Le verdict

"Les aveux de Puerta constituent un sujet de grande préoccupation, cependant, il a été décidé de ne pas rouvrir ce dossier et de ne pas prendre d'autres mesures". Suite à son second contrôle positif, Mariano Puerta, qui avait indiqué avoir ingéré dans le verre de sa femme un médicament contenant de l'Étiléfrine, a avoué dans les colonnes de La Nacion en août 2020 avoir menti devant le tribunal constitué par l'ITF en 2005. Si cet aveu confessé auprès du journaliste Sebastian Torok a été mal accueilli par l'ITF, cette dernière instance a décidé de passer l'éponge... tout comme le TAS.

Ce dernier qui avait réduit sa peine de 8 ans à moins de 2 ans en 2006 a également réagi à cette révélation, par la voie de son secrétaire général, Matthieu Reeb. Mais de la même façon, le tribunal ne fera rien : « Le fait que le joueur ait menti devant le court est très regrettable. Mais, dans le cadre de la procédure, il a le droit de le faire, contrairement à un témoin ou un expert. Au regard du droit suisse, il ne peut être puni pour cela » [1], tranche ce dernier. Exit l'affaire Puerta, le cadavre d'un des plus gros scandales du dopage argentin, exhumé à la surprise générale, est enterré cette fois pour de bon. Cependant, comme l'émet Sebastian Torok dans son dossier, cette révélation pourrait ne pas être sans conséquence pour les futurs joueurs qui devront se défendre devant l'ITF pour des cas de dopage...


Episode 1 - A travers l'orage

Episode 2 - L’homme par qui le scandale arrive

Episode 3 - La Puerta Del Cielo (La Porte du Paradis)

Episode 4 : L'invraisemblable vérité

Episode 5 : Contre-enquête

Episode 6 : Un homme de trop


Une chose mérite encore d'être approfondie, à la lumière de tous les éléments évoqués dans cette affaire. Mariano Puerta est coupable d'avoir menti devant le tribunal de l'ITF et du TAS. Mais qu'en est-il de son contrôle positif ? Simple négligence ou dopage avéré ? 

Le premier contrôle positif au clenbutérol interroge. Le joueur avait invoqué des soucis d’asthme et un état d’esprit perturbé par l’opération à cœur ouvert que devait subir sa nièce. Il aurait alors oublié de présenter une prescription médicale préalable avant de débuter son tournoi, ce qui expliquerait le test positif. Le clenbutérol est un produit utilisé en effet dans certains pays pour soigner l’asthme. Réservé à la vente vétérinaire en France, il avait été toutefois démontré dans les années 80 que ce produit pouvait permettre une diminution des graisses et une augmentation de la masse musculaire de 50 à 70 kg chez les bovins ! Toute sa carrière, Mariano Puerta a cherché à perdre des kilos et augmenter de manière considérablement sa masse musculaire [2]. Dario Lecman, son sulfureux préparateur physique, s’était même vanté en 2005 (après sa première suspension en somme) des kilos de muscles de son poulain par rapport à un homme normal. De fait, il ne serait pas illogique que l’Argentin ait cherché à utiliser ce produit à dessein…

Le cas de son second contrôle positif à l’étiléfrine apparaît autrement plus complexe… Pourquoi utiliser ce produit à ce moment clé du tournoi ? « L'étiléfrine n'est pas un produit « prémédité », qui se gère pendant un protocole de plusieurs mois, soulève le docteur Jean-Pierre de Mondenard. C'est un produit qui se prend comme ça, comme on prend un Guronsan ­ association de vitamine C et de caféine ­parce qu'on est fatigué en se levant le matin. » On savait que Puerta avait un souci à la cuisse, suite à sa demi-finale contre Davydenko, ce qui lui causait quelques inquiétudes. Andrés Schneiter, l'entraîneur de Mariano Puerta avait émis l'hypothèse d'une contamination via un produit que lui aurait donné son préparateur physique Dario Lecman. Mais pourquoi aurait-il pris volontairement ce stimulant cardiaque ? « Je remarque qu'il faut être complètement stupide pour prendre le week-end d'une grande finale un produit qui n'augmente la performance que de quelques pourcents, soulève également Jean-Pierre de Mondenard [3]. « Je suis arrivé à Roland Garros en étant 35ème joueur mondial, ce que je n'avais plus été pendant des années ! Après ce que j'avais vécu, comment penser que je ferais une chose pareille ? Impossible ! [4]» se défend Mariano Puerta devant Sebastian Torok.

