Si en lisant cet article, vous apprenez que Roland Garros 2020 est sur le point de débuter, c’est que vous étiez parti très loin, à l’abri du perpétuel flux d’informations et des réseaux sociaux. Pour tous les autres, la tenue du tournoi du Grand Chelem parisien en ce début d’automne n’est pas une surprise. Mais on a beau le savoir, ça fait quand même tout drôle. En raison de la pandémie de coronavirus, le French Open n’a pas pu avoir lieu à la fin du printemps. Wimbledon ayant été purement et simplement annulé, le Majeur français se déroule cette année après l’Open d’Australie en janvier mais aussi l’US Open en septembre. Cette modification dans l’agenda de la saison tennistique constitue l’une des nombreuses nouveautés de cette 119ème édition de Roland Garros.

Pour la première fois dans l’histoire, les joueurs sont contraints d’enchaîner Flushing Meadows puis le grand rendez-vous de la Porte d’Auteuil en l’espace de deux semaines. Alors que le circuit n’a repris qu’à la mi août, après 5 mois d’arrêt, les organismes des tennismen sont donc mis à dure épreuve. Les athlètes les mieux préparés et les plus frais auront naturellement davantage de chances de réaliser un bon parcours. Aussi, le passage du dur à la terre battue n’est jamais évident, de quoi effectuer un certain tri. Puisqu’on parle de calendrier, un petit point météo s’impose. Sur ce plan, la pluie ne devrait pas changer la donne. Que cela soit fin mai-début juin ou fin septembre-début octobre, les précipitations moyennes à Paris tournent autour de 57 millimètres. C’est au niveau des températures que pointe une légère incidence : 16 degrés à la fin du printemps, 13 degrés au début de l’automne.

Pour le moment, les prévisions annoncent une première semaine très humide. Un élément à prendre en compte car qui dit « pluie » dit « terre battue lourde », des conditions qui avantagent les gros frappeurs, ceux capables de faire avancer la balle. Mais pour les joueurs davantage portés sur la vitesse, voici une bonne nouvelle : pour la première fois à Roland Garros, le court Philippe Chatrier dispose d’un toit rétractable, qui permettra au jeu de se poursuivre malgré d’éventuelles intempéries. Jusqu’aux huitièmes de finale, seules les principales têtes d’affiche pourront en bénéficier. Mais à partir des quarts, l’équité sportive prendra le dessus car toutes les rencontres du simple messieurs (et du simple dames) se disputeront sur le central. Autre innovation, des projecteurs ont été installés sur 12 courts, de quoi réussir à achever le soir même les matchs qui auront débutés tardivement.

Maxi toit, mini public

Contrairement à l’US Open, le Majeur français ne se joue pas à huis-clos. Mais la recrudescence des cas de Covid-19 ont fortement restreint les ambitions de départ de la direction du tournoi. Après avoir espéré faire entrer 20 000 spectateurs par jour, soit la moitié de la jauge habituelle, les organisateurs ont d’abord été contraint de réduire ce nombre à 11 500, puis à 5000 personnes, dans les 12 hectares du site. Jeudi soir, le gouvernement a finalement diminué le quota à 1000 spectateurs autorisés à entrer dans le stade au quotidien - sachant que 4000 individus supplémentaires seront présents chaque jour : joueurs, entraineurs, arbitres, ramasseurs, journalistes, etc. « Un coup dur pour le tournoi et la Fédération Française de Tennis », a regretté Guy Forget. En principe, seules les tribunes du court Philippe Chatrier seront occupées. La distanciation sociale est de mise, puisque quatre personnes maximum d’un même groupe pourront s’installer côte-à-côté. Bien sûr, tous les spectateurs devront obligatoirement porter un masque.

Vous l’avez compris, si Roland Garros se veut être une fête chaque année, il sera bien difficile cette saison de mettre de côté les contraintes et les souffrances causées par le coronavirus. En d’autres termes, il n’y aura pas d’ambiance « carnaval », même si tout le monde, sauf les balles, sera masqué. Comme à Flushing Meadows, on ne parle pas de « bulle sanitaire » mais d’un « environnement sécurisé ». En revanche, aucun joueur n’est autorisé à louer une maison individuelle, comme c’était le cas à New York. Tous les participants séjournent donc au sein de deux hôtels, pas complètement privatisés. Les engagés n’ont accès au site du tournoi que le jour de leur match. Les autres jours, ils doivent s’entraîner au stade Jean-Bouin, à quelques dizaines de mètres de Roland Garros. Dépistés dès leur arrivée, les joueurs effectuent un nouveau test 72 heures après, puis tous les 5 jours. Un test positif engendre une exclusion automatique de l’épreuve. Fernando Verdasco en a fait les frais, en ce qui concerne le tableau principal. Les cas contacts peuvent aussi être disqualifiés, comme c’est arrivé au Bosnien Damir Dzumhur juste avant le début des qualifications.

