Ces deux jeunes femmes n'ont que 19 et 21 ans. Et pourtant, elles portent en elles déjà la détermination et la confiance des plus grandes. Cette finale est inédite pour plusieurs raisons. D'abord, elle va opposer deux joueuses qui n'ont jamais remporté un titre sur terre battue. Les retrouver en finale du plus grand tournoi de terre semble donc surprenant à première vue. Par ailleurs, Iga Swiatek n'a même encore jamais remporté le moindre titre à l'inverse de Sofia Kenin, titré à l'Open d'Australie en janvier.

Cet affrontement promet une belle finale. Iga Swiatek a fait sensation tour après tour dans ce tournoi. Non seulement, elle a balayé la favorite Simona Halep mais elle s'est offert le luxe de ne perdre aucun set avant d'arriver en finale. La voilà propulsée même favorite de cette finale selon les bookmakers. Après cette victoire référence face à la Roumaine qui l’a faite entrer dans une autre dimension, elle a parfaitement su gérer cette nouvelle attente encore plus forte autour d’elle en confirmant face à Martina Trevisan (165e mondiale) et Nadia Podoroska (131e Mondiale). La Polonaise avait été annoncée il y a un et demi comme l’une des joueuses les plus prometteuses de sa génération. Après des débuts bien compliqués chez les pros, elle confirme enfin et quel sens du timing que de sortir le grand jeu du côté de la Porte d’Auteuil. Elle offre un jeu d’attaque avec des frappes puissantes mais très à risque. Pour le moment, tout rentre dans le court. Elle fait un peu penser au parcours de Jelena Ostapenko qui avait fêté ses 20 ans deux jours avant la finale de 2017. Le coup droit de Swiatek et son service kické sont ses deux plus grosses armes. Elle se déplace très bien sur cette terre parisienne et ce n’est pas simple de la déborder au vu de sa couverture de terrain.

Comme au 3ème tour du tournoi junior en 2016 (victoire de Swiatek 6-4, 7-5), elle va retrouver Sofia Kenin qui va disputer sa deuxième finale en Grand Chelem cette saison. L’Américaine avait eu du mal à entrer dans son tournoi avec beaucoup de pression sur ses épaules. Elle a su montrer de grosses ressources mentales pour enchaîner les tours les uns après les autres parfois dans la difficulté mais toujours avec beaucoup d'envie. Au fil de ses matchs, on a pu retrouver la joueuse qui avait gagné son titre en Australie. Elle est clairement monté en puissance. Sa qualité de déplacement est vraiment suprenante pour une joueuse pas plus habituée que ça à la terre battue. Après sa victoire contre Fiona Ferro, elle a complètement craqué en fin de match. En fondant en larmes, elle a ainsi pu évacuer la pression et cela a semblé la libérer depuis. Elle a livré un combat impressionnant face à Danielle Collins et sa victoire en demi-finale maîtrisée de la tête et des épaules face à l’expérimentée Petra Kvitova en dit long sur les capacités de l'Américaine. Comme Swiatek, elle est très solide en défense et cherche dès que possible le coup gagnant. Elle utilise très bien l’amorti dans ces conditions dites lourdes et humides. Elle tient bien les échanges avec une capacité à faire travailler ses adversaires tout évitant de subir le jeu.

Cette finale promet une intensité de haut vol. La Polonaise sera agressive dès le premier coup de raquette face à une Américaine qui va vouloir faire travailler son adversaire pour la faire craquer tout en essayant de dicter le jeu. Si on se regarde uniquement son parcours sur le tournoi, il semble logique de voir Swiatek favorite mais comment va-t-elle gérer cette première finale en Grand Chelem ? Swiatek n'a jamais été en difficulté dans ce tournoi, prenant à la gorge toutes ses adversaires sans jamais être inquiétée. Est-ce un avantage avant cette finale ? A l'inverse, Sofia Kenin a dû puiser dans ses ressources mentales et physiques pour s'arracher tour après tour en élevant parfois son niveau de jeu dans les hautes sphères. Si Sofia Kenin parvient à être disciplinée et combative comme lors de sa demi-finale, elle pourrait perturber Iga Swiatek.

