des joueurs de renom, tels que Gaël Monfils et David Goffin.


Les cotes intéressantes à prendre comme vainqueur du tournoi parmi les 128 joueurs en lice

Rublev @30.00
Isner @100.00
Goffin @100.00
Khachanov @100.00
Krajinovic @100.00
Schwartzman @100.00


Les petits bonus de Rodolphe Cazejust

  • Surfaces : Sur gazon de 1881 à 1974, sur terre de 1975 à 1977, sur dur depuis 1978
  • La Reine : Chris Evert avec 6 titres, 3 finales et 16 demies de suite entre 1971 à 1986) – record !
  • L'irréductible Français : Cédric Pioline est le seul Français finaliste (en 1993) depuis l'époque des Mousquetaires ; chez les femmes, Mary Pierce en 2005 a réalisé la même performance
  • Parité : La parité des gains existe depuis 1973
  • Night Session : Elles on été instaurées depuis 1975
  • Hawk-eye : C’est le 1er tournoi du Grand Chelem à l’avoir instauré en 2006
  • Marathon : Le record du match le plus long tient toujours depuis 25 ans, c'était la demie de 1992 entre Edberg et Chang (5 h 26) et seulement 4 matchs ont dépassé les 5 heures de jeu
  • Short : C’est en 1931 que pour la première fois un joueur a décidé de venir sur le court en short, le Britannique Bunny Austin, et c’était à l’US Open 
  • Précoce : Un seul joueur de moins de 20 ans a déjà remporté le tournoi, Pete Sampras en 1991 (19 ans et 28 jours) – chez les femmes on en compte 3, dont Tracy Austin en 1979 (16 ans et 270 jours), Monica Seles et Martina Hingis