Ils seront quatre Français sur les courts ce mercredi au 2ème tour de cette édition 2020 de Roland Garros. Il avait servi pour accéder à son premier quart de finale en Grand Chelem il y a un an mais rattrapé par la pression, Benoît Paire avait finalement cédé face à Nishikori. En crise de confiance avant d'entamer le tournoi, l'Avignonnais a l'occasion d'enchaîner une deuxième victoire consécutive pour la première fois depuis sa finale à Auckland en janvier. Benjamin Bonzi réussira-t-il l'exploit de battre Jannik Sinner ? Herbert aura la mission compliquée d'affronter un Zverev de nouveau à son meilleur niveau. Quant à Hugo Gaston, il aura finalement le tirage le plus abordable face au Japonais Nishioka, tombeur surprise d'Auger au premier tour. Présentation complète des 16 rencontres programmées ce mercredi avec notre consultant Rodolphe Gilbert.


Benoît Paire vs Federico Coria

On se demandait comment allait jouer Benoit Paire lors de son entrée en lice. Normal, le Français vient de vivre une période trouble qui l’a vu d’abord malade à Cincinnati, puis exclu de l’US Open - et donc enfermé 10 jours dans une chambre d’hôtel - car positif à la Covid-19, puis écrabouillé à Rome par Jannik Sinner (6-2, 6-1) et enfin contraint à l’abandon à Hambourg face à Casper Ruud. Fatigué, frustré, résigné, voilà l’état d’esprit affiché par l’Avignonnais avant de débarquer à Paris. Cela n’augurait rien de bon, mais finalement, et comme souvent, Benoit Paire a pris tout le monde de court. Contre Soonwoo Kwon, il a certes commis bien trop de fautes directes (57), mais il a montré de l’envie. Résultat, un succès en 3 manches (7-5, 6-4, 6-4). Voilà de quoi lui redonner quelques certitudes, au moment d’aborder son deuxième tour : « J'ai vu que David (Goffin) avait perdu. C'est ma partie de tableau. On ne sait jamais. Avec quelques matches, avec un peu de confiance, ça peut très vite revenir. Les sensations sont plutôt correctes sur le court. Pourquoi ne pas faire quelque chose de bien ? Je joue Coria, je peux le battre. »

C’est vrai, l’Argentin n’est que 99ème mondial. Le tricolore part donc favori, même si les bookmakers ne lui donnent qu’une légère avance. Logique, tant avec Benoit Paire, tout peut basculer rapidement, dans un sens ou dans un autre. Federico Coria n’est pas un « fils de » - comme Sebastian Korda - mais un « frère de ». De 10 ans son aîné, Guillermo Coria, a disputé la finale de Roland Garros en 2004 et a pointé jusqu’au 3ème rang mondial. À 28 ans, le frère cadet commence enfin à ne plus être écrasé par l’aura de son illustre grand frère. En début d’année, il a atteint les quarts de finale de l’ATP 500 de Rio et a même pris une manche à Cristian Garin. Il y a 10 jours, il est sorti des qualifications au Masters 1000 de Rome puis a dominé Jan-Lennard Struff, N°30 mondial, dans le tableau principal. Spécialiste de terre battue, l’Argentin a plutôt assuré lors de son entrée en lice à Roland Garros en dominant en 3 manches, Jason Jung. Ironie du sort, il avait déjà battu le joueur de Taipei au premier tour de l’US Open.  

L'œil de Rodolphe Gilbert : Avec Benoit Paire, on ne peut pas trop savoir. Il a gagné son premier tour, mais Soonwoo Kwon faisait partie des joueurs à prendre sur ce premier tour. Après, le match s’est bien passé pour lui et il s’en est bien sorti. Mais il ne se sent pas forcément bien ce moment. Il l’a dit lui-même en conférence de presse. Ce n’est pas très optimiste. Bien sûr, si Benoit joue à fond et de manière sérieuse, je le mets favori. Mais là, c’est assez équilibré et on comprend pourquoi. En face, Federico Coria va se battre sur toutes les balles et donc peut vraiment faire déjouer le Français. On n’a aucune garantie avec Benoit Paire, c’est très difficile de miser sur ce match, tout dépend de son état d’esprit. Les cotes sont plutôt bien ajustées. Je n'y vois pas de réelle "value" à prendre.


