Cette fois-ci, c’est la bonne ! Après des mois de doutes, une épreuve décalée, des joueurs isolés et une ribambelle de tournois organisés à Melbourne afin de permettre aux joueurs de se préparer, la 109ème édition de l’Open d’Australie va pouvoir débuter. Un Grand Chelem qui aura le privilège d’accueillir un nombre conséquent de spectateurs, et dont le grand favori n’est autre que le détenteur du record de titres (8), Novak Djokovic. En l’absence de Roger Federer, Rafael Nadal et Dominic Thiem sont les deux prétendants les plus sérieux à la couronne du Serbe, double tenant du titre. Mais une meute affamée de premier sacre en Majeur rôde...


« Ouf » ! Cette interjection résume le soulagement de la fédération australienne de tennis, après avoir reçu le résultat - négatif - des 507 tests effectués dans la journée de jeudi, après l’annonce, la veille, d’un cas positif à la Covid-19, d'un employé du Grand Hyatt de Melbourne, où séjournaient aussi 160 joueurs et joueuses. Le premier tournoi du Grand Chelem de l’année va bien pouvoir se jouer. Il faut dire que Tennis Australia a mis en place un protocole très strict, afin de préserver au maximum les chances d’organiser l’épreuve. Pour rappel, le tournoi a été décalé (du 8 au 21 février au lieu de la seconde quinzaine de janvier), les qualifications déplacées (à Doha et Dubaï, début janvier), et tous les athlètes ont dû s’isoler durant quinze jours dans leur chambre d’hôtel, la plupart ayant eu l’autorisation de sortir s’entraîner cinq heures par jour, excepté 72 bloqués 24 heures sur 24, en tant que cas-contact d’individus infectés à l’arrivée à l’aéroport.

Pour la deuxième année consécutive, l’Open d’Australie aura donc été évoqué autant pour des raisons tennistiques que pour des raisons politico-économico-sanitaires. En effet, l’année dernière, des incendies dantesques avaient fait une trentaine de victimes, tué plus d’un million d’animaux et détruit dix millions d’hectares de forêt. Une situation qui avait sévèrement dégradée la qualité de l’air à Melbourne, poussant les organisateurs à annuler certains entrainements et à se poser la question de la tenue des qualifications. Finalement, des orages et la pluie avaient contribué à dissiper le nuage toxique sous lequel la métropole était engloutie.

Après quinze jours sans compétition, les joueurs et les joueuses ont pu préparer le Majeur australien en participant cette semaine à une « petite » épreuve. Au menu, l’ATP Cup et deux tournois « ATP 250 » pour ces messieurs, trois tournois « WTA 500 » pour ces dames. Pas forcément suffisant pour recouvrer la plénitude de leurs aptitudes physiques, mais au moins de quoi prendre de bons repères sur les courts de Melbourne Park. Surnommé le « Happy Slam », le Grand Chelem inaugural ne sera sans doute pas aussi festif qu’à l’accoutumé, mais les efforts consentis par tout le pays depuis presque un an pour éradiquer, ou presque, le coronavirus permettra l’accueil de 25 000 à 30 000 spectateurs quotidien. Certes, ce n’est que la moitié du nombre usuel, mais pour les acteurs du circuit, c’est une bénédiction, habitués qu’ils sont depuis l’été dernier à jouer dans des stades vides, leurs fans devant se contenter de suivre les matchs à la télévision.

Le « Djoker », maître du jeu

Public ou pas, l’Open d’Australie demeure un immense événement, et ce depuis le début des années 1980. Auparavant, les athlètes rechignaient à effectuer ce grand voyage vers l’Océanie. Mais en 1983, sous l’impulsion de John McEnroe, Ivan Lendl et Mats Wilander, l’épreuve a commencé à attirer tous les cadors du circuit. D’ailleurs, le palmarès du tournoi est sans équivoque. Hormis Ilie Nastase, Björn Borg, John McEnroe et Andy Murray, tous les grands champions se sont imposés Down Under : Ken Rosewall, Roy Emerson, Rod Laver, Arthur Ashe, John Newcombe, Jimmy Connors, Guillermo Vilas, Mats Wilander, Stefan Edberg, Ivan Lendl, Boris Becker, Jim Courier, Pete Sampras, André Agassi, Marat Safin, Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic.

