Hormis les quatre affiches qui concernent les Français, une dizaine de matchs est au programme ce lundi en ouverture du tournoi de Bercy. Parmi ces matchs, deux belles affiches qui vont opposer Coric à Fucsovics puis un peu plus tard dans la journée Auger-Aliassime à Cilic. Beaucoup de qualifiés et lucky losers seront également de la partie avec notamment l'Espagnol Davidovich, étoile montante du circuit qui affrontera le Russe Karen Khachanov. Toutes les rencontres de ce lundi présentées et analysées par nos consultants Julien Varlet et Rodolphe Gilbert.


Felix Auger-Aliassime vs Marin Cilic

Rencontre très intéressante à suivre puisque les deux joueurs affichent un état de forme totalement différent. Felix est sur une bonne dynamique mais loin de son niveau affiché en février. Il commet à nouveau beaucoup de fautes à l'échange, notamment en coup droit. Mais il semble bien physiquement. Finaliste et demi- finaliste à Hambourg, il a ensuite effacé sa déconvenue à Roland Garros par deux bons tournois de Cologne et deux matchs plutôt convaincants face à Bautista et Schwartzman. Récent papa, Cilic apparaît un peu moins focus sur son tennis depuis la reprise. Seulement cinq petites victoires pour le Croate mais un bémol tout de même puisque ses défaites, hormis celle face à Johnson, ont toutes été concédées face à des joueurs en forme (Shapovalov, Ruud, Davidovitch et Thiem). Si l’on observe attentivement le contenu des matchs du Canadien, on peut observer un jeu qui est quelque peu stéréotypé sans véritablement de plan B. Il engage le duel du fond de court en frappant fort des deux côtés, un jeu sans créativité qui l’empêche sûrement de franchir un palier. Cilic arrive ici sans vraiment d’objectif prévu mis à part bien jouer et prendre du plaisir. Il n’aura donc aucune pression. Les conditions de jeu indoor lui conviennent parfaitement. Ce sera le deuxième face à face entre les deux joueurs, la première rencontre à Washington en 2019 avait vu la victoire de Cilic en deux sets. Auger est donné très largement favori. Une surprise est-elle possible ? Avec deux joueurs aussi inconstants et irréguliers, difficile d'imaginer avec certitude la victoire de l'un ou de l'autre. Mais les cotes semblent un peu trop larges. Auger a obtenu des meilleurs résultats que Cilic et justifie son statut de favori mais le style de jeu du Croate peut lui permettre de rivaliser avec le Canadien. On pourrait avoir beaucoup de fautes directes dans ce match.

L'œil de Rodolphe Gilbert : Cilic ne gagne vraiment pas beaucoup de match. Parfois, il ne joue pas si mal que ça mais il est quand même dans le dur et cela fait plusieurs mois. Sans être impressionnant, Auger lui gagne quand même quelques matchs. C'est logique de donner le Canadien favori. Sur ce genre de match, on peut toujours se dire que Cilic peut faire un bon match, dans le dernier Masters 1000 de la saison. Et on a vu Auger capable de passer totalement à côté de certains matchs. Les deux joueurs sont irréguliers mais dans cette inconstance, c'est malgré tout Auger qui a montré plus de choses. Alors, Cilic peut évidemment monter son niveau de jeu très haut lorsqu'il est dans un bon jour. Je trouve la cote d'Auger trop basse pour être tentée. Le problème c'est que Cilic n'a battu que trois joueurs du top 50 cette année. C'est vraiment très faible... Tout dépendra de la première balle de Cilic et de la capacité à Auger de ne pas faire de fautes. Si j'étais parieur, je ne serais pas rassuré sur ce match. Tactiquement Auger va devoir aller beaucoup plus au filet.