Trois hommes et un couffin

Sur les courts, du monde et du beau monde. Evidemment, Roger Federer, qui a subi deux arthroscopies du genou droit cette année, n’est pas là. Forcément une déception pour les fans du maestro suisse, même si son forfait n’est pas une première, lui qui avait manqué trois éditions consécutives avant de revenir en 2019. Parmi les autres grands absents, citons Juan-Martin Del Potro, une nouvelle fois opéré du genou gauche, Nick Kyrgios, qui a préféré privilégier sa santé face à l’ampleur de la pandémie, ainsi que les Français Jo-Wilfried Tsonga, touché au dos, et Lucas Pouille, récemment opéré du coude. Autres forfaits de dernière minute, Milos Raonic, Kyle Edmund et Fernando Verdasco, donc. Il n’empêche, le plateau de cette 119ème édition de Roland Garros demeure bien garni. Hormis Federer et le géant canadien, tous les membres du TOP 20 sont présents.

À commencer par Rafael Nadal, grandissime favori de la compétition, comme chaque année. Le détenteur du record de titres (12) a d’ailleurs zappé l’US Open afin de préparer dans des conditions optimales son tournoi préféré. Un 13ème sacre lui permettrait de rejoindre Roger Federer en tête de la hiérarchie en ce qui concerne le nombre de titres dans les Majeurs (20). Son rival le plus sérieux, bien sûr, n’est autre que le numéro un mondial. Après sa disqualification en huitième de finale à Flushing Meadows, Novak Djokovic voit ici une nouvelle chance de se rapprocher du Suisse et de l’Espagnol en empochant son deuxième Roland Garros, synonyme de 18ème Grand Chelem pour le Serbe. Un troisième homme peut venir bousculer le duo. Il s’agit de Dominic Thiem, déjà finaliste à deux reprises Porte d’Auteuil et qualifié de « deuxième meilleur joueur du monde sur terre battue ». Surtout, l’Autrichien vient de franchir un immense palier sur le plan mental en glanant son tout premier trophée du Grand Chelem à New York.

Le couffin, c’est une manière de dire que l’éventualité d’une surprise paraît bien minime. Il suffit de regarder le palmarès des quinze dernières éditions. Seulement 4 vainqueurs et que des grands noms : Rafael Nadal, Roger Federer, Novak Djokovic et Stan Wawrinka. Le Vaudois est-il capable d’un nouvel exploit ? Peu probable. Aussi, lors des cinq dernières années, un seul joueur non tête de série, Marco Cecchinato, a réussi à s’immiscer dans le dernier carré. On peut avancer quelques outsiders qui ont une carte à jouer afin de réaliser une percée : Stefanos Tsitsipas, Daniil Medvedev, Alexander Zverev, Denis Shapovalov, Matteo Berrettini, Diego Schwartzman, Andrey Rublev, Casper Ruud, Cristian Garin, voire Gaël Monfils. Mais de là à voir s’imposer l’un d’entre eux dans quinze jours, il y a un monde.

Enfin, parmi l’ensemble des nationalités, la France est logiquement la mieux représentée. Pas moins de 18 participants au total portent les couleurs bleu-blanc-rouge. Dix font directement partie du tableau principal : Ugo Humbert, Richard Gasquet, Adrian Mannarino, Gilles Simon, Grégoire Barrère, Gaël Monfils, Jérémy Chardy, Corentin Moutet, Benoit Paire et Pierre-Hugues Herbert. Sept ont bénéficié d’une invitation : Quentin Halys, Harold Mayot, Arthur Rinderknech, Antoine Hoang, Hugo Gaston, Maxime Janvier et Elliot Benchetrit. Enfin, un tricolore est parvenu à s’extirper des qualifications, Benjamin Bonzi. Parmi les autres qualifiés, citons trois noms alléchants : Jack Sock, ainsi que deux « fils de », Emilo Gomez et Sebastian Korda. Après les retraits tardifs de Raonic, Edmund et Verdasco, trois joueurs se voient attribuer le statut de « lucky loser » : Daniel Elahi Galan, Marc Polmans et Jason Jung. La huitième et dernière wild card a été distribué au triple vainqueur en Grand Chelem, l’Écossais Andy Murray.

1er quart de tableau

Il y a Novak Djokovic… et les autres. Dans cette partie de tableau, le numéro un mondial apparaît comme invincible, ou presque. Bien sûr, pas de Rafael Nadal, ni de Dominic Thiem, ni même de Daniil Medvedev pour le contraindre, ces trois hommes étant les trois autres têtes de série les plus élevées. Mais pas non plus de Stefanos Tsitsipas, de Denis Shapovalov, d’Andrey Rublev, d’Alexander Zverev, de Diego Schwartzman ou encore de Casper Ruud, des joueurs susceptibles d’embêter un peu le Serbe. La voie est libre jusqu’aux quarts de finale, voire les demies, voire la finale, puisque Nadal et Thiem se trouvent tous les deux dans la moitié basse du tableau. La réalisation de son objectif - remporter un 18ème Majeur - se dessine peu à peu, d’autant que « Djoko » a parfaitement préparé Roland Garros en s’imposant lors du Masters 1000 de Rome.

