Un homme de trop

« J'ai l'impression que ma carrière de tennis s'est terminée le jour où j'ai ouvert cette enveloppe, avant d'aller à l'US Open. Là, elle s'est terminée. J'ai été complètement assommé. Quelque chose en moi est parti. J'étais absent, je ne suis jamais retourné sur le court comme d'habitude. Jusqu'à ce que je me retire, je suis entré sur le court totalement vide. »

Un an et demi après sa participation à la Masters Cup en 2005, c’est dans la peau du tricheur récidiviste que Mariano Puerta, 28 ans, retrouve les terrains de tennis par la petite porte du circuit secondaire, à Sassuolo en Italie. Entre ces deux suspensions et sa blessure au poignet en 2000, c'est la troisième fois que l'Argentin doit tout reprendre à zéro des profondeurs du classement pour redonner du sens à sa carrière. « J'ai eu des incohérences dans mon parcours[1] », concède-t-il avec amertume. Mais cette fois, cette interruption sera celle de trop.


Episode 1 - A travers l'orage

Episode 2 - L’homme par qui le scandale arrive

Episode 3 - La Puerta Del Cielo (La Porte du Paradis)

Episode 4 : L'invraisemblable vérité

Episode 5 : Contre-enquête


La vie de Mariano Puerta a régulièrement oscillé entre des périodes de pleine confiance et de fragilité personnelle. Et là, une fois n’est pas coutume, le joueur sombre dans un nouvel épisode de lente dépression. « Je ne pouvais plus toucher une raquette, je continuais à avoir des séances avec un psychiatre, à prendre des médicaments. Il y a eu des jours où je pouvais faire des nuits de 14 ou 15 heures de sommeil. Je me réveillais déprimé, avec des pensées sombres. C'était difficile à accepter. » Le joueur se focalise sur son nouveau hobbie, le golf, qui lui fait beaucoup de bien. Mais il est bientôt l'heure de se remettre en selle, de retourner sur les terrains. Car le natif de San Francisco en Argentine a joué au tennis toute sa vie et au fond, il ne sait faire que cela. Et pour faire son retour, Puerta repart avec son préparateur physique et âme grise Dario Lecman. Et tant pis, pour ceux qui grincent des dents en voyant le sulfureux haltérophile à ses côtés : « Je pense que Dario est l'un des meilleurs préparateurs physiques du pays et si je pense qu'il est celui qui peut me préparer le mieux, alors, je travaillerais avec lui. Je me fiche de ce qui peut bien se dire ! [2]».

Il y aura eu quelques bons moments sur le circuit challenger et notamment ce titre en challenger à Bogota, en juillet 2008. Mais la seconde partie de carrière de l'Argentin ne parviendra jamais à décoller au-delà de l'anonymat du circuit secondaire. Le manque de motivation finit par le rattraper et certains tirages lui sont défavorables. Du moins, c’est lui qui l’affirme. «À Santiago, au Chili, j’ai pris Eduardo Schwank, qui a été titré ; à Buenos Aires, j’ai joué contre Horazio Zeballos, qui a fini par gagner. J’étais parfait en termes de niveau de jeu, de physique aussi, mais je n'avais pas la capacité de rester parfaitement concentré tout le match. J’ai mené 5-3 dans les deux sets et j’ai finalement perdu…[3] »

En juillet 2009, il abandonne au cours d’un match au challenger de Manta, sans blessure apparente. Il reste trois semaines sans s’entraîner puis rassemble son entraîneur, Leonardo Olguin et Dario Lecman. « Je joue mes dernières cartes », leur confie-t-il alors [4]. En novembre 2009, Mariano Puerta se retrouve au Pérou pour jouer le tournoi challenger de Lima. Il rencontre au premier tour Joao Souza qu’il bat très facilement. Le lendemain, il ne se présentera pas à son match du second tour. Cette fois, c'en est fini de la carrière de Mario Puerta, il ne disputera plus un seul match. Il a alors 30 ans et est classé 285ème joueur mondial.