Le Serbe est le détenteur du record de titres, 8 au total (pour autant de finales disputées). En Australie, il se sent chez lui. Avec le Suisse, ils partagent 14 des 17 derniers trophées du « Oz Open ». Depuis 2004, les trois autres joueurs qui sont parvenus à goûter au succès se nomment Marat Safin (2005), Rafael Nadal (2009) et Stan Wawrinka (2014). La 109ème édition de l’épreuve ne déroge pas à la règle : le « Djoker » endosse le costume de l’ultra favori. D’autant que son rival principal, le taureau de Manacor, est touché au dos. Encore une fois, le sujet de la course au plus grand nombre de levées du Grand Chelem est sur toutes les lèvres. S’il s’impose dans deux semaines, « Djoko » se rapprochera un peu plus de « Rodge » et « Rafa », avec 18 titres. Mais si le Majorquin gagne, il sera seul en tête, avec 21 couronnes. On le sait, les Majeurs sont l’apanage du « Big 3 » depuis 2005, puisque les trois monstres en ont raflés 53 sur 63, soit 84%. Andy Murray (3), Stan Wawrinka (3), Marat Safin (1), Juan-Martin Del Potro (1), Marin Cilic (1) et Dominic Thiem (1) ont ramassé les miettes.

Cette année, la porte est peut-être un peu plus ouverte. D’abord, parce que l’un des trois martiens du circuit n’est pas là. En effet, Roger Federer n’a pas joué depuis un an en raison d’une blessure au genou, et son retour à la compétition est prévue pour le tournoi de Doha, début mars. Le Suisse est bien sûr le grand absent de la quinzaine, mais il n’est pas le seul. Une liste dans laquelle il faut ajouter Andy Murray, Juan-Martin Del Potro, Jo-Wilfried Tsonga, John Isner, Cristian Garin, Lucas Pouille, Joao Sousa ou encore Richard Gasquet, forfait de dernière minute, à cause d’une douleur au pied. Ensuite, le sacre de Dominic Thiem à l’US Open 2020 a forcément aiguisé les appétits des outsiders du circuit. L’Autrichien en premier lieu, mais aussi Alexander Zverev, Daniil Medvedev, Stefanos Tsitsipas, voire Denis Shapovalov, Andrey Rublev et Matteo Berrettini.

Côté français, la tâche s’annonce ardue. Ils sont neuf sur la ligne de départ, et le tirage au sort ne les a pas épargné. Quelques exemples ? Novak Djokovic pour Jérémy Chardy, Stefanos Tsitsipas pour Gilles Simon, Fabio Fognini pour Pierre-Hugues Herbert, John Millman pour Corentin Moutet. Autant dire qu’il est difficile d’imaginer voir un Bleu aller au bout, dans un Majeur où seul l’un d’entre eux s’est imposé, Jean Borotra en 1928. Depuis, deux autres tricolores se sont hissés jusqu’en finale, Arnaud Clément en 2001 et Jo-Wilfried Tsonga en 2008.


Le coin des parieurs : quelques statistiques à retenir...

L'Open d'Australie n'est pas le Grand Chelem qui réserve le plus de surprises. En effet, avec seulement 23% de défaites des favoris sur les 10 dernières saisons, la tâche sera compliquée pour partir à la chasse aux outsiders. Néanmoins, il vaut mieux les chercher sur les premiers tours (25%) qu'à partir des huitièmes de finale (15%).

Les qualifiés sont rarement à la fête avec 75% de défaites au premier tour avec seulement deux joueurs sur plus de 170 qui ont atteint les 8èmes de finale. Ce fut Milos Raonic en 2011 et Stephane Robert en 2014 (lucky loser).

Concernant les têtes de série, 80% répondent présents en deuxième semaine. 2016 fut particulièrement un bon cru (15/16) et 2018 une mauvaise année (13/18) avec on s'en rappelle Chung, Sandgren, Edmund, Fucsovics et Seppi.


