Günter Bresnik, ancien mentor de Dominic Thiem, collabore désormais avec Gaël Monfils, actuellement 11ème mondial à l'aube de cette saison 2021. L'entraîneur autrichien s'est entretenu avec nos confrères du Heute sur ses objectifs et ses attentes avec le Français de 34 ans qui affrontera, hasard du calendrier, Dominic Thiem la semaine prochaine à l'ATP Cup.

Cette nouvelle collaboration interpelle. Tout d'abord, elle envoie un message fort sur les ambitions du Français, après une demi-saison complètement ratée (aucun match gagné) et une activité qui s'est beaucoup portée sur sa nouvelle activité de streamer sur Twitch. Mais cette décision suscite aussi beaucoup d'interrogations, compte tenu des méthodes d'entrainement réputées physiquement éprouvantes de l'ex-entraineur de Dominic Thiem. On ne peut s'empêcher de penser de prime abord que cette collaboration vient un peu tard... « Monfils est le meilleur athlète du circuit » indique Bresnik... mais un athlète qui a enchaîné les pépins physiques. Ne risque-t-il pas de tirer sur la corde, à un âge où la gestion du corps apparaît primordiale pour éviter les blessures? A moins que l'Autrichien ne mette tout simplement de l'eau dans son vin.. « Je ne ferai certainement pas comme avant, mais il le sait», assure Bresnik tout en interrogeant par ailleurs le joueur sur sa capacité à adhérer à ses méthodes. « Il y a de nombreux points d'interrogation quant à savoir s'il va convenir à notre projet (…) Donnera-t-il une chance à notre collaboration ? ». Bresnik souligne par ailleurs un point important de sa conception de son métier : « Un bon entraîneur donne au joueur ce dont il a besoin et non ce qu'il veut.» Pour la pérennité de cette relation, il faudra que Monfils gère parfaitement ses heures en dehors du court, lui qui enchaîne actuellement les vidéos sur Twitch en pleine nuit à quelques jours de l'ATP Cup où il est engagé...

En tout cas, les années passent, mais le discours reste le même. « Il est capable de remporter un Grand Chelem », juge Bresnik. Cette mélodie est récurrente et on peut se demander si elle ne dessert pas le Français. Ce dernier s'est beaucoup plaint des critiques des journalistes à son égard, estimant que son parcours en tant que joueur et ses bons résultats ne sont globalement pas assez valorisés, ce qui est recevable (après sa carrière, le Français figurera en bonne place dans l'histoire du tennis français). Mais le souci, c'est que le joueur a allumé lui-même la mèche, par ses déclarations en conférence de presse et ses ambitions proclamées en Grand Chelem depuis quelques années... qu'il n'a jamais pu totalement confirmer. Il est donc totalement logique qu'il génère une certaine attente... et une forme de frustration. On peut se demander au fond si cette collaboration n'est pas un peu à l'image de cela. Une belle déclaration d'intention... avec le risque non négligeable que celle-ci ne porte pas ses fruits à l'aube de la 17ème saison du Français sur le circuit.

« Gaël voit les choses avant les autres »

Le challenge est en tout cas de taille pour l’ancien mentor de Dominic Thiem. « Ce n'est pas un David Ferrer. Il se sent bien quand il est créatif. Vous ne devez pas restreindre ces joueurs sans condition, sinon vous ferez beaucoup de dégâts. » Le duo a posé les bases de cette collaboration à Tenerife et à Dubaï durant l'intersaison. « Nous voulions essayer de travailler concrètement ensemble avant de se lancer. D'un point de vue humain, c'est une personne très agréable. Vous ne vous ennuierez jamais avec lui. »  Cependant, Bresnik ne s'est pas rendu en Australie, où son joueur disputera l'ATP Cup et l'Open d'Australie : « Je ne fais pas la quarantaine mais nous parlons beaucoup au téléphone. Gaël est privilégié, rapide dans sa tête. Si vous le regardez jouer à des jeux vidéo, vous êtes étonné. Il voit les choses avant les autres - comme Nick Kyrgios. Il a moins de problèmes avec le tempo des coups de l'adversaire. Les étrangers le voient souvent comme une marionnette. Il ne se considère pas comme un artiste. Si c'était un clown, il n'aurait pas été 6ème mondial. C'est un ouvrier, très strictement éduqué par son père, qui était footballeur professionnel en France.» Bresnik a tenu également à souligner un point sur son comportement sur le terrain. « Ce n'est pas vrai que Monfils simule des blessures ou la fatigue. C'est vrai qu'il se penche sur ses chevilles mais c'est son rituel. D'autres arrachent leur slip de leurs fesses.»

« Il peut battre Dominic même si l'écart de niveau est grand actuellement »

Jeudi prochain, le Français va affronter le numéro trois mondial à l'ATP Cup. Que ce soit sur dur ou sur terre, Monfils n'a jamais battu Thiem (6 défaites en 6 matchs). « Ce n'est pas moi qui vais jouer contre Thiem. Sobrement, je pense que Gaël peut gagner, il peut le faire même si son niveau de jeu est inférieur à celui de Dominic, » conclut Bresnik. Ce dernier est actuellement en procédure judiciaire contre au clan Thiem à qui il demande environ 466.000 euros pour des contrats signés qui n'auraient pas été respectés.


L'œil de notre consultant Rodolphe Gilbert : C'est un nouveau challenge pour Gaël avec un entraîneur réputé. Bresnik a de la bouteille avec une réputation assez dure dans ses méthodes de management. Il semble intransigeant et rigoureux. Il faudra que Gaël s'y plie et aille dans cette direction. Ils se sont parlés et Gaël sait où il va. Il devra accepter ce changement et le tenir. Gaël a un potentiel énorme, beaucoup d'armes. La priorité pour Gaël, ça va être de parvenir à disputer une saison complète. C'est arrivé peu souvent dans sa carrière. C'est peut-être sa dernière collaboration avec un coach. Si la mayonnaise prend, ça sera intéressant de voir où cela va mener Gaël. Avant de penser à gagner un Grand Chelem, ça serait déjà bien d'arriver en finale ou de remporter un Masters 1000. Gaël n'a pas de temps à perdre. Il a 34 ans, il lui faut des résultats tout de suite. La balle est dans le camp de Gaël, Bresnik a déjà fait ses preuves avec Thiem notamment. Avec Gaël, tout est possible, il peut faire une grande saison, ça serait déjà bien. Son match face à Djokovic à Dubaï il y a un an prouve qu'il peut atteindre le très haut niveau. Gaël est quelqu'un d'hors norme. Il fonctionne pas comme les autres joueurs. C'est bien d'essayer avec Bresnik et de partir pour un nouveau challenge à 34 ans et de se donner les moyens de progresser encore et d'aller plus haut. Le début de l'histoire est alléchant. La fin de l'histoire, on ne la connaît pas mais Gaël en a encore sous la semelle je pense.


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