Nul besoin de tourner autour du pot. L’ultime match du tournoi s’apparente à une affiche de rêve. D’un côté, le meilleur joueur de l’histoire sur terre battue. De l’autre, le meilleur joueur de la saison, avec 26 victoires pour 5 petites défaites. Le premier a déjà remporté l’épreuve barcelonaise à 11 reprises. Le second vient de marquer les esprits en s’imposant à Monte-Carlo, premier Masters 1000 de l’année sur la surface ocre. Qui dit mieux ?

Il y a trois ans, les deux joueurs s’étaient déjà retrouvés en finale du tournoi catalan. Mais il n’y avait pas eu de match. Sur le court qui porte son nom, Rafael Nadal s’était baladé (6-2, 6-1), en moins d’une heure et vingt minutes. C’était aussi leur premier duel. Jouer Nadal, en finale, en Espagne, et sur terre battue ? Il n’existe pas baptême du feu plus délicat. Depuis, beaucoup de choses ont changé, et ce même si le Majorquin mène aujourd’hui 6/2 dans leurs confrontations. D’abord, Stefanos Tsitsipas a déjà fait tomber le roi de son trône. Au mois de février dernier, en demie à l’Open d’Australie, après avoir été distancé par deux manches à rien, devenant ainsi le troisième joueur à réaliser cet exploit (après Roger Federer à Miami en 2005 et Fabio Fognini à l’US Open en 2015). Surtout, le Grec est déjà parvenu à dominer Nadal sur ses terres, sa terre chérie, en demie aussi, à Madrid en 2019. Un succès en 3 sets (6-4, 2-6, 6-3), après 2 h 30 de jeu, dans un contexte assez similaire à la période actuelle. En effet, l’Espagnol restait sur deux revers inattendus à Monaco et Barcelone, affichant un manque d’entrain et de puissance, comme depuis le début de la tournée européenne sur ocre en cette saison 2021. Assez emprunté, en difficulté sur son service, Rafael Nadal s’est incliné dès les quarts de finale dans la Principauté, certes face à un explosif Andrey Rublev, puis a lâché deux sets en Catalogne, contre Ilya Ivashka et Kei Nishikori. Les amateurs de statistiques et ceux qui aiment voir des signes un peu partout apprécieront l’information suivante : l’ancien numéro un mondial n’a jamais gagné Barcelone en ayant perdu plus d’une manche. Heureusement pour les fans de Nadal, le Majorquin s’est montré plus agressif en quart contre Cameron Norrie et en demie face à Pablo Carreno-Busta. Seulement, son compatriote n’était pas vraiment remis de son match accroché de la veille, contre Diego Schwartzman, et le N°3 mondial, victime de quelques sautes de concentration, a quand même perdu une fois son service lors des deux rencontres.    

Ensuite, Stefanos Tsitsipas a beaucoup progressé depuis six mois. Le déclic intervient justement sur terre battue, la surface qui l’a vu grandir depuis tout petit. Nous sommes à Roland Garros, entre la fin septembre et le début du mois d’octobre. Après un premier tour où il est passé à deux doigts de la sortie - il s’impose en 5 manches contre Jaume Munar, après avoir été mené 0/2 -, il enchaîne à chaque fois en 3 sets pour se hisser jusqu’au dernier carré, sa première demie en Grand Chelem. Sa route s’achève ici, mais la défaite est plus qu’honorable, en 5 manches contre Novak Djokovic. En 2021, le protégé de Patrick Mouratoglou réédite la performance en atteignant un autre dernier carré en Majeur, à Melbourne. Les performances s’accumulent - demie à Rotterdam, finale à Acapulco, quart à Miami -, jusqu’au sacre de Monte-Carlo, son premier trophée en Masters 1000. Sur terre, Tsitsipas peut exprimer son immense potentiel. Une couverture de terrain exceptionnelle, une attitude offensive, des schémas de jeu efficaces, une longueur de balle constante, un volume supérieur à la moyenne, des angles courts-croisés, une variation haut de gamme et une main talentueuse. C’est simple, le Grec sait tout faire, mais surtout, choisit de faire ce qu’il faut… au moment propice. C’est donc un jeune homme autoritaire, serein et en contrôle que les observateurs découvrent depuis le début de la saison sur ocre, contre qui personne n’a encore réussi à enlever une seule manche (en 9 rencontres, Monaco et Barcelone confondus). Sur terre, ses progrès sont d’ailleurs à la fois perceptibles à l’œil nu, mais aussi sur le plan statistique (voir tableau ci-dessous) : au service, il cherche moins l’ace et lance l’échange avec une balle kickée, ce qui lui permet de remporter davantage de points derrière sa première (77%)… et sa seconde (68%). Du coup, même lorsque le Grec ne brille pas, comme contre Felix Auger-Aliassime en quart et Jannik Sinner en demie, il arrive toujours à être clinique dans les moments importants (7 balles de break sauvées sur 7 au total).