Benjamin Bonzi vs Jannik Sinner

C’est l’une des grosses cotes de ce deuxième tour, 1,10 contre 7,24 ! C’est dire si les spécialistes ne voient pas du tout Benjamin Bonzi battre Jannik Sinner. Logique, vous me direz, le Français (24 ans) a beau être plus âgé que l’Italien (19 ans), il dispose de moins d’expérience que son cadet. Dans sa carrière, il n’a joué que 4 matchs sur le circuit principal. Son classement ? N°227. Motifs d’espoir ? D’abord, une saison où il a remporté 2 tournois Futures et atteint la finale d’un Challenger. Ensuite, un Roland Garros où il est en pleine bourre. Seul tricolore issu des qualifications, il vient d’aligner 4 victoires consécutives. Surtout, la chance semble être de son côté à Paris. Déjà, en 2017, il avait bénéficié de l’abandon de Daniil Medevev pour passer un tour dans le Grand Chelem parisien. Cette fois-ci, il a sauvées 5 balles de match au premier tour des qualifications contre Zdenek Kolar, puis il a bénéficié du forfait de Roberto Marcora au troisième tour. Le Nîmois s’est ensuite montré solide en dominant le jeune Emil Ruusuvuori pour son entrée en lice dans le tableau principal. Pour Bonzi, ce sera tout de même extrêmement compliqué de venir à bout de Jannik Sinner, si ce dernier affiche le même niveau que face à David Goffin au premier tour. Déjà très en vue la semaine passée à Rome après avoir sorti Stefanos Tsitsipas, l’Italien a humilié le Belge en lui infligeant une impressionnante série de 11 jeux avant de s’imposer en 3 sets secs (7-5, 6-0, 6-3). La pépite italienne est en train de confirmer sur terre ce qu’il avait déjà montré sur dur indoor : un titre au Masters Next Gen à Milan en 2019, une demie à Anvers aussi l’année dernière et 2 trophées en Challenger.


Rafael Nadal vs Mackenzie McDonald

Encore une balade de santé pour Rafael Nadal contre McDonald ? Cela devrait être en effet une formalité pour Rafael Nadal et un cauchemar pour Mackenzie McDonald. L'Espagnol, vainqueur de 12 Roland-Garros, a facilement disposé au premier tour du Biélorusse Egor Gerasimov en 3 petits sets (6-4, 6-4, 6-2). Hormis un break concédé au début du troisième set, Nadal ne s'est jamais fait peur dans ce match, et comme "punition" de ce break, Gerasimov n'a plus marqué un jeu du match après. Comme souvent, Nadal semble profiter de ces premiers tours pour prendre ses repères sur ce Court Central désormais habité d'un toit et d'un taux d'humidité hors norme. Malgré ces fameuses balles qui font tant polémique, la route semble toute tracée pour Rafa. Pas bon signe donc pour Mackenzie McDonald, qui a battu le qualifié canadien Steven Diez au premier tour en 4 sets (4-6, 6-3, 6-3, 6-4). Outsider de ce match, l'Américain a bénéficié de la fatigue physique de Diez, qui a réalisé un match plutôt médiocre malgré le score (3 balles de break sauvées sur 10 concédées et seulement 28% (!) de points remportés derrière sa seconde balle de service sur l'ensemble du match,...). Cette victoire est la première pour McDonald sur terre battue depuis avril 2019 et une victoire contre Gilles Simon à Barcelone. Depuis un premier tour perdu en 5 manches contre Nishioka, le 236e joueur mondial n'avait même jamais reparticipé à un tournoi sur terre battue, sa surface préférentielle étant le dur, comme de nombreux Américains. Professionnel depuis 2016, McDonald avait fait sensation à Wimbledon en 2018, en atteignant les huitièmes de finale. Sur la surface la plus lente et qui donc favorise le moins son jeu, cela semble impossible pour le droitier McDonald, de même simplement rivaliser avec l'ogre Rafael Nadal, qui vient conquérir son 13ème Roland Garros.


Dominic Thiem vs Jack Sock

Vous aimez les frappeurs ? Vous adorez les balles qui tournent ? Vous vous extasiez devant une belle empoignade ? Alors ce match est fait pour vous ! Dominic Thiem et Jack Sock sont deux des plus gros cogneurs du circuit. Surtout, ils savent l’un comme l’autre donner du poids et de la vitesse à la balle grâce à leur bras surpuissant et leur poignet élastique. Vu comme ça, on pourrait s’attendre à une rencontre équilibrée. Mais il ne faut pas se tromper, si l’Autrichien est au sommet de sa carrière - en attendant peut-être encore mieux -, l’Américain n’est plus du tout le joueur qu’il était. Il y a un peu moins de 3 ans, Sock était 8ème mondial, après avoir atteint la finale du Masters 1000 de Paris-Bercy et le dernier carré au Masters de Londres. Depuis, un manque de motivation et quelques blessures - à un doigt notamment - l’ont éloigné des courts (5 matchs seulement joué sur le circuit principal en 2019) et de son meilleur classement. Ça paraît fou, mais l’Américain ne pointe qu’au 310ème rang mondial ! La bonne nouvelle, c’est qu’il semble aller un peu mieux. À l’US Open, il a passé un tour (contre Pablo Cuevas). À Roland Garros, il s’est extirpé des qualifications. Puis, au premier tour du tableau principal, il n’a pas tremblé pour éliminer en 3 sets son compatriote, le géant Reilly Opelka.

