Ils sont tout beaux, ils sont tout chauds, les qualifiés font leur entrée dans le tableau principal ce mardi avec la ferme intention de créer quelques sensations ! Au menu, 12 rencontres du premier tour avec un petit paquet d’Italiens aux dents longues (Salvatore Caruso, Marco Cecchinato et Lorenzo Musetti), un jeune espagnol mort de faim (Alejandro Davidovich Fokina), des spécialistes de terre battue (Guido Pella, Facundo Bagnis, Federico Coria), mais aussi le retour des héros de l’US Open (Denis Shapovalov, Andrey Rublev et Alex de Minaur) et de Cincinnati (Milos Raonic), et enfin la première apparition sur le circuit principal depuis la reprise du Tour d’un triple champion en Majeur, Stan Wawrinka.


Denis Shapovalov vs Guido Pella

En voilà un, de match bizarre, dont l’issue s’avère mystérieuse. D’ailleurs, les parieurs ne s’y trompent pas et restent bien frileux. On peut les comprendre et en voici l’explication. À ma droite, un joueur en pleine forme, Denis Shapovalov, tout juste quart de finaliste à l’US Open, après avoir éliminé notamment Taylor Fritz et David Goffin. À ma gauche, un joueur en méforme, Guido Pella, victime indirecte du protocole sanitaire instauré à New York, qui l’a contraint à rester enfermé dans sa chambre d’hôtel durant une dizaine de jours plutôt que de jouer le Masters 1000 de Cincinnati. La suite logique, une défaite d’entrée à Flushing Meadows face au modeste américain J. J. Wolf, puis un revers dès le deuxième tour à Kitzbühel contre Feliciano Lopez.

Vu comme ça, la partie semble déjà jouée ! Sauf que plusieurs éléments sont susceptibles de faire pencher la balance du côté de l’Argentin et qui peuvent expliquer la chute de cote de Pella ces dernières heures. D’abord, le Canadien a une semaine de retard sur son adversaire et c’est lui, cette fois-ci, qui va devoir se remettre d’un long voyage et du décalage horaire Etats-Unis-Europe. Ensuite, c’est le moins bien classé des deux hommes (N°36 vs N°17) qui s’acclimatent le mieux à la terre battue. Si l’ocre est la surface de prédilection de Pella (1 titre et 4 finales), on ne peut pas en dire autant de Shapovalov, très mal à l’aise lorsqu’il s’agit de glisser (12V/12D en carrière sur terre). En 2019, la pépite canadienne s’est inclinée dès son entrée en lice à Monte-Carlo, Barcelone, Madrid et Roland Garros et n’a passé qu’un tour à Rome et à Lyon, autrement dit un bilan catastrophique. Mais attention, la terre est assez rapide à Rome, ce qui pourrait avantager Shapovalov. Alors voilà, dans ces conditions, difficile de résoudre l’équation posée par cette rencontre entre les deux gauchers.

L’oeil de Florent Serra : Hormis un joli parcours à Madrid en 2018, Denis Shapovalov n’arrive pas à s’acclimater à la terre battue. Il a encore beaucoup trop de lacunes, au niveau de ses glissades et de ses prises de risque, où il manque cruellement de patience. Le Canadien a aussi un gros défaut en revers, souvent en retard, une tendance à se placer quasiment dos au filet au moment de la frappe, avec les pieds en barrage, du coup, il met beaucoup de temps à repartir de l’autre côté, aussi car il continue à glisser même un peu après avoir tapé dans la balle. Évidemment, sa frappe reste de qualité, mais si on appuie sur son revers et qu’on joue vite de l’autre côté, il est battu. En face, Guido Pella, très bon sur terre et gaucher aussi, est vraiment à l’aise pour construire les échanges. Même s’il n’a pas pu s’entraîner comme il le souhaitait à New York, je le vois bien jouer à Rome. D’autant que sa défaite à Kitzbühel est peut-être un trompe-l’oeil, car les conditions autrichiennes favorisaient les joueurs offensifs du type Feliciano Lopez. Donc si l’Argentin prend du temps à Shapovalov côté revers, il peut le battre, c’est pourquoi je donne un petit avantage à Pella.