Filip Krajinovic vs Feliciano Lopez

Le point commun actuellement entre Filip Krajinovic (ATP 30) et Feliciano Lopez (ATP 63) ? Tous les deux sont dans le creux de la vague au niveau des résultats. Alors qu’il avait bien repris la compétition avec des résultats encourageants à Cincinnati et l’US Open, le Serbe reste maintenant sur quatre défaites consécutives et n’a plus gagné un match depuis 1 mois et demi. A sa décharge, il est tombé deux fois face à Novak Djokovic mais s’est aussi incliné face à son compatriote Milojevic à Roland-Garros et face à l’Américain Johnson au 1er tour de Cologne. De son côté, le vétéran espagnol n’est pas beaucoup mieux loti puisqu’il n’a remporté que trois matches sur dix depuis la reprise de la compétition officielle. Krajinovic part tout de même largement favori pour cette rencontre compte tenu de son classement et de son niveau de jeu même s’il ne parvient plus à gagner pour le moment. Le Serbe réalise une bonne saison malgré tout puisqu’il tourne à plus de 60% de victoires. Son bilan sur dur est de 14 victoires pour 8 défaites là où Feliciano Lopez n’a remporté que 4 matches sur 11. Krajinovic devra tout de même se méfier du vétéran hispanique, toujours capable de briller sur un seul match et qui sera certainement motivé à l’idée de rencontrer son compatriote Rafael Nadal au 2e tour. Les deux hommes ne se sont pour l’instant rencontrés qu’une seul fois, à Pekin en 2018. C’est le Serbe qui s’était imposé.

L'œil de Rodolphe Gilbert : Krajinovic est un bon joueur qui a déjà fait finale à Bercy. Il abordera donc ce tournoi avec beaucoup de positif au niveau mental. C'est toujours une bonne chose pour un joueur de revenir sur un tournoi où on a brillé. Le Serbe joue plutôt bien depuis la reprise malgré quelques matchs un peu difficiles mais il n'a pas eu toujours un tirage idéal. C'est un joueur complet mais attention à Lopez. Il n'est pas encore à la retraite. Sur ce type de surface, il est toujours dangereux. L'Espagnol sert bien, monte au filet, fait beaucoup de revers coupés, et enroule bien avec son coup droit. Malgré tout, on le sent souffrir un peu physiquement. Parfois, ça va un peu trop vite pour lui. Avantage Krajinovic mais cote trop basse pour le Serbe qui pourrait très s'engluer dans le jeu de Feliciano.


Hubert Hurkacz vs Radu Albot

L’un comme l’autre ont bien du mal à s’exprimer à leur meilleur niveau en 2020. C’est même le moins qu’on puisse dire concernant Radu Albot, lucky loser dans ce tableau de Paris-Bercy, après sa défaite au deuxième tour des qualifications contre Norbert Gombos (7-5, 4-6, 6-4). Son bilan cette saison est quasi catastrophique : 6 petites victoires pour 15 défaites, toutes compétitions confondues. Le Moldave a surtout très mal débuté l’exercice en enchainant 10 revers de rang. Il s’est un tout petit peu repris depuis, avec notamment un succès contre Pierre-Hugues Herbert à Cologne. Rien à voir en tout cas avec sa jolie année 2019 où il avait empoché l’épreuve de Delray Beach (dur extérieur) et atteint trois demies, dont une sur dur indoor, à Montpellier. Ces performances lui avaient permis de grimper jusqu’à la 39ème place du classement. Le voici aujourd’hui N°90. C’est un peu mieux pour Hubert Hurkacz, qui présente un bilan positif (16V/13D). Mais ce n’est pas non plus fameux. En atteste ses parcours à Cologne - deux victoires contre les modestes Marc Polmans (N°116) et Mischa Zverev (N°268) - et à Vienne - un succès face à Attila Balazs (N°88). S’il avait plutôt bien débuté l’année avec un dernier carré à Auckland, le Polonais n’a pas convaincu depuis la reprise du circuit : 7 victoires pour autant de revers. Sur dur indoor, le 33ème mondial a bien du mal s’imposer. Il n’a gagné que 10 matchs sur 25, soit seulement 40% de réussite. Son service et sa solidité devraient néanmoins faire la différence dans un match où il part favori.

Lœil de Julien Varlet : Il ne faut pas se mentir, Radu Albot est à la peine. IL est lucky loser et a donc perdu son second tour de qualification. La rencontre se jouerait sur dur extérieur, il pourrait y avoir match. Mais en indoor, Hubert Hurkacz va agresser le Moldave et appuyer sur l’accélérateur. Or, Albot a besoin de temps pour résister et mettre son temps en place. Je me souviens du match qui l’a opposé à Roger Federer à Bâle l’année dernière. Il s’était fait marcher dessus. C’était la parfaite illustration de ce que je dis, même si le Suisse joue encore plus vite que Hurkacz. Si le Hongrois joue vite, ça va passer pour lui. 


