Le jeune argentin ne partira pas favori, lui qui dispute son tout premier tournoi sur le circuit principal. Face à lui, Albert Ramos-Vinolas, un joueur bien plus chevronné, qui va disputer sa neuvième finale. Bien sûr, l’expérience pourrait faire la différence, mais attention, la fougue et l’insouciance de Juan-Manuel Cerundolo ne sont pas à négliger, d’autant que l’Espagnol a déjà raté le coche dans une situation similaire, il y a 3 ans, face à un joueur bien moins classé. Présentation de cette finale de Cordoba avec notre consultant Rodolphe Gilbert.

Premier tournoi, première finale : c’est pas beau, ça ? Voici l’exploit réalisé cette semaine par Juan-Manuel Cerundolo, qui s’est extirpé des qualifications avant de dominer successivement Thiago Seyboth-Wild, Miomir Kecmanovic, Thiago Monteiro et Federico Coria dans le tableau principal. Une performance rare puisqu’il faut remonter à 2004 pour observer tel cas, lorsque Santiago Ventura avait rejoint la dernière marche à Casablanca… avant de remporter l’épreuve. S’il s’impose à Cordoba, il fera encore mieux que ses compatriotes Juan-Ignacio Londero (Cordoba 2019) et surtout le grand Guillermo Vilas (Buenos Aires 1973), tous les deux victorieux à la maison pour leur premier titre professionnel, mais qui avaient déjà quelques matchs professionnels dans les pattes. C’est aussi le joueur le moins bien classé (N°335) - hors anciens joueurs du TOP 100 - à se hisser jusqu’en finale sur le circuit principal depuis John Isner en 2007 à Washington, une époque ou l’Américain n’était que le 416ème joueur mondial. Enfin, à 19 ans seulement, c’est le plus jeune argentin à réussir une telle prouesse depuis José Acasuso, lequel avait atteint la finale du tournoi de Buenos Aires à l’âge de 18 ans, il y a 20 ans tout pile (en février 2001). « Je n’arrive pas à croire que je suis arrivé jusqu’ici », s’est étonné Juan-Manuel, petit frère de Francisco (22 ans et mieux classé : N°135), lui-même éliminé en huitième de finale par Coria, finalement vengé en demie. Une nouvelle fois, face au frangin de Guillermo, comme lors de ses deux tours précédents, le natif de Buenos Aires est parvenu à s’imposer en 3 manches, affichant des qualités de combattant hors-pair.

Sec, fluet, sa technique au service est « delbonisienne » - en référence au lancer de balle dans les nuages de Federico Delbonis. Dans le jeu, il est infatigable. Une machine de régularité en revers, plus tranchant en coup droit, avec des gifles bombées du gauche. Son adversaire du dimanche est lui aussi gaucher. Et bien plus connu, bien plus expérimenté. Il est d’ailleurs assez largement favori (une cote de 1,40 contre 3,00) mais attention, il lui est déjà arrivé de craquer dans pareille situation : à Quito, il y a 3 ans, il avait échoué contre Roberto Carballes-Baena, alors que ce dernier ne pointait qu’au 107ème rang et jouait… sa première finale. À 33 ans, Albert Ramos-Vinolas se retrouve sur la dernière marche d’une épreuve ATP pour la neuvième fois. Spécialiste de terre battue, il va jouer sa huitième finale sur cette surface. Titré à Bastad (2016) et Gstaad (2019), il ne s’est donc jamais imposé dans un pays hispanophone. Le joueur catalan, 47ème à l’ATP mais ancien N°17 mondial, a également atteint la finale du Masters 1000 de Monte-Carlo (2017) et les quarts de finale à Roland Garros (2016). Sa patience en fond de court et sa science du jeu pour construire et déborder ses opposants ne sont plus à démontrer. La clé du match sera peut-être davantage psychologique que physique. En effet, si Juan-Manuel Cerundolo a joué 3 rencontres de plus (en qualifications), l’Espagnol a lui aussi passé énormément de temps sur le court, remportant ses 4 matchs, respectivement contre Juan-Ignacio Londero, Tomas-Martin Etcheverry, Diego Schwartzman et Federico Bagnis en demi-finale, à chaque fois en 3 sets. Ce sont donc deux joueurs relativement fatigués qui vont se retrouver, et c’est sans doute l’aspect mental que l’Argentin devra au mieux négocier : sera-t-il en mesure de supporter la pression d’une finale sur le circuit principal, devant son public ? Pas facile, mais avec ce jeune homme, tout semble possible. Peut-être sera-t-il au contraire totalement libéré, histoire de terminer la semaine en beauté. Ce dimanche semble sourire aux « premières » - Alexei Popyrin vient de s’imposer à Singapour -, alors pourquoi pas Juan Manuel Cerundolo ? S’il soulève le trophée, il deviendra N°181 à l’ATP. En cas de défaite, le jeune argentin sera 219ème. Un bond de plus de 100 places, inespéré avant le début du tournoi.

La stat à retenir : Sur ses 20 derniers matchs sur terre battue, lorsque Ramos était coté entre 1.40 et 1.50, l'Espagnol n'a gagné que 12 rencontres pour 8 défaites. S'il est très performant lorsqu'il est outsider, il se fait en revanche piégé assez souvent en position de favori.

L’œil de Rodolphe Gilbert : C’est l’histoire d’une finale entre un jeune fougueux et un « vieux » expérimenté. Comme souvent, Albert Ramos-Vinolas montre qu’à 33 ans, il demeure une référence sur terre battue. La logique est donc de placer l’Espagnol en favori. Difficile de faire autrement, étant donné leur classement et leur palmarès. Mais attention, ce n’est pas pour autant que Juan-Manuel Cerundolo va se prendre 6-1, 6-1. Sur le plan mental, c’est à double tranchant. L’Argentin peut craquer, mais peut aussi jouer totalement libéré, se disant qu’il peut bien gagner un match supplémentaire, après un tel parcours. Peut-être fait-il partie de ces joueurs qui n’ont peur de rien ? Personne ne peut le savoir. En tout cas, même s’il est un peu moins jeune et un peu plus habitué du circuit pro, on a vu ce matin qu’Alexei Popyrin, pour sa première finale, avait su rebondir après la perte du premier set. À Ramos de se méfier et de rester solide. Lui aussi peut subir un peu la pression. Peut-être se dit-il qu’à son âge, c’est l’une de ses derniers chances de remporter un titre ? On a vu qu’il avait déjà été battu dans ce genre de rendez-vous. Il est donc favori, mais c’est une rencontre qui reste malgré tout assez ouverte.


L'avis de la rédaction

⭐️⭐️⭐️ ---
⭐️⭐️ Cerundolo remporte au moins un set / Au moins 20 jeux dans le match
⭐️ Victoire Cerundolo


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