De là à le voir battre Dominic Thiem, il y a un monde. L’Autrichien mène d’abord 3/1 face à l’Américain. Ensuite, le N°3 mondial a montré face à Marin Cilic qu’il semblait bien décider à enchainer les grosses performances après son sacre à l’US Open. Il a tranquillement déroulé contre le Croate, ancien vainqueur en Majeur, qui est passé pour un joueur de deuxième ou troisième plan. Après son titre à Flushing Meadows, il a pris 15 jours pour se reposer. C’est bien évidemment la première fois dans sa carrière que ce stakhanoviste des courts arrive à Paris sans avoir joué le moindre match sur terre. Cela ne semble pas le contrarier. Contrairement à Nadal, les conditions ne devraient pas trop influer négativement sur la qualité de son jeu. Dans une atmosphère lourde et humide, la balle de Thiem gardera un certain poids et sa puissance lui permettra de bien faire avancer la pelote. Pour rappel, lors des quatre dernières éditions de l’épreuve, il a atteint deux fois le dernier carré (en 2016 et 2017) et deux fois la finale (en 2018 et 2019).


Diego Schwartzman vs Lorenzo Giustino

L’Italien est habitué à jouer sur terre avec déjà 545 matchs joués sur cette surface dans sa carrière pour un taux de victoire de 57%. Mais alors qu'il n'avait même pas atteint les 5 heures de jeu en cumulé sur le circuit ATP, il vient de disputer le deuxième match le plus long de l'histoire de Roland Garros face à Corentin Moutet (6h05). Il sortait déjà des qualifications après des succès sur Marterer, Grenier et Brown. Giustino a sauvé 12 balles de breaks sur les 25 que Moutet s’est procurées. Il reste un joueur porté vers l'avant (70 montées au filet contre le Français) qui prend des risques, ce qui fait commettre beaucoup de fautes directes (96 au premier tour). Comment sera-t-il physiquement face à l'un des meilleurs joueurs de terre du monde ? Schwartzman a été très expéditif au 1er tour avec une victoire 3 sets 0 face à Kecmanovic dont un 6-0 dans le premier. Très offensif, il a réalisé 32 coups gagnants et n'a pas hésité à aller terminer les points au filet (12 points sur 15). Il rend donc une très belle copie dans la lignée de ses succès à Rom face à Nadal et Shapovalov. L’aspect physique sera primordial sur ce match. Il est fort probable que l'Italien subisse le contre-coup de toutes ces heures passées sur le court depuis la semaine dernière.


Kei Nishikori vs Stefano Travaglia

Ses deux joueurs expérimentés, 30 et 28 ans , ne se sont jamais affrontés mais c'est plutôt normal puisque l'Italien a dû attendre 2018 pour disputer son 10ème match sur le circuit principal. Il est en net progrès ces derniers mois. Travaglia a franchi un cap pour entrer dans le top 100 en fin de saison dernière. En cas de succès face au Japonais, il atteindre son meilleur classement en carrière et entrera dans le top 70. Kei Nishikori, ancien numéro 4 mondial, retrouve lui progressivement son niveau après un an d’indisponibilité en raison d'une blessure au coude. Il a ensuite été touché cet été par la Covid, retardant ainsi sa reprise. Seulement 3 matchs disputés pour Kei en 2020. En difficulté sur le plan physique à Kitzbühel, le Japonais monte en régime avec une victoire en 5 sets et 3h40 face à Evans au premier tour. C’était un match très ouvert avec de nombreuses balles de breaks de chaque côté (19 pour Nishikori). En raison des nombreux échanges, le Japonais a commis 55 fautes directes, ce qui prouve qu’il reste encore perfectible dans son jeu. Il aime la surface puisque c'est sur terre battue qu'il a le meilleur bilan statistique (69% de victoires contre 67% sur dur). Très bon joueur de terre, Travaglia sait aussi briller sur dur. Mais il compte 68% de victoires en 2020 notamment face à Fritz et Coric à Rome il y a deux semaines. L’année dernière , il était passé par les qualifications du tournoi avant de s’incliner au 1er tour face à Mannarino. Lors de son premier match cette fois, il a facilement disposé de Pablo Andujar en 3 sets avec 80% de points gagnés derrière sa première et 11 balles de breaks procurées. C’est un joueur qui aime prendre des risques avec 32 points gagnants face à l’Espagnol. Il n’hésite pas à monter au filet pour terminer les points. Il reste tout de même friable sur sa seconde balle (41% de points) et se fera forcément agresser par Nishikori dès que sa première sera défaillante. Ce match sera forcément ouvert. Le Japonais était donné largement favori à la sortie des cotes mais en raison d'un volume de mises important sur l'Italien, ce dernier est désormais donné favori de la rencontre. Le Japonais aura pourtant eu trois jours pour récupérer, suffisant a priori pour repartir au combat. L’expérience de Nishikori fera-t-elle la différence ?

L'œil de Rodolphe Gilbert : C’est l’Italien qui est légèrement favori selon les bookmakers. C’est sans doute parce que Kei Nishikori a totalement raté sa reprise sur le circuit. Mais, ce serait intéressant de miser sur le Japonais, car il demeure un excellent joueur. Il a réussi à s’en sortir en 5 manches au premier tour contre Daniel Evans. De quoi être fatigué, mais finalement ça devrait aller, car ce match a eu lieu dimanche. En face, Stefano Travaglia n’est pas très connu mais c’est un bon joueur de terre - il a dominé Fritz et Coric à Rome. Comme Nishikori n’est pas favori, et comme ce match semble équilibré sur le papier, on peut tenter de miser sur le Japonais. 


