Le grand moment est arrivé ! Roger Federer touche enfin du doigt l’audacieux objectif qu’il s’est fixé : reprendre la compétition après deux opérations au genou droit et plus d’un an sans jouer. Un retour très attendu par le joueur, mais aussi par ses fans et même ses détracteurs. Qu’il gagne ou qu’il perde, il y aura toujours de quoi parler, analyser et gloser. En 2017, après six mois loin des courts et une autre intervention - au genou gauche cette fois-ci -, le Suisse avait réussi l’exploit de remporter son tournoi de reprise, un Grand Chelem s’il vous plaît, l’Open d’Australie. Si Doha n’appartient pas à la même catégorie (ATP 250), le défi semble encore plus relevé, pour un joueur âgé de 39 ans et qui s’est arrêté deux fois plus longtemps qu’il y a quatre ans. Le Maestro sera t-il capable de recouvrer son meilleur niveau de jeu ? Peut-il encore inquiéter le TOP 5 et tutoyer les sommets ? Un premier élément de réponse sera apporté dès la semaine prochaine.

Voilà en tout cas une bonne pioche pour le Qatar, qui voit les projecteurs braqués sur son épreuve. Ceci dit, le tournoi fondé en 1993 n’a pas besoin de l’attraction Federer pour attirer la lumière. En effet, la dotation nettement supérieure aux autres ATP 250 a toujours permis aux organisateurs de faire venir les plus grands noms du tennis mondial. Il suffit de jeter un oeil sur le palmarès, qui s’apparente à celui d’un Masters 1000 : Boris Becker, Stefan Edberg, Jim Courier, Marcelo Rios, Roger Federer, Andy Murray, Nikolay Davydenko, Jo-Wilfried Tsonga, Rafael Nadal, David Ferrer et Novak Djokovic ont tous soulevé le trophée qatarien. Le Suisse est d’ailleurs le détenteur du record de titres, trois en l’occurence, en 2005, 2006 et 2011 - il n’a plus joué là-bas depuis 2012. Cette année, « Rodge » est l’un des quatre anciens vainqueurs dans le tableau, avec Richard Gasquet (2013), Roberto Bautista-Agut (2019) et Andrey Rublev (2020).

Le tournoi se joue sur dur extérieur. La surface n’a pas changé depuis sa création. En revanche, c’est la première fois que l’épreuve se déroule à cette période de l’année. Traditionnellement, Doha ouvre la saison début janvier dans des conditions météo bien différentes de ce mois de mars. Il faudra compter sur du soleil et une relative chaleur (entre 26 et 30 degrés à l'ombre) toute la semaine sans pluie de prévu pour le moment. Même si le prize money reste beaucoup plus élevé que dans les autres tournois de cette catégorie, la crise sanitaire a eu des répercussions économiques sur la dotation globale qu’offre Doha aux participants (660 000 euros, soit presque deux fois moins qu’en 2020, 1,14 millions d'euros). Une surprise peut-elle toucher l’un des deux gros lots en se hissant jusqu’en finale ? L’histoire récente du tournoi - les dix dernières éditions - ne donne qu’un exemple de ce type : la belle épopée de Corentin Moutet, issu des qualifications, n’échouant que sur la dernière marche, en 2020, contre Andrey Rublev. C’est en 1999 que le joueur le moins bien classé a réussi à rafler la mise : Rainer Schüttler, N°124, vainqueur de l’épreuve, face à Tim Henman en finale. Avant même le début du tournoi, une chose est déjà sûre et certaine : si Roger Federer l’emporte, il deviendra le joueur le plus âgé à s’imposer à Doha, loin devant David Ferrer, victorieux en 2015… à 32 ans.


Toutes les statistiques à retenir

Depuis 2010, les vainqueurs de ce tournoi sont tous des joueurs très performants sur dur en extérieur : Federer (84% de victoires et 47 titres), Djokovic (86% de victoires et 44 titres), Murray (78% de victoires et 20 titres), Nadal (80% de victoires et 20 titres), Bautista (65% de victoires et 6 titres), Monfils (65% de victoires et 2 titres), Ferrer (65% de victoires et 7 titres), Davydenko (61% de victoires et 5 titres), Tsonga (68% de victoires et 4 titres), Gasquet (62% de victoires et 2 titres),et le tenant du titre Rublev (62% de victoires et 3 titres). Si certains outsiders parviennent à créer la surprise jusqu'en finale, le titre revient quasiment systématiquement à un cador du circuit.