Albert Ramos vs Marcos Giron

L’Américain s’est révélé tardivement à 27 ans, bien longtemps après ses débuts en pro à 21 ans. Il y a deux ans, il a même pointé à la 357ème place mondiale. Une ascension régulière l’a vu atteindre le meilleur classement de sa carrière, 86ème, le 26 octobre dernier. Giron est un joueur de surface rapide comme la plupart des Américains. Il dispose d’un service très performant, sans réel coup fort mais il compense par une bonne mobilité et un jeu assez agressif. Habitué au circuit Challenger, il parvient à s’extirper régulièrement des qualifications lors de tournoi du circuit principal cette saison. Depuis la reprise du circuit, il a obtenu 11 victoires sur dur pour seulement 5 défaites (Medvedev, Harris, Cilic, Krajinovic et De Minaur). Ramos se présente ici sans trop de repères, défait la semaine dernière assez sèchement par le modeste Zizou Bergs 455ème mondial. Difficile de trouver de quoi être optimiste, la saison de l’Espagnol étant catastrophique, il n’a pas gagné un match sur dur depuis sa victoire à Adelaïde face à Munar début janvier. Ce sera sa quatrième participation au Rolex Master de Paris mais il s’est toujours incliné au premier tour (Cuevas, Tsonga et Almagro). Les 36% de victoires en indoor tout au long de sa carrière ne sont pas faites pour le rassurer. La victoire de Giron serait tout à fait logique mais les cotes sont parfaitement ajustées, difficile d’y voir une quelconque value. L’expérience et le jeu de gaucher peuvent quand même dérégler l’Américain. Un match à observer ou pas.


Jordan Thompson vs Federico Delbonis

C’est une opposition de style. D’un côté, un joueur de dur, qui contre et propose des coups assez différents (slices, volées). De l’autre, un spécialiste de terre battue. Forcément, vu les conditions de jeu, la cote est en faveur de Jordan Thompson. Notons néanmoins que l’Australien en a bavé pour venir à bout de l’Argentin lors de leur première confrontation (6-4, 6-7, 7-6) en 3 heures et 23 minutes au Masters 1000 d’Indian Wells en 2019. Notons également que le 61ème mondial n’est pas au mieux de sa forme. Il n’a gagné qu’un match en trois tournois (Cologne 1, Cologne 2 et Astana), contre Cameron Norrie. En revanche, il a déjà montré qu’il pouvait poser des problèmes à de bons joueurs de dur indoor, tels que Ivo Karlovic et John Isner à New York au mois de février. La seule surface où Federico Delbonis a un ratio positif en carrière est la terre (55% de victoires). Pour le reste, 31% sur dur extérieur et… 0% sur gazon (9 défaites en autant de matchs disputés). D’ailleurs, l’Argentin a disputé toutes ses finales (4, deux gagnées, deux perdues) sur l’ocre. C’est dire si personne ne le voit aller loin dans le Rolex Paris Masters. Il est issu des qualifications où il a d’abord battu difficilement Andrej Martin (7-6, 3-6, 7-6), avant de profiter de l’abandon de Yannick Hanfmann à 6-1, 2-1. Le 78ème mondial saura-t-il poser des problèmes à Jordan Thompson ? C’est toute la question. Au moins, il est déjà dans le rythme.

L’œil de Julien Varlet : Difficile de voir Federico Delbonis s’imposer dans ces conditions de jeu. Jordan Thompson est supérieur sur dur indoor, et comme Delbonis, il ne lâche pas les matchs. Ce qui est sûr, c’est qu’on peut miser sur une rencontre qui dure, peut-être au moins 2 heures 30 minutes de jeu. Le point fort de l’Argentin, c'est le fait qu’il soit gaucher. Au service et en coup droit, il va trouver des angles qui vont gêner l’Australien. Mais je pense que Thompson, qui est un bon contreur, est néanmoins au-dessus. Mais sa cote est trop basse par rapport à son niveau de jeu actuel.

