Pour Ugo Humbert, c’est le moment de jouer un match test. On le sait, le Français est moins à l’aise sur terre que sur dur. C’est pourquoi, sur la surface rouge-orangée, il a alterné de belles prestations et d’autres beaucoup moins convaincantes. Le bon, c’était en 2020, à Rome et à Hambourg, avec des victoires contre Kevin Anderson, Fabio Fognini et Daniil Medvedev, et des défaites accrochées face à Denis Shapovalov et Casper Ruud. Le moins bon, c’est cette année, avec une élimination d’entrée à Monte-Carlo face à John Millman, un revers sur terre qui confirme d’ailleurs un début de saison également compliqué sur dur (6V/6D). Son passage au Portugal pourrait être le vrai point de départ de son année 2021. Après quelques gouttes de pluie en début de semaine, le vent a pris le dessus à Estoril. Des conditions qui peuvent favoriser le jeu du Français, en donnant de la vitesse et de la hauteur à sa balle. Même s’il a concédé un set contre Marco Cecchinato, sa première victoire dans l’épreuve lusitanienne est encourageante. Mais pour aller plus loin, il va falloir résister à la fougue d’Alejandro Davidovich-Fokina, qui part largement favori, rendant la cote d'Humbert anormalement haute. Il faut dire que le jeune Espagnol a montré de belles choses à Monte-Carlo : 3 succès en deux manches face à Alex de Minaur, Matteo Berrettini et Lucas Pouille, avant d’abandonner en quart contre Stefanos Tsitsipas. Du coup, alors qu’il avait moins prouvé sur terre que sur dur, le N°48 mondial est en train de confirmer que son jeu, offensif et varié, peut fonctionner partout. « Je suis en pleine confiance et je trouve que je joue très bien », a t-il déclaré avant-hier. Au deuxième tour, face à Jérémy Chardy, il a déroulé (6-1, 6-2), profitant des difficultés du tricolore en retour (70% de réussite derrière sa première, 77% derrière sa seconde). Ce sera d’ailleurs l’une des clés du match : à Ugo Humbert de faire jouer, reculer, puis déjouer l’Espagnol dans l’échange, et ce dès la relance. Problème : l’Espagnol ne semble pas perturber par le vent, car il dispose d’une très belle main.

L’œil de Julien Varlet : Alejandro Davidovich-Fokina est en forme, et ça se voit. Mettre une telle volée à Jérémy Chardy, ce n’est pas anodin. Il m’avait déjà bien plu à Monte-Carlo dans le premier set face à Stefanos Tsitsipas avant son abandon. En face, Ugo Humbert a du mal sur terre. Il ne glisse pas très bien et son revers est un peu trop à plat pour avoir une vraie incidence sur l’ocre. Pour moi, le vent avantage l’Espagnol, car il possède un super toucher de balle. Je vois donc une victoire de Davidovich, qui en plus est un vrai guerrier.


Corentin Moutet vs Albert Ramos-Vinolas
Voilà, voilà. Pour Corentin Moutet, la partie ne s’annonce pas facile du tout. Parce qu’on a beau penser qu’il est sur la pente descendante, ce diable d’Albert Ramos-Vinolas continue de faire parler de lui - et en bien - dès que la saison sur terre pointe le bout de son nez. L’Espagnol avait déjà réussi sa mini-tournée sud-américaine avec une finale à Cordoba et une demie à Buenos Aires. Et en Europe ? Il a bien commencé, avec un dernier carré à Marbella, se retrouvant même à deux points de la finale avant de s’incliner contre Pablo Carreno-Busta. Ensuite, une défaite logique face à Jannik Sinner à Monte-Carlo, avant de remporter deux nouveaux matchs à Barcelone, puis d’accrocher Andrey Rublev (6-4, 6-7, 6-4 en 2h30). À Estoril, le 46ème mondial confirme, avec deux succès en deux manches contre Fernando Verdasco et Pierre-Hugues Herbert. Bilan des courses sur terre en 2021 ? 13 victoires pour 5 revers. Autant dire que le Catalan est en confiance.