Le premier vrai test pour celui dont le bilan 2020 est exceptionnel (31V/1D, sur disqualification) pourrait intervenir en huitième de finale. Il se nomme Cristian Garin et fait partie des 10 meilleurs joueurs du monde sur terre battue. Le Chilien a remporté ses 4 titres sur cette surface, à Houston et Munich en 2019 et à Cordoba et Rio en 2020. Cette année, son ratio sur l’ocre est prometteur : 13V/2D. Après avoir perdu d’entrée à Rome face à Borna Coric, il s'est remis en scelle à Hambourg où il a poussé Tsitsipas dans un 3ème set en demi-finale. Mais le Chilien a fait appel au kiné pour une douleur au genou. Pas rassurant à la veille du début des Internationaux de France.

Mais pour affronter Djokovic au quatrième tour du French Open, le 22ème mondial devra peut-être d’abord passer l’obstacle Karen Khachanov. Compliqué sur le papier, puisque le Russe est mieux classé (N°15) et a déjà signé des performances supérieures, par exemple lors son titre au Masters 1000 de Paris-Bercy en 2018 ou son quart de finale à Roland Garros en 2019. Mais n’en déplaise à ses fans, il faut s’y résoudre, le Moscovite a bien du mal à se montrer régulier au plus haut niveau depuis un an et demi. Son bilan est neutre, 43V/39D, une hérésie pour un joueur qu’on voyait intégrer le TOP 5. Sur terre, son ratio n’est pas non plus reluisant : 32V/26D. Khachanov a d’ailleurs raté sa préparation pour le Majeur parisien, en sortant d’entrée à Rome face à Casper Ruud et dès le deuxième tour à Hambourg, détruit en deux sets sec (6-2, 6-1) par Dusan Lajovic.

En quart de finale, l’adversaire le plus sérieux que pourrait affronter Novak Djokovic est italien. Il s’agit de Matteo Berrettini, N°8 à l’ATP. Brillant sur dur en fin de saison dernière (une demie à l’US Open et une autre au Masters 1000 de Shanghai), le Romain n’a pas pu exprimer son talent au début de l’année en raison d’une blessure aux abdominaux. Sur terre, il affiche quelques références : 2 titres (Gstaad 2018 et Budapest 2019) et une finale (Munich 2019). Son bilan est d’ailleurs plutôt bon, avec 26 succès pour 13 défaites, soit 67% de victoires. À Rome, il s’est hissé jusqu’en quart de finale, ne cédant que face à Casper Ruud dans le tie-break de la troisième manche. Il manque néanmoins à Berrettini une victoire sur terre face à un top player pour commencer à faire peur sur cette surface.

Si ce n’est pas l’Italien, ce sera peut-être alors un Espagnol que retrouvera Djokovic en quart de finale. Deux hommes pour le prix d’un, soit Roberto Bautista-Agut, soit Pablo Carreno-Busta. L’un comme l’autre ont obtenu leurs meilleurs résultats sur dur ou sur gazon. Pour le premier, une demie à Wimbledon en 2019, une finale à Shanghai en 2016 et une demie à Cincinnati en 2016. Pour le second, deux demies à l’US Open (2017 et 2020) et deux autres en Masters 1000 (Indian Wells 2017 et Miami 2018). Il n’empêche, ils ont déjà su performer sur terre battue. Un titre (Stuttgart 2014) et une demie en Masters 1000 (Madrid 2014) pour Bautista, un titre (Estoril 2017) et un quart à Roland Garros en 2017 pour Carreno. Le Valencian, tout récent papa, vient aussi d’atteindre les quarts de finale à Hambourg. Attention, Bautista a néanmoins perdu ses 16 derniers matchs sur terre battue face au TOP 20 mondial. Les deux Espagnols devront se méfier de leurs adversaires du premier tour. Bautista-Agit affronte Richard Gasquet, qui aura à cœur de briller à domicile. Le Catalan lui devra se coltiner John Millman, pas très à l’aise sur l’ocre mais connu pour son tempérament de combattant.

Dans ce quart de tableau, on suivra aussi d’un œil deux joueurs qui pourraient faire parler d’eux. D’abord Ugo Humbert. Le Français est en train de franchir un palier sur terre. Lui qui n’avait jamais joué un match sur cette surface en Masters 1000 vient de se hisser en huitième de finale à Rome, après avoir dominé Kevin Anderson et Fabio Fognini. Il n’a échoué que face à Denis Shapovalov, après 3 manches disputées. Rebelote à Hambourg, où il a atteint les quarts de finale, après avoir scotché Daniil Medvedev au premier tour et bousculé Casper Ruud. De bonne augure pour le jeune tricolore de 22 ans, aujourd’hui 41ème mondial, même s’il pourrait rapidement rencontrer un os à Roland Garros, en la personne de Cristian Garin dès le deuxième tour. Ensuite, Jan-Lennard Struff. Il est vrai, son bilan sur terre est négatif (46%). Mais le géant allemand a beaucoup progressé depuis un an et demi. Plus régulier, plus construit, il a atteint par deux fois le dernier carré en 2019 (à Auckland et à Stuttgart). Sur l’ocre, il a déjà réalisé quelques gros coups : des succès face à Stefanos Tsitsipas (Barcelone 2019), David Goffin (Barcelone 2019), Grigor Dimitrov (Rome 2019), Borna Coric (Roland Garros 2019) et Denis Shapovalov (Monte-Carlo 2019 et Roland Garros 2019). Sur une terre lourde et humide, son profil de cogneur pourrait faire quelques dégâts. Mais reste à enclencher la marche avant, car Struff a été battu d’entrée il y a peu à Rome et à Hambourg.