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1er quart du tableau

Commençons par un bon vieux truisme. C’est bien évidemment Novak Djokovic qui fait figure de grand favori dans la partie haute du tableau. Le double tenant du titre a remporté 8 trophées à Melbourne et il a gagné ses deux rencontres de préparation lors de l’ATP Cup, face à Denis Shapovalov puis Alexander Zverev. Forcément, on le voit aller très loin, pour ne pas dire au bout de l’épreuve. Au premier tour, le numéro un mondial va affronter un homme en forme, Jérémy Chardy. Le Français a en effet débuté l’année par un dernier carré à Antalya (en dominant au passage Fabio Fognini et Jan-Lennard Struff), avant de récidiver cette semaine au Murray River Open - a minima puisque il jouera sa demi-finale la nuit prochaine -, où il a battu Marin Cilic, Gilles Simon et Taylor Fritz. Pas d’inquiétude néanmoins pour le Serbe, qui mène… 13/0 dans leurs confrontations. Il existe toujours un risque de se faire surprendre par un gros serveur. Ce pourrait être le cas au troisième tour, face à Reilly Opelka. Mais le géant américain (2m11), malgré un titre sur dur extérieur (Delray Beach 2020), ne s’est pas rassuré au Great Ocean Road Open, en s’inclinant dès les huitièmes de finale contre le modeste néerlandais, Botic Van de Zandschulp (N°159).

C’est plutôt au tour suivant que le ciel pourrait s’assombrir pour Djokovic. Au programme des réjouissances, un petit choc en perspective, face à Milos Raonic, Stan Wawrinka ou Marton Fucsovics. Bon, c’est vrai, le Canadien n’a gagné qu’un match sur deux lors de l’ATP Cup (victoire contre Dusan Lajovic, défaite face à Jan-Lennard Struff). C’est vrai aussi, le « Djoker » n’a jamais perdu contre Raonic (11/0). Toutefois, il n’est pas inutile de rappeler le retour au premier plan de ce dernier au cours de l’année 2020. Le 15ème mondial a en effet atteint les quarts à Melbourne, la finale à Cincinnati (les deux fois battu par Djokovic) et le dernier carré à Bercy. De son côté, le Suisse est l’un des rares joueurs de la planète capable de prendre le dessus sur le Serbe. On se souvient des deux finales de Grand Chelem, à Roland Garros 2015 et à l’US Open 2016, au cours desquelles « Stan the Man » a martyrisé le pauvre « Nole ». Bien sûr, Wawrinka a depuis connu de nombreuses galères aux genoux. Il n’empêche, le N°18 à l’ATP possède cette faculté de hausser son niveau de jeu dans les grands moments - en atteste son succès en cinq manches la saison dernière dans ce même Open d’Australie, face à Daniil Medvedev. Enfin, il faut toujours se méfier de Marton Fucsovics, joueur solide et polyvalent, huitième de finaliste à Melbourne en 2020, après avoir surpris Denis Shapovalov, Jannik Sinner et Tommy Paul. Reste la possibilité Corentin Moutet. Le tricolore se sent bien en Australie : le voici en demie au Murray River Open, après un succès en quart contre Grigor Dimitrov.

De l’autre côté de ce quart de tableau, Alexander Zverev semble largement au-dessus du lot. Même s’il a échoué cruellement en finale lors du dernier US Open, le 7ème mondial semble justement avoir franchi un nouveau cap en 2020, se rendant peut-être compte de ses réelles chances de soulever un trophée Majeur. La saison dernière, il a aussi atteint le dernier carré à Melbourne, une finale au Rolex Paris Masters et remporté deux titres à Cologne. Avec l’Allemagne, le voici en demie de l’ATP Cup. Sur le plan individuel, il a battu Denis Shapovalov et s’est incliné de très peu face à Novak Djokovic (6-7, 6-2, 7-5). Dans cet Open d’Australie, il pourrait rencontrer une vieille connaissance au troisième tour, en la personne d’Adrian Mannarino. Les deux hommes se sont joués à trois reprises en 2020, et même si Zverev s’est imposé à chaque fois, le Français l’a toujours accroché (à Flushing Meadows, Cologne et Bercy). Dans cette zone du tableau, quid de Gaël Monfils, désormais entraîné par le duo autrichien Günter Bresnik et Richard Ruckelshausen ? Son épaule a souffert dès sa première sortie en ATP Cup et lui-même considère le premier Grand Chelem de la saison comme un tour de chauffe, alors… Peut-être plus sûre, la valeur d’Alexander Bublik, certes battu en huitième de finale au Great Ocean Road Open, mais qui a montré en janvier qu’il pouvait être un joueur sérieux, en rejoignant la finale d’Antalya, après des victoires contre Matteo Berrettini et Jérémy Chardy.