Notons d’ailleurs que face à l’Alsacien, il a été épatant, s’appuyant sur sa patte gauche lors de ses engagements : 86% de réussite derrière sa première et aucune balle de break concédée. Heureusement pour Corentin Moutet, lui aussi est gaucher. Comme l’Espagnol, il a un ratio positif contre les joueurs de son « espèce ». Le Français vient d’ailleurs d’éliminer Denis Shapovalov au tour précédent. Un match un peu fou, un peu bizarre, où le tricolore a su remonter un break dans la dernière manche pour s’imposer 6-4, 2-6, 6-4. Une deuxième victoire consécutive après un succès inaugural également en 3 manches face à Marcos Giron. Le N°73 mondial avait déjà sorti Dominik Koepfer et Daniel Evans à Barcelone, preuve qu’il est sur la bonne voie. La chance de Moutet ? Essayer de perturber l’Espagnol avec ses amorties, ses variations et ses changement de rythme. Mais Albert Ramos-Vinolas tombera t-il dans le panneau ? Pas sûr, tant il possède une expérience conséquente et une science du jeu sur l’ocre remarquable. Ses frappes bombées et sa faculté à ne jamais lâcher pourrait lui permettre de prendre le dessus, au moins dans la durée. Pour mémoire, si le Francilien a dominé Ramos-Vinolas à Melbourne en début d’année, il n’avait pas fait un pli quelques semaines auparavant à Cagliari… sur terre battue.

L’œil de Julien Varlet : Albert Ramos-Vinolas est un vrai spécialiste de terre. Il enchaîne les bons matchs sur cette surface. Corentin Moutet a lui laissé pas mal d’énergie dans ses deux premiers matchs. Il manque au Français un coup puissant pour mettre son adversaire hors de portée. Ni dans l’échange, ni au service. Le jeu de Denis Shapovalov lui convenait mieux. Il fait jouer, contre et provoque la faute. Contre Ramos, ce sera différent. L’Espagnol va faire travailler le tricolore et c’est ce dernier qui va le plus souvent craquer. Moutet devra donc faire le jeu, mais il n’aime pas ça. Pour être honnête, je vois donc une victoire assez sèche de Ramos-Vinolas.   


Marin Cilic vs Kevin Anderson
Un titre et deux finales en Grand Chelem d’un côté, deux finales perdues en Majeurs de l’autre. Autant dire que ce quart de finale d’un ATP 250 a des airs de match de gala. Ou plutôt « avait ». Car depuis trois ans, les deux anciens TOP 10 ont bien du mal à exister. Marin Cilic en raison d’un manque flagrant de motivation. Kevin Anderson à cause de plusieurs blessures. Résultat, les deux hommes ont énormément reculé au classement : respectivement N°42 et N°105. À Estoril, ils évoluent tous les deux sur leur moins bonne surface. D’ailleurs, s’ils sont encore en vie dans le tournoi, il ne s’en faut pas de grand chose. Le Croate a lutté deux fois en 3 manches pour éliminer Carlos Alcaraz et Nuno Borges. Le Sud-Africain a écarté une balle de match pour venir à bout de Frances Tiafoe (4-6, 7-6, 7-6), puis a serré le jeu pour dominer en deux sets serrés Roberto Carballes-Baena. Pour l’un comme pour l’autre, le physique aura son importance.