Jorge Brasero à gauche et Andrés Schneiter à droite lors de la finale de Roland Garros en 2005

Si la prise d’un produit « à l’insu de son plein gré » est une hypothèse plus que plausible, tous les acteurs interrogés par Sebastian Torok s'accordent en revanche sur une chose, l'irresponsabilité du joueur.

Ce dernier avait montré régulièrement cette propension à foncer tête baissée et prendre des risques inconsidérés. Lorsqu'il se blesse au poignet, il décide d'outrepasser l'avis de son staff pour rejouer au plus vite, ce qu'il considère comme la pire décision de sa carrière. Cet entêtement lui a beaucoup coûté, faute d'en tirer les leçons.

Un autre élément interroge : sa propension à utiliser ces fameuses vitamines de caféine, qu'il évoque dans sa version des faits. « Toute l'année, il prenait une pilule de caféine avec du ginseng qu'il utilisait une demi-heure avant les matchs. C'était fabriqué dans un laboratoire. Je me souviens d'une fois, il avait joué Nadal à Acapulco (ndlr : défaite 6-4, 6-1), relève Andrés Schneiter. La nuit d'après, à 4 heures du matin, il était encore éveillé, il ne pouvait pas s'endormir. Quand il était déprimé, il prenait également cette pilule [5].» Mariano Puerta ne nie pas l'utilisation de ces pilules mais cherche à relativiser. « C'était une pilule que je n'utilisais pas toujours, cela dépendait de mon état d'esprit. Si j'étais bien et que je jouais contre quelqu'un qui me donnait un peu de temps, je ne le prenais pas. Ce n'était pas la même chose de jouer contre Agassi que contre Corretja. » dit-il à Sebastian Torok. Il apparaît de fait que sa gestion des compléments alimentaires n'était pas des plus saines... Comme le soulève le docteur Jean-Pierre de Mondenard, la caféine en comprimé constitue un stimulant du système nerveux central améliorant la précision des gestes et la détente verticale. A ce titre, il peut améliorer les performances des sportifs. Ce produit était sur la liste rouge établie par l’Agence Mondiale Anti-dopage mais est retirée depuis 2004, sans qu’une explication soit avancée [6]… Mariano Puerta a pu ainsi bénéficier d’une levée de bouclier sur ce produit. Se serait-il laissé également aller à utiliser des substances dont le contenu lui échappait ?

« C'était un sacré joueur mais maladroit et désordonné. Il était un peu arrogant, affirme Jorge Brasero, son ancien manager. Il était un peu comme le type qui affirme : « Rien ne peut m'arriver. » Et voilà ce qui s'est passé. Pas une fois, mais deux fois. Il est responsable de la perte d'une grande carrière. » Andres Schneiter ne dit pas moins. « C'était typique de lui : il se croyait immortel et j'en chiais toute la journée, parce que je voyais bien qu'il était détendu. Je lui disais : "Gros lard, idiot, (sic) on ne peut pas agir comme cela avec le dopage ! » Il n'avait pas conscience de cela. Et c'était un récidiviste ! Je devenais fou, j'étais en stress. » La conclusion reviendra à Jorge Brasero. « Mariano a donné le bâton pour qu'ils le frappent et ils l'ont frappé. C'était un grand joueur, mais il a payé pour son arrogance. »

De la même façon, avoir choisi un préparateur physique issu de la discipline probablement la plus exposée au dopage, l'haltérophilie, au lendemain de sa première suspension, montre la légèreté avec laquelle il pouvait traiter le sujet du dopage – certains pourraient même utiliser ce fait pour douter, à juste titre, de sa bonne foi quant au caractère inintentionnel de son 2ème test positif...

Mariano Puerta concède lui-même une certaine négligence dans son comportement. « J'ai été irresponsable » dit-il. Aux joueurs de tennis d'aujourd'hui, je dirais de ne rien faire qui puisse les mettre dans une situation comme la mienne. Comment pouvez-vous en être sûr ? En étant extrêmement responsable, en ne déléguant pas et en ne faisant confiance à personne, car le prix à payer pour avoir tort est très élevé. » Mais ce qui transparait beaucoup dans ses déclarations à ce sujet de 2003 à 2020, c'est la part qu'il donne au manque de connaissance, à la culture argentine de l'époque. « Nous sommes dans le Tiers Monde. C’est quelque chose qui n’arrive pas aux Européens ou aux joueurs sud-américains. Je pense que nous ne sommes pas assez informés sur le sujet. [7]» disait-il en 2003.