2ème quart de tableau

Voici le quart de tableau le plus ouvert. Celui qui va offrir une chance à un novice d’atteindre pour la première fois le dernier carré à Roland Garros. S’il est difficile de prévoir lequel des joueurs présents dans cette partie de tableau va tirer son épingle du jeu, on peut miser sur un des membres de la « Next Gen ». En effet, les têtes de série les plus élevées sont ici Daniil Medvedev, Stefanos Tsitsipas, Denis Shapovalov et Andrey Rublev. Le protégé de Gilles Cervara est le mieux classé. De là à faire du 5ème mondial le favori de cette petite meute ? Pas si évident. Évidemment, le Russe a montré l’année dernière qu’il fallait maintenant compter sur lui dans les épreuves les plus prestigieuses du circuit. En atteste ses 6 finales consécutives entre l’été et l’automne dernier, à Washington, Montréal, Cincinnati, l’US Open, Saint-Pétersbourg et Shanghai. Après un début d’année mitigé (huitième de finale à Melbourne, élimination dès le premier tour à Rotterdam contre Vasek Pospisil et au deuxième tour face à Gilles Simon), Medvedev a repris sa marche en avant en se hissant jusqu’en demie à l’US Open, battu par le futur vainqueur du Majeur, Dominic Thiem. Mais il subsiste un gros problème : sur terre, le Russe n’y arrive pas. À 24 ans, son bilan est médiocre (10V/17D, soit seulement 37% de victoires). À Roland Garros, il n’a jamais franchi le premier tour (3 défaites contre des joueurs français : Benjamin Bonzi, Lucas Pouille et Pierre-Hugues Herbert). Il y a quelques jours, c’est encore un tricolore, Ugo Humbert, qui l’a fait trébucher à Hambourg. Il est grand temps pour Daniil Medvedev de se souvenir de ses succès contre Stefanos Tsitsipas et Novak Djokovic à Monte-Carlo l’année dernière pour relancer la machine.

À l’autre bout de ce quart de tableau, Stefanos Tsitsipas se trouve malgré lui un peu dans la même situation que Daniil Medvedev. On sait ce qu’il est capable de faire sur terre battue. À 22 ans, son bilan est intéressant, avec 67% de victoires. Côté palmarès, il compte un titre à son actif (Estoril 2019) et deux finales de choix (Barcelone 2018 et Madrid 2019). Au passage, quelques victoires significatives : Fernando Verdasco, Pablo Carreno-Busta, Alexander Zverev et surtout Dominic Thiem et Rafael Nadal. Mais depuis le début de la saison, le Grec n’affiche pas une forme resplendissante. S’il a glané un trophée à Marseille, atteint la finale de Dubaï et la demie à Cincinnati, il n’a clairement pas brillé dans les tournois les plus prestigieux : élimination au troisième tour à l’Open d’Australie et à l’US Open, sortie de route d’entrée au Masters 1000 de Rome (contre Jannik Sinner). Il lui fallait un bon tournoi de préparation avant Roland Garros. Heureusement pour lui, il a retrouvé quelques sensations à Hambourg avec des victoires rassurantes, face à Pablo Cuevas, Dusan Lajovic et Cristian Garin.

Autre joueur de la nouvelle génération à montrer le bout de son nez sur terre battue, Denis Shapovalov. Après avoir beaucoup souffert la saison dernière (uniquement des éliminations au premier ou au deuxième tour à Monte-Carlo, Barcelone, Madrid, Rome, Lyon et Roland Garros), le jeune Canadien de 21 ans semble avoir compris comment adapter son jeu offensif à cette surface si exigeante. Toujours aussi agressif et flashy, le voici aujourd’hui aussi plus patient, plus réfléchi. Résultat, il a signé un très joli parcours lors du Masters 1000 de Rome, accédant aux demi-finales, après de belles victoires contre Guido Pella, Pedro Martinez, Ugo Humbert et Grigor Dimitrov. Il était même à deux doigts de disputer la finale, puisqu’il ne s’est incliné que dans le jeu décisif du troisième set face à Diego Schwartzman. Des performances qui sont venues confirmer un bon US Open où il avait déjà atteint les quarts de finale.

On en parle un tout petit peu moins, mais c’est peut-être lui qui va mettre tout le monde d’accord. Andrey Rublev, lui aussi membre de la « Next Gen » présente l’un des cinq meilleurs bilans sur le circuit depuis quinze mois : 53 victoires pour 17 défaites ! Finaliste à Hambourg, il tentera de faire mieux qu'en 2019 (finale perdue contre Basilashvili) où il avait commencé à afficher un jeu plus structuré et une concentration plus développée tout en continuant à puncher ses adversaires. Il avait à l’époque dominé Cristian Garin, Casper Ruud, Dominic Thiem et Pablo-Careno-Busta, excusez du peu ! Le jeune Russe de 22 ans a remporté deux trophées en début d’année (Doha et Adélaide) et atteint les quarts de finale à Flushing Meadows, après une solide victoire face à Matteo Berrettini. Sur terre, il s’est imposé à Umag en 2017. Après une défaite au deuxième tour à Rome contre Hubert Hurkacz qu’on interprètera comme un accident, il est en train de se reprendre au Stade du Rothenbaum, histoire de bien préparer Roland Garros.       