Stan Wawrinka vs Dominik Koepfer

Avantage à Stan Wawrinka, mais méfiance néanmoins. Évidemment, le Suisse a déroulé au premier tour contre Andy Murray (6-1, 6-3, 6-2 en 1h37, avec 47 coups gagnants). Évidemment, il est triple vainqueur en Grand Chelem, dont Roland Garros en 2015. Évidemment, c’est sur terre qu’il présente son meilleur ratio en carrière : 66% de victoires. Enfin, ce n’est pas l’humidité qui va empêcher « Stanimal » de frapper fort dans la balle et de faire des différences grâce à sa surpuissance. Vainqueur d’un tournoi Challenger sur terre battue à Prague au mois d’août, Wawrinka a pu préparer au mieux le French Open. Mais il a ensuite été stoppé dans son élan dès son entrée en lice à Rome par le jeune Lorenzo Musetti (6-0, 7-6). Signe que le Suisse n’est pas infaillible, même contre des joueurs bien moins classés que lui. Mercredi, il affronte un joueur qui lui aussi brille par sa puissance. Surtout, Dominik Koepfer est en train de vivre la période la plus faste de sa carrière. À 26 ans, il connaît actuellement son meilleur classement, N°66. Une percée dans la hiérarchie mondiale due à son excellent parcours lors du Masters 1000 italien. Au total, 6 victoires consécutives, 3 en qualifications, 3 dans la tableau principal, contre Alex de Minaur, Gaël Monfils… et justement, Lorenzo Musetti. Le joueur allemand a même réussi à prendre une manche à Novak Djokovic en quart de finale. Pour son entrée en lice à Roland Garros, il a joué juste : un succès en 4 manches face au Français Antoine Hoang, avec un pourcentage ultra élevé de premières balles, 80% !

L’œil de Rodolphe Gilbert : Pour moi, la cote est bien trop basse pour Wawrinka. D’abord parce qu’on a n’a pas vu un grand Stan à Rome. Il a été balayé pendant un set et demi par Musetti. En revanche, il a été beaucoup plus convaincant contre Andy Murray. Il a eu aussi une bonne attitude dans ses déclarations, expliquant qu’il comprenait que les conditions soient aussi difficiles mais qu’il s’était préparé pour ça. Mais en face, Dominik Koepfer est sur une bonne dynamique. Il a pris un set à Rome à Djokovic. Lui aussi frappe fort dans la balle. Il a un bon coup droit de gaucher enroulé, de l’autre côté il a la capacité de prendre tôt et de de jouer sec en revers. Donc, oui, Wawrinka est favori, mais peut-être pas avec une telle largesse.


Hugo Gaston vs Yoshihito Nishioka

Ce fut l’une des surprises du premier tour. Pas seulement l’élimination de Felix Auger-Aliassime, qu’on sait parfois encore inconstant au plus haut niveau, mais peut-être aussi et surtout la qualification de Yoshihito Nishioka. En effet, le Japonais fait partie des moins bons joueurs du TOP 100 sur terre battue. Sur le plan statistique, son bilan est famélique : 3 petits succès pour 11 défaites, soit seulement 20% de victoires. Cette année, s’il a battu Miomir Kecmanovic, qui se remettait de son titre à Kitzbühel, il a perdu sèchement contre Guido Pella en Autriche (6-3, 6-0), face à Grigo Dimitrov à Rome (6-1, 6-0) et plus difficilement contre Dominik Koepfer à Hambourg (7-6, 4-6, 6-1). Lundi, sur le court N°9, il a profité des 58 fautes directes du Canadien.

Nishioka demeure néanmoins favori dans cette rencontre, étant donnée l’inexpérience de son adversaire. À 20 ans, Hugo Gaston vient tout juste de remporter son tout premier match sur le circuit principal. Une victoire sérieuse face à un autre tricolore, Maxime Janvier (7-6, 6-4, 6-3). Il ne serait pas étonnant de voir le gaucher Français poser des problèmes au Japonais. N°239 à l’ATP et médaillé d’or aux Jeux Olympiques de la Jeunesse à Buenos Aires en 2018, Gaston ne connaitra pas de déficit de puissance (les deux joueurs ont le même profil, moins d’1m75). Aussi, le jeune Bleu possède une main magique, capable de faire tourner en bourrique les tennismen les moins à l’aise sur terre. Enfin, une petite info à ne pas négliger : le Japonais n’est pas très performant face aux autres gauchers : 7 victoires pour 11 revers.

L'œil de Rodolphe Gilbert : C’est une sorte de match entre deux clones. Ils ont le même profil et le même gabarit. Hugo Gaston a peut-être juste davantage de main et de créativité. Il utilise très bien l’amortie. Mais c’est obligatoirement une cote à l’avantage de Yoshihito Nishioka. Il est bien au-dessus au classement et a déjà posé des problèmes à Juan-Martin Del Potro à Roland Garros l’année dernière. Avantage au Japonais, mais pour un joueur comme Gaston, c’est presque idéal de rencontrer Nishioka. Car ce dernier va lui laisser la possibilité de jouer. Il ne joue pas un Bublik avec un gros service. Le Français va pouvoir poser son jeu. Par contre, il devra mieux jouer que contre Maxime Janvier. Au final, je pense qu’il y aura au moins un set accroché. 