Depuis 2010, il y a eu 27% d’outsiders mais on est au-dessus des 30% depuis 2013, notamment la saison dernière (32%). Bien que les cadors soient souvent bien représentés dans le dernier carré, les têtes de série ont quelques difficultés à bien figurer sur ce tournoi de Doha avec 34% de défaites au premier tour et un taux de présence en quarts de finale de seulement 40%. Voici en détail depuis 2013, le parcours des têtes de série à Doha :
- 66% gagnent leur match au premier tour (parmi les têtes de série 5 à 8)
- 59% gagnent leur match au 2ème tour (entrée en lice des têtes de série 1 à 4)
- 40% des têtes de série arrivent en quart de finale
- 10 finalistes sur 16 possibles
- 7 titres en 8 éditions

Concernant les qualifiés et lucky losers, leur réussite est assez impressionnante avec 51% de victoires au premier tour dont une finale pour Corentin Moutet la saison dernière ainsi qu'une demi-finale pour Gojowczyk en 2014 et Daniel Brands en 2013. A noter aussi les présences en quart de finale pour Fucsovics en 2020, Basic et Tsitsipas en 2018, Stepanek en 2017, Edmund en 2016 et Dustin Brown en 2014. Parmi les qualifiés encore en course ce week-end, il faudra surveiller de près Lloyd Harris ou Chris O'Connell.

Prize money du tournoi de Doha :
Défaite au 1er tour : 11.270€ (2020 : 11.000€)
Défaite au 2ème tour : 16.780€ (2020 : 19.000€)
Défaite en quarts de finale : 25.045€ (2020 : 33.000€)
Défaite en demi-finale : 36.940€ (2020 : 58.000€)
Finaliste : 51.340€ (2020 : 106.000€)
Vainqueur : 69.520€ (2020 : 197.000€)

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1er quart du tableau

Sur le papier, c’est le grand favori du tournoi. Après avoir remporté ses premiers titres sur terre battue, sa surface de prédilection, Dominic Thiem est devenu l’un des cinq meilleurs joueurs de la planète sur dur. La preuve, il a soulevé 4 de ses 6 derniers trophées dans ces conditions de jeu. Des tournois importants : deux ATP 500 (Pékin & Vienne 2019), un Masters 1000 (Indian Wells 2019) et un Grand Chelem (US Open 2020). C’est vrai, l’Autrichien s’est loupé lors du Majeur australien, cédant dès les huitièmes de finale contre Grigor Dimitrov. Mais Nick Kyrgios l’avait épuisé au tour précédent (4-6, 4-6, 6-3, 6-4, 6-4). Une élimination prématurée qui ne remet en rien le statut du N°4 mondial, l’homme à battre de ce haut de tableau.

Son adversaire le plus sérieux se nomme Roberto Bautista-Agut. Véritable métronome du circuit, valeur sûre du TOP 20, l’Espagnol n’est jamais aussi bon que sur dur extérieur. C’est simple, il a remporté deux tiers de ses titres (6 sur 9) dans cet environnement, dont l’épreuve de Doha en 2019. S’il a mal démarré l’année en cédant dès le premier tour à Melbourne, contre Radu Albot (N°85), il s’est déjà rattrapé en atteignant la finale à Montpellier, se baladant face à Grégoire Barrère, Ugo Humbert et Peter Gojowczyk, avant de s’incliner devant David Goffin.

Trois autres joueurs ont les moyens de titiller Dominic Thiem. D’abord, Reilly Opelka, le géant américain (2 m 11), titré sur dur outdoor à Delray Beach en 2020 et dont le service mammouth peut transpercer n’importe quel opposant. Ensuite, Alexander Bublik, qui se montre plus sérieux et plus efficace cette année. Le Biélorusse a déjà joué deux finales en 2021 (Antalya et Singapour) et s’est payé Alexander Zverev au premier tour à Rotterdam. Enfin, la surprise du chef à l’Open d’Australie, Aslan Karatsev. La sensation russe, qui pointe aujourd’hui au 44ème rang, demi-finaliste à Melbourne alors qu’il était issu des qualifications et qu’il n’était classé que 114ème, bénéficie d’une wildcard.