Alex de Minaur vs Dominik Koepfer

On se souvient de son huitième de finale à l’US Open, il y a tout juste un an ! N°118 à l’époque, Dominik Koepfer était sorti des qualifications puis avait dominé dans le tableau principal Jaume Munar, Reilly Opelka et Nikoloz Basilashvili, avant de céder face à Daniil Medvedev. Un véritable exploit sans lendemain, puisque l’Allemand n’a pas fait mieux qu’une demie en Challenger depuis. Aussi, faut-il le rappeler, la surface du Masters 1000 de Rome ne convient pas vraiment au 97ème joueur mondial, qui certes frappe lourd et fort, mais ne se déplace pas très bien. À Kitzbühel, la semaine dernière, il a perdu d’entrée face à son compatriote Maximilian Marterer. Koepfer a néanmoins un avantage sur Alex de Minaur : il a pu s’acclimater aux conditions et a même déjà cravaché en qualifications (3 succès en 3 manches contre Flavio Cobol, Gilles Simon et Mikhaïl Kukushkin), de quoi être parfaitement lancé dans le tournoi romain.

Au contraire, l’Australien débarque de New York, après un excellent parcours : un quart de finale qui l’a vu dominer au passage Richard Gasquet, Karen Khachanov et Vasek Pospisil. Vu comme ça, le N°27 à l’ATP semble bien au-dessus. Mais c’est oublier ses piètres résultats sur terre : 2 tous petits succès pour 9 défaites, soit moins de 20% de victoires sur le grand circuit ! L’année dernière, il a même perdu contre le 214ème joueur mondial, Joao Domingues, à Estoril. Pour l’instant, De Minaur minimise les tournois joués sur l’ocre, qui demandent des qualités de puissance et de glissade qu’il ne possède pas. Très bon défenseur et disposant d’un formidable jeu de jambes, l’Australien paraît néanmoins en danger. C’est risqué, mais si Dominik Koepker se muait en surprise du chef lors de ce premier tour romain ?


Andrey Rublev vs Facundo Bagnis

À priori, il n’y a pas photo dans cette rencontre qui oppose l’un des 5 meilleurs joueurs du circuit depuis un an, Andrey Rublev, à un joueur issu des qualifications, Facundo Bagnis. Évidemment, comme pour tous les athlètes arrivant de New York, la question de l’état de fraîcheur du Russe doit être posée. Tout comme sa faculté (ou non) à rapidement s’adapter à la terre battue. Ces deux équations seront à l’origine de quelques surprises, c’est sûr. Mais pour ce qui est du 12ème joueur mondial, le niveau de confiance est élevé. Quart de finaliste à l’US Open, il a tout à la fois démontré une nouvelle fois son fort niveau de jeu… tout en se préservant d’une arrivée trop tardive dans la capitale italienne. Depuis le début de l’année, Rublev a déjà remporté 2 tournois (Doha et Adélaïde) et il fait figure d’épouvantail dans chacun des tournois qu’il dispute. Sa puissance de frappe est impressionnante et il a acquis aujourd’hui une régularité très intéressante.

Bizarrement, le Russe n’a jamais participé aux Masters 1000 de Rome et de Madrid. La faute principalement à des blessures contractées au mauvais moment. Son bilan sur l’ocre est assez neutre, 15 succès pour 16 défaites, soit même pas 50% de victoires. Il n’empêche, il a déjà su s’imposer sur terre : un titre à Umag en 2017 et une finale à Hambourg l’année dernière. Surtout, il est devenu beaucoup plus patient sur le court, de quoi lui permettre d’accroître ses performances dans ces conditions de jeu. Son adversaire est au contraire un vrai spécialiste de la surface rouge-orangée. Une statistique pour le prouver ? Ses finales en Challenger, 25 au total, toutes sur terre ! L’Argentin est en forme, puisqu’il vient de battre 3 joueurs dans le tableau des qualifications, dont Tommy Paul et Mickael Ymer. Mais l’Argentin, ancien N°55, n’est plus le joueur qu’il était en 2016, sa meilleure année, lorsqu’il avait glané 6 titres en Challenger et atteint 2 quarts de finale dans des épreuves ATP 250. Aujourd’hui, Bagnis est redescendu à la 135ème place mondiale et son statut de gaucher ne fait pas peur à Andrey Rublev, qui présente un bilan favorable de 12V/7D contre ce type de joueurs.