Marco Cecchinato vs Juan Ignacio Londero

Marco Cecchinato et Roland-Garros, ça sera peut-être une histoire d’amour sur le long terme. L’Italien, qui a atteint les ½ finales du Grand-Chelem parisien en 2018 semble à l’aise sur les courts de la Porte d’Auteuil. Son 1er tour, sérieusement maîtrisé face à Alex De Minaur qui n’est pas un client facile même si l’Australien n’est pas réputé pour son jeu sur terre battue, prouve qu’il est bien en jambe malgré les conditions climatiques et l’ambiance difficile qui règne dans l'enceinte parisienne. Cecchinato a néanmoins eu du mal à confirmer son fantastique parcours de 2018 et est aujourd’hui redescendu au-delà de la 100e place mondiale, soit près de 40 place derrière son adversaire de ce 2e tour, l’Argentin Londero. Ce dernier, pur terrien, est sorti vainqueur d’un duel acharné face à son compatriote Delbonis au 1er tour, arraché 14-12 au 5ème set après 5h de match et une ribambelle de jeux de service perdus. Autant dire que cette rencontre risque d’avoir laissé des traces sur le physique de Londero, à 2 doigts de la rupture face à Delbonis et qui devra avoir récupéré la totalité de sa condition physique s’il veut pourvoir inquiéter Cecchinato. Les bookmakers donnent une cote très basse à l’Italien (1.25) mais qui peut se justifier compte tenu de ce qu’il a montré lors du 1er tour alors que Londero, on l’a dit, risque d’arriver encore émoussé sur le court. Les deux hommes se connaissent bien. Il s’agira de leur 5e duel (tous sur terre battue), Cecchinato mène actuellement 3 victoires à 1, mais le dernier match, datant de février est tombé dans l’escarcelle de Londero lors du tournoi de Cordoba. Cecchinato, s’il garde sa concentration et son application devrait pouvoir émerger et atteindre le 3e tour où l’attend Pierre-Hugues Herbert ou Alexander Zverev.


Pierre-Hugues Herbert vs Alexander Zverev

On peut perdre une finale en Grand Chelem, après avoir mené 2 manches à rien, et pour autant montrer quelques jours après une sacrée sérénité. C’est ce qu’a prouvé Alexander Zverev lors de son entrée en lice face à Dennis Novak. Un succès net et sans bavure (7-5, 6-2, 6-4), avec 10 aces, 83% des points gagnés derrière sa première et 37 coups gagnants. Ce n’est peut-être pas si étonnant. Après avoir longtemps calé dans les Majeurs, « Sacha » a franchi un cap psychologique en se hissant en quart de finale, justement à Roland Garros. Depuis, un autre quart à Paris en 2019, une demie à Melbourne en 2020 et cette fameuse finale à New York il y a deux semaines. C’est sûr, les premiers tours d’un Grand Chelem paraissent une formalité pour le joueur allemand, qui affiche un fort degré de confiance en lui.

Voilà de quoi inquiéter Pierre-Hugues Herbert, son adversaire au deuxième tour. D’ailleurs, le N°7 mondial est largement favori. Les deux hommes se sont déjà affrontés il y a 4 ans sur les courts de la Porte d’Auteuil et c’est Zverev qui s’était imposé en 4 manches. Le Français a joué 3 tournois de préparation sur terre : 2 Challenger à Prague et Kitzbühel. Bilan : 6V/3D, mais le joueur le mieux classé dominé par P2H n’était que 168ème à l’ATP. Le tricolore devra miser sur son jeu d’attaque pour essayer de perturber le style froid et puissant de l’Allemand en montant au filet. Au premier tour, l’Alsacien a assuré - une victoire 6-3, 6-2, 6-3 contre l’Américain Michael Mmoh - grâce à son habileté à la volée (25/33, soit 76% de réussite).

L'œil de Rodolphe Gilbert : L'écart de cote me semble trop large. C’est sûr, je ne pense pas que P2H va s’imposer, en revanche il peut inquiéter l’Allemand et lui prendre un ou deux sets. Je suis d’accord sur le fait qu’Alexander Zverev semble avoir pris une confiance encore plus importante après sa finale à l’US Open. En outre, les conditions fraiches et humides ne vont pas le gêner. Il a des grands segments, il a beaucoup de puissance, même si la terre est lourde, il peut aisément faire avancer la balle. Seule crainte pour lui, s’il retombe dans ses travers, on peut voir Pierre-Hugues Herbert lui poser des soucis. Car le Français a déjà montré qu’il pouvait pas si mal jouer sur terre.