2ème quart du tableau

Voici encore un quart de tableau très relevé. On y trouve notamment les deux finalistes du premier tournoi ATP 500 de la saison, Rotterdam. Il s’agit d’abord d’Andrey Rublev (N°8 mondial), la terreur du circuit depuis un an et demi, avec ses 82 victoires pour seulement 21 défaites. Au passage, le jeune russe (23 ans), tête de série N°3, a glané son 7ème trophée ce dimanche à Rotterdam, dont cinq sur dur. C’est aussi le tenant du titre à Doha, victorieux face à Corentin Moutet lors de la finale 2020. Ensuite, Marton Fucsovics, le finaliste de Rotterdam. Moins tranchant, moins prolifique, mais particulèrement dangereux. Sa puissance, sa solidité, ses variations et sa sérénité lui ont permis d’écoeurer Reilly Opelka, Alejandro Davidovich Fokina, Tommy Paul et Borna Coric. Un bémol néanmoins : passé par les qualifications, il aura joué 7 matchs aux Pays-Bas, de quoi se poser quelques interrogations sur son état physique au moment d’arriver au Qatar.

Les autres joueurs de cette partie de tableau ont de très bonnes références, mais ont beaucoup à prouver. C’est le cas de Stan Wawrinka, Richard Gasquet et Dusan Lajovic. Triple vainqueur en Grand Chelem, le Suisse reste l'un des hommes les plus costauds du circuit. Il pointe d’ailleurs au 20ème rang du classement. Finaliste en 2008 à Doha, le Vaudois n’a plus atteint ce stade de la compétition sur dur extérieur depuis quatre ans (Indian Wells 2017). En outre, son début d’année est à oublier : 3 petites victoires contre des joueurs classés entre la 90ème et la 180ème place et deux éliminations précoces à l’Open d’Australie (deuxième tour) et Rotterdam (premier tour). D’ores et déjà forfait pour le Masters 1000 de Miami, Wawrinka a besoin de quelques succès pour enfin lancer sa saison.

De son côté, le Français est lui aussi en recherche de sensations. C’est simple, il n’a joué qu’une rencontre jusqu’à présent, au Murray River Open à Melbourne - une défaite contre Mackenzie McDonald -, avant de décliner sa participation à l’Open d’Australie en raison d’une blessure au pied. N°49 à l’ATP, Gasquet pourra s’appuyer sur son titre à Doha en 2013 et plus récemment sur son parcours intéressant à Sofia en fin d’année dernière (demi-finale) pour pouvoir enfin retrouver le sourire et le plaisir de jouer. Enfin, le Serbe va devoir s’employer pour briller au Qatar. S’il a dominé Daniil Medvedev au premier tour à Rotterdam, il reste sur deux revers expéditifs à Montpellier (Dennis Novak) et aux Pays-Bas (Borna Coric). Aussi, son bilan sur dur n’est pas fameux : 40% de victoires.


3ème quart du tableau

Dans cette partie de tableau, il y en a pour tous les goûts : des attaquants, des contreurs, des serveurs. Tête de série la plus élevée (N°4), Denis Shapovalov. Avec lui, le tennis fait des bulles, même si ses qualités sont aussi ses défauts. Ultra-offensif, le jeune Canadien (21 ans) a montré en Australie que son tempérament agressif pouvait faire des dégâts (victoire en 5 sets contre Jannik Sinner et leçon de tennis infligée à Bernard Tomic), mais aussi lui jouer des tours (défaite en 3 manches face à Felix Auger-Aliassime, en raison notamment d’un déchet trop important). Le dur lui convient bien. En atteste son quart de finale à l’US Open 2020. Mais c’est surtout en indoor qu’il s’est illustré jusqu’à présent : un titre à Stockholm et une finale à Paris-Bercy, les deux fois en 2019.