2ème quart du tableau

C’est LE joueur qui possède le plus d’atouts pour faire flancher Novak Djokovic et Rafael Nadal. D’ailleurs, Dominic Thiem - puisqu’il s’agit de lui - a coupé la tête de l’Espagnol en quart de finale de l’édition précédente puis  fait trembler le Serbe en finale (6-4, 4-6, 2-6, 6-3, 6-4). C’est vrai, cette semaine, lors de l’ATP Cup, il a raté son entrée en lice (défaite contre Matteo Berrettini). Rien d’alarmant, quand on se souvient qu’à la sortie de l’été 2020, il avait subi sa plus lourde défaite en carrière sur dur (6-2, 6-1) dès son entrée en lice à Cincinnati (face à Filip Krajinovic), avant d’être sacré à Flushing Meadows - son premier Majeur - quelques jours plus tard. Normalement, le numéro 3 mondial ne devrait pas rencontrer de difficultés avant le troisième tour. Au premier, il sera en effet opposé à Mikhaïl Kukushkin, puis au deuxième au vainqueur de la rencontre entre Dominik Koepfer et Hugo Dellien. Même si l’Allemand, 68ème mondial, avait étonné pas mal de monde à l’US Open 2019, on n’imagine pas son acolyte germanique chuter à ce niveau de la compétition.

Ça pourrait se corser un peu, donc, au tour suivant, face à Nick Kyrgios. Mais ce dernier manque cruellement de rythme (aucun match pendant un an, hormis cette semaine où il a été sorti en huitième de finale du Murray River Open par Borna Coric). Aussi, « Kygz » n’a jamais vraiment brillé à Melbourne : un quart et deux huitièmes de finale en 7 participations. Sauf que chez lui, avec le retour des fans, le fantasque australien est capable de tout, alors sait-on jamais ? Pour s’octroyer le droit d’affronter Dominic Thiem, Kyrgios devra sans doute d’abord passer l’obstacle Ugo Humbert. Pas une sinécure, vu les progrès accomplis par le jeune français depuis quelques mois. Malgré un faux-départ cette semaine au Murray River Open (un revers d’entrée face à James Duckworth), on veut plutôt retenir sa belle saison 2020, au cours de laquelle il a glané ses deux premiers trophées, à chaque fois sur dur, à Auckland (outdoor) et à Anvers (indoor).

L’adversaire le plus sérieux pour Thiem se situe de l’autre côté de ce quart de tableau. Son nom ? Diego Schwartzman, tête de série N°8, l’un des grands amis de l’Autrichien sur le circuit. En principe, il n’a pas de quoi s’inquiéter avant les huitièmes de finale. Avant cela, il affrontera Elias Ymer, puis un compatriote (Juan-Ignacio Londero ou Federico Delbonis), puis Aslan Karatsev, Gianluca Mager, Egor Gerasimov ou Benoit Paire. Loin d’être insurmontable pour le petit argentin, qui a atteint son premier dernier carré en Majeur à Roland Garros en 2020, et déjà deux fois les quarts à l’US Open. Ce pourrait être plus compliqué ensuite, par exemple face à Felix Auger-Aliassime. La pépite canadienne a bien débuté sa campagne australienne, puisqu’elle est actuellement en demie du Murray River Open.

À moins que Schwartzman soit opposé à Denis Shapovalov, tête de série N°11, ou à Jannik Sinner. Les deux jeunes joueurs, respectivement 21 et 19 ans, s’affrontent d’entrée pour ce qui s’annonce être LE choc du premier tour. Le Canadien a perdu ses deux rencontres de l’ATP Cup, mais sans démériter face à Djokovic et Zverev. « Shapo » a aussi franchi un cap en 2020 en atteignant les quarts à l’US Open. De son côté, l’Italien continue sa progression à vitesse grand V. Après avoir impressionné à Roland Garros, en dominant David Goffin et Alexander Zverev, puis en accrochant Rafael Nadal dans les deux premières manches au stade des quarts de finale, le N°36 mondial a remporté son premier titre à Sofia en fin d’année dernière. Et cette semaine, le voilà en demie du Great Ocean Road Open la nuit prochaine.