Ce tournoi de Lima aura joué un curieux rôle de fossoyeur car il a également précipité la fin de carrière d'un autre Mariano, Zabaleta. Ce dernier, ancien 21ème joueur mondial, a le même âge que Puerta et quasiment le même classement. Autre point commun, il est également usé par la vie sur le circuit. « Je jouais un tournoi à Lima un jour gris et dégoûtant contre Charly Berlocq qui courait comme un fou, à dix heures du matin. Nous avons joué deux ou trois jeux, qui ont dû durer chacun 40 minutes. A un moment donné, je me suis fait breaker et je me suis dit que je n'avais plus envie de courir, que je n'avais plus envie de jouer au tennis. J'ai dit à l'arbitre : « Je m'en vais ». Il m'a dit ; « Non, vous devez appeler un médecin à cause de la réglementation. ». Je lui ai dit : « Non, non, ne vous inquiétez pas, je ne jouerai plus. Et je n'ai plus jamais joué. [5]»

Ce jour-là, Mariano Puerta met également un terme à sa carrière. Une coïncidence ? Pas vraiment.

« J'ai provoqué un retrait massif de joueurs [rires], concède le vice-président de la Fédération argentine de tennis. Je dormais avec Mariano Puerta et quand je suis arrivé dans ma chambre, il m'a demandé : "Mais qu'est-ce que tu as fait ? Et j'ai lui ai répondu : "Je ne joue plus". Il s'est mis à rire. Je suis allé dans une agence pour rentrer à Buenos Aires, il y avait un vol à trois heures de l'après-midi et je suis parti pour l'aéroport. Mariano m'a appelé et il m'a dit : « Attends ! Je viens aussi ! ». Et il n'a plus joué non plus ! Et un peu plus tard, Gato (ndlr : surnom de Gaston Gaudio) a fait la même chose. » Comme ça, aussi simplement. Il fallait juste qu'un d'eux fassent le premier pas. « Puerta et Gaudio me blâment, mais en réalité, c'est moi qui ai eu les couilles ! dit-il en s'esclaffant. Parce qu'au fond, ils avaient la même tristesse que moi. [6]»

Ce n’est qu’en octobre 2010 que Mariano Puerta officialisera sa fin de carrière. Car il est toujours difficile pour un homme à la carrière inachevée de mettre le point final à son parcours de joueur. Au fond de lui, il n’avait jamais abandonné l’idée de rejouer si l’envie lui revenait. Mais cela n’est jamais arrivé. « Il est difficile de se dire que vous n’allez plus jouer, avoue-t-il à ce moment-là. Peut-être que je sentais au fond de moi que je pouvais continuer, mais ensuite je me suis rendu compte de l'effort que cela représentait, et je ne voulais pas revenir pour être 200ème mondial et jouer les challengers. Je n'ai pas eu le courage d'affronter la concurrence et de faire face à cette pression [7]»

Mariano Puerta ne supportait plus également de faire ses valises, partir à l’aéroport et voyager partout, tout le temps. « Je n'avais plus l'énergie pour voyager. Il est impossible de jouer normalement quand tout n'est pas en place [8]. (…) Me rendre en Europe aujourd'hui, avec un vol de 14 heures, m'est impossible [9] ». En creux, Puerta, qui n’est pas encore divorcé de sa femme, veut retrouver une vie normale. « Je commençais vraiment à m'énerver à propos de tout cela. Je veux trouver une stabilité, me projeter. En voyageant 30 semaines par an, cela m’est impossible. [10]»