Depuis plusieurs mois, ils ne parviennent pas à enchaîner. En un an et demi, Cilic est parvenu à remporter 3 rencontres de rang à deux reprises, Anderson seulement une fois. Une inconnue supplémentaire concerne  le Croate : ce dernier vient de déclarer forfait pour le tournoi de Madrid, un Masters 1000 qui, il est vrai, lui réussit moins bien que Rome (une demie et deux quarts en Italie pour un seul quart en Espagne). Est-il vraiment si fatigué ? Ou va t-il pouvoir justement se consacrer pleinement à la quête du trophée portugais ? On peut penser qu’il a peut-être juste envie de faire un petit break et de retrouver sa famille, avant de rejoindre Rome puis Roland Garros. Il est assez difficile de se prononcer clairement sur l’issue de ce quart. Un petit indice néanmoins : Cilic mène 6-1 dans leurs confrontations dont 2-1 sur terre. Comme si son jeu, en timing et plus relâché, posait de réels problèmes au géant Sud-Africain. Peut-être une tendance à suivre.

L’œil de Julien Varlet : Je ne pense pas que Marin Cilic soit blessé ou trop fatigué pour ne pas jouer. C’est vrai que sur cette surface, c’est un match compliqué à analyser. C’est pourquoi je pense que le mieux est de partir sur un match sans vainqueur, mais avec pas mal de jeux inscrits (par exemple, over 22,5). Comme tous les deux sont de bons serveurs, je pense qu’il n’y aura pas beaucoup de breaks et que les sets seront accrochés. Sauf si l’un des deux explose physiquement…


Cristian Garin vs Cameron Norrie
Cristian Garin aime t-il les gauchers ? Oui, plutôt. En carrière, son bilan est de 9 victoires pour 6 revers (60% de réussite). Sur terre, il reste sur 3 succès consécutifs (Federico Delbonis en 2020, Alejandro Tabilo et Facundo Bagnis en 2021). Certes, ce ne sont pas des foudres de guerre, mais cela reste une indication. En effet, si on pouvait penser que la coup droit de gaucher de Cameron Norrie pouvait perturber le revers du Chilien, cela reste à prouver. N’oublions pas que Garin, N°22 mondial, est l’un des meilleurs joueurs du circuit sur terre. À son actif, 5 titres, tous remportés sur la surface ocre, dont un cette année, à Santiago. En revanche, s’il a réussi à passer deux tours à Monte-Carlo avant d’échouer en huitième de finale contre Stefanos Tsitsipas, il s’est totalement perdu à Barcelone face à Kei Nishikori. Au menu (de son jeu), une inconstance rédhibitoire, trop de fautes directes et une fragilité derrière son service (5 breaks contre le Japonais).

Voilà pourquoi, même s’il est en position d’outsider (2,66 contre 1,51), nous avons hâte de voir ce qu’est capable de faire Norrie face au Chilien. Pas spécialement à l’aise sur terre en général (moins d’une victoire sur deux), le Britannique semble avoir compris cette saison comment adapter ses qualités sur la surface rouge-orangée. Grâce à son déplacement, ses variations et ses angles courts-croisés, le 50ème mondial a réalisé un joli parcours à Barcelone, s’imposant contre Salvatore Caruso, Karen Khachanov et David Goffin (sur abandon, touché à l’aine). À Estoril, il continue sur sa lancée : une victoire nette et sans bavure face à Joao Sousa et un succès à l’arraché contre Pedro Martinez (4-6, 7-6, 7-5), sur sa 6ème balle de match et après 3 heures de jeu. À l’issue de la rencontre, il déclarait : « C’est une superbe victoire avec un niveau de jeu très intéressant malgré les conditions venteuses ». Problème : ce sont justement les efforts consentis durant son huitième de finale qui risquent de lui coûter cher si un combat venait à s’installer entre Garin et lui.

L’œil de Julien Varlet : Pour moi, Cristian Garin va s’imposer. Oui, Cameron Norrie est gaucher et est un bon guerrier. Mais le Chilien est bien plus fort sur terre. En plus, il est frais, pas comme le Britannique, qui risque d’être fatigué. Aussi, Garin est assez puissant pour résister côté revers à la patte du gaucher. Je ne le vois pas craquer. Je le vois même faire le jeu et gagner en toute logique.


L'avis de la rédaction
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⭐️ Victoire Cilic / Set Norrie


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