Marton Fucsovics vs Borna Coric

C’est un autre match intéressant à suivre. Parce qu’il oppose deux joueurs qui ont chacun de vraies qualités, tennistiques et/ou physiques et/ou mentales. Evidemment, Borna Coric part avec un léger avantage. Tête de série N°15, le Croate a confirmé il y a quelques jours à St-Petersbourg qu'il pouvait bien évoluer sur cette surface dur indoor un peu lente avec une finale (perdue face à Andrey Rublev). Ce match aura lieu sur le court central qui est plus lent que les courts annexes. Coric a montré au passage qu’il pouvait sacrément bien résister contre les grands serveurs, en dégoûtant Reilly Opelka et Milos Raonic. Le 24ème mondial avait déjà atteint la finale du même tournoi russe lors de l’année précédente. Quand il est en forme et qu’il a confiance en son coup droit - son point faible -, il est capable de résister à tous les adversaires ou presque. À Vienne, il a perdu contre Novak Djokovic, mais sans démériter (7-6, 6-3). Coric mène 2/0 dans ses confrontations contre Marton Fucsovics. Il s’est imposé à chaque fois sur dur, en extérieur à l’Open d’Australie (6-4, 6-3, 6-4) en 2019, à l’intérieur à Saint-Pétersbourg la même année. On sait que le Hongrois est un joueur très difficile à manœuvrer. Il frappe bien, contre bien, se déplace bien et possède une palette de coups assez diverse. Rappelons qu’il a battu Denis Shapovalov et Jannik Sinner, puis accroché Roger Federer à Melbourne en début de saison. Le N°52 à l’ATP a également visité les huitièmes de finale à Cincinnati et à Roland Garros, après des succès face à Grigor Dimitrov et Daniil Medvedev. Aussi, il a déjà atteint une finale sur dur indoor, à Sofia en 2019. En revanche, son bilan dans ces conditions de jeu en 2020 n’est pas bon : une petite victoire pour trois défaites, la dernière en date à Cologne contre Gilles Simon.

L’œil de Julien Varlet
: Je mets une petite pièce sur Marton Fucsovics, qui ne part pourtant pas avec l’avantage des pronostics. Même si Borna Coric a plutôt bien joué dernièrement, le Hongrois a le jeu pour l’embêter et le faire déjouer. Le Croate a besoin de temps, parfois il recule un peu trop derrière sa ligne. Or, Fucsovics va lui enlever du temps. Car il va l’agresser, monter au filet après quelques slices de revers. C’est peut-être la grosse cote du jour.     


Marco Cecchinato vs Norbert Gombos

C'est un premier tour entre deux qualifiés, deux joueurs qui ont du mal à enchaîner sur le circuit principal et qui se retrouvent souvent à jouer en challenger. L'italien a su se défaire en qualification de Jung et d'un terrien, tout comme lui, Frederico Coria. En effet, Cecchinato a un profil qui correspond à la terre battue; jeu de fond de court, finesse, lift et aussi une belle main qui lui permet de très souvent jouer des amorties. L'ancien demi-finaliste de Roland-Garros affiche plus de 500 matchs sur terre battue contre une centaine sur dur. Son adversaire, lui, a plus de repères sur cette surface même s'il a déclaré préférer jouer sur ocre. Le Slovaque, c'est 383 matchs sur terre pour 365 sur dur. Gombos affiche un tennis plus offensif que son adversaire et sur cette surface, ça peut lui être bénéfique (la surface à Bercy a l'air d'être rapide cette année) comme cela a pu l'être face à Albot où il a réalisé un assez bon match. Les books proposent donc logiquement le Slovaque favori. Cette victoire pourrait fortement l'aider pour grapiller quelques points au classement mais aussi financièrement.