Derrière ces quatre jeunes prodiges du tennis, on trouve d’autres candidats, avides de créer quelques surprises dans le tableau. D’abord, Grigor Dimitrov. Avec lui, on ne sait jamais sur quel pied danser. Forcément frustrant, mais comme il n’est jamais là où on l’attend, on peut très bien l’imaginer réussir quelques coups, alors que Roland Garros est le tournoi du Grand Chelem dans lequel il a, de loin, le moins performé. Demi-finaliste à Melbourne, Londres et New York, le Bulgare n’a jamais dépassé le troisième tour à Paris. La terre est la surface sur laquelle il a le plus de mal à imposer son jeu offensif. Sur ses 8 trophées, un seul a été glané sur l’ocre, en 2014 à Bucarest. En revanche, il a déjà su, ponctuellement, sortir quelques tours avec sa baguette magique : il a atteint le dernier carré dans deux Masters 1000, à Rome en 2014 et à Monte-Carlo en 2018. Dans la capitale italienne, il y a quelques jours, il a foncé jusqu’en quart de finale, battu en 3 manches par Denis Shapovalov. Dans cette partie de tableau, les autres joueurs assoiffés de succès, excepté Dimitrov, sont tous serbes : Dusan Lajovic, Laslo Djere et Filip Krajinovic. Tous les trois sont de bons joueurs de terre. Le premier a déjà été finaliste dans un Masters 1000, à Monte-Carlo l’année dernière. Il vient aussi de battre Karen Khachanov à Hambourg. Le deuxième pourrait affronter Lajovic s’il parvient à passer l’obstacle Kevin Anderson. Alors qu’il n’affiche que 22% de victoires sur dur, le ratio de Djere monte en flèche à 61% sur la surface rouge-orangée. Il n’a remporté qu’un seul titre dans sa carrière, sur terre bien entendu, à Rio en 2019. Il avait dominé successivement Dominic Thiem, Casper Ruud et Felix Auger-Aliassime. Il avait ensuite confirmé avec deux demies à Sao Paulo et Budapest, une victoire face à Juan-Martin Del Potro à Madrid et un troisième tour à Roland Garros. Il y a 3 semaines, Djere est sorti des qualifications pour se hisser jusqu’en demie à Kitzbühel, après avoir dominé Albert Ramos-Vinolas, Jannik Sinner et surtout Diego Schwartzman, futur finaliste au Masters 1000 de Rome.

Enfin, Krajinovic a déjà joué une finale sur l’ocre (Budapest 2019). Il vit actuellement une période intéressante avec un quart à Cincinnati (après avoir battu Dominic Thiem) et un huitième de finale à Rome (victoires contre Auger-Aliassime et Cecchinato, défaite accrochée face à Novak Djokovic). Un petit mot enfin sur un joueur dont la fin du nom sonne en « ich », mais qui est espagnol. On parle ici d’Alejandro Davidovich Fokina, dont la mère est suédoise et le père russe. Vainqueur de Wimbledon junior en 2017 après avoir atteint le dernier carré à Roland Garros dans cette catégorie d’âge, il est en train de confirmer les espoirs placés en lui. Le fougueux Espagnol de 21 ans vient d’accéder aux huitièmes de finale de l’US Open (après avoir dominé Hubert Hurkacz et Cameron Norrie) et est sorti des qualifications à Rome (en s’imposant contre Juan-Ignacio Londero et Corentin Moutet). Son premier tour contre le tout jeune français, Harold Mayot, 18 ans seulement et récent vainqueur de l’Open d’Australie junior, vaudra le détour.

3ème quart de tableau

C’est peu dire que les observateurs de la planète tennis attendent avec délectation le retour sur les courts de Dominic Thiem. Après son sacre à l’US Open, comment va réagir l’Autrichien ? Va t-il connaître une période de décompression ? Ou va t-il se sentir pousser des ailes et jouer un tennis de feu, explosif et libéré ? Une chose est sûre, le N°3 mondial a préféré se ressourcer durant quinze jours, après son formidable parcours à Flushing Meadows au cours duquel il a vaincu Marin Cilic - son premier adversaire à Roland Garros -, Felix Auger-Aliassime, Alex de Minaur, Daniil Medvedev et Alexander Zverev en finale. C’est bien évidemment la première fois dans sa carrière que ce stakhanoviste des courts arrive à Paris sans avoir joué le moindre match sur terre. Contrairement à Nadal, les conditions ne devraient pas trop influer négativement sur la qualité de son jeu. Dans une atmosphère lourde et humide, la balle de Thiem gardera un certain poids et sa puissance lui permettra de bien faire avancer la pelote. Celui qui est considéré comme le « deuxième meilleur joueur du monde sur terre battue » n’a plus grand chose a prouvé Porte d’Auteuil. Lors des quatre dernières éditions de l’épreuve, il a atteint deux fois le dernier carré (en 2016 et 2017) et deux fois la finale (en 2018 et 2019). Il ne reste donc plus qu’une marche à gravir pour l’Autrichien.

