Le « terrien en série » est encore là. En s’imposant contre Alexei Popyrin, Rafael Nadal s’est qualifié pour son 15ème quart de finale à Madrid où il vise un sixième sacre cette semaine. Face à l’Australien, après un petit coup de chaud - les 7 premiers points ont été happés par le 76ème joueur mondial -, il a fait le job. Ultra régulier dans l’échange, performant derrière sa première balle (71% de réussite) et à l’affût en retour de service (4 breaks sur 6 tentatives). On l’avait déjà senti lors de sa première sortie contre son jeune compatriote, Carlos Alcaraz, les doutes suscités à Monte-Carlo et Barcelone sont en train de disparaître. Son adversaire en quart de finale devrait néanmoins lui proposer davantage de fil à retordre. Décevant, voire amorphe, à Monaco puis Munich, Alexander Zverev a opéré un virage à 180 degrés depuis le début de sa campagne madrilène. Faut-il le rappeler, le joueur allemand se sent particulièrement à l’aise dans la capitale espagnole. En 4 apparitions, il s’est hissé à chaque fois en quart de finale - et peut-être encore mieux cette année - et a même glané le trophée en 2018. Cette semaine, il affiche une envie débordante qui se manifeste par beaucoup de puissance et d’intensité dans ses frappes, au service (217 km/h de moyenne et 80% de points gagnés derrière sa première) comme en coup droit (17 coups gagnants lors de son huitième de finale). Résultat, Kei Nishikori et Daniel Evans se sont fait gober tout cru, ou presque. Dans l’échange, on le sent également concerné, n’hésitant pas passer rapidement d’une positon reculée à une autre plus avancée, sur la ligne de fond ou même au filet (24 montées contre le Britannique pour 17 points gagnés). Malgré cette belle impression, Rafael Nadal demeure le grand favori de cette rencontre. Il faut préciser que le Majorquin ne s’est encore jamais incliné contre Zverev sur la surface ocre (3/0, à Monte-Carlo en 2017, en Coupe Davis et à Rome en 2018). Malgré tout, dans des conditions assez rapides, il ne serait pas impossible de voir l’ancien numéro un mondial souffrir, alors pourquoi ne pas s’aventurer dans un scénario accroché (l’Allemand reste sur deux succès de rang contre Nadal, au Masters en 2019 et à Paris-Bercy en 2020).

L’œil de Florent Serra : Depuis le début du tournoi, Rafael Nadal est solide. Mais c’est un joueur d’un tout autre niveau qui se présente à lui, et pour moi, c’est l’athlète qui m’a fait la meilleure impression cette semaine. Par exemple battre Daniel Evans comme il l’a fait, alors que c’est un adversaire compliqué à jouer et qui casse le rythme, ce n’est pas rien. Du coup, je vois bien l’Allemand embêter Nadal, qui n’a pas encore connu une grosse opposition à Madrid. Je pense même qu’il peut le battre, s’il sert l’acier, frappe fort et prend tôt, ou si le Majorquin joue de trop loin et un peu court. Nadal devra aussi mieux servir qu’à Monte-Carlo et Barcelone, car Zverev a les moyens d’être agressif dès le retour. Le plus intéressant, sans vouloir prendre un risque inconsidéré ? Un set Zverev !


Dominic Thiem vs John Isner
Ça se voit, Dominic Thiem est en phase de reprise. Après un premier match face à un joueur largement à sa portée - Marcos Giron, étrillé en moins d’une heure (6-1, 6-3, avec seulement 8 points perdus sur son service) -, le N°4 mondial a montré quelques difficultés pour venir à bout d’Alex de Minaur, bien en jambe cette semaine à Madrid. Un succès en deux manches accrochées (7-6, 6-4), après avoir écarté une balle de premier set sur un magnifique et salvateur passing de revers. Breaké à deux reprises, l’Autrichien s’est parfois précipité, commettant trop d’erreurs pour espérer glaner une épreuve de cette ampleur, à moins justement de prendre le temps de construire et d’effacer ces déchets superflus. Après avoir fait face à un excellent contreur, il devra cette fois se muer à son tour en mur, afin de renvoyer un maximum de services de son prochain adversaire. Tout simplement hallucinant sur ses engagements depuis le début du Masters 1000 de Madrid, John Isner dégage une puissance, une précision et une constance phénoménales. Lors de ses trois rencontres, le géant américain a servi en moyenne à 210 km/h en première et à 180 km/h en seconde. Surtout, il a passé un nombre hallucinant de premier service (70%) et claqué des aces comme s’il en pleuvait (89, soit l’équivalent de 22 jeux blancs). Ultra agressif, il est également particulièrement efficace à la volée (17/21 contre Roberto Bautista-Agut et 10/13 face à Andrey Rublev). Le pauvre russe s’en est allé avec une défaite sacrément frustrante (7-6, 3-6, 7-6), sans avoir concédé la moindre balle de break et en ayant marqué 13 points de plus qu'Isner. Vous l’avez compris, les données du duel entre Dominic Thiem et John Isner sont assez simples. Si le N°39 mondial se montre toujours aussi clinique sur ses mises en jeu, il dispose de vraies chances de s’imposer. Dans le cas contraire, même si l’Autrichien n’est pas encore à 100%, il sera compliqué pour l’Américain de rivaliser dans le jeu. Pour autant, l’écart de cotes (1,30 contre 3,55) paraît trop conséquent. Vu la niveau de John Isner, il est intéressant de partir sur une rencontre accrochée, en deux sets serrés ou trois manches.

L’œil de Florent Serra : Cette semaine, John Isner sert excessivement bien et te met sous pression tout le temps dès la relance, et même dans les jeux décisifs. Ce qui est fou, c’est qu’il passe énormément de premières et qu’il réalisent des retours très efficaces sur les secondes adverses. De son côté, Dominic Thiem n’est pas encore au top, mais il peut se protéger avec ses grosses premières secondes kickées, qu’il maîtrise mieux que Rublev. En revanche, on l’a vu en difficulté en retour contre de Minaur, alors imaginez face à Isner… Il ne sert à rien d’analyser la tactique sur les échanges potentiels, car l’Américain essaie de gagner les points en un ou deux coups de raquette. Mais attention, il le fait de manière intelligente, en essayant de bien se positionner avant de déclencher sa frappe. Dans ce match, l’idéal serait de se protéger en misant sur un tie-break, ou envisager une rencontre en 3 sets.


Casper Ruud vs Alexander Bublik
Des matchs comme ça, il n’en joue pas tous les jours. En huitième de finale contre le phénoménal Aslan Karatsev (6-4, 6-3), Alexander Bublik a peut-être rendu l’une des plus belles copies de sa carrière. Un maximum de puissance, solide dans l’échange, précis dans ses changements de rythme - particulièrement ses amorties - et remarquable en première balle (14 aces et 79% des points gagnés), le Kazakh était injouable. Une nouvelle confirmation de la nouvelle dimension prise par le 44ème joueur mondial, plus stable et plus serein que les saisons précédentes. D’ailleurs, après trois belles victoires (Dusan Lajovic, Denis Shapovalov et Aslan Karatsev), le voici pour la deuxième fois de sa carrière au stade des quarts de finale dans un Masters 1000, après Miami il y a quelques semaines. On peut donc clairement parler de progression, mais attention, son futur adversaire est également sur une pente ascendante. En effet, Casper Ruud reste sur une série de trois demies et un quart  - en attendant mieux - lors des 4 derniers grands tournois sur terre auxquels il a participé (Masters 1000 de Rome, ATP 500 de Hambourg, Masters 1000 de Monte-Carlo et Masters 1000 de Madrid), excepté Roland Garros 2020. Dans la Caja Magica, le Norvégien semble voler autant que ses balles : 3 succès en deux sets, contre Felix Auger-Aliassime, Yoshihito Nishioka et surtout Stefanos Tsitsipas, tout récent vainqueur à Monaco et finaliste à Barcelone. Une performance mammouth, d’autant que le Grec n’a pas été mauvais (30 points gagnants pour 20 fautes et 13/14 au filet). Mais le N°22 mondial n’a presque laissé aucune chance, ni aucun répit au 5ème joueur mondial. Cette victoire de poids est la première de Ruud face à un membre du TOP 5, après 4 tentatives infructueuses. Malgré la très belle prestation de Bublik, le Norvégien s’avance assez logiquement en favori. Sur la surface ocre, il se déplace à merveille, dispose à présent d’un solide revers et d'un service de plus en plus costaud (191 km/h de moyenne en première balle, 75% de réussite, 80% des points gagnés derrière son engagement inaugural et aucune balle de break concédée, le tout contre Tsitsipas). Assurément plus constant que le Kazakh, Casper Ruud devrait faire parler sa science du jeu sur terre pour s’imposer.

L’œil de Florent Serra : Je trouve Casper Ruud très bon depuis le début de la semaine. C’est en tout cas une belle opposition de style, avec un joueur fantasque d’un côté, un joueur solide de l’autre. J’avais des doutes sur le revers du Norvégien, mais il semble avoir beaucoup progressé dans ce secteur. Il se sent très bien sur cette terre, ses balles prennent de la vitesse et de la hauteur et cela lui correspond bien. Attention, Alexander Bublik joue plus fort et de manière encore plus précoce, et a vraiment les moyens de le déborder. Mais s’il sert bien et trouve de l’angle, Ruud pourrait faire exploser le Kazakh. Tout dépend si Bublik parvient à gagner les points en 2 ou 3 coups de raquette ou s’il arrive à varier, avec ses amorties, et à troubler - faire paniquer - Casper Ruud. Au final, j’aurais vu le Norvégien légèrement favori, en tout cas avec une cote moins basse que celle proposée. Le mieux est de se protéger avec un over jeux, mais pour ceux qui veulent prendre de risque, la cote à 3,78 pour la victoire de Ruud 2 sets à 1 est très alléchante.


Matteo Berrettini vs Cristian Garin
C’est peut-être l’affiche des quarts de finale la moins clinquante. Pourtant, voici une rencontre qui oppose deux solides gaillards et qui laisse entrevoir un scénario plus qu’indécis. De quoi vivre un joli match avec du suspens. L’un comme l’autre ont montré beaucoup de choses intéressantes depuis le début de la semaine. Tout juste victorieux du tournoi de Belgrade, Matteo Berrettini poursuit sur sa lancée à Madrid. Deux matchs, deux victoires, à chaque fois en deux sets et sans trembler. D’abord Fabio Fognini, puis Federico Delbonis. Contre l’Argentin, le 10ème joueur mondial s’est appuyé sur ses coups forts : d’abord, un puissant service (214 km/h de moyenne), efficace en première (83%) et intelligent en seconde (61% de réussite grâce à son kick) ; ensuite, son coup droit musculeux (18 points gagnants sur 27 au total). De l’autre côté du court, Cristian Garin a lui aussi de beaux arguments à faire valoir. Après avoir assuré face à Fernando Verdasco (6-1, 6-4) et Dominik Koepfer (6-3, 6-4), il a haussé encore un peu plus son niveau de jeu pour écoeurer Daniil Medvedev en 3 manches (6-4, 6-7, 6-1). Étonnamment performant sur son service (75% de réussite derrière sa première et seulement une balle de break concédée… et sauvée), le Chilien n’a cessé d’être agressif, n’hésitant pas à monter au filet, tout en démontrant une stabilité et une régularité impressionnante dans l’échange. Le Russe n’a quasiment jamais réussi à le déborder et c’est ce dernier qui a le plus souvent craqué à l’issue des rallyes. Manifestement, le récent vainqueur du tournoi de Santiago se sent bien en altitude, ses frappes tranchantes faisant mouche et son jeu de jambes étant sacrément au point. En résumé, il est assez compliqué d’affirmer avec force que l’un des deux va réussir à prendre clairement le dessus. Mais sur les sensations laissées à l’issue des huitièmes de finale, il semble que Cristian Garin soit cette semaine un peu plus constant et résistant. Et comme la cote du Chilien (2,44) est très intéressante…

L’œil de Florent Serra : Cristian Garin m’a fait une très belle impression contre Daniil Medvedev. Je pense que le Chilien, capable de jouer des coups liftés mais aussi à plat, a de quoi prendre du temps sur le coup droit de Matteo Berrettini qui a une préparation ample. Contre Federico Delbonis, l’Italien a eu beaucoup de temps. En outre, le Chilien sert bien et retourne sans faire de fautes. Evidemment, tout dépend aussi de la qualité du service de Berrettini. S’il passe énormément de première, ce sera plus dur pour Garin. Mais ce qui est sûr, c’est que Garin semble très affûté sur le plan physique. L’Italien est favori selon les bookmakers, mais je vois un match a minima accroché, et pourquoi pas un succès du Chilien au bout.


L'avis de la rédaction
⭐️⭐️⭐️---
⭐️⭐️ Over 20.5 jeux dans le match Nadal vs Zverev / Set Garin
⭐️ Victoire Garin / Set Bublik


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