Cristian Garin vient de l'officialiser sur son compte Instagram : Andrés Schneiter ne sera plus son entraîneur en 2021.

Modeste joueur argentin dans les années 90, ce dernier a déjà une belle expérience de coach derrière lui puisqu'il a entrainé par le passé Mariano Puerta, Franco Squillari, Agustín Calleri, Edgardo Massa et Rogelio Dutra Silva. Mais il s'est surtout illustré dernièrement en reprenant en main la carrière de Juan Ignacio Londero en premier lieu (son travail lui a permis d'accéder au top 100 – voir ici le portrait que nous lui avions consacré).

Mais c'est son travail avec Cristian Garin qui reste le plus notable.

En effet, il récupère en septembre 2018 un joueur au point mort dans sa carrière. « Il avait six kilos de plus que la normale et il n'avait plus d'ordre dans sa tête. C'était trop de pression pour lui, tout le monde attendait tellement de lui. Il n'arrivait pas à canaliser la pression lorsqu'il jouait, il voulait tout faire parfaitement. » (voir ici le portrait que nous avions consacré au Chilien).

Son travail pour faire progresser Garin a consisté en un gros effort de structuration.

« Je dis toujours que je ne lui ai pas appris à jouer au tennis, je pense que j'ai lui mis en tête beaucoup de schémas de jeu qui étaient importants et qui lui ont permis de se consolider, indiquait-il dans une interview en septembre dernier. Lorsque vous donnez à un joueur un schéma très clair, et qu'il sait quoi faire, cela rend son tennis beaucoup plus clair et ça le détend dans sa tête. En fin de compte, toutes ces frustrations que vous pouvez ressentir pendant les matchs sont dues au fait que vous ne pouvez pas trouver d'issue. J'aime toujours être très clair sur la manière dont il faut  jouer.»

« Gago » était 140eme mondial avant le début de leur collaboration. Andrés Schneiter emmenera son joueur dans le top 20. « J'ai été surpris par la rapidité avec laquelle il a progressé au classement, indiquait-t-il en septembre dernier [1]. Il m'est déjà arrivé de faire passer des joueurs du top 400 au top 100, mais la différence c'est que Cristian a plus de potentiel et il va continuer à monter au classement».

Sous son escarcelle, Garin a gagné ses 4 premiers titre ATP, tous sur terre battue. « Je pense qu'aujourd'hui, c'est sa meilleure surface, mais à long terme, ce seront les courts en dur et ceux en salle. Son revers est très bas en indoor. Sur le long terme, il y jouera très bien. Il faut lui laisser le temps, il joue rarement sur ces surfaces-là. »

C'est hier que le « Tank » a officialisé sur les réseaux sociaux la fin de sa collaboration avec son mentor. « Après plus de deux ans de collaboration, le gringo et moi avons décidé de nous séparer pour la saison 2021. Je suis très reconnaissant de tout ce qu'Andres a fait pour moi, il m'a beaucoup appris pendant cette période et le travail qu'il a accompli a porté ses fruits, m'aidant à atteindre le top 20. Je te souhaite bonne chance pour tes nouveaux projets ! »

Comme il l'a avoué par le passé, l'Argentin gardera malgré tout un excellent souvenir de sa collaboration avec le joueur chilien, même si le fait de gérer la carrière de Londero en plus (ce dernier s'entraîne dorénavant avec Sebastian Prieto, l'ancien coach de Juan Martin Del Potro) pouvait se révéler parfois périlleux.

« L'année 2019 a été ma meilleure année. J'ai eu Puerta en 2005, Calleri qui avait 23 ans, mais avec Londero et Garin, j'ai vécu ma année la plus accomplie car ils ont vécu beaucoup de choses nouvelles et ont atteint des objectifs extrêmement importants en même temps. L'un gagnait et l'autre également, en ce sens, ça pouvait être incroyable. Mais il y avait des inconvenients. Je vivais à plein temps tout le temps, je ne pouvais jamais m'arrêter. Ayant deux joueurs, il m'est arrivé que dans de nombreux tournois, l'un gagnait et faisait une semaine incroyable mais l'autre perdait et en souffrait. Et parfois, parce que je m'inquiétais pour celui qui avait perdu, je n'appréciais pas suffisamment  les situations avec celui qui avait gagné. Il fallait être partout aussi et ça pouvait être compliqué pendant les Grands Chelem notamment.  Il fallait organiser beaucoup de choses, je devais courrir pour voir l'un puis l'autre et je ne prenais pas le temps pour aller manger. C'était parfois difficile d'apprécier. [2]»

Cependant, la fin de sa collaboration avec Gago lui laissera sans aucun doute un goût amer, comme il l'a avoué lors du podcast argentin TresIguales

« Je ne m'attendais pas à cela. Garin ne m'a rien dit, c'est son manager qui m'a prévenu. Et le lendemain, son message est sorti dans les réseaux sociaux. Je suis un entraîneur exigeant, il pouvait y avoir des frictions avec Cristian mais rien d'anormal. Peut-être que le fait de m'impliquer dans tout et de vouloir sortir les joueurs que j'entraîne hors de leur zone de confort m'a perdu... »

Quelque soit le motif de cette séparation, si les dires de son ex-coach sont vérifiées, le comportement du Chilien apparaît plus que limite. Ce dernier n'a pas encore annoncé le nom de son futur coach.


[1]https://septimogame.cl/andres-schneiter-para-mi-hay-cristian-garin-por-diez-anos-mas-en-el-alto-nivel/

[2]ibid