Attention, le tableau de Dominic Thiem est semé d’embûches. Rien d’insurmontable, mais l’Autrichien, qui perd par instant sa concentration, devra justement rester sur ses gardes. S’il bat Cilic au premier tour, il devra se coltiner un puncheur américain. Au choix, le big service de Reilly Opelka ou le coup droit mastoc de Jack Sock. Ensuite, un nouveau test, plus sérieux encore, pourrait l’attendre en la personne de Casper Ruud. Demi-finaliste à Rome puis à Hambourg, le Norvégien est devenu cette année l’un des tous meilleurs spécialistes de la surface rouge-orangée. Titré pour la première fois de sa carrière à Buenos Aires au mois de février, il a également joué une autre finale à Santiago, puis atteint les demies lors du Masters 1000 de Rome il y a quelques jours. Sur son passage, il a gobé Karen Khachanov, Lorenzo Sonego, Marin Cilic et Matteo Berrettini, avant de bousculer durant une manche le futur vainqueur du tournoi, Novak Djokovic. Le voici installé dans le TOP 30, bien décidé à bousculer la hiérarchie sur une surface qu’il maitrise parfaitement. Mais attention, avec l'enchaînement des matchs, il a fait appel au kiné ce samedi pour des douleurs à l'épaule. Les conditions lourdes à Paris n'arrangeront pas ses affaires.

Si Thiem poursuit sa route, il pourrait être opposé en huitième de finale à un autre joueur de la Next Gen ou au contraire, un ancien du circuit. Le premier s’appelle Felix Auger-Aliassime. Malgré son jeune âge (21 ans), le Canadien est déjà un joueur athlétique et complet, capable de s’adapter sur toutes les surfaces. Il a d’ailleurs joué des finales (5) sur dur, sur gazon et sur terre. En 2019, à Rio puis à Lyon, il a battu Fabio Fognini, Cristian Garin, Pablo Cuevas ou encore Nikoloz Basilashvili. Le Québécois a également atteint la finale de Roland Garros junior en 2016 et remporté 3 trophées dans la catégorie Challenger sur la surface. Toutefois, il rencontre de vrais soucis de régularité, notamment en raison d’une mauvaise gestion de ses temps faibles. Sa préparation pour le Majeur parisien n’a pas atteint ses espérances : une défaite d’entrée à Rome face à Filip Krajinovic et un autre revers dès le deuxième tour à Hambourg contre Alexander Bublik.

Au niveau de l’âge, Thiem pourrait réaliser le grand écart en affrontant en huitième de finale un homme de 33 ans. Il s’agit de Stan Wawrinka, véritable épouvantail de cette partie de tableau. Victorieux de 3 titres en Grand Chelem, dont Roland Garros en 2015, le Suisse devra d’abord se débarrasser d’un autre vainqueur en Majeur, Andy Murray. S’il y parvient et trouve rapidement ses repères, on sait que « Stanimal » peut devenir injouable, ou presque, lors des épreuves les plus prestigieuses du circuit. La météo, fraiche et humide, ne l’empêchera pas de sortir la grosse artillerie. Presque la moitié de ses titres ont été empochés sur terre, 7 sur 16. C’est aussi sur la surface ocre qu’il possède son meilleur ratio en carrière : 66% de victoires. Au moment de la reprise de la saison, « Stan the Man » a décidé de ne pas participer au Masters 1000 de Cincinnati ni à l’US Open pour se consacrer pleinement à sa préparation pour Roland Garros. Pour l’instant, le bilan est mitigé. Le positif, il a remporté un tournoi Challenger à Prague (avant de déclarer forfait au stade des quarts de finale d’une seconde épreuve de même catégorie dans la capitale tchèque en raison d’une douleur à la cuisse). Le négatif, il a perdu d’entrée à Rome contre le jeune et prometteur italien Lorenzo Musetti. Opéré du genou en 2017, l’ancien N°3 mondial ressemble à une bête blessée. Dans un bon jour, il peut battre n’importe qui. Mais depuis cette intervention chirurgicale, Wawrinka n’a pas glané un seul trophée. Il n’a pas non plus dépassé les quarts de finale dans les Majeurs qu’il a disputé.

Un peu plus haut dans cette partie de tableau, un joueur fait figure de favori pour rejoindre Dominic Thiem en quart de finale. On parle bien sûr de Diego Schwartzman, formidable petit joueur de dur et de terre. Après une reprise délicate (élimination au premier tour à l’US Open et au deuxième tour à Cincinnati et à Kitzbühel), l’Argentin a vécu une semaine incroyable au Masters 1000 de Rome. Après avoir battu John Millman, Hubert Hurkacz, Denis Shapovalov et surtout Rafael Nadal, il n’a chuté qu’en finale, non sans avoir inquiété Novak Djokovic. Un superbe parcours qui le place parmi les outsiders sérieux de Roland Garros. Déjà vainqueur de 2 titres sur la surface ocre, à Istanbul (en 2016) et à Rio (en 2018), le 13ème mondial a confirmé sa faculté à bouger les meilleurs joueurs sur terre, grâce à son fighting spirit, sa combativité et ses jambes de feu. Au premier tour, il devra néanmoins se méfier de Miomir Kecmanovic, tout juste vainqueur de son premier tournoi sur le circuit principal, à Kitzbühel.