Il y avait certes un manque de connaissance au début des années 2000 et une lutte antidopage qui n'était pas encore coordonnée autour de l'Agence Mondiale Antidopage (AMA). Chaque pays avait ainsi ses règles, son approche autour de ce problème.. avant que le code anti-dopage n'entre en vigueur en 2004 et ne s'applique à tous les pays. « Il énumère les substances qui sont interdites en compétition. La liste est examinée par un comité de scientifiques qui se réunit trois fois par an, présente un projet au comité exécutif et l'approuve. La liste avec les petites modifications est publiée en octobre-novembre de chaque année, afin que les athlètes sachent qu'elle entrera en vigueur le 1er janvier de l'année suivante. »

Si cette liste n'existait pas à l'époque de la première suspension de Mariano Puerta, il n'empêche que beaucoup de joueurs étaient très attentifs à ce qu'ils prenaient suite à l'affaire Coria, suspendu pour un contrôle positif à la nandrolone. Ce dernier a longtemps clamé son innocence, affirmant avoir été victime de comprimés vitaminés.

Greg Rusedski, ancien 4ème joueur mondial, avait utilisé la même défense lorsqu'il avait été contrôlé positif en 2003 à cette même substance. « Sur les 120 meilleurs joueurs du circuit ATP, il y a maintenant 43 échantillons qui révèlent des taux de nandrolone élevés, relevait-il dans un communiqué. Je suis l'un des 43. Il y a quelque chose qui cloche »[8]. Après enquête, l’ATP avait conclu qu'un produit de substitution, surnommé "pastille de sel", adressé aux joueurs par des kinésithérapeutes avait pu être contaminé par de la nandrolone. Plusieurs joueurs positifs ont ainsi vu leur suspension levée au bénéfice du doute.

Agustín Calleri, presidente de la AAT: "Cuando llegamos no había una  federación provincial con un papel en regla" - Canal Tenis
Agustin Calleri, actuel président de l'Association argentine de tennis, ancien 16ème mondial

Agustin Calleri, actuel président de la Fédération argentine (AAT), a avoué qu'il gardait toujours les deux derniers comprimés d'un médicament qu'il prenait, « au cas où, pour faire un test en cas de contamination », suite à l'affaire Coria. Quant à ce dernier, il se murmurait qu'il avait tout simplement aboli les suppléments nutritionnels. Et certains s'étonnaient de le voir, en Coupe Davis, ne plus le voir boire de café ou de refuser les bouteilles qu'il n'avait pas débouché lui-même [9]. Ce comportement d'extrême prudence n'était pas rare, il était même la règle, comme le confirme le témoignage de notre consultant Florent Serra.

« Tous les joueurs français – et je m’inclus dedans – étaient très psychorigides sur ces questions-là, se rappelle-t-il. On n’acceptait jamais des médicaments des kinés, sans connaître exactement leur provenance. On était tous très vigilant. On vérifiait à chaque fois que les bouteilles d’eau étaient bien fermées. Il m’est arrivé d’en jeter si la bouteille n’était pas vissée à l’ouverture. On ne laissait pas nos bouteilles ni nos sacs dans le player lounge. Pour les boissons énergisantes qu'on utilisait en match, c’était la même chose. On ne les achetait pas sur internet, on devait être sûr de la provenance et surtout de ce qu’elles contenaient. Donc, on se les procurait en France. »

De la même façon, l'utilisation d'un nouveau produit suscitait beaucoup de précautions. « Chez nous, l’agence française anti-dopage avait créé une plateforme très pratique, on pouvait faire des recherches par médicament ou substances actives et on pouvait vérifier facilement si le produit était autorisé ou non. De toute façon, si on avait un doute, on passait par les médecins de la Fédération et ces derniers nous conseillaient. Si ceux-ci nous disaient qu’il n’y avait pas de problèmes, on allait directement acheter le médicament en pharmacie. Jamais on ne commandait sur internet ».