Milos Raonic vs Adrian Mannarino

Les deux joueurs sont de retour des Etats-Unis, après une mini-tournée américaine plutôt réussie dans l’ensemble. Milos Raonic, tête de série N°13 à Rome, a frappé les esprits en se hissant jusqu’en finale du Masters 1000 de Cincinnati. Au passage, des victoires significatives contre Sam Querrey, Daniel Evans, Andy Muray, Filip Krajinovic et Stefanos Tsitsipas, en ne concédant qu’une seule manche. Puis une finale où il a justement pris un set à Novak Djokovic. Une superbe reprise pour le Canadien, de sorte que son élimination au deuxième tour à Flushing Meadows face à son compatriote Vasek Pospisil est apparue comme une grosse surprise. De son côté, Adrian Mannarino a perdu sur le fil dès son entrée en lice à Cincinnati avant de montrer de belles choses à l’US Open : deux succès contre Lorenzo Sonego et Jack Sock avant de céder en 4 manches face au futur finaliste du Majeur new-yorkais, Alexander Zverev.

Le séjour du Français à Big Apple fut aussi et surtout marqué par une obligation de demeurer dans sa chambre après son élimination. Cas contact de Benoit Paire, testé positif à la Covid-19, le tricolore n’a débarqué à Rome que samedi, et encore, il a dû rester isolé 24 heures supplémentaires à son arrivée. On ne sait pas exactement comment le 39ème joueur mondial a pu s’entretenir, mais il est d’ores et déjà sûr et certain qu’il n’a pas pu s’entraîner comme il le souhaitait. C’est une des raisons qui ont poussé les bookmakers à ne lui laisser que 20% de chances de s’imposer sur ce match. Rappelons que c’est exactement le ratio des outsiders victorieux à Rome au premier tour depuis 10 ans, alors sait-on jamais. Mais il est très difficile d’y croire. La terre battue, assez rapide, favorisera les deux joueurs, mais sur cette surface, Mannarino n’a jamais réussi à trouver de vrais repères : 14V/39D, soit 26% seulement de matchs gagnés ! Et à Rome, il n’a jamais passé le 1er tour (en 4 tentatives). De son côté, si ce n’est pas sa surface préférée, Raonic a déjà su performer sur l’ocre. Exemples : un quart à Roland Garros et une demie à Rome, justement. Et s’il sert le feu, le Canadien aura tout loisir de contrôler la partie.

L’oeil de Florent Serra : Je rejoins toutes les raisons évoquées ci-dessus. Certes, Adrian Mannarino a fait un bon US, avec une défaite contre le futur finaliste de l’épreuve, Alexander Zverev. Mais voilà, le Français a un petit peu la terre en horreur, alors s’il n’a pas pu s’entraîner suffisamment, cela risque d’être très compliqué. C’est à la fois un problème technique - une glissade mal maitrisée et peu de lift dans sa main - et un souci mental - il s’est mis en tête qu’il n’était pas à l’aise et n’arrive pas vraiment à dépasser ce sentiment. Milos Raonic va servir fort et comme le rebond va monter haut, cela va rendre la tâche de Mannarino difficile, car la balle va aller au-dessus de son épaule, et c’est dans cette situation là qu’il manque de puissance pour relancer. Il est excellent sur les balles basses, mais quand ça monte, c’est dur ! Et ça le fatigue. Et même sur ses secondes balles de service, grâce à son kick, le Canadien va sans doute se procurer des balles d’attaque dès son deuxième coup de raquette. C’est vrai, Milos Raonic n’est pas un monstre sur terre battue et ne se déplace pas très bien. Donc si le tricolore sert bien, s’il joue des court-croisé et s’il fait courir Raonic, il peut lui poser des problèmes. Mais sur un match entier, je vois le Canadien s’imposer. On peut peut-être partir sur une victoire en 3 manches de Raonic ou en 2 manches avec plus de 8 jeux remportés par le Français.


