Certains choisissent l’Allemagne, d’autres l’Angleterre. Cette semaine, deux tournois ATP 500 s’offrent aux meilleurs joueurs du circuit afin de se préparer pour Wimbledon. Vous l’avez compris, après la tournée européenne sur terre, les choses sérieuses commencent sur herbe, une surface qui demande aux athlètes des qualités bien différentes que l’ocre. Il faut savoir courir avec subtilité, attaquer avec force et contrer avec toucher. Surtout, comme les rebonds sont bas, il faut aussi s’habituer à fléchir les genoux et à jouer des balles du bas vers le haut, donc des slices, un coup finalement peu usité dans le tennis moderne. À ce petit jeu-là, les meilleurs joueurs sont souvent ceux qui savent mixer gros service, retour rapide et précision dans le petit jeu. La volée est un bonus, surtout dans le passé, un peu moins aujourd’hui. Le palmarès du Queen’s éclaire sur les qualités idéales pour s’imposer : Andy Murray, détenteur du record de titres (5), mais aussi John McEnroe, Boris Becker, Stefan Edberg, Michael Stich, Pete Sampras, Lleyton Hewitt, Andy Roddick, Marin Cilic, Feliciano Lopez (tenant du trophée en 2019), mais encore Rafael Nadal (en 2008). Une brochette clinquante pour un tournoi tout aussi prestigieux, qui se déroule au sein d’un club de tennis historique, le Queen’s Club, premier complexe multisports construit dans le monde.

Cette saison, après une année sans opus pour cause de pandémie, le plateau ne fait pas autant rêver que celui de Halle, qui a la chance et le privilège d’accueillir Roger Federer, mais aussi Daniil Medvedev, Stefanos Tsitsipas et Andrey Rublev. Pas de Novak Djokovic, ni de Rafael Nadal, qui se reposent après leur parcours à Roland Garros et notamment leur demi-finale dantesque. Au total, un seul TOP 10 garni les vestiaires de l’épreuve londonienne, Matteo Berrettini, suivi de près par Denis Shapovalov et Jannik Sinner. D’autres joueurs auront leur mot à dire, tels Alex de Minaur, Aslan Karatsev et Lorenzo Sonego. Au final, un tableau assez ouvert qui pourrait offrir quelques sensations, d’autant que pour la plupart, il va falloir gérer la transition terre-gazon. Souvent, les favoris sont aller au bout, mais pas lors de la dernière édition. En 2019, Feliciano Lopez, invité par les organisateurs, avait dominé en finale Gilles Simon, alors non tête de série. Alors pourquoi pas encore cette fois ? 

Quelques infos à retenir :
Le tournoi du Queens est l'un des gazons les plus rapides du circuit. Les rebonds sont très bas, les balles fusent. Il est donc difficile de breaker (seulement 15% - le taux le plus faible sur tous les tournois ATP du circuit), les tie-breaks y sont nombreux. Les favoris remportent 70% des matchs en moyenne. Les qualifiés y brillent assez rarement avec seulement un joueur présent en quarts de finale sur les 10 dernières éditions : Nicolas Mahut en 2019. Depuis 1998, il n'y a qu'un seul joueur qui a remporté le titre sans être tête de série : Feliciano Lopez en 2017 et 2019.

1er quart du tableau

Le haut du tableau fait la part belle aux joueurs locaux. Ils sont trois, une tête de série (Daniel Evans) et deux invités (Andy Murray et Liam Broady). La tête de série N°1 Matteo Berrettini devrait certainement en croiser sur son chemin. En 2019, l'Italien avait réalisé une excellente tournée sur herbe avec un titre à Stuttgart, une demie à Halle et un 4ème tour à Wimbledon. Mais après une belle tournée sur un revêtement plus orangé - titre à Belgrade, finale au Masters 1000 de Madrid et quart à Roland Garros -, il va vite devoir se sentir bien dans ses chaussures à picots afin d’aller loin dans ce tournoi. Son entrée en lice semble plutôt aisée puisque son adversaire et compatriote, Stefano Travaglia (N°78 mondial), n’a jamais remporté un seul match sur herbe et n’a d’ailleurs tâté que deux fois dans sa carrière cette surface.

Au deuxième tour face à l’Italien, Andy Murray, double vainqueur à Wimbledon et quintuple lauréat du Queen’s, sera-t-il opérationnel ? Toujours en phase de reprise permanente après sa double opération à la hanche, l’Écossais n’a disputé que 3 rencontres sur le circuit pro cette saison et n’a pas joué en compétition depuis début mars à Rotterdam. Il faut dire qu’il a connu une nouvelle blessure à l’aine gauche - pas du même côté où il a subi son intervention chirurgicale - et qu’il a contracté la Covid-19, l’empêchant de participer à l’Open d’Australie. Sa motivation demeure néanmoins intacte, surtout quelques jours avant son retour à la « maison », lui qui n’a pas pris part au Majeur britannique depuis 2017. C’est justement cette année-là à Wimbledon qu’il avait dominé son futur adversaire du premier tour, Benoit Paire. Le Français a retrouvé le sourire en jouant devant du public à Roland Garros. Mais il manque clairement de rythme et d’entraînement. Si son bilan en 2021 est catastrophique (2 victoires pour 15 revers), le tricolore possède les armes (service, balle rasante, toucher de balle) pour bien jouer sur gazon. Il a d’ailleurs atteint deux fois les huitièmes de finale à Wimbledon. La partie entre Murray et Paire s’annonce alléchante, et le vainqueur pourrait bien devenir le trublion de cette partie de tableau sachant qu'on peut briller sur herbe sans être dans une condition physique optimale.

Un autre joueur aura de jolies intentions cette semaine à Londres. Après un début de tournée sur terre plutôt épatante (demie à Monte-Carlo après avoir fait tomber Novak Djokovic et huitième de finale à Madrid), Daniel Evans a bien l’intention de performer sur gazon. Si son ratio est négatif (11V/15D), l’Anglais dispose d’un arsenal idéal pour parvenir à ses fins : un slice de revers dévastateur et une main assez magique. Mais il démarrera fort face à Alexei Popyrin, un très grand serveur, pas facile à maîtriser sur une surface où les balles fusent. Le jeune Australien a bien progressé (titre à Singapour en début d’année et huitième de finale à Madrid), largement de quoi rester sur ses gardes. La dernier match du premier tour dans le haut du tableau oppose l’autre Britannique bénéficiaire d’une wild-card, Liam Broady, au Français Adrian Mannarino. À 27 ans, le natif de Stockport (près de Manchester), N°146 mondial, n’a gagné que 5 matchs dans l’élite et reste sur une défaite dès le deuxième tour au Challenger de Nottingham (gazon). Une aubaine pour le 36ème joueur mondial, débarrassé d’une terre battue qu’il fuit (20% de réussite en carrière et un bilan de 7 défaites pour aucune victoire en 2021), lui qui apprécie au contraire l’herbe fraîchement coupée. C’est dans cet environnement plus favorable à son jeu tout en timing et en finesse que Mannarino a glané son unique titre (’s-Hertogenbosch 2019) et atteint deux finales supplémentaires (Antalya 2017 & 2018). Certes, le tricolore a déjà perdu contre Broady, à Saint-Pétersbourg en 2017, mais s’il passe le cap du premier tour, il deviendra une menace pour tous les autres tennismen du plateau.


2ème quart du tableau

On va aussi parler anglais dans le deuxième quart du tableau, mais avec un accent américain et australien. En effet, la tête de série la plus élevée (N°4) se nomme Alex de Minaur, et il est accompagné par son compatriote John Millman. Si le premier part largement favori face à son adversaire du premier tour, Laslo Djere, ce sera beaucoup plus délicat pour le second contre Reilly Opelka. Même s’il n’a que très peu joué sur gazon (12 rencontres en carrière : 5 succès, 7 revers) et qu’il s’est incliné dès son deuxième match à Stuttgart face au modeste Jurji Rodionov, De Minaur est très à l’aise en contre et lorsqu’il s’agit de jouer à hauteur de genou. Reste à savoir gambader sur l’herbe parfois glissante, mais on imagine l’Australien mieux s’en sortir que Djere, spécialiste de la surface ocre (2 trophées et une finale perdue), le Serbe n’ayant disputé que 5 matchs sur gazon (pour une seule victoire). S’il s’impose, De Minaur affrontera donc peut-être son compatriote au tour suivant, mais John Millman, combatif et polyvalent grâce à ses qualités physiques et une bonne main au filet, aura fort à faire face au géant Reilly Opelka, qui mesure 2m11 et abat des tonnes d’aces sur ses adversaires. Comme souvent face à l’Américain, la rencontre se jouera sur un coup de dé, et à quelques détails près. Reste une inconnue : le 35ème mondial n’a disputé que 5 matchs sur herbe, il est donc sans repères au moment de pénétrer sur une surface qui plaît aux grands serveurs, mais qui demandent des appuis solides sur le sol.

L’autre tête de série (N°8) de cette zone du tableau, Fabio Fognini, n’est pas dans son assiette quand il s’agit de jouer sur gazon, voici donc peut-être l’occasion pour Yen-Hsun Lu de créer une petite surprise. En effet, le Taïwanais a le jeu parfait - contre, subtilité et fluidité -, pour contrarier le pur terrien italien, qui est en mal de résultats cette année. Même s’il n’est classé que N°680 à l’ATP - il bénéficie d’un classement protégé après une grave blessure à l’épaule -, et même s’il est maintenant âgé de 37 ans, Lu est un vrai fan de la surface verte : il a déjà disputé près de 60 matchs sur herbe dans sa carrière et s’est hissé jusqu’en quart de finale à Wimbledon en 2010 (après avoir dominé un certain Andy Roddick). Finalement, celui qui pourrait sortir son épingle du jeu est un grand nom du tennis mondial, Marin Cilic. Ancien finaliste du Grand Chelem britannique, le Croate connaît son meilleur ratio en carrière sur gazon : 70% de victoires. Il se sent bien au Queen’s puisqu’il a déjà remporté l’épreuve en 2012 et en 2018, et atteint deux autres fois la finale en 2013 et 2017. Et surtout, il vient de remporter le tournoi de Stuttgart ce dimanche, preuve de sa bonne forme actuelle et de son appétence pour l’herbe. L’ancien numéro 3 mondial jouera contre Sebastian Ofner pour son entrée en lice. L'Autrichien n'avait plus gagné un match sur gazon depuis Wimbledon 2017 où il avait atteint le 3ème tour. Une défaite du Croate serait une grosse surprise.


3ème quart du tableau

Il nous a surpris, épaté et enchanté depuis le début de l’année, sur terre et sur dur, mais on ne sait pas encore ce qu’il va donner sur gazon. On parle bien sûr d’Aslan Karatsev, aux coups si lourds et tranchants, mais qui ne manquent pas d’intelligence pour trouver des angles courts croisés. Après sa demie à l’Open d’Australie, son titre à Dubaï et sa finale à Belgrade, le Russe s’attaque désormais à la troisième surface du circuit. Pour l’instant, il n’a joué aucun match sur herbe dans l’élite. Une raison de penser qu’il va se planter ? Bien au contraire, tant le joueur est capable de s’adapter à tout. Karatsev devrait normalement se confronter au deuxième tour à un Britannique, en la personne de Cameron Norrie. Ce dernier, à l’aise sur terre (finale à Estoril et à Lyon), mais aussi pas si mauvais sur dur et gazon, tant son jeu est complet, a l’occasion de prendre sa revanche sur Albert Ramos-Vinolas, qui l’a dominé récemment au Portugal, où l’Espagnol a glané son 3ème trophée en carrière, bien évidemment tous sur ocre. Sur herbe, c’est nettement plus compliqué (6V/12D, soit 33% de réussite seulement), c’est pourquoi Norrie semble en mesure de se venger.

Mais dans ce troisième quart de tableau, c’est peut-être le vainqueur du duel entre Alexander Bublik et Jérémy Chardy qui pourrait aller loin dans l’épreuve. L’un comme l’autre ont réalisé de belles performances cette saison. Le Kazakh s’est hissé deux fois en finale (Antalya et Singapour) et a atteint deux quarts en Masters 1000 (Miami et Madrid). Le Français a lui rejoint deux demies (Antalya, battu par Bublik, et Melbourne 2) et deux quarts (Rotterdam et Dubaï). Ils ont tous les deux déjà atteint une finale sur gazon (Newport 2019 pour le fantasque Kazakh, ’s-Hertogenbosch 2018 pour le cogneur tricolore), mais Chardy a beaucoup plus d’expérience sur cette surface (60 matchs contre 8). Peut-être un signe à l’aune de leur affrontement au premier tour ? Le vainqueur sera probablement opposé à Jannik Sinner, tête de série N°3. Comme pour Aslan Karatsev, on a appris à découvrir la beauté glaciale du jeu puissant de l’Italien depuis quelques mois - avec notamment déjà deux titres (Sofia et Melbourne 1), une finale en Masters 1000 (Miami) et une demie à Barcelone, à seulement 19 ans -, mais on ne l’a pas vraiment encore vu à l’œuvre sur herbe (un seul match en carrière). En principe, il devrait pouvoir s’en sortir, voire faire bien mieux, grâce à ses qualités naturelles. Reste toujours la question du déplacement sur cette surface si particulière. Son adversaire au premier tour a le même âge, mais n’a pas le même pedigree, et de loin. Le Britannique Jack Draper, qui bénéficie d’une wild-card, n’a joué qu’une rencontre sur le grand circuit et ne pointe qu’au 309ème rang.


4ème quart du tableau

Le hasard fait parfois bien les choses. Après s’être affrontés en huitième de finale à Stuttgart, Denis Shapovalov et Feliciano Lopez pourraient de nouveau recroiser le fer au même stade de la compétition au Queen’s. Pour cela, il faut que le jeune canadien (22 ans) passe le cap du premier tour face à Aleksandar Vukic, issu des qualifications. L'Australien de 25 ans a fait ses débuts en carrière sur gazon cette semaine. Plutôt avec succès puisqu'il a remporté 5 de ses 6 matchs. Méfiance donc pour le Canadien même s'il a largement le talent pour se défaire de ce premier tour. A priori, rien d’insurmontable pour le N°14 mondial, qui possède le jeu pour briller sur herbe (formidable service de gaucher et prises de risques surdimensionnées). Bien sûr, il lui faut davantage canaliser son énergie, mais il est évident que son potentiel ne demande qu’à être exploité. Enfin, il faudra que l’Espagnol se débarrasse de Illya Marchenko. Sur le papier, c’est une réelle possibilité, tant Lopez est à l’aise sur gazon (65% de victoires en carrière et 4 trophées dont deux au Queens) mais c'est une rencontre piège pour l'Espagnol. Evidemment, l'Ukrainien ne partira pas favori mais il a certaines aptitudes pour bien jouer sur gazon. Vu leurs qualités, si le Canadien ou l’Espagnol atteint les quarts de finale, ils auront de vrais chances de rallier le dernier carré.

Mais rien ne sera encore acquis. Lorenzo Sonego, tête de série N°7, a déjà remporté une épreuve sur herbe (Antalya 2019). Et il a aussi réussi une bonne tournée sur terre (demie au Masters 1000 de Rome et titre à Cagliari), preuve de la confiance acquise ses dernières semaines. Il aura une premier tour difficile contre le vétéran serbe Viktor Troicki, sorti des qualifications face à Pouille et Tabilo. Troicki est un vrai spécialiste de gazon avec notamment une finale à Stuttgart en 2015 perdue contre Nadal mais aussi une demie au Queens, entre autres. Moins attendu au départ, mais peut-être présent à l’arrivée, Frances Tiafoe semble retrouver des couleurs avec ce titre au tournoi Challenger de Nottingham qui se dispute… sur la surface verte. Au premier tour, l’Américain devra quand même se coltiner Aljaz Bedene, un Slovène naturalisé anglais par le passé, et qui est un joueur tout-terrain, même si son moins bon ratio est sur herbe (40% de réussite).


L'avis de la rédaction
⭐️⭐️⭐️Victoire Berrettini 2-0 ✅
⭐️⭐️ Victoire Mannarino✅ / Lu over 8.5 jeux✅
⭐️ Victoire Lu❌ / Victoire Paire ❌/ Troicki 1 set✅


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