Ce quart de tableau est celui des premiers tours alléchants, puisque deux autres affiches y figurent. D’abord, Grigor Dimitrov vs Marin Cilic, un ancien vainqueur de Masters contre un ancien vainqueur de Grand Chelem, même si le Croate marque clairement le pas depuis deux ans (un bilan neutre - 36V/31D - et un classement « indigne » de son talent - N°43). Le Bulgare est toujours aussi irrégulier, mais il semble plus enclin à aller loin. En 2020, il a connu une deuxième partie d’exercice plutôt satisfaisante : une demie à Anvers, deux quarts à Rome et Vienne et un huitième de finale à Roland Garros. Et comme le dur extérieur est une surface qui lui plaît bien - une demie à l’Open d’Australie 2017 et une autre à l’US Open 2019 -, pourquoi ne pas le voir s’épanouir sous le soleil de Melbourne ? Dernier duel de choix, celui qui va mettre aux prises Kei Nishikori et Pablo Carreno-Busta. Un match d’autant plus explosif que leur première confrontation a débouché sur un incident, l’Espagnol quittant le court en jetant son sac et en insultant l’arbitre, après une erreur de ce dernier, aidant par la même occasion le Japonais à s’imposer en 5 manches (6-7, 4-6, 7-6, 6-4, 7-6), justement en huitième de finale de l’Open d’Australie 2019. Le résultat pourrait bien s’inverser cette année, tant Carreno-Busta est solide sur dur extérieur (deux demies à l’US Open, en 2017 et 2020) et tant Nishikori souffre pour revenir à son meilleur niveau depuis une opération au coude en octobre 2019 (il n’a joué que 6 matchs l’année dernière et est redescendu au 41ème rang mondial).

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3ème quart du tableau

Ici, c’est la Russie ! Et oui, cette partie du tableau est dominée par les deux amis et compatriotes, Daniil Medvedev et Andrey Rublev, respectivement têtes de série N°4 et N°7. L’un comme l’autre peuvent nourrir de bons espoirs de se retrouver en quart de finale. D’abord parce que leur parcours n’est pas insurmontable. Ensuite, car les deux jeunes russes ont démontré depuis maintenant un an et demi qu’ils avaient les armes pour battre n’importe qui, ou presque.

C’est Medvedev qui a tiré le premier. Souvenez-vous de cette incroyable période à cheval sur l’été et l’automne 2019 ! Six finales de suite (Washington, Montréal, Cincinnati, US Open, Saint-Pétersbourg et Shanghai) pour trois titres au total. Même s’il n’a pas fait aussi bien en 2020, le Moscovite est monté en puissance pour finalement atteindre le dernier carré à New York, puis soulever les trophées des deux grandes épreuves de fin de saison, à Paris-Bercy et au Masters de Londres, soit 10 succès d’affilée, dont deux face à Schwartzman et Zverev, et un contre Raonic, Djokovic, Nadal et Thiem. Vous avez dit « impressionnant » ?

D’un an son cadet, Rublev a explosé au grand jour l’année d’après. Une saison 2020 a minima solide, au mieux fantastique. Son bilan ? 41 victoires pour seulement 10 défaites, 5 titres (Doha, Adélaide, Hambourg, Saint-Pétersbourg et Vienne), deux quarts en Majeurs (US Open et Roland Garros), des succès face à Berrettini, Tsitsipas, Shapovalov et Thiem et un ticket au tournoi des Maîtres pour couronner le tout. Aujourd’hui 8ème mondial, le cogneur russe semble capable de découper la tête de tous les rois du Tour.