Quid de l'Argentine sur cette question dès le début des années 2000 ? « Lorsque je suis arrivé à la Fédération, j'ai monté un programme de formation incluant un département médical. Pour éduquer les jeunes sur la santé générale, la nutrition, la manière de traiter les blessures, et puis, bien sûr... le dopage. Mais on travaillait avec les moyens du bord, concède  Fernando Segal, ex-DTN du tennis argentin entre 1996 et 2001. Techniquement, on fait partie d'un des meilleurs pays de formation au monde. Mais nous n'avions pas de budget pour nous occuper des ces problèmes-là. »

L'enjeu est résumé en un seul mot : l'argent. L'Argentine traverse au début du nouveau millénaire une crise économique qui ne facilite pas le traitement de ce problème. « Notre budget est ridicule. On prévoit 300 000 dollars à la formation par an dont 40 000 à la partie médicale. Le dopage est un problème sérieux dans notre sport. C'est une grande préoccupation. Mais l'Etat doit nous aider désormais, soulevait en 2005, Arturo Grimaldi, ex-vice-président de l'AAT. Parce qu'une vraie politique contre le dopage coûte beaucoup d'argent. Et nous, nous n'en avons pas suffisamment [10]

Au-delà de ce déficit d'accompagnement, on ne peut pas dire que les joueurs, dont certains ont été rattrapés par la patrouille, ne pouvaient pas opter pour plus de vigilance. L'excuse de la culture sud-américaine a bon dos, concernant des éléments expérimentés qui ont pu faire leurs gammes en Europe ou en Amérique du Nord et ne connaissent spécialement pas de problèmes d'argent. Ces derniers auraient pu investir plus largement dans le domaine médical, à l'instar de David Nalbandian, capable d'engager chaque année de fortes sommes pour faire analyser les produits (compléments alimentaires, médicaments) qu'il consommait. Les Argentins étaient également réputés pour leurs staffs très étoffés en matière de préparation physique... mais n'étaient visiblement pas aussi regardants sur la prévention. « La Légion avait une tache, qui était le dopage. Ils étaient négligents. L'Argentine n'était pas organisée culturellement et pensait : "Ça n'arrivera pas". Quand Coria a été surnommé "Nandrolino", ça a fait très mal. Et si vous ajoutez Maradona à cela... » affirme aujourd'hui Jorge Brasero [11].

Toujours est-il que les affaires de dopage qui se sont cumulées durant les années 2000 appelaient une réaction. Faute de moyens et en raison d'une mauvaise organisation des structures chargées de la lutte anti-dopage, les progrès furent lents. En 2015, l'Argentine est même épinglée par l'AMA (avec la Russie, la Bolivie, l'Ukraine et Israël) pour avoir recouru à des laboratoires non accrédités, ce qui est interdit en vertu des règles mondiales antidopage concernant l’analyse d’échantillons d’urine et de sang. En 2018, la Commission nationale antidopage (CNAD), est finalement créée et permet de mieux structurer les efforts effectués pour les contrôles dans les compétitions amateurs et professionnelles dans le pays. « Beaucoup de sportifs n'avaient pas l'habitude d'effectuer des contrôles ; aujourd'hui, ils ne sont pas surpris. Beaucoup de progrès ont été réalisés », explique Diego Grippo, le président de cette structure [12].

Por qué los juniors argentinos no hicieron pie en Roland Garros?
Guillermo Coria et David Nalbandian en 1999 avant la finale junior de Roland Garros

Mais il reste encore beaucoup de travail en la matière, comme le montre la nouvelle secousse subie par le tennis argentin en 2019 avec les cas de dopages de trois joueurs [13] sur un tournoi Future disputé au pays, à Pinamar. L'un d'entre eux a évoqué la prise d'un médicament acheté dans une pharmacie pour des douleurs en bas du dos. Une probable négligence donc [14]... Vraisemblablement, ce qui est devenu la règle chez les joueurs de tennis français n'est pas encore totalement assimilée en Argentine. « Les jeunes joueurs doivent s'habituer à consulter le médecin et à ne pas prendre de décisions seules, aussi simples qu'elles puissent paraître » indique Diego Rivas, directeur du Département des sciences du sport de l'Association argentine de tennis.

« Ce qui manque, c'est l'éducation et l'information, indique Maria José Pesce Cutri directeur du bureau régional de l'Agence mondiale antidopage (AMA) pour l'Amérique latine auprès du quotidien La Nacion. L'éducation aux valeurs, avant tout, c'est ce sur quoi nous travaillons avec les jeunes (…) Nous essayons de faire en sorte que l'athlète dispose de l'information et que son premier contact avec le dopage se fasse avec un éducateur et non avec un contrôle. »

Toute cette histoire montre la complexité des affaires de dopage dans les pays d'Amérique du Sud, coincées entre méconnaissance, négligence ou préméditation. S'il est tout à fait possible que Mariano Puerta ne se soit pas dopé volontairement en 2005, ce dernier est cependant responsable de ce que se passe dans son corps. Et à ce titre, il peut s'estimer chanceux d'avoir été suspendu moins de 3 ans au total, pour ses deux contrôles positifs... le deuxième reposant sur une défense devant les instances qui était un mensonge (doublé d’une histoire assez abracadabrantesque), qui lui a permis néanmoins une réduction de sa suspension ! Comme on a pu le voir tout au long de ce récit, Mariano Puerta est bel et bien né sous une bonne étoile…