Stan Wawrinka vs Lorenzo Musetti

En voilà un qu’on est content de retrouver ! Pendant le confinement, il nous a bien fait rigoler sur les réseaux sociaux ! On l’attendait à l’US Open, un des trois tournois du Grand Chelem qu’il a remportés, mais il a préféré s’abstenir. Déception pour les fans de Stan Wawrinka, forcément heureux de le revoir sur une épreuve majeure, en l’occurence à Rome. Attention, le Suisse a déjà rejoué deux compétitions officielles, à Prague. Certes, deux tournois Challenger, mais l’occasion de remporter un titre et surtout de préparer la mini-saison automnale sur terre. Après 7 succès de rang en République Tchèque, le 17ème mondial a dû déclarer forfait au stade des quarts de finale en raison d’une douleur à la cuisse. À priori, rien de grave, mais méfiance tout de même, quand on connait la propension du Vaudois à accumuler les pépins physiques. Ce que l’on sait aussi, c’est que Wawrinka est un redoutable joueur de terre battue. J’en veux pour preuves son titre à Roland Garros en 2015 et un autre trophée d’importance acquis à Monte-Carlo l’année précédente.

À Rome, le Suisse a connu des hauts et des bas. Une finale en 2013 et une demie en 2015, mais aussi quatre éliminations dès le premier tour, dont lors de ses deux dernières participations, en 2018 et 2019. Face à lui, peut-être l’un des futurs bons joueurs du circuit, voire mieux encore, en la personne de Lorenzo Musetti. Le jeune italien (18 ans) a démontré toutes ses qualités dans la catégorie junior : 1 titre à l’Open d’Australie 2019 et une finale à l’US Open 2018. Depuis, il a continué de progresser. Il a notamment battu Alexei Popyrin et Evgeny Donskoy lors des qualifications du tournoi de Dubaï, lui permettant de jouer son premier match sur le grand circuit - pour une défaite face à Andrey Rublev. Face à l’expérimenté Stan Wawrinka, qui usera sans doute de sa surpuissance, la mission de Musetti paraît extrêmement compliquée. Même s’il reste sur trois succès d’affilée en qualifications, la marche suivante semble un peu trop haute. Mais voilà au moins l’occasion de découvrir un peu mieux ce joueur d’avenir. Et surtout, il n'y a pas meilleur moment pour cueillir Stan Wawrinka que sur un premier tour...


Miomir Kecmanovic vs Yoshihito Nishioka

C’est toujours la même rengaine : comment enchainer après un titre ? Sur le plan physique, il faut gérer la fatigue, même si en général, la victoire donne des ailes. Sur le plan mental, il faut rester concentré, et c’est peut-être ce qu’il y a de plus compliqué. Tout dépend aussi de l’adversaire. Pour Miomir Kecmanovic, victorieux hier à Kitzbühel, son tout premier trophée sur le grand circuit, il va vite falloir se remettre dans le rythme de compétition, après un petit jour off. Mais le Serbe, qui connait cette semaine son meilleur classement (N°39), est un joueur sérieux. Il n’avait quasiment aucune référence respectable sur terre battue (une seule victoire sur le circuit principal pour 3 revers) avant de se rendre en Autriche. Mais il a su parfaitement s’adapter aux conditions de jeu en altitude, prouvant ainsi sa capacité à s’acclimater à toutes les surfaces.

Kecmanovic a la chance de jouer un homme qui n’arrive pas à développer son jeu sur l’ocre. N°50 à l’ATP, le Japonais connait un bilan catastrophique sur terre - il ne joue d’ailleurs quasiment jamais sur cette surface (seulement 11 matchs (!) : 2V/9D, soit moins de 20% de victoires !). À Kitzbühel, il a pris une volée face à Guido Pella (6-3, 6-0). Pas de quoi lui redonner le moral après sa cruelle défaite au premier tour de l’US Open. Le Japonais a en effet failli faire tomber Andy Murray à Flushing Meadows, mais il a finalement cédé après avoir mené deux manches à rien et s’être procuré une balle de match. Nishioka a bien besoin d’une victoire pour se relancer, mais ce ne sera peut-être pas à Rome qu’il trouvera ce réconfort.

L’oeil de Florent Serra : Avantage Kecmanovic ! Je ne sens pas trop Yoshihito Nishioka. Il vient de prendre une claque contre Guido Pella à Kitzbühel ! Sur terre, c’est vraiment très compliqué pour le Japonais. Je ne vois pas quelles sont les armes qu’il peut utiliser pour embêter le Serbe. En seconde balle de service, c’est très faible. C’est vraiment sur dur qu’il peut s’illustrer. C’est vrai, Kecmanovic vient d’enchaîner plusieurs matchs, mais c’est quand même un premier tour à gagner pour lui. Il sert mieux que le Japonais et il est plus puissant. Oui, peut-être que Kecmanovic va avoir un coup de mou physique dans la semaine, mais a priori pas contre Nishioka, car il est largement à sa portée.