Côté parcours, le plus gros obstacle pour Medvedev pourrait s’avérer être son adversaire du premier tour. En 2020, Vasek Pospisil est redevenu un joueur dangereux et imprévisible, grâce à son jeu ultra offensif, lui permettant d’atteindre la finale de Sofia en fin d’année. Ensuite, pas grand monde à signaler pour le numéro 4 mondial. Il y a bien David Goffin et Borna Coric dans sa zone, mais aucun des deux ne semblent en mesure, en ce moment, de faire tomber le Russe dans un tournoi du Grand Chelem. Il faut dire que le Belge n’avance plus beaucoup depuis sa finale au Masters 1000 de Cincinnati en 2019 : 25 victoires pour 21 défaites. La dernière en date, dès son entrée en lice au Great Ocean Road Open, contre le jeune espagnol, Carlos Alcaraz. De son côté, le Croate a certes rejoint les quarts au Murray River Open, mais ses lacunes en coup droit et son manque d’agressivité ne lui ont jamais permis de fair mieux qu’un quart en Majeur (pour 22 participations). La partie de tableau de Rublev est un tout petit plus relevée, mais pas assez pour lui faire peur. Son adversaire le plus coriace, il pourrait l’affronter en huitième de finale. Il s’agit de Roberto Bautista-Agut, véritable métronome et baromètre du circuit, toujours installé entre la 10ème et la 15ème place mondiale, connu pour sa constance et son abnégation. La surprise pourrait venir de lui qui a déjà disputé en 2019 son premier quart en Grand Chelem à Melbourne puis sa première demie à Wimbledon. Il ne fait désormais plus aucun complexe face au top 10 mondial dont son ambition est d'y retourner après un bref passage fin 2019 justement.

Contrairement à la plupart des autres espagnols, « RBA » se sent plus à l’aise sur dur que sur terre. En attestent ses résultats : un quart (en 2019) et trois huitièmes de finale à Melbourne, deux huitièmes de finale supplémentaires à l’US Open et 7 trophées sur cette surface (pour 9 au total). Les autres joueurs à suivre pour Andrey Rublev ? Thiago Monteiro, étonnant demi-finaliste au Great Ocean Road Open, Lorenzo Sonego, auteur d’une performance extraordinaire à Vienne (indoor) en 2020, se hissant jusqu’en finale - après avoir sorti Dusan Lajovic, Hubert Hurkacz, Novak Djokovic (certes démobilisé) et Daniel Evans -, Casper Ruud, devenu un candidat sérieux sur terre (un titre à Buenos Aires, une finale à Santiago et deux demies au Masters 1000 de Rome et lors de l’ATP 500 d’Hambourg), mais beaucoup moins sur dur (seulement 35% de victoires), Tommy Paul, aux portes du TOP 50 après deux belles semaines à Acapulco (quart) et Hambourg (huitième de finale) durant la saison dernière, ou encore Jan-Lennard Struff, de plus en plus régulier mais qui n’a franchi qu’une fois le troisième tour en Grand Chelem (en 28 apparitions).


4ème quart du tableau

C’est bien sûr Rafael Nadal qui constitue la principale attraction de la partie basse du tableau. Et ce, pour de nombreuses raisons. D’abord, c’est le joueur le mieux classé de cette zone (N°2 mondial). Ensuite, l’Espagnol peut écrire une nouvelle page importante de l’histoire du tennis, puisqu’en cas de sacre à Melbourne, il dépassera Roger Federer avec 21 trophées en Grand Chelem, devenant ainsi le seul détenteur du record de titres. Enfin, une attention particulière lui est réservée, après son choix de se retirer de la phase de poule de l’ATP Cup, en raison de douleurs dans le bas du dos. Forcément, les spécialistes s’interrogent : quel « Rafa » verra t-on sur les courts de Melbourne ? Même si le Majorquin a connu plusieurs blessures dans sa carrière, et même si l’Open d’Australie est le Majeur qui lui réussi le moins (un seul sacre pour quatre finales perdues), on peut compter sur Nadal pour tout donner en vue d’aller au bout.

S’il a besoin d’un peu de temps pour se mettre en route, le Majorquin a été servi par le tirage au sort. Son premier tour face à Laslo Djere, bon joueur de terre mais médiocre sur dur (moins de 20% de victoires) s’apparente à une promenade de santé. Son deuxième tour ne devrait pas être plus compliqué, contre un joueur issu des qualifications, soit Michael Mmoh, soit Viktor Troicki. C’est au troisième tour que Nadal pourrait commencer à s’amuser un peu plus. Si la logique du classement est respectée, c’est Daniel Evans qu’il retrouvera face à lui. Pas de quoi trembler pour l’Espagnol, même si on peut saliver à l’idée de voir cette opposition de style, tant le jeu à l’ancienne du Britannique, fait de toucher, variations et services-volées, est propice au dur extérieur, une surface où il a atteint ses deux finales sur le grand circuit (Sydney 2017 et Delray Beach 2019). Information subsidiaire, le 33ème mondial est en forme, puisqu’il est actuellement en demie du Murray River Open.