Mais pour autant, il est difficile pour un joueur de tennis à la routine bien rodée pendant des années d’affronter le vide de l’après-carrière, surtout lorsque celui-ci n’a pas réellement de projet. Mariano Puerta végète pendant de longs mois. « J'ai mis mon esprit au repos et je me suis détendu pendant un moment jusqu'à ce que je m'ennuie en attendant d’avoir envie de faire quelque chose, avoue-t-il à la fin de l’année 2010. J'étais couché dans mon lit et je ne faisais pas grand-chose. Je m'ennuyais, je me levais à n'importe quelle heure. Le vendredi, je pouvais aller à Cordoba pour un week-end, voyager avec des amis pour jouer au golf. Ou alors aller à Mar del Plata. Mais pendant la semaine, je n’avais rien à faire. J'aurais bien voulu faire de la gymnastique avec Dario (ndlr : Lecman), mais il n’y avait rien qui me poussait à y aller. » 

Dans le même temps, il traverse une période extrêmement délicate sur le plan financier. Lui qui s’est vu retirer un semestre entier de prize money suite à son deuxième contrôle positif (soit l’équivalent de 887 000 dollars), doit se déclarer en faillite en décembre 2009. « Pendant ces trois années où j’ai joué, cela ne s'est pas bien passé. Sur le plan financier, ça a été des années de pure perte [11] » indique-t-il à Sebastian Torok, journaliste à la Nacion. L’Argentin sombre dans une lente langueur, qu’il a du mal à surmonter.  « Imaginez-vous, ce sont de nombreuses années que j’ai occupé ma tête à jouer au tennis huit heures par jour ! Et cela empiétait également en dehors du terrain… Il fallait que je calcule mes points de classement, que je réserve mon entraînement, que je décide de l’heure où je voulais m’y rendre par exemple. Est-ce que je vais à Umag ou à Gstaad ? Et là,  soudain, il n’y a plus rien de tout cela. À un moment donné, j'ai pensé : « C’est bon, il faut que je bouge maintenant [12] ». Mariano Puerta a quelques idées comme organiser des tournois challengers ou fonder son propre club de tennis par exemple… mais ce sont des choses difficiles à mettre en pratique avec un portefeuille vide.

Son salut passera tout d’abord par Brian Dabul, ancien 82ème joueur mondial dont le principal fait d’arme est… d’avoir battu Rafael Nadal lors d’un match exhibition disputé la veille du tournoi de Roland Garros 2009 ! « On s’est parlé et j’étais tellement déconnecté du tennis que je pensais qu’il avait encore un entraîneur ! Je n’avais aucune idée de ce qu’il se passait [rires]. Je vivais encore à Buenos Aires mais je n’allais pas dans les clubs de tennis [13] », raconte le néo-retraité. Le joueur est sans coach depuis trois mois et recherche un successeur. Puerta hésite mais se laisse finalement tenter par la proposition. A ses conditions. Lui qui est devenu allergique aux déplacements, l’accompagne sur certains tournois mais s’accorde le droit, après discussion avec le joueur, de faire des impasses. Le tout fonctionne un temps, Puerta se réconcilie un peu avec le tennis. « J’ai travaillé pendant 10 mois avec lui, on a bien réussi les choses. Quand on a débuté notre collaboration, il était au-delà de la 130ème place et il a fini 82ème, indique-t-il en 2020 à la Nacion. Et puis, j’ai reçu un appel de Dallas pour un autre travail [14] »

Mariano Puerta à Roland Garros en 2005

C’est à ce moment-là que Mariano Puerta disparaît de la circulation pendant plusieurs années. Certains journalistes intrigués par son destin particulier tentent de le joindre par tous les moyens (joueurs, réseaux sociaux, etc.) mais ne trouvent pas de traces de l’ancien joueur. « Vous êtes à la recherche du gars le plus compliqué du monde à trouver [15]», préviennent certains journalistes argentins contactés pour l’occasion. Des rumeurs étranges courent également à son sujet, véhiculé par un joueur de la Légion ; l’Argentin se serait enfui aux Etats Unis à cause de dettes de jeu !

