L’absence de Rafael Nadal et Dominic Thiem offre forcément des opportunités aux autres cadors du circuit. Les deux joueurs les mieux classés dans cette partie de tableau pourraient bien en profiter. Deux hommes qui n’ont encore jamais été très loin à Wimbledon, mais qui ont de sérieux arguments à faire valoir sur le gazon anglais. Le premier nom qui revient est celui de Matteo Berrettini. Le N°9 mondial vient tout simplement de remporter l’une des deux épreuves les plus importantes avant le Grand Chelem britannique. En s’imposant au Queen’s (ATP 500), le Romain s’est placé en position de sérieux prétendant au titre, juste derrière Novak Djokovic. Il faut dire que l’Italien a impressionné par sa qualité de jeu, écrasant ses adversaires, sauf Cameron Norrie en finale, grâce à sa puissance au service, la vitesse de son coup droit et la justesse de son slice de revers. Au passage, il a dominé de très bons joueurs sur herbe, Andy Murray, Daniel Evans et Alex de Minaur. C’est son deuxième trophée cette année, après Belgrade sur terre, et également le deuxième sur la surface verte, après Stuttgart en 2019. Quand on jette un œil sur les derniers résultats de Berrettini, force est de constater que ce dernier est l’un des athlètes les plus en forme du circuit avec 81% de victoires derrière Djokovic et Nadal (titre à Belgrade, finale au Masters 1000 de Madrid, quart à Roland Garros et titre au Queen’s). Le rêve de gosse de l’Italien ? Gagner Wimbledon ! Sauf immense sensation, son adversaire au premier tour ne devrait pas faire le poids. En effet, même si Guido Pella avait créé la surprise en se hissant jusqu’en quart de finale à Wimbledon il y a deux ans, l’Argentin ne parvient pas à retrouver son meilleur niveau depuis la reprise du circuit à la fin de l’été dernier. Il reste d’ailleurs sur 3 revers de rang dès son entrée en lice à Stuttgart, Halle et Majorque.

Comme Matteo Berrettini, le deuxième favori de ce quart de tableau n’a jamais fait mieux qu’un huitième de finale à Wimbledon. Mais comme l’Italien aussi, Alexander Zverev a déjà obtenu des résultats encourageants sur herbe. Deux finales chez lui à Halle, en 2016 et 2017, après avoir battu des joueurs tels que Roger Federer, Roberto Bautista-Agut et Richard Gasquet. Cette année, il a échoué en Allemagne dès le deuxième tour, mais il est tombé contre un excellent Ugo Humbert, futur vainqueur du tournoi. Autre élément important, le 6ème joueur mondial vit actuellement une période faste : titre au Masters 1000 de Madrid, quart à Rome et demie à Roland Garros. Pour celui qui n’a été qu’à deux petits points de glaner son premier Grand Chelem lors de l’US Open 2020, c’est le moment de s’affirmer encore davantage et de se positionner en prétendant sérieux. Sur le papier, son jeu, puissant dans tous les compartiments, a de quoi faire des dégâts sur gazon. Reste au grand et longiligne allemand à savoir relever les balles basses sur une surface qui rebondit peu. En tout cas, ce n’est sans doute pas le modeste Tallon Griekspoor (N°124), sorti des qualifications, qui devrait lui poser des problèmes au premier tour.

Derrière ces deux mastodontes, ils sont au moins trois à espérer percer le tableau. Trois ambitieux, qui ont chacun de solides arguments à faire valoir. Le premier d’entre eux est un Français. Vous l’avez reconnu, il s’agit d’Ugo Humbert, tout récent vainqueur du tournoi de Halle (ATP 500), l’autre grande épreuve de préparation à Wimbledon. Succéder au palmarès à Roger Federer, victorieux à dix reprises, ça pose son homme ! En Allemagne, le Messin a réalisé un merveilleux parcours, se débarrassant d’une flopée de bons joueurs de gazon, dont deux TOP 10 (Sam Querrey, Alexander Zverev, Sebastian Korda, Felix Auger-