Sofia Kenin a pour le moment un bilan largement positif en finale sur le circuit principal (5 victoires pour 1 défaite) contrairement à Iga Swiatek peu expérimentée en la matière (1 finale perdue à Lugano en 2019).

#TBNSTAT : En 1994, Mary Pierce avait réussi un parcours encore plus impressionnant que Swiatek avec seulement 10 jeux perdus avant d'arriver en finale (Swiatek en a perdu 23). La Française s'était pourtant inclinée en finale face à Arantxa Sanchez.

Sofia Kenin : « Il est certain qu'en 2016 lorsque j'ai perdu contre Iga ici dans le tableau junior, je n'étais pas aussi à l'aise sur terre battue que maintenant. J'ai commencé à avoir de bonnes sensations sur terre la saison dernière. Désormais, nous sommes toutes les deux des joueuses bien différentes maintenant... Je sais qu'Iga n'a pas encore perdu de set dans le tournoi mais c'était aussi le cas de Petra avant la demi-finale. Cela ne veut rien dire si je joue bien. Comme je l'ai dit, Iga joue vraiment bien. Elle est arrivée en finale en remportant de belles victoires. C'est certain qu'elle a accumulée beaucoup de confiance et qu'elle est super excitée avant cette finale. J'espère qu'avec mon expérience de Melbourne, cela m'aidera. »

Iga Swiatek : « Je me présente comme l'outsider sur cette finale, si on peut dire les choses comme ça. Je m'attends évidemment à un match difficile… Je trouve que j'ai été vraiment efficace sans aucun passage à vide depuis le début du tournoi dans tous mes matchs. J'ai mis beaucoup de pression sur mes adversaires. Je n'ai donc à aucun moment été nerveuse durant les seconds sets parce que je sentais que tout allait dans mon sens. Ça va être différent en finale car je vais jouer une joueuse beaucoup plus expérimentée. J'aurai besoin d'être à un niveau différent, à un niveau encore supérieur, même si je gagne facilement en ce moment… Habituellement, je suis ce genre de joueuse qui joue mieux sous pression. Si je suis pas submergée par l'émotion, tout ira bien. »

L'œil de Rodolphe Gilbert : Sur l'impression laissée sur la quinzaine, je trouve logique de voir la Polonaise favorite. Elle semble inarrêtable. Elle semble pour le moment imperméable à la pression, à l'enjeu et aux conditions de jeu. Pour le grand public, en raison de son classement, elle arrive de nulle part mais ce n'est pas le cas. C'est presque plus une surprise de voir Kenin en finale à Roland Garros alors que la terre battue n'est pas vraiment sa meilleure surface. J'ai commenté presque tous les matchs de Swiatek et elle joue vraiment très bien au tennis. Pour qu'il y ait match, Kenin doit jouer un match parfait. Swiatek a un jeu plus adapté à la terre avec des trajectoires de balles enroulées en coup droit. Kenin joue en cadence tout le temps, ce n'est pas une joueuse de terre. Est-ce qu'on vient de découvrir avec Swiatek une fille qui va aller très loin ? Elle est complète. Elle sert bien, elle a un bon coup droit, un bon revers, elle est capable de monter au filet. Mentalement, elle est impressionnante. Un élément à prendre en compte selon moi dans cette finale, c'est le fait que Kenin ne serve pas très bien. Si elle n'a pas un taux de réussite très élevé en première balle, je vois Swiatek la dominer. A l'inverse, comment réagira la Polonaise si Kenin lui résiste un peu et joue son meilleur tennis. C'est l'inconnu puisque pour le moment, Swiatek n'a jamais vraiment été déstabilisée. Il y a aussi le côté émotionnel qui sera intéressant à analyser et observer. Le fait qu'il n'y ait pas de public va forcément aider Swiatek mais malgré tout, l'émotion d'une première finale en Grand Chelem, tant qu'on ne l'a pas vécu, on ne peut pas savoir comment on va réagir. Swiatek, elle-même, ne sait pas avec quelle émotion elle entrera sur le court et débutera le match.

L'avis de la rédaction
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⭐️⭐️ Les deux joueuses prennent un set @2,22 sur ZEbet
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