Jan-Lennard Struff vs Nikoloz Basilashvili

Mais que vient faire Basilashvili ici ? Le tennis en ce moment c'est compliqué pour le Géorgien, mais pas que. En effet, Nikoloz Basilashvili se retrouve dans un procès pour violence conjugale contre son ex-épouse. Il avait été arrêté en mai dernier et le procès a commencé le mardi 20 octobre . Cette situation délicate peut être une réponse à ses nombreuses récentes défaites , lui qui n'a plus connu la victoire sur le circuit principal depuis février dernier à Dubaï. Il se peut donc encore une fois qu'il soit venu pour le chèque. En face, il aura affaire à l'Allemand Jan-Lennard Struff. Saison en demi-teinte pour le 34ème mondial qui a su nous montrer le meilleur comme le pire. C'est compliqué pour lui en ce moment malgré le fait qu'il avait montré de belles choses sur l'enchaînement Cincinnati/US Open juste au retour du confinement. Il a su cependant proposer un bon tennis la semaine dernière à Vienne, dans un challenge qui a du le motiver face à Stefanos Tsitsipas. On a pu le voir très efficace au service notamment avec des grosses premières (90% de points gagnés derrière ses premières dans le premier set) mais aussi avec son coup droit qui fait très mal en sortant son adversaire du court et qui lui a permis de venir finir les points au filet. Malheureusement, malgré le gain du premier set et d'un niveau de jeu bien meilleur que les semaines précédentes, la barre était trop haute et il s'est par la suite incliné. En revanche, s'il affiche cette envie et ce tennis face au Géorgien, il devrait s'en sortir sans trop de problèmes. Basilashvili est lui aussi un joueur qui aime frapper dans la balle mais plutôt en restant derrière sa ligne de fond de court. C'est un joueur multisurface donc les conditions à Bercy pourrait lui plaire mais il est difficile de croire qu'il va s'imposer dans cette rencontre, lui qui a sûrement la tête ailleurs et plus précisément à son procès. Les bookmakers proposent logiquement l'Allemand largement favori, même la cote de sa victoire deux sets à zéro est assez basse (>1.6). Ce match est difficile à parier en raison de l'inconstance des deux joueurs.


Alex De Minaur vs Stefano Travaglia

Travaglia a-t-il une chance contre Alex de Minaur ? Au premier tour de ce Masters 1000 de Paris Bercy, l'Australien Alex de Minaur va affronter le qualifié Italien Stefano Travaglia. Si le tirage semble dur pour l'Italien, en réalité, le sort a été plutôt clément avec lui, puisque le plateau est incroyablement relevé à Bercy. Alex de Minaur, 25ème mondial, n'est que tête de série numéro 16 cette semaine. Pour parvenir à rentrer dans le tableau final, Travaglia s'est d'abord défait du Portugais Pedro Sousa après un match très serré (6-3, 4-6, 7-6) au premier tour des qualifications, avant de dominer son compatriote Gianluca Mager en 2 sets (6-2, 7-5). Entre Roland-Garros et avant les qualifications de ce tournoi de Bercy, Stefano Travaglia n'avait disputé que deux matchs, un premier tour en Sardaigne, sur terre battue, abandonné contre l'Italien Pellegrino après être passé tout proche de l'emporter (4-6, 7-6, 3-0) ab.) en ayant mené 6-4 5-2 et même 4 points à 0 dans le tie-break du 2e set. Ensuite, Travaglia a disputé le tournoi de Nur-Sultan, la semaine dernière, sur dur, où il a perdu contre l'Américain Tommy Paul (7-6, 6-3). Alex de Minaur, quant à lui, a après Roland Garros disputé 3 matchs d'exhibition, qu'il a remportés, respectivement contre Dan Evans, Pablo Andujar et Richard Gasquet. Ensuite, l'Australien a réalisé un très bon tournoi d'Anvers il y a dix jours, avec seulement une défaite en finale contre le Français Ugo Humbert. Il est évident qu'Alex de Minaur est archi favori face à Travaglia. Les deux joueurs ne se sont encore jamais affrontés, mais au vu de la forme de l'Australien en cette fin de saison, et des incertitudes quant au niveau de jeu de Stefano Travaglia, il semble y avoir relativement peu de place au doute quant au vainqueur de cette rencontre. Au second tour, le vainqueur de ce match affrontera le vainqueur de la rencontre entre le tout récent finaliste du tournoi de Vienne et tombeur de Novak Djokovic Lorenzo Sonego, et le fantasque kazakh Alexander Bublik.


