Ce patronyme vous dit peut-être quelque chose. Daria Abramowicz s'est fait un nom dans le monde du tennis lors du dernier tournoi de Roland Garros. Cette psychologue a notamment accompagné Iga Swiatek lors de son sacre parisien. La Polonaise a d'ailleurs eu des mots très forts à son encontre : « Elle m'a simplement rendue plus intelligente. J'en sais plus sur le sport et j'en sais plus sur la psychologie, je peux comprendre mes propres sentiments et je peux les dire à haute voix. »

Nos confrères italiens d'Ubitennis ont eu l'excellente idée de partir à sa rencontre. Nous vous invitons à lire cette interview très intéressante. En voici quelques extraits :

« Le tennis est un sport qui est basé sur les pauses. Vous avez des courtes pauses durant les échanges, un peu plus longues ensuite entre les points, les jeux, les sets et les matchs. Puis, dans une perspective plus large, il y a des pauses entre les tournois. C'est vraiment pertinent en ce qui concerne la façon dont nous abordons le tennis en termes de préparation mentale. Comment rester concentré, gérer le stress et réguler vos émotions ? La psychologie du sport est stigmatisée mais la psychologie en général aussi. Demander de l'aide à un psychologue concerne toute la société et pas seulement le milieu sportif. »

« Il y a de plus en plus d'athlètes qui sont ouverts à raconter leurs expériences sur les réseaux sociaux. C'est un changement qui se produit actuellement dans le sport. Parfois, c'est une sorte de moyen de montrer aux gens ce que pense un athlète, comment il aborde le sport et ce que cette expérience particulière signifie pour lui. Cela peut être utile dans la façon dont vous abordez le sport. L'écriture peut être comme une bouffée d'air frais qui vous aide à résoudre certains problèmes. Cela permet également d'éviter les discours de haine. Je pense que cela aide les gens à comprendre que le sport de haut niveau n'est pas tout rose. C'est un défi, parfois solitaire et parfois on peut se sentir impuissant. C'est humain. »

« On pourrait écrire un livre sur les différences entre les femmes et les hommes. Elles se manifestent évidemment en termes d'émotions, de gestion du stress et de concentration parfois. Les hommes sont moins enclins à partager leur état émotionnel et leur humeur. Par exemple, dans la société, pourquoi avons-nous plus de données sur la dépression des femmes ? Parce que les hommes partagent parfois moins leurs émotions. Ce qui est également pertinent pour le sport. »

« La tendance est de ne plus parler uniquement de préparation mentale mais davantage de la santé mentale, surtout pendant cette pandémie. Les instances dirigeantes, y compris le tennis, devraient se concentrer davantage sur la santé mentale. Je pense qu'il y a un espace pour l'éducation et la sensibilisation. Le plus important pour moi est de lutter contre la stigmatisation et de sensibiliser les gens à la prise en charge de la santé mentale. »

Pour lire l'interview en intégralité
https://www.ubitennis.net/2021/04/exclusive-qa-with-daria-abramowicz-the-psychologist-behind-iga-switeks-historic-french-open-run/