Si la logique est respectée, Shapovalov affrontera au deuxième tour un compatriote. Non pas son ami québécois, mais son aîné, Vasek Pospisil, autre grand attaquant du circuit. N°67 à l’ATP, le Canadien est à l’aise sur dur. Il sert fort et n’hésite pas à multiplier les montées au filet. Cette année, il n’a joué qu’un match : une défaite au premier tour de l’Open d’Australie, contre Daniil Medvedev. Mais sa fin de saison 2020 a de quoi l’encourager. Huitième de finaliste à l’US Open, éliminant notamment Milos Raonic et Roberto Bautista-Agut, il avait ensuite atteint la finale à Sofia. Il faudra suivre également avec attention Taylor Fritz ou Lorenzo Sonego, deux joueurs du même niveau (N°33 et N°35). Je dis bien « ou » et non pas « et », car les deux hommes s’affrontant au premier tout, l’un d’entre eux disparaitra donc rapidement dans le tournoi. En bonne forme depuis la reprise du circuit l’été dernier (huitième à Roland Garros, finale à Vienne et quart à Montpellier), l’Italien s’est fait surprendre par un très bon Tommy Paul dès le premier tour à Rotterdam. Nul doute qu’il voudra rapidement se rattraper. C’est dans ces conditions de jeu que l’Américain est le plus à l’aise (3 finales, dont l’ATP 500 d’Acapulco en 2020). À l’Open d’Australie, il a fait trembler Novak Djokovic, touché aux abdominaux, ne cédant qu’en 5 manches. Et il avait battu Albert Ramos-Vinolas et Reilly Opelka lors deux tours précédents. Peut-être de bonne augure pour la suite…

Mais c’est peut-être David Goffin qui va mettre dans tout le monde d’accord dans cette troisième partie de tableau. S’il a été battu dès le deuxième tour à Rotterdam, le Belge avait montré la semaine précédente un très bon niveau de jeu à Montpellier, dominant notamment Lorenzo Sonego, Egor Gerasimov et Roberto Bautista-Agut, remportant ainsi son cinquième titre en carrière. Toujours très à l’aise sur dur, Goffin pourrait bien se frayer un chemin jusqu’en quart, a minima, même s’il devra se méfier dès son entrée en lice de Filip Krajinovic, 32ème mondial et poil à gratter du circuit.


4ème quart du tableau

C’est dans cette partie de tableau qu’on retrouve Roger Federer. En tant que tête de série N°2, il est exempt de premier tour, comme les trois autres têtes de série les plus élevées de l’épreuve. Détenteur du record de titres (3), le Suisse présente un bilan remarquable à Doha : 26 succès pour 3 petites défaites. Pour son match de reprise, le Bâlois sera opposé soit à Jérémy Chardy, soit à Daniel Evans. Dans les deux cas, ce n’est pas un cadeau. Le Français pète la forme depuis le début de l’année : deux demies (Antalya et Murray River Open) et un quart (Rotterdam). Avec un physique au point, le Palois joue relâché et négocie à merveille les moments chauds (10 jeux décisifs remportés sur 12 disputés). Le Britannique a engrangé un peu moins de victoires, mais il a tout de même atteint la finale du Murray River Open, battant au passage Borna Coric… et Jérémy Chardy. Pour la petite histoire, c’est Evans qui avait été le premier adversaire du Suisse lors de son premier come-back en 2017, à la Hopman Cup, avant de jouer l’Open d’Australie. Par ailleurs, les deux hommes se connaissent bien, puisqu’ils se sont récemment entraînés ensemble à Dubaï.

L’autre tête de série de cette partie de tableau se nomme Borna Coric. C’est sans doute le joueur le plus à craindre pour Federer, tant le Croate représente une menace pour les cracks du circuit. En effet, contre le Big 4, celui qui est actuellement classé à la 26ème place compte la bagatelle de 6 succès (2 contre Federer, 2 contre Nadal et 2 contre Murray). Ancien finaliste d’un Masters 1000 (Shanghai 2018) sur dur extérieur, Coric reste sur un joli parcours à Rotterdam (demie), dominant notamment Kei Nishikori. A priori, John Millman et Nikoloz Basilashvili semblent moins en mesure de contraindre le retour au premier plan de Roger Federer. Si l’Australien a déjà battu le Suisse à l’US Open 2018, puis l’a fortement inquiété à l’Open d’Australie 2020 (défaite en 5 sets), le 39ème mondial connait un manque cruel de confiance en ce début de saison : une seule victoire contre Michail Pervolarakis (N°462), pour 4 revers. Et que dire de l’état de forme du Géorgien, catastrophique depuis la reprise du circuit en août dernier : 9 défaites de rang en fin d’année 2020, puis un maigre bilan de 2 succès (contre deux joueurs classés aux alentours de la 300ème place mondiale) pour 5 revers en 2021.


Nos prédictions pour les quarts de finale

Q1 : Thiem vs Bautista
Q2 : Rublev vs qualifié ? (ou Wawrinka)
Q3 : Goffin vs Shapovalov
Q4 : Coric vs Federer ou Evans


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