Tommy Paul vs Casper Ruud

C’est une affiche bien plus intéressante qu’il n’y paraît sur papier. Si Ruud (24ème) commence à se faire un nom plus que sérieux sur la terre battue, il peut s’adapter bien plus facilement que les Méditerranéens ou autres Sud-Américains aux conditions dantesques qui entourent cette édition 2020 de Roland-Garros : le vent, le froid, l’humidité, la lourdeur des balles, et même l’absence de public et de folie qui confère d’habitude un statut de Grand-Chelem le plus festif et où le public joue clairement un rôle dans le déroulement des matches. Ruud, c’est un solide parcours sur terre lors de cette saison 2020 avec 16 victoires en 20 matches, un titre à Buenos Aires et une finale à Santiago au mois de février. Mais aussi, dernièrement, deux belles demi-finales à Rome et Hambourg où il est tombé face aux deux vainqueurs de l’épreuve, à savoir Djokovic et Rublev. Au 1er tour de Roland Garros, il a laminé le Japonais Sugita en 3 sets secs et arrivent avec une confiance au top pour ce 2e tour avant de pouvoir potentiellement affronter Dominic Thiem au 3e tour. Méfiance toutefois puisqu'avec l'enchaînement, le risque d'un coup de pompe physique existe à l'image d'Ugo Humbert, battu par Polmans ce mardi. Le Norvégien a d'ailleurs fait appel au kiné samedi à Hambourg pour une douleur à l'épaule droite.

Méfiance aussi parce que son adversaire, Tommy Paul (58ème) vient de débuter sa saison sur terre battue avec un beau parcours à Hambourg après une défaite au 1er tour de Rome. En Allemagne, l'Américain a sorti successivement Sousa, Bublik et Anderson avant de perdre, tout comme Ruud, contre Rublev en quart de finale au terme d’un beau duel remporté finalement en 3 sets par le Russe. Paul est plutôt un joueur de dur mais est suffisamment complet pour ennuyer les purs terriens. Au 1er tour, il n’a pas traîné non plus, se défaisant de Duckworth en 3 sets secs. Il sera donc frais pour affronter Casper Ruud. Les deux hommes ne se sont rencontrés qu’une fois, il y a plus de 3 ans sur dur dans une rencontre qui n’est pas représentative du match de ce jour. Ruud est largement favori avec une cote 1.25 contre 4.20 pour Paul. Le Norvégien, s’il continue sur sa lancée, devrait en effet avoir les armes pour émerger face à Paul, mais il devra sûrement batailler bien plus que face à Sugita.

L'œil de Rodolphe Gilbert : Casper Ruud est favori bien sûr mais attention, Tommy Paul joue bien depuis un an. Et c’est un bon joueur de terre. Il a remporté Roland Garros chez les juniors en 2015. Il est en train de monter au classement et vient de prendre une manche à Andrey Rublev à Hambourg. Les deux hommes sont de la même génération et se connaissent bien. Évidemment, le Norvégien part devant. C’est l’un des 3 meilleurs joueurs sur l’ocre depuis le début de l’année. Il a gagné un titre, joué une autre finale et atteint 2 demies à Rome et Hambourg. Mais comme l’Américain est aussi un bon joueur, on peut voir une belle bagarre. Ruud est ultra favori, mais j’aurais réduit l’écart de cote.


John Isner vs Sebastian Korda

L’avantage est donné à John Isner, mais il n’est pas considérable (60%). Pourquoi les bookmakers imaginent Sebastian Korda créer la surprise ? Tentative d’explications. D’abord parce que le géant américain n’est pas tout-à-fait dans son assiette. Chez lui, aux Etats-Unis, il a été stoppé bien trop tôt au regard de ses attentes. Dès le troisième tour au Masters 1000 de Cincinnati (par Stefanos Tsitsipas) et dès le premier à Flushing Meadows (par son compatriote Steve Johnson). Il est donc arrivé à Paris dans le doute, sans avoir joué le moindre match sur terre battue. Sur l’ocre, son ratio en carrière est positif (54%), mais il est bien sûr inférieur à ce dont il est capable sur dur (62%) et sur gazon (67%). À Roland Garros, il n’a jamais dépassé les huitièmes de finale (2014, 2016 et 2018), même si on se souvient qu’il a déjà fait trembler Rafael Nadal au premier tour en 2011 en l’emmenant dans un cinquième set périlleux. On se souvient aussi qu’il a déjà atteint une demie à Rome et deux quarts à Madrid. Isner sait donc jouer sur terre, mais l’humidité ambiante cette semaine Porte d’Auteuil ne favorisera pas son kick au service (seulement 7 aces au premier tour). Pour son entrée en lice, il a tranquillement déroulé face au français, Elliot Benchetrit (N°217), trop vite frustré par le style de jeu de son adversaire.

Son adversaire au deuxième tour est à peine mieux classé, 213ème à l’ATP. Mais Sebastian Korda vaut peut-être déjà mieux que son rang. À 20 ans seulement, soit 15 de moins que John Isner, il dispute son deuxième tournoi du Grand Chelem après l’US Open il y a quelques jours. Il avait perdu au premier tour, mais il avait quand même pris une manche à Denis Shapovalov.. Chez les juniors, il a remporté l’Open d’Australie en 2018. Depuis, il a disputé 4 finales, 2 en Futures et 2 en Challenger, à chaque fois sur dur. À Roland Garros, il vient d’aligner 4 succès consécutifs. D’abord 3 en qualifications, sans perdre une manche, contre Mitchell Krueger, Brayden Schnur et Aslan Karatsev. Puis un au premier tour du tableau principal, sa première victoire sur le circuit principal. Sa victime ? Andreas Seppi, 98ème mondial mais ancien 18ème à l’ATP. De bonne augure pour ce joueur qui a de qui tenir car il est le fils de Petr Korda, ancien vainqueur de l’Open d’Australie en 1998 et finaliste du French Open en 1992, et de Regina Kordova, ancienne 26ème mondiale.            