Autres joueurs capables d’inquiéter un tant soit peu Schwartzman dans cette zone du tableau, Borna Coric et Gaël Monfils. La terre n’est pas la meilleure surface du Croate, mais ce dernier a déjà remporté un tournoi sur l’ocre (Marrrakech 2017) et surtout, il a affiché une forme étincelante lors de l’US Open. Gros combattant, le 26ème mondial s’est hissé en quart de finale et a notamment écœuré Juan-Ignacio Londero et Stefanos Tsitsipas, à chaque fois en 5 manches. Le Français, lui n’a pas la frite. Après un excellent début de saison (2 trophées soulevés à Rotterdam et Montpellier, une demie à Dubaï et un huitième de finale à Melbourne), le tricolore est passé totalement à coté de sa reprise. C’est bien simple, il a joué deux rencontres et les a perdu très sèchement. D’abord à Rome, contre Dominik Koepfer - un joueur à suivre puisqu’il surfe sur une belle vague : quart durant ce même Masters 1000 et meilleur classement en carrière, N°66. Ensuite à Hambourg, face à un autre allemand, Yannick Hanfmann, finaliste à Kitzbühel huit jours plus tôt. C’est donc dans le doute que la « Monf » arrive à Paris, mais on peut au moins compter sur son envie de briller - même avec un public réduit ? - dans son tournoi préféré, où il a déjà atteint le dernier carré (en 2008) et les quarts de finale à trois reprises (2009, 2011 et 2014). 

4ème quart de tableau

Il se présente comme chaque année depuis quinze ans comme le grandissime favori du tournoi. A Roland Garros, son bilan n’est pas seulement exceptionnel, il est même irréel : 15 participations, 93 victoires, seulement 2 minuscules défaites (contre Robin Soderling en 2009 et Novak Djokovic en 2015), un forfait (avant d’affronter Marcel Granollers au troisième tour en 2016) et bien sûr… 12 trophées ! Au début des années 2000, personne n’imaginait qu’un joueur puisse ne serait-ce qu’égaler l’ancien record de Bjorn Borg (6 titres), c’est dire l’immensité de l’exploit déjà réalisé par Rafael Nadal. En cette année si particulière, l’ogre de la terre battue a décidé de manquer Cincinnati et l’US Open pour se préparer chez lui, à Majorque, sur sa surface chérie. Une bonne idée sur le papier, mais dans les faits, l’Espagnol n’arrive à Paris qu’avec 3 matchs de compétition dans les jambes, après son élimination en quart de finale au Masters 1000 de Rome, face à un excellent Diego Schwartzman. Pas de quoi le faire dévier de son objectif – remporter son 20ème tournoi du Grand Chelem –, même si les nouvelles balles – plus dures – et la météo – fraiche et humide – ne favoriseront pas le style de jeu de l’ancien numéro un mondial, qui aime faire gicler très haut sa belle grâce à son lift légendaire. « Les conditions sont les plus compliquées que j’ai connues ici, a déclaré l’intéressé. La balle est très lourde, c’est très lent, il fait froid. Maintenant, ce sont les mêmes conditions pour tout le monde et je suis là pour me battre. Je dois avoir la bonne attitude ». Sur le plan de l’état d’esprit et de la combativité, on peut compter sur Nadal, toujours exemplaire de ce côté là.

Prudent, le Majorquin ne devrait néanmoins pas rencontrer trop de difficultés avant les huitièmes de finale, voire les quarts ou les demies. En effet, si la logique est parfaitement respectée, il devrait respectivement affronter un Fabio Fognini à peine remis de sa double opération aux chevilles, puis un Alexander Zverev qui n’a jamais vraiment inquiété l’Espagnol sur cette surface, pour retrouver dans le dernier carré un calibre bien supérieur sur l’ocre, en la personne de Dominic Thiem. D’habitude, on est en droit d’attendre de belles choses de la part de l’Italien, grand spécialiste de la surface rouge-orangée et vainqueur du Masters 1000 de Monte-Carlo l’année dernière. Mais la reprise arrive un peu tôt pour Fognini, après l’intervention chirurgicale qu’il a subie au mois de mai. D’ailleurs, il est apparu à cours de forme à Kitzbühel et à Rome, à chaque fois battu d’entrée respectivement par Marc-Andrea Huesler (N°303 !) et Ugo Humbert, avant de montrer du mieux à Hambourg (une victoire contre Philipp Kohlschreiber puis une défaite face à Casper Ruud). Comme Dominic Thiem, Alexander Zverev a fait le choix de se reposer durant quinze jours après son long parcours à l’US Open. Pas forcément évident alors de trouver rapidement des repères sur la terre parisienne, mais comme le premier adversaire de « Sacha » , Dennis Novak, n’est que 91ème mondial, voilà de quoi se régler. De toute façon, Zverev avait besoin de digérer sa finale perdue à Flushing Meadows, après avoir mené 2 manches à rien. Cette défaite cruelle aura eu le mérite de confirmer les nets progrès du N°7 mondial en Majeurs : une demie à l’Open d’Australie et donc une finale à New York, le tout en 2020. C’est justement à Roland Garros que l’Allemand a commencé à franchir un palier dans les Grands Chelems. En 2018, il avait atteint les quarts, avant de récidiver l’année suivante. Sur terre, Zverev a déjà flambé. À son actif, notamment, 2 titres en Masters 1000, à Rome en 2017 et à Madrid en 2018, où il avait réussi à terrasser Novak Djokovic et Dominic Thiem. Même si son jeu tout en puissance et en cadence laisse penser qu’il est meilleur sur dur, il est donc tout-à-fait capable d’assurer également sur la surface ocre.