En 2016, un curieux article du site internet Golf Circus est mis en ligne. Un golfeur amateur y raconte avec une certaine sensibilité son premier tournoi de golf… disputé à l’insu de son plein gré puisque des amis l’avaient alors inscrit sans qu’il le sache. « Il ne s’agissait pas vraiment d’un championnat de professionnel, mais ce moment-là, tous ces hommes que j’ai vu marcher m’ont paru être Tiger Woods ». L’article est signé Mariano Puerta... « Ne laissez rien vous affecter » est depuis lors l'une de mes maximes au golf et dans la vie, dit-il en conclusion. Très souvent, nous rencontrons des gens qui, sans nous le demander, vont déverser gratuitement des opinions et des commentaires, déchargeant ainsi leurs frustrations sur vous. Si vous les laissez atteindre leurs objectifs, vous ne pourrez jamais avancer. [16] » Mariano Puerta aurait-il transposé ce qu’il avait ressenti, après sa seconde suspension, lui le tricheur récidiviste, l’homme de trop sur le circuit ?

Lorsque Sebastian Torok évoque auprès de Mariano Puerta l’étrange rumeur qui courait à son encontre, ce dernier esquisse un sourire. « Non, ce n’est pas ce qui s’est passé. Les Etats Unis, d’une certaine manière m’ont guéri, confesse-t-il. Je me suis beaucoup éloigné de l’Argentine, j’ai un peu délaissé le tennis, je n’ai pas mis les pieds dans un club là-bas, j’ai un peu disparu et c’est ce qui a choqué. Combien de mecs de ma génération ou de la précédente se sont comportés comme moi ? La plupart vont toujours assister aux tournois, ils aiment s’afficher, être vu, ils ont cet égo-là. Je suis nul à ce jeu-là. Vous avez des footballeurs comme Batistuta, qui donne de temps en temps des interviews, vous avez Rufferi, qui passe tous les jours à la télévision. Vous avez des gars comme Chelita (ndlr : Juan Ignacio Chela), Zabaleta, Pico Monaco, par exemple, qui ont même eu leurs propres émissions et ensuite, vous avez un gars comme moi [17]. »

Mariano Puerta désirait être oublié en tant que tricheur ou être dans les mémoires pour les bons moments qui ont jalonné sa carrière. Pour cela, il devait à tout prix partir, pour lui-même, pour tourner une page définitive à toutes les choses qui furent associées à ses écarts passés. « J'ai été instable dans ma carrière, concède-t-il. Je me suis marié et j'ai divorcé. Si vous regardez bien, j'ai eu de l'instabilité dans pas mal de domaines. L'année dernière, j'ai eu l'opportunité de retourner au pays et je n'ai pas franchi le pas. Aux États-Unis, j'ai construit une certaine stabilité. J'ai l'impression que si je retourne en Argentine, je risque de la perdre. Je n'y suis pas allé depuis presque trois ans »

Mais qu'a bien pu faire l'Argentin aux Etats Unis pendant toutes ces années ? Contacté par un ancien camarade avec qui il avait représenté l'Argentine quand il avait 16 ans, il entraîne pendant plusieurs semaines Artem Baradach, un joueur n'ayant que 5 points ATP au compteur. Il finit ensuite par entrer en contact avec une famille de Boston qui lui propose de former son fils. Le boulot est bien payé, il reste deux ans là-bas. Et financièrement, les choses s'améliorent. « On peut dire que je suis de nouveau sur pied. J'étais mauvais sur ce plan-là. Et en plus, dans ma carrière, honnêtement, j'ai eu quatre ou cinq bonnes années. Rien de plus. Combien pensez-vous que j'ai dépensé pour les voyages, l'entraînement, l'équipe ? Enormément. A cause des affaires de dopage, j'ai dépensé beaucoup pour des frais d'avocats (…) Je n'ai jamais eu des millions de dollars sur mon compte. On est Argentins, en matière de contrat, on nous a donné 10 % de ce qu'il pouvait être donné à un Américain ou à un Européen. C'est comme ça. [18]»