Alejandro Davidovich Fokina vs Karen Khachanov

C’est sur le papier un match très alléchant. Où le mieux classé des deux pourrait flancher, ou en tout cas être en difficulté. Pourquoi ? D’abord parce que Karen Khachanov éprouve beaucoup de mal à être dominateur, et ce depuis pas mal de temps. En réalité, depuis son sacre… au Rolex Paris Masters il y a deux ans. Depuis, il perd quasiment autant de matchs (43) qu’il en gagne (50). Son bilan en indoor est même négatif : 10 succès, 14 revers. On n’est loin des attentes suscitées par le Moscovite à l’issue de sa fin de saison 2018. D’accord, le 18ème mondial dispose toujours d’une grosse frappe de balle. Mais c’est presque tout ! Et depuis deux ans, Khachanov ne progresse plus. Difficile de savoir si son problème est mental ou technique. Avant Bercy, il a disputé trois tournois en indoor pour des résultats peu fameux. Deux victoires à Saint-Pétersbourg contre deux joueurs largement à sa portée - James Duckworth (N°93) et Aslan Karatsev (N°117) -, avant de s’incliner contre Milos Raonic. Ensuite, un seul succès à Anvers face au modeste Zizou Bergs (N°528), puis un revers contre Daniel Evans. Enfin, une élimination d’entrée à Vienne devant Grigor Dimitrov.

Autant dire que la tâche du Russe s’annonce ardue face au joueur issu des qualifications peut-être le plus redoutable, Alejandro Davidovich-Fokina. Le jeune espagnol de 21 ans a un sacré tempérament et des qualités tennistiques (service, coup droit, revers et gnac) qui lui donnent une chance de s’exprimer sur toutes les surfaces. Il a d’ailleurs déjà gagné un Challenger sur terre et un sur dur. Après un excellent US Open (huitième de finale en sortant notamment Hubert Hurkacz et Cameron Norrie), il a enchainé avec une demie puis un quart lors des deux tournois de Cologne. En Allemagne, le 63ème mondial a même accroché Alexander Zverev (5-7, 6-7) et Diego Schwartzman (6-2, 6-7, 1-6), malgré la défaite. À Bercy, il a passé plutôt aisément ses deux tours de qualification (6-1, 6-1) contre Paolo Lorenzi et (6-4, 1-6, 6-1) face à Salvatore Caruso. Oui, Davidovich ne part pas favori de cette rencontre mais voici peut-être le bon coup à jouer de ce premier tour. D'ailleurs, certains parieurs n'ont pas hésité à miser sur lui, ce qui a fait lourdement chuter sa cote.

L’œil de Julien Varlet : Je vois la logique être respectée. Car on joue un Masters 1000 et Karen Khachanov a davantage d’expérience. Certes, Alejandro Davidovich Fokina joue pas mal en ce moment et il sait faire plein de jolies choses : des slices de revers, des volées, des amorties. L’Espagnol a une très belle main et c’est aussi un guerrier. Mais justement, dans ces conditions de jeu, je pense que le Russe devrait le faire exploser. Par sa puissance en fond de court et sa lourdeur de balle. Davidovich est encore un peu tendre et ça pourrait se voir dans cette rencontre face à un bûcheron comme Khachanov.  


L'avis de la rédaction
⭐️⭐️⭐️ Victoire de De Minaur ✅
⭐️⭐️ Victoire de Gombos ✅
⭐️ Cilic remporte au moins un set ✅ / Fucsovics remporte au moins un set ❌


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Rodolphe Cazejust

Initié au tennis dès 5 ans et parfois tous les jours, j'ai participé à Roland Garros en minime (battu par la tête de série N°1). Après des études de droit, de sciences politiques, de socio-histoire et de journalisme, j'ai intégré la rédaction des sports de Canal+. Le tennis est l'un des sports que je couvre le plus (Eurosport, BeINSports, RMC Sports, L'Equipe et le magazine Courts). J'aime le tennis pour son élégance, ses codes, ses duels, son histoire, ce qu'il exige comme aptitudes physiques et mentales. J'ai un faible pour les joueurs élégants et offensifs, (Federer, Sampras, Edberg) mais aussi pour certains joueurs capables de s'adapter à l'adversaire avec leurs qualités propres (Wilander, Ferrer ou Simon). J'aime le talent brut mais aussi l'intelligence de jeu. Mes armes pour analyser un match : les statistiques et du feeling. Le tennis est imprévisible et c'est ce qui en fait son charme.