Si Nadal passe, il pourrait jouer en huitième de finale l’un des trois joueurs suivants : Fabio Fognini, Alex de Minaur ou Tennys Sandgren. Là aussi, pas de grandes inquiétudes à avoir, même si ces trois noms possèdent des qualités autant différentes qu’intéressantes. Concernant l’Italien, rappelons qu’il est l’un des rares joueurs, hormis Djokovic et Federer, à avoir battu le Majorquin dans un tournoi du Grand Chelem, qui plus est sur dur extérieur, à l’US Open 2015, après avoir été mené deux manches à rien. Seulement, après une double opération aux pieds, le 17ème mondial est encore sur le chemin du retour, pas suffisant pour l’imaginer venir à bout de Rafael Nadal. De son côté, l’Australien poursuit sa progression. Au début du mois de janvier, le jeune homme de 21 ans a glané son quatrième titre, à Antalya. Signe qu’il est particulièrement à l’aise sur dur extérieur, il a remporté tous ses trophées dans ces conditions de jeu. Enfin, il faudra avoir un oeil sur Sandgren, un joueur à qui l’Océanie sourit. C’est Down Under qu’il a réalisé ses meilleures performances : un quart à Melbourne en 2018, un titre à Auckland en 2019 et un nouveau quart dans le majeur australien en 2020, après avoir touché de près le dernier carré (7 balles de match face à Roger Federer).

De l’autre côté de ce quart de tableau, deux anciens joueurs de la « Next Gen » semblent au-dessus du lot. D’abord Stefanos Tsitsipas, tête de série N°5. Malgré quelques contre-performances en début d’année 2020 - notamment une élimination au troisième tour de l’Open d’Australie -, le jeune Grec de 22 ans a quand même découvert pour la première fois les demies en Grand Chelem (à Roland Garros), remporté un titre (à Marseille) et atteint deux finales (à Dubaï et Hambourg). Comme Thiem et Zverev l’année dernière, Tsitsipas espère un déclic en 2021, et pourquoi pas connaître les joies d’une première finale en Majeur. Ensuite, Matteo Berrettini, tête de série N°9. Après sa demie à l’US Open 2019, on s’attendait à le voir en haut de l’affiche l’année suivante. Mais une blessure aux abdominaux, ainsi qu’un manque de constance, ont freiné sa progression. 2021 sonne comme la saison où l’Italien doit franchir un nouveau cap.

Quid de Karen Khachanov ? Très bonne question. Fin 2018, le Russe pointait au 11ème rang et venait de glaner 3 titres en 2018, dont le Masters 1000 de Paris-Bercy. Mais depuis, le Moscovite d’1 m 98 est en pleine stagnation : 53 matchs gagnés depuis début 2019… pour 45 défaites. Reste que le 20ème mondial possède des qualités de puissance hors du commun. Le voici d’ailleurs en ce moment même en demie du Great Ocean Road Open. Pour terminer avec cette partie de tableau, sachez qu’un Espagnol peut en cacher un autre. En effet, si Nadal est le fer de lance de son pays depuis plus de quinze ans, la nouvelle génération est en train de frapper à la porte. Et plutôt bruyamment, en ce qui concerne Carlos Alcaraz. À 17 ans seulement, l’adolescent originaire de Murcie a déjà glané 3 Challengers et 3 Futures, et se présente comme l’un des grands espoirs du tennis mondial. Et même s’il est a priori plus à l’aise sur terre et qu’il a fait partie des 72 athlètes qui n’ont pas du tout pu s’entraîner pendant deux semaines à leur arrivée en Australie, cela ne l’a pas empêché cette semaine de battre David Goffin au deuxième tour du Great Ocean Road Open. Voilà qui est prometteur…


Les prévisions de la rédaction pour les quarts de finale

Q1 : Djokovic vs Zverev
Q2 : Thiem vs Sinner
Q3 : Bautista vs Medvedev
Q4 : Tsitsipas vs Nadal

Nos values pour les vainqueurs des quarts de tableau :
Q1 : Zverev @6.50
Q2 : Sinner @9.00
Q3 : Bautista @10.00 / @50.00 pour atteindre la finale :
Q4 : Tsitsipas @4.00


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