Depuis le dernier match qu’il a disputé dans sa carrière, Mariano Puerta a maintes fois eu l'occasion de faire le bilan de sa vie de joueur. Il en ressort souvent la même chose. Sa carrière a beau être composée de quelques hauts et de nombreux bas, il assume la manière dont celle-ci s'est déroulée « Sans ces "accidents" de parcours, j'aurais gagné beaucoup plus que je n'ai gagné. Mais aussi, sans doute, j'aurais arrêté de jouer beaucoup plus tôt, ajoute-t-il. J'ai toujours eu l'idée, depuis mon enfance, d'avoir une bonne et courte carrière [19]». Et quid de Roland Garros, de ce dernier sommet de sa carrière, qui lui échappé alors qu'il faisait quasiment jeu égal avec Rafael Nadal ? « Je pense qu'il valait mieux que je perde, avoue-t-il. Pensez à tout ce que j’aurais vécu, si j'avais gagné. Je ne peux même pas l'imaginer. Tout aurait été pire. Donc c'est mieux comme ça. » Aveu amer mais lucide d'un homme qui a longtemps ruminé sa seconde suspension. « Pendant toutes ces années, j'ai essayé de comprendre et de régler certaines choses. Je me suis fait du mal. Mais à un moment donné, il faut arrêter de faire ça et accepter que l'on avait tort. [20] »

Une fois essoré tous les torts qui lui sont imputés, ne reste en définitive que le sentiment qu'il faut aller de l'avant. Mariano Puerta a passé cette ligne. Il l'assure maintenant, « j'ai l'impression que la vie me donne une nouvelle chance ».

Episode 7 à suivre : Le verdict


[1] https://www.lanacion.com.ar/deportes/fue-mentira-a-15-anos-su-doping-nid2410713
[2] https://www.clarin.com/deportes/forneris-duda-lesion-lecman_0_BJXFjQbRFe.html
[3] https://espndeportes.espn.com/noticias/nota?s=ten&id=1149130&type=column
[4] https://espndeportes.espn.com/noticias/nota?s=ten&id=1149130&type=column
[5] https://elintransigente.com/2019/10/mariano-zabaleta-recordo-su-retiro-del-tenis-provoque-que-otros-jugadores-hicieran-lo-mismo/
[6] ibid
[7] https://espndeportes.espn.com/noticias/nota?s=ten&id=1149130&type=column
[8] https://www.lanacion.com.ar/deportes/tenis/mariano-puerta-retiro-problemas-economicos-que-se-nid2409313#:~:text=El%20%C3%BAltimo%20partido%20oficial%20de,%2D3%20y%206%2D0.
[9] https://www.ellitoral.com/index.php/diarios/2010/06/05/deportes/DEPO-08.html
[10] https://espndeportes.espn.com/noticias/nota?s=ten&id=1149130&type=column
[11] https://www.lanacion.com.ar/deportes/tenis/mariano-puerta-retiro-problemas-economicos-que-se-nid2409313#:~:text=El%20%C3%BAltimo%20partido%20oficial%20de,%2D3%20y%206%2D0.
[12] ibid
[13] https://espndeportes.espn.com/noticias/nota?s=ten&id=1149130&type=column
[14] https://www.lanacion.com.ar/deportes/tenis/mariano-puerta-retiro-problemas-economicos-que-se-nid2409313#:~:text=El%20%C3%BAltimo%20partido%20oficial%20de,%2D3%20y%206%2D0.
[15] http://www.puntodebreak.com/2020/06/07/mariano-puerta
[16] https://www.golfcircus.com/afrontar-primer-torneo-mariano-puerta/
[17] https://www.lanacion.com.ar/deportes/tenis/mariano-puerta-retiro-problemas-economicos-que-se-nid2409313#:~:text=El%20%C3%BAltimo%20partido%20oficial%20de,%2D3%20y%206%2D0.
[18] ibid
[19] https://www.ellitoral.com/index.php/diarios/2010/06/05/deportes/DEPO-08.html
[20] https://www.lanacion.com.ar/deportes/tenis/mariano-puerta-retiro-problemas-economicos-que-se-nid2409313#:~:text=El%20%C3%BAltimo%20partido%20oficial%20de,%2D3%20y%206%2D0.