Crédits : Tennis Break News

Alors qu’il n’est pas favori selon les bookmakers, Stefanos Tsitsipas a t-il les moyens de faire céder l’Espagnol, chez lui ? Au regard des arguments avancés ci-dessus, la réponse est affirmative. Reste néanmoins une énigme à résoudre : sur terre, Nadal ne joue jamais aussi bien qu’en finale (59 victoires pour 8 défaites, soit 88% de réussite). Sur terre aussi, Nadal est toujours capable de se réveiller. Sur terre enfin, mais pas seulement, Nadal demeure un champion hors-norme.


Rafael Nadal : « La finale sera très difficile. Stefanos joue probablement mieux que jamais. Pas un set perdu à Monte Carlo et ici, donc ce sera l'adversaire le plus coriace possible. J'espère être prêt. Cela va être difficile, mais je dois être prêt à augmenter mon niveau de jeu. Mes sentiments sont meilleurs qu'en 2019, et lors de cette finale, j'ai beaucoup à gagner et peu à perdre. Contre Pablo, j'ai mieux joué que les autres jours, je me suis amélioré. Tsitsipas est un jeune joueur, il a une passion pour le jeu donc c'est normal qu'il s'améliore, quand on est bon, on travaille dessus à chaque fois et il est normal que vous augmentez votre niveau de tennis. J'ai toujours dit que c'était un joueur fantastique. J'ai l'occasion de jouer contre le meilleur joueur du moment. Je dois jouer à mon meilleur niveau et être prêt à être compétitif, à me battre pour un match important. »

Stefanos Tsitsipas : « C'est génial d'être de retour en finale ici. J'essaierai de me racheter de la dernière fois… Rafa est quelqu'un que je respecte vraiment et que j'ai toujours rêvé de battre. Le fait que j'ai pu le faire cette année me pousse à me dépasser… J'ai le sentiment d'avoir besoin d'expériences comme celles-ci pour grandir en tant que joueur. Une finale est toujours une phase très importante dans un tournoi. Pour espérer gagner, je dois rester agressif sur le coup droit et bien servir, ce sont les deux choses que j'ai vraiment bien faites contre Sinner. Venir au filet plusieurs fois m'a aidé à casser le rythme et à réfléchir un peu. un peu plus que simplement jouer derrière ma ligne. Mais je dois dire que Jannik est un joueur incroyable. Il aime le rythme rapide et moi aussi. »


L’œil de Julien Varlet : J’ai envie de penser que Stefanos Tsitsipas va réussir à battre Rafael Nadal, comme il l’a déjà fait à Madrid en 2019. C’est sûr, l’Espagnol va le gêner avec son coup droit de gaucher sur son revers. Mais le Grec a vraiment passé un cap. Sur le plan tennistique, mais aussi sur le plan mental. En dominant Nadal à Melbourne en 5 manches, il a montré - et s’est prouvé - qu’il pouvait être un prétendant aux plus grands titres. Et il l’a confirmé à Monte-Carlo, lui qui portait le poids de ne pas gagner un tournoi de cette catégorie. En Australie, même si on était sur dur extérieur, il a également pris conscience qu’il était capable de battre « Rafa », à la régulière, d’un point de vue tactique, en étant agressif et en lâchant ses coups. Il va donc faire de même en finale à Barcelone, taper dans la balle et essayer de prendre de vitesse l’Espagnol. Tsitsipas n’est pas fatigué, car il a joué des matchs assez rapides. Il possède aussi un atout supplémentaire : il sert mieux que Nadal et peut ainsi s’offrir des jeux plus faciles, et frapper des coups gagnants dès son deuxième ou son troisième coup de raquette. Rappelons aussi que le match se joue en 2 sets gagnants. C’est une mission moins délicate que de battre Nadal sur terre au meilleur des 5 manches. On l’a vu, le Majorquin n’est pas encore à 100%. Il n’a pas terminé sa préparation sur terre. On le voit à son positionnement. Il joue très loin derrière sa ligne et joue assez court. Tsitsipas aura tout loisir de prendre la balle tôt et de trouver des angles. En revers, le Grec est solide et commet peu de fautes. Je vois donc Tsitsipas s’imposer, et au regard de la cote, il est vraiment très intéressant de miser sur le Grec.


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