Une nouvelle année, mais pas (encore) de retour à la normale. Les deux tournois qui donnent le coup d’envoi de la saison tennistique 2021 se déroulent pour la première fois de leur histoire au mois de janvier. Habituellement, Antalya a lieu fin juin sur gazon et Delray Beach mi-février. La faute, bien sûr, à la Covid-19, qui continue de bouleverser, comme l’année dernière, le calendrier ATP. Et les organisateurs, comme les joueurs, sont obligés de s'adapter.

Pour la première fois également, le tournoi turc se dispute sur dur dans le complexe Limak Arcadia Sport Resort. Lors des trois éditions initiales, l’épreuve se jouait sur gazon, juste avant Wimbledon. Cette fois-ci, il s’agit de préparer l’Open d’Australie, décalé en février. La compétition demeure néanmoins frappée du tampon « ATP 250 », la catégorie la plus petite dans l’élite, après les ATP 500, les Masters 1000 et les Majeurs. Dans cette ville balnéaire, située au bord de la Méditerranée, trois joueurs différents ont connu le bonheur de soulever le trophée : Yuichi Sugita en 2017, Damir Dzumhur en 2018 et Lorenzo Sonego en 2019. Ni le Japonais, ni le Bosnien, ni l’Italien sont présents cette année. Il n’y a pas eu de vainqueur en 2020, car pas de tournoi, en raison de la pandémie.

La crise sanitaire a aussi des conséquences économiques. Il y a deux ans, le lauréat touchait près de 77 000 euros. Cette semaine, il gagnera un peu moins de 28 000 euros, bien loin des 63 000 euros garantis pour une défaite au premier tour de l'Open d'Australie qui doit débuter dans un mois. Qui sera l’élu ? Matteo Berrettini est le grand favori, en tout cas le joueur le mieux classé du tableau. L’Italien est l’unique membre du TOP 10 juste derrière trois outsiders de poids, David Goffin (N°16), Fabio Fognini (N°17) et Alex de Minaur (N°23). Les autres têtes de série se nomment Jan-Lennard Struff, Nikoloz Basilashvili, Miomir Kecmanovic et Alexander Bublik. On trouve aussi de nombreux joueurs classés au-delà de la 200ème place mondiale, preuve des difficultés actuelles de mettre en œuvre une épreuve de qualité. Côté français, quatre joueurs garnissent le tableau principal (on ne trouve aucun tricolore en qualifications) : Pierre-Hugues Herbert, Jérémy Chardy, Tristan Lamasine et Hugo Grenier.

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1er quart de tableau

Il y a au moins quelque chose qui n’a pas changé. La tête de série N°1 se trouve tout en haut du tableau. Matteo Berrettini, 10ème mondial, affronte au premier tour le modeste turc, Ergi Kirkin (N°446), qui bénéficie d’une wild card et va jouer son premier match professionnel. Mais le Turc (21 ans) a terminé l’année 2020 en remportant deux épreuves Futures. Bien sûr, cette entrée en matière devrait ressembler à une formalité pour l’Italien. Il n’a pourtant jamais glané de trophée sur dur - il a empoché ses trois titres sur terre (Gstaad 2018 et Budapest 2019) et sur gazon (Stuttgart 2019) -, mais il a signé son plus grand résultat à l’US Open en se hissant dans le dernier carré il y a un an et demi. Très gros puncheur, Berrettini espère rapidement oublier une saison 2020 en demi-teinte (quart au Masters 1000 de Rome et huitième de finale à Flushing Meadows, mais élimination dès le deuxième tour à Melbourne et au troisième tour à Roland Garros) et écourtée, pas seulement à cause du coronavirus, mais aussi en raison d’une blessure aux abdominaux.

Son adversaire le plus sérieux dans cette partie de tableau est un grand dadais d’1m96, toujours à la recherche de son premier trophée, après deux finales perdues en 2019 (Newport et Chengdu). Sa faculté à alterner les frappes lourdes (service, coup droit) et les coups plus travaillés (amorties, slices de revers) font d’Alexander Bublik un joueur capable de titiller presque tous les cadors de la planète. Classé au 49ème rang, le Kazakh a réalisé sa meilleure performance en 2020 sur dur indoor, à Marseille, atteignant le dernier carré et dominant au passage Marton Fucsovics, Benoit Paire et Denis Shapovalov. Il a aussi rejoint les quarts de finale à l’ATP 500 de Hambourg, sur terre battue, après des succès sur Albert Ramos-Vinolas et Felix Auger-Aliassime. Bublik rencontre au premier tour un joueur qui a bien progressé la saison dernière (20 places de mieux en un an), Salvatore Caruso. L’Italien, aujourd’hui 73ème, a notamment battu Tennys Sandgren à Rome et Felix Auger-Aliassime à Sofia, ainsi que Sinner et Thompson en qualifications de Cincinnati en août dernier.

Dans ce quart de tableau, on trouve aussi Laslo Djere (N°55), beaucoup plus à l’aise sur terre que sur dur. Il ne compte d'ailleurs que 28% de victoires sur dur face au top 100. Ses plus belles victoires référence l'ont été contre Leonardo Mayer et Paolo Lorenzi sur abandon. Pas de quoi aborder ce début de saison avec confiance. Le Serbe, déjà titré à deux reprises sur terre, s’est bien entendu distingué en 2020 sur l' ocre en remportant le tournoi ATP 250 de Sardaigne et en atteignant les demies à Kitzbühel après un succès probant contre Diego Schwartzman. Mais sur dur, il n'a jamais enchaîné deux victoires consécutives dans sa carrière. Dans un tout autre style, notons aussi la présence d’Egor Gerasimov, 78ème à l’ATP. Le Biélorusse se sent lui bien mieux sur dur, où il gagne deux tiers de ses matchs. La saison dernière, il a disputé (et perdu) sa première finale à Pune, dans des conditions de jeu similaires. Il s’est aussi hissé en quart à Marseille, après une victoire face à David Goffin. Enfin, le Français Tristan Lamasine complète cette partie de tableau. Un vrai bonheur pour ce joueur de 27 ans, seulement classé à la 271ème place, et qui a joué moins de dix rencontres dans l’élite. Depuis ses deux titres ITF en 2014 et un titre Challenger en 2015, il n'a plus enrichi son palmarès. Ses plus gros succès ont été de battre en Challenger Zeballos sur l'ocre lyonnaise, Paul-Henri Mathieu au Mouilleron ou encore Copil à Orléans.


2ème quart de tableau

Le deuxième quart de tableau est dominé par un ancien TOP 10. Fabio Fognini, redescendu au 17ème rang, n’a disputé que… 17 matchs la saison dernière. L’Italien n’a pas brillé avec comme seul résultat notable, un huitième de finale à l’Open d’Australie. Il faut rappeler cependant qu'il s’est fait opérer des deux chevilles. Il a profité de son temps libre pour écrire son autobiographie et recharger les batteries. Comme son compatriote Matteo Berrettini, il vise un retour au premier plan. S’il est un spécialiste de terre battue (8 titres dont le Masters 1000 de Monte-Carlo 2019), sa vitesse de frappe lui a déjà permis de réaliser de beaux parcours sur dur (5 finales dont un titre à Los Cabos 2018).

L’autre joueur à suivre dans cette partie de tableau, c’est Jan-Lennard Struff. Après une saison 2019 accomplie - 35 victoires pour 29 défaites, deux demies à Auckland et Stuttgart et deux quarts à Barcelone (après avoir dominé David Goffin et Stefanos Tsitsipas et fait trembler Rafael Nadal) et Bâle -, l’Allemand a connu un petit coup de moins bien en 2020 (deux quarts seulement, à Dubaï et Cincinnati). Ce grand cogneur reste néanmoins classé au 37ème rang et demeure toujours, à 30 ans, un sérieux client lorsque sa première balle est en place et sa tête à l'endroit. Son objectif en 2021 ? Atteindre enfin une finale ! Et pourquoi pas dès ce tournoi de reprise où il est toujours plus facile de cueillir à froid les favoris ?

Il y a deux Français dans cette zone du tableau, Jérémy Chardy et Hugo Grenier. Le premier, 72ème, n’a presque pas joué en 2020 : seulement 7 matchs, pour 2 petits succès. Le coronavirus, ainsi que la naissance de son premier enfant, n’ont pas incité le Palois à multiplier les déplacements. Le second va lui jouer sa toute première rencontre chez les grands. À 24 ans, le joueur de Montbrison, dans la Loire, figure aujourd’hui au 250ème rang. Il a déjà remporté 6 titres ITF (dont 5 sur dur) et deux demi-finales en Challenger également sur dur. En affrontant u qualifié au premier tour, il se pourrait bien que le Français remporte son premier succès sur le circuit ATP. Notons enfin la présence de Radu Albot, 85ème mondial. Après un début de saison 2020 catastrophique (10 revers consécutifs), le Moldave avait retrouvé le sourire en fin de saison à Cologne et à Sofia, en atteignant les quarts de finale. Titré sur dur à Delray Beach en 2019, c'est évidemment un joueur dont il faudra se méfier s'il est apte physiquement à enchaîner les matchs. Néanmoins, ses 5 dernières victoires sur dur face au top 50 l'ont été en indoor. Il faut remonter à août 2019 à Cincinnati pour retrouver trace d'une victoire référence sur dur en extérieur, c'était face à Marin Cilic.

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3ème quart de tableau

C’est la partie de tableau la plus faible. On y trouve cinq joueurs classés au-delà de la 200ème place mondiale. Deux Turcs, invités par les organisateurs, Marsel Ilhan (ancien 77ème mais aujourd’hui N°571, aucun tableau principal en Grand Chelem depuis 2016) et Altug Celikbilek (N°309), un Polonais, Kacper Zuk (N°262), un Italien, Andrea Arnaboldi (N°267, 33 ans et habitué de la deuxième division du tennis), et le Tunisien Malek Jaziri (42ème il y a encore deux ans, mais qui a chuté au 249ème rang après une blessure au poignet, l’obligeant à jouer en 2020 uniquement des Challengers, à part le tournoi de Doha).

Vous l’avez compris, la tâche s’annonce a priori facile pour Alex de Minaur, tête de série la plus élevée dans cette zone du tableau. D’autant que l’Australien, 23ème mondial, joue dans les conditions qu’il préfère. C’est en effet sur dur extérieur qu’il a glané ses trois trophées, à Sydney, Atlanta et Zhuhai, tous en 2019. Après une dernière saison entachée par une blessure aux abdominaux, l’obligeant à ne disputer que 9 tournois, il compte bien reprendre sa marche en avant, déjà entamée en fin d’année (quart à l’US Open et finale à Anvers). Seul Nikoloz Basilashvili, tête de série N°6, semble en mesure de l’inquiéter. Et encore… Le Géorgien n’est plus que l’ombre de lui-même depuis un peu plus d’un an. En 2020, le 40ème mondial n’a remporté que 4 matchs, pour 13 défaites, dont 9 d’affilée pour terminer la saison ! Il n'a remporté qu'un seul set sur ses 21 derniers disputés... Il attend toujours son procès pour violence contre son ex-femme reporté en raison de la Covid. Mais sa partie de tableau peut lui permettre de se relancer. Avec de la confiance retrouvée, on sait de quoi le Géorgien est capable.


4ème quart de tableau

Le dernier quart de tableau n’est pas extrêmement relevé non plus, mais on y trouve que des habitués des ATP 250. Le mieux classé est David Goffin (N°16), aussi tête de série N°2 de l’épreuve. Potentiellement, il a les armes pour aller au bout. Le Belge a remporté 4 titres dans sa carrière, dont deux sur dur extérieur (Shenzhen et Tokyo, en 2017), et disputé 9 autres finales, dont celle du Masters, il y a 3 ans. Mais depuis sa finale au Masters 1000 de Cincinnati en 2019, le Goffin n’avance plus. Son bilan est tout juste neutre : 22 victoires pour 19 défaites. Lui aussi a semblé être perturbé par la crise sanitaire et les protocoles stricts imposés aux joueurs. Il a achevé la dernière saison par 5 revers de suite. Et il n'a pas été épargné par les pépins physiques. Il était par exemple strappé au genou droit mi-décembre lors d'un entraînement avec Daniil Medvedev. Le hasard du tirage au sort lui a réservé une mauvaise surprise : affronter l’un de ses meilleurs amis sur le circuit, Pierre-Hugues Herbert. Le Français a connu aussi une année de stagnation : 10 succès pour autant de défaites. L’Alsacien, devenu papa comme son compatriote Jérémy Chardy, avait d’autres priorités que le tennis. Résultat, le tricolore a légèrement chuté au classement (83ème contre 65ème il y a douze mois). Et surtout il n'a jamais battu le Belge en cinq duels.

L’autre tête de série de cette partie de tableau se nomme Miomir Kecmanovic. Le Serbe est un joueur complet et polyvalent qui joue bien sur toutes les surfaces (environ 50% de victoires sur les trois surfaces). Finaliste à Antalya en 2019, sur gazon, il a gagné son premier titre l’année dernière à Kitzbühel, sur terre battue. En 2020, il a aussi atteint le dernier carré à Doha et New York, sur dur (extérieur et indoor). Sa progression sera intéressante à suivre, il pourrait évidemment tirer son épingle du jeu dans ce tableau assez ouvert. Les autres joueurs à suivre sont deux jeunes pousses, le Finlandais Emil Ruusuvuori (21 ans), N°87 et qui a débarqué sur le circuit pro la saison dernière, signant une première demie à Nur-Sultan, et l’Espagnol Nikola Kuhn (20 ans), plus loin au classement (N°273). Enfin, Jiri Vesely et Stefano Travaglia figurent également dans cette zone du tableau. Le puissant tchèque, 67ème mondial, est un spécialiste du début d’année : il a empoché ses deux titres, Auckland 2015 et Pune 2020, alors que la saison venait à peine de commencer. L’Italien, classé au 75ème rang, n’est au contraire pas un adepte du dur : il ne compte que 29% de victoires sur cette surface.


Nos prévisions pour les quarts de finale
Q1 : Berrettini vs Bublik
Q2 : Albot vs Struff
Q3 : Basilashvili vs De Minaur
Q4 : Kecmanovic vs Goffin

Nos avis pour les vainqueurs du Tournoi
Alex De Minaur @5.00
Jan-Lennard Struff @8.00
Miomir Kecmanovic @15.00
Radu Albot @20.00
Nikoloz Basilashvili @50.00


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