Mais plus globalement, que peut-on penser de cette révélation faite auprès du quotidien la Nacion ? Comme Andrés Schneiter en a fait l'aveu récent, il est difficile de comprendre pourquoi l'ex-joueur a lâché cette bombe aujourd'hui, 15 ans après les faits. Et nous avons vu à quel point cette nouvelle version concoctée pouvait avoir des failles. Toutefois, pourquoi parler maintenant pour mentir à nouveau ? Pour invoquer un mensonge qui serait jugé plus acceptable ? Une porte se ferme, trois s'ouvrent à nouveau. Bien heureux celui qui arrivera à débrouiller cette affaire insensée...

Pour finir ce dossier, laissons la parole à l'ancien manager de Mariano Puerta, Jorge Brasero, dont les propos recueillis par la Nacion, montrent qu'il a été peut-être plus que les autres touché par cette histoire. D'une part, parce que Mariano Puerta est le genre d'homme à tracer sa route seul et qu'il a laissé le franco-argentin sur le bas côté. D'autre part parce que cette affaire, relayée dans les médias a nuit à son image, lui qui vit en Ile-de-France et possède un club de tennis à quelques kilomètres de Roland Garros.  «Il aurait dû me soutenir beaucoup plus, car j'ai toujours été de bon conseil. Il ne l'a pas fait, aujourd'hui je n'ai pas de rancune contre lui. Mais à un moment donné, oui, j'en avais parce qu'on ne s'est pas parlé pendant des années. Il faudrait que l'on mette fin au lien qu'il y avait entre nous en se parlant face à face. Je lui ai parlé récemment, nous nous sommes promis de nous rencontrer. J'ai plusieurs questions à poser à Mariano. Qui a triché ? Qui a fait une erreur ? Où as-tu acheté les pilules ? Qui te les a données ? Est-ce que tu savais ou pas ? Regarde mon visage. C'est tout. C'est tout ce qui m'intéresse. Ce sont les seules questions que je lui poserais, quinze ans plus tard, pour dormir un peu mieux. [15]» Les lecteurs que nous sommes n'auront probablement jamais le fin mot de cette histoire nébuleuse mais on peut au moins espérer qu'un homme, même un seul, puisse avoir, un jour, la réponse à ces questions...

Merci à tous d'avoir lu jusqu'au bout cette enquête. En espérant que vous avez pris autant de plaisir à la lire que nous à la rédiger. Et merci à Sebastian Torok, plus qu'une source inspirante de cette série.


[1]https://www.lanacion.com.ar/deportes/tenis/mariano-puerta-respuesta-del-tas-confesion-del-nid2411555
[2] https://dopagedemondenard.com/tag/mariano-puerta/
[3]ibid
[4]https://www.lanacion.com.ar/deportes/fue-mentira-a-15-anos-su-doping-nid2410713
[5]https://www.lanacion.com.ar/deportes/fue-mentira-a-15-anos-su-doping-nid2410713
[6] https://dopagedemondenard.com/tag/mariano-puerta/
[7]https://espndeportes.espn.com/nota?id=205102
[8]https://www.lemonde.fr/archives/article/2004/01/09/le-tennisman-rusedski-reconnait-avoir-ete-controle-positif-a-la-nandrolone_348645_1819218.html
[9]https://tennisculture.skyrock.com/244999246-Le-dopage-mal-chronique-ou-demon-du-tennis-argentin-En-tout-cas-un.html
[10]https://tennisculture.skyrock.com/244999246-Le-dopage-mal-chronique-ou-demon-du-tennis-argentin-En-tout-cas-un.html
[11]https://www.lanacion.com.ar/deportes/fue-mentira-a-15-anos-su-doping-nid2410713
[12]https://www.lanacion.com.ar/deportes/diego-grippo-presidente-comision-nacional-antidopaje-como-nid2420215
[13]Mateo Martínez (107e au classement ITF), Franco Agamenone (783e ITF) et Luciano Tacchi (18 ans; 32e mondial junior)
[14]https://www.lanacion.com.ar/deportes/tres-casos-doping-regreso-mancha-tenis-argentino-nid2260033
[15]https://www.lanacion.com.ar/deportes/fue-mentira-a-15-anos-su-doping-nid2410713