Lorenzo Sonego vs Alexander Bublik

Voici une rencontre ouverte. Les deux hommes sont côte-à-côte au classement ATP. Alexander Bublik, N°49, a la faveur des pronostics, mais d’une courte tête. Cela vaut sans doute pour son succès en 4 sets au premier tour face à un ancien demi-finaliste de Roland Garros, Gaël Monfils. Si le Français a paru hors de forme, le Kazakh s’est lui montré sérieux et appliqué, une concentration qu’il avait souvent du mal à garder sur l’ensemble d’un match avant 2019 mais il a gagné en régularité ces derniers mois. Habituellement plus à l’aise sur dur et sur gazon (il a joué 2 finales sur chacune de ces surfaces), Bublik semble récemment avoir progressé sur terre. À Hambourg, il a aligné 4 victoires (2 en qualifications, 2 dans le tableau principal), battant au passage Albert Ramos-Vinolas et Felix Auger-Aliassime, avant d’échouer en quart de finale en enlevant une manche à Cristian Garin.

Lorenzo Sonego connaît mieux l’ocre que son adversaire. N°46 mondial, l’Italien a remporté 2 tournois Challenger sur terre et atteint les quarts de finale au Masters 1000 de Monte-Carlo en 2019, dominant Andreas Seppi, Karen Khachanov et Cameron Norrie. Mais cette année, le Turinois galère. Seulement 3 succès pour 10 défaites. Il a perdu dès le deuxième tour à Rome (certes, face à Casper Ruud) et au premier à Hambourg (contre Felix Auger-Aliassime). Pour son entrée en lice à Roland Garros, il a failli se faire surprendre par Emilio Gomez, le fils d’Anders, ancien vainqueur du Majeur parisien en 1990. Un succès à l’arraché en 5 sets après plus de 4 heures de jeu (6-7, 6-3, 6-1, 6-7, 6-3). C’est sûr, Sonego va devoir montrer davantage de régularité pour venir à bout d’Alexander Bublik. 

L'œil de Rodolphe Gilbert : Légère avantage pour Alexander Bublik, mais c’est logique. Lorenzo Sonego n’est pas dans les mêmes dispositions qu’il y a un an. Il joue moins bien et a eu du mal contre Gomez au premier tour. En face, le Kazakh m’a assez épaté contre Gaël Monfils. Il a bien joué, avec application. Quand il a été breaké, il ne s’est pas affolé et a su revenir. On le dit fantasque, mais il peut aussi être solide. Je vois donc Bublik s’imposer.


Pedro Martinez vs Mikhail Kukushkin

Est-ce vraiment surprenant de voir Martinez favori face à Kukushkin pour une place au troisième tour ? Le Kazakh Mikhail Kukushkin a été l'une des surprises - relatives - de ce premier tour, en éliminant la tête de série n°14, l'Italien Fabio Fognini en 4 manches (7-5, 3-6, 7-6, 6-0). Auteur d'un match abouti, Kukushkin a poussé l'Italien à la faute (48 fautes directes contre 31). Il a converti 7 de ses 12 balles de break, un excellent ratio quand on connaît la capacité de l'Italien à remporter les "clutch points", les points décisifs qui font le tournant d'un match. L'Espagnol Pedro Martinez, passé par les qualifications, a d'abord battu l'Allemand Masur, le Hollandais Haase, l'Américain Blanch pour accéder au tableau final. Au premier tour, il a facilement disposé d'un autre qualifié, Aleksandar Vukic en 3 sets secs (7-5, 6-4, 6-0). Si son adversaire a su lui opposer une résistance pendant un bon set, Martinez a bénéficié de la disparition de Vukic, avec un troisième set à sens unique (44% de premières balles et seulement 10 points remportés sur tout le set). Seulement 7 heures passées sur le court en 4 matchs, le bilan est plutôt positif pour le 105ème mondial Martinez. C'est bien le qualifié espagnol qui est favori de ce match pour le moment (1.64 pour l'Espagnol contre 2.22 pour le Kazakh). Si Kukushkin a de l'expérience en Grand Chelem (65 matchs) comparé à son adversaire du jour (5 match), il n'est pas du tout un spécialiste de la surface avec seulement 38% de victoires. Il n'a d'ailleurs jamais dépassé le 2ème tour à Roland Garros en 8 participations. A l'inverse, l'Espagnol a glané tous ses titres sur terre (7 en ITF et 1 en challenger). En cas de victoire, Martinez entrerait pour la première fois de sa carrière dans le top 100, récompensant ainsi son bon parcours en février sur la tournée sud-américaine où il avait signé ses 5 premières victoires sur le circuit ATP.