Si Alexander Zverev ne parvient pas à se hisser jusqu’en quart de finale, pourquoi pas David Goffin ou Jannik Sinner ? Les deux joueurs s’affrontent dès le premier tour et le gagnant pourrait ensuite bénéficier d’un tableau dégagé. Excellents contreurs, le Belge comme l’Italien ne présentent pas un profil de terrien, mais leur science du jeu et leur timing sont à-même de faire tourner la tête de pas mal d’adversaires. Ancien 7ème joueur mondial, Goffin a déjà atteint les quarts de finale dans 3 tournois du Grand Chelem (l’Open d’Australie, Roland Garros et Wimbledon) et s’est également hissé jusqu’en finale du Masters (en 2017). Le problème, c’est qu’il marque le pas depuis environ un an. Pour un N°12 à l’ATP, son bilan est faible : 16 victoires pour 13 défaites. À Rome, il a perdu sèchement dès son entrée en lice face à Marin Cilic. De son côté, Sinner a considérablement accru son capital confiance sur terre battue après sa belle victoire contre Stefanos Tsitsipas au Masters 1000 de Rome. Un succès qui tombait à pic après 3 défaites précoces à l’US Open contre Karen Khachanov et surtout à Cincinnati face à Salvatore Caruso et à à Kitzbühel devant Laslo Djere. Avant cela, la pépite italienne de 19 ans avait surtout montré ses qualité de vitesse sur dur indoor : un titre au Masters Next Gen à Milan en 2019, une demie à Anvers aussi l’année dernière et 2 trophées en Challenger.

Enfin, on se pose beaucoup de questions sur un certain nombre de joueurs qui, dans cette partie de tableau, arrivent Porte d’Auteuil dans une forme, disons, incertaine. D’abord, Kei Nishikori. Forfait à Cincinnati puis à Flushing Meadows, après avoir contracté le coronavirus, le Japonais, quart de finaliste à trois reprises à Roland Garros, a semblé émoussé lors de sa reprise sur le circuit. Résultat, une seule victoire pour trois revers, contre Miomir Kecmanovic à Kitzbühel, Lorenzo Musetti à Rome et Cristian Garin à Hambourg. Lui aussi a été testé positif à la Covid-19. Après avoir abandonné à Cincinnati face à Borna Coric, Benoit Paire a du rester enfermé dans sa chambre à New York pendant 14 jours au lieu de disputer l’US Open. Sans entraînement, le Français est passé totalement à côté à Rome (défaite 6-2 6-1 contre Jannik Sinner) et à Hambourg (retrait au cours du deuxième set contre Casper Ruud). Difficile de le voir rééditer sa jolie performance de l’année dernière à Roland Garros, qui l’avait vu accéder aux huitièmes de finale. On s’interroge aussi sur John Isner. Battu dès son entrée en lice à l’US Open, il n’a pas joué un seul match sur terre afin de préparer le French Open. Dernière équation, qui ne présente heureusement qu’une inconnue : sorti des qualifications, Marco Cecchinato arrivera t-il à passer le premier tour de Roland Garros ? Son adversaire, Alex de Minaur, doit sans doute savoir que l’Italien, ancien demi-finaliste du Majeur parisien en 2018, n’’est jamais parvenu à remporter une seule rencontre en Grand Chelem lors de ses 12 autres tentatives. Effarant !


Nos prévisions pour les quarts de finale :
Q1 : Djokovic vs Berrettini
Q2 : Lajovic vs Krajinovic
Q3 : Schwartzman vs Thiem
Q4 : Zverev vs Nadal


TOP 10 VICTOIRES FRANCAISES A ROLAND GARROS

  • Coutelot/Nalbandian, 2ème tour 2003
  • Gilbert/Becker, 2ème tour 93 (4ème mondial)
  • Robert/Berdych, 1er tour 2011 (1 BDM sauvée)
  • Winogradsky/Edberg, 2ème tour 87 (vg Melbourne)
  • Huet/Lendl, 1er tour 93 (1er match en GC/triple vq RG)
  • Mutis/Roddick, 2ème tour 2004 (N°1 mondial en début d’année et vq US 2003)
  • Haehnel/Agassi, 1er tour 2004 (N°271/N°6)
  • Roger-Vasselin/Connors, quart 1983 (18 succès de suite en GC et N°1 mondial)