Jan-Lennard Struff vs Federico Coria

Il y a un peu moins de deux ans, il faisait partie des joueurs dont les observateurs se méfiaient au moment de miser. Jan-Lennard Struff, même lorsqu’il était favori, pouvait passer à côté. La faute à un jeu « arrosoir » et à une volonté trop constante de frapper à fond dans toutes les balles. Mais voilà, ça, c’était avant. Depuis une grosse année, l’Allemand a réussi, à l’approche de la trentaine, à se canaliser. Pour les suiveurs du tennis, cela peut paraître bizarre, mais il est bel et bien devenu un joueur relativement sûr. Il suffit de regarder sa cote du jour : 1,36 contre 3,15 pour son adversaire. Non, les bookmakers ne croient pas du tout à la surprise Coria. Struff est en forme. Il vient d’enchainer un quart de finale à Cincinnati et un troisième tour à Flushing Meadows.

Surtout, il a dominé des joueurs de la qualité d’Alex de Minaur, Denis Shapovalov et David Goffin. En 2019, il est parvenu à terminer la saison avec un ratio pour la première fois positif (35V/29D). Sur terre, il a battu David Goffin (encore lui) et Stefanos Tsitsipas à Barcelone, Nick Kyrgios à Madrid, Grigor Dimitrov et Marin Cilic à Rome et Borna Coric à Roland Garros, excusez du peu ! C’est bien compris, on ne voit pas du tout Federico Coria faire le poids ! À 28 ans, le frère cadet de Guillermo n’a joué que 9 rencontres sur le grand circuit. Certes, c’est un spécialiste de terre et il a pointé le bout de son nez à Rio cette année, en se hissant jusqu’en quart de finale. Il sort des qualifications où il a notamment étrillé Damir Dzumhur (6-1, 6-1). Mais l’Argentin reste encore assez frêle physiquement, il risque de ne pas peser bien lourd face au géant Struff.


Kyle Edmund vs Marco Cecchinato

Un Italien à la maison, ça sent toujours bon ! Niveau ambiance, les Romains savent y faire pour pousser leurs protégés. Sauf que cette année, le Masters 1000 transalpin se joue à huis-clos. Forcément, ça change tout, et dans ces conditions, Marco Cecchinato ne pourra pas compter sur l’appui du public. Pourtant, l’ancien demi-finaliste de Roland Garros 2018 part avec un petit avantage sur Kyle Edmund, selon les bookmakers. Le Palermitain ne pointe pourtant qu’au 113ème rang mondial et il n’a remporté qu’un match cette saison sur le grand circuit (pour 8 revers). La semaine dernière, il a perdu dès le deuxième tour au Challenger d’Aix-en-Provence face au jeune chilien, Alejandro Tabilo (N°180). Pour lui, la bonne nouvelle vient des qualifications de cette épreuve romaine : 3 victoires et une accession dans le grand tableau.

C’est peut-être pour cette raison que les bookmakers voient l’Italien s’imposer car le voici lancé. Aussi, Kyle Edmund est meilleur sur dur (il a remporté ses 2 titres sur cette surface, en indoor, à Anvers en 2018 et à New York en 2020) que sur terre, c’est une évidence. Sur la surface ocre, il a néanmoins déjà atteint un quart de finale au Masters 1000 de Madrid en 2018, après avoir dominé Daniil Medvedev, Novak Djokovic et David Goffin, rien que ça ! Mais c’était presque un accident, car depuis, il a enchaîné les éliminations précoces. Evidemment, son coup droit de feu devrait causer de vrais problèmes à Marco Cecchinato, mais le Britannique n’a pas joué sur terre depuis 15 mois. Si l'Italien avait eu une cote plus élevée, on aurait pu être tenté de miser sur lui mais en tant que favori, son bilan désastreux depuis plus d'un an pèse trop lourdement en sa défaveur. Un match à éviter.



Les autres rencontres à suivre

Quatre match supplémentaires en bonus. D’abord, la première confrontation entre John Millman et Joao Sousa. L’Australien part légèrement favori. Un peu plus à l’aise sur dur, l’Australien, 43ème mondial, a néanmoins déjà atteint une finale sur terre, à Budapest en 2018. Surtout, c’est un joueur extrêmement complet et bagarreur. En face, le Portugais a grandi sur terre, et ça se voit à son palmarès : un titre (Estoril 2018) et 4 finales (Bastad 2014, Genève 2015, Umag 2015 et Kitzbühel 2017). Problème, le niveau de jeu du 74ème mondial est en berne depuis maintenant un an : 4 petites victoires pour 12 défaites ! Pire encore, en 2020, il a perdu tous ses matchs (7), mis à part son succès en Coupe Davis début mars contre le Lithuanien Julius Tverijonas, classé… au 791ème rang à l’ATP ! La semaine dernière, il a perdu dès le premier tour de Kitzbühel face à Hubert Hurkacz. Il reste aussi sur une défaite sèche en qualifications à Rome face à Tennys Sandgren, mais il a profité du forfait de Richard Gasquet pour intégrer le tableau principal en tant que lucky loser. 

Ensuite, premier affrontement aussi entre Sam Querrey et Pedro Martinez. C’est bizarrement l’Espagnol qui part en tête selon les experts de la mise. Pourtant, à part une percée à Rio en début d’année - un quart de finale -, le 109ème mondial ne possède aucune référence sur le grand circuit. Issu des qualifications, il a en revanche pu prendre ses repères sur la terre romaine. Ce qui n’est pas le cas de l’Américain, qui non seulement affiche un bilan négatif sur terre (51V/62D), mais encore reste sur 2 défaites dès le premier tour à Cincinnati et l’US Open. À Rome, Querrey a perdu 6 fois d’entrée en 9 participations. Peut-être la chance de Martinez mais en tant que favori à presque 70%, il faut du courage pour s'engager sur l'Espagnol.

Autre match, l’opposition entre Salvatore Caruso et Tennys Sandgren. Un match équilibré sur le papier. Tête de série N°1 du tableau des qualifications, l’Américain a parfaitement tenu son rang. Le 49ème mondial réalise une bonne saison - quart à l’Open d’Australie et huitième de finale au Masters 1000 de Cincinnati -, mais il n’a pas de bonne statistiques sur terre battue (7V/14D en carrière). Il n’a d’ailleurs jamais joué à Rome et voici l’occasion pour l’Italien de lui faire voir du pays. N°87 à l’ATP, Caruso avait remporté 5 matchs à Roland Garros en 2019 (3 en qualifications, 2 dans le tableau principal), avant de chuter contre Novak Djokovic. Toujours sur terre, il avait aussi atteint une belle demi-finale à Umag, en écartant notamment Corentin Moutet et Borna Coric. Un joueur coriace dont l'Américain devra se méfier.

Enfin, un match excitant entre Dusan Lajovic et Alejandro Davidovich Fokina. À première vue, le Serbe est bien au-dessus. Il est 25ème mondial et a réalisé de superbes performances sur terre l’année dernière : titre à Umag et finale à Monte-Carlo. Mais c’est bien l’Espagnol qui part favori ! D’abord parce que Lajovic n’y arrive plus en 2020 : il n’a tout simplement pas encore gagné un match depuis la reprise du circuit. Trois revers, au Masters 1000 de Cincinnati, à l’US Open et à Kitzbühel, face à Pablo Carreno-Busta et surtout contre Egor Gerasimov et Yannick Hanfmann, modestes 72ème et 118ème mondiaux. Ensuite, car la pépite espagnole de 21 ans, vainqueur de Wimbledon junior en 2017, est en train de franchir un grand cap. À l’US Open, il a créé la sensation en se hissant jusqu’en huitième de finale, après avoir éliminé notamment Hubert Hurkacz et Cameron Norrie. Puncheur et chien fou, sa débauche d’énergie fait plaisir à voir. À Rome, il a continué sur sa lancée en sortant des qualifications. L’Espagnol a dominé Juan Ignacio Londero en 3 manches, avant d’écraser Yuchi Sugita (6-0, 6-1) et Corentin Moutet (6-1, 6-2). Attention, avec lui ça déménage ! 


⭐️⭐️⭐️---
⭐️⭐️ Pella bat Shapovalov (1,88 - ZEbet) ❌/ Struff bat Coria + Wawrinka bat Musetti (1,88 - FDJ)❌
⭐️ Koepfer remporte au moins un set vs De Minaur (1,60 - Unibet) ✅/ Kecmanovic bat Nishioka (1,50 - Betstars)❌