Norbert Gombos vs Jurij Rodionov

Aucun des deux n'était favori au premier tour. L'Autrichien Rodionov est revenu de très loin lors de son match contre le Français Jérémy Chardy qui servait pour le match dans le troisième set et concédé une balle de match dans le tie-break. De son côté, Norbert Gombos a été l'auteur de l'une des plus grosses surprises de ce premier tour, en dominant la tête de série 24, le Croate Borna Coric. Mieux, il n'a concédé qu'un set face au 26e joueur mondial (6-4, 3-6, 6-3, 6-4). Dans ce duel d'outsiders qui disputent leur premier Roland Garros, l'un des deux se retrouvera au troisième tour, une situation inespérée puisque les deux joueurs sont classés au-delà du top 100, Gombos étant 106ème et Rodionov 169ème. Passé par les qualifications, l'Autrichien Rodionov a déjà passé 10 heures sur le court en moins d'une semaine sur les lourds terrains parisiens. Le Slovaque Gombos lui, n'a que ses 3h05 de son match contre Coric dans les jambes. Au-delà du classement et de la fatigue physique, l'expérience de Gombos lui confère un statut de favori. C'est son 45ème match sur le circuit principal alors que Rodionov a remporté son premier match ATP face à Chardy. L'Autrichien qui évolue principalement en challenger (3 titres dont un sur terre) est un joueur complet, plutôt bon serveur. Gombos a montré que ces conditions de jeu lui convenaient. Lui aussi un joueur complet qui brille en challenger (7 titres dont 2 sur terre).


Taylor Fritz vs Radu Albot

L'Américain aurait toutes les raisons de se méfier de Radu Albot. Taylor Fritz a dû batailler pendant 5 sets pour venir à bout du qualifié Tomas Machac (7-5, 7-6, 1-6, 2-6, 6-3). Sans briller, l'Américain a passé 3h39 sur le court en ne breakant "que" 7 fois le Tchèque malgré ses 27 (!) balles de break sur l'ensemble du match. Un manque d'efficacité sur balle de break, pas vraiment comblé par son efficacité sur seconde balle (38% de points remportés seulement, contre 52% pour son adversaire). Radu Albot, quant à lui, n'a passé que 2h08 sur le court face à Jordan Thompson : 3 petits sets et 7 jeux seulement laissés à son adversaire pour une victoire 6-2, 6-4, 6-1. Seulement un break concédé sur l'ensemble du match et trois balles de break concédées, un match totalement maîtrisé de bout en bout pour le Moldave, outsider au départ de ce match en raison d'une longue méforme qui dure depuis un an. Contre Taylor Fritz, le Moldave sera encore outsider, avec une cote sensiblement similaire à celle contre Jordan Thompson (entre 2.55 et 2.65). Les deux joueurs se sont déjà affrontés une fois, sur dur à Los Cabos en 2019. Le duel avait été remporté en deux sets secs (6-3, 6-2) par Taylor Fritz. Cet affrontement n'aura vraisemblablement rien à voir avec leur précédent affrontement, car ni le format ni la surface ne sont les mêmes. Si Radu Albot n'était pas prévu particulièrement en forme pour ce Roland Garros, Taylor Fritz, lui, semble en surprenante méforme. Leur rencontre pourrait donner un match un peu plus équilibré. C'est le 5ème Roland Garros pour Radu Albot et le 4ème pour Taylor Fritz, mais aucun des deux n'a précédemment passé le second tour des Internationaux de France. Ce sera donc une première pour le vainqueur de ce match. Avec 43% de victoires sur terre et deux titres en challenger, le Moldave a quelques petites références sur la surface d'autant plus que les conditions de jeu favorisent les contreurs comme lui. Même pourcentage de victoire pour l'Américain mais en 2019, il avait obtenu des bons résultats sur terre face à Bautista, Pella ou encore Dimitrov.

L'œil de Rodolphe Gilbert : Taylor Fritz est favori et je le vois plutôt gagner. La cote pourrait même être encore plus à son avantage. D’abord parce que Radu Albot ne gagne pas un match cette année. Même s'il y a du mieux depuis trois semaines, il restait sur 7 défaites sur le circuit principal et vient enfin de signer une victoire au premier tour contre Jordan Thompson. Ensuite, l’Américain a déjà montré quelques belles choses sur terre, même si ce n’est pas sa meilleure surface. Sa puissance est largement supérieure à celle du Moldave. Après, on ne sait pas comment va jouer Albot mercredi et il existe une possibilité que Fritz commette beaucoup de fautes. Dans ces conditions de jeu lourdes, le profil d'Albot peut poser des problèmes à Fritz. C’est logique de voir l’Américain partir en favori mais méfiance...


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Les avis de la rédaction :
⭐️⭐️⭐️ ---
⭐️⭐️ Moins de 27 jeux dans le match Nadal vs McDonald / Victoire de Martinez / Albot 1 set
⭐️ Victoire de Nishikori / Koepfer 1 set / Korda 1 set / Bonzi au moins 13 jeux