A dix jours du début de la tournée australienne, le thermomètre affichera des températures avoisinant les 36 degrés à l'ombre dimanche et lundi à Melbourne. Chaque année, des joueurs et des joueuses sont victimes de ces canicules et ne parviennent pas à défendre leur chance à 100%. Quel est le réel impact de la chaleur sur les joueurs et comment faire pour y résister ?

La chaleur à l’Open d’Australie, un problème récurrent

Depuis toujours, la chaleur à l’Open d’Australie est un acteur majeur de la quinzaine australienne. En effet, le phénomène météorologique El Nino revient chaque année titiller le mercure et augmenter la chaleur ressentie sur les courts de Melbourne Park. Les températures atteignent régulièrement les 40 degrés Celsius ! L’édition 2018 a été notamment un calvaire pour les joueuses et joueurs dont certains ont ressenti des malaises, des maux de têtes, des frissons.

Pour réagir à cela, les organisateurs de l’Open d’Australie ont mis en place une Échelle de Stress Thermique, qui réunit plusieurs critères météorologiques grâce à des mesures effectuées concernant la température et l’humidité. Les différents niveaux permettent de faire des pauses à certains moments des matches et d’adopter de nouvelles mesures pour lutter contre la déshydratation des joueurs ; le niveau le plus haut peut même faire arrêter une rencontre !

En 2014, le Herald faisait sa Une sur les fortes chaleurs (44 degrés à l'ombre) durant le tournoi

Les conséquences de la chaleur pour les joueuses et les joueurs

La chaleur réchauffe le corps humain ; lorsqu’une personne fait de l’exercice physique, son corps de réchauffe. L’addition des deux rend le refroidissement du corps humain très difficile. En effet, selon une étude menée en collaboration avec Betway Insider et Wilhlem Bloch, professeur à l’Université allemande du sport de Cologne et directeur de l’Institut de la recherche sur la circulation et la médecine du sport, l’efficacité de ce refroidissement est naturellement de l’ordre de 25 à 28 %. Il prend l’exemple de 100 calories ; sur tout cela, nos muscles ne sont capables que d’en convertir un tiers en énergie cinétique ; le reste n’est que chaleur.

Le rôle de la transpiration

Pour se refroidir, le corps humain transpire et fait circuler le sang sous la peau, pour avoir un échange de chaleur avec l’extérieur. Cependant, ce procédé ne fonctionne plus lorsque la température extérieure est supérieure à la température corporelle. C’est là que la transpiration apparaît ; le corps dégage l’eau qu’il contient. Cela fait que lors d’un effort physique important, on peut dégager pas moins de 1,5 litres d’eau par heure ; chez les athlètes c’est parfois plus ; jusqu’à 5 litres par heure ! Cette déshydratation est dangereuse, le seul moyen de la contrer est de boire, beaucoup.

Comment éviter de s’évanouir en jouant au tennis

Plusieurs cas de malaises et d’évanouissement ont été recensés à l’Open d’Australie ces dernières années. Pour lutter contre cela, il y a l’hydratation des joueurs, mais aussi le fait de prendre des pauses régulières. Ceci est d’ailleurs encouragé par cette « Health Stress Scale » mise en place il y a peu par Craig Tiley, directeur du tournoi. Enfin, il y a l’acclimatation ; arriver plus tôt en Australie et s’y entraîner avant la compétition permet de mieux résister. Selon le professeur, la résistance à la chaleur est plus importante chez les athlètes très entraînés.

Petit hic, 72 joueuses et joueurs sont pour le moment privés à 100% des séances d'entraînement et le reste du contingent est limité à 2 heures par jour. Fort heureusement, les températures annoncées pour le moment début février resteront raisonnables, autour de 30 degrés à l'ombre. Mais rien ne prédit qu'une vague de fortes chaleurs n'arrivera pas durant l'Open d'Australie qui débutera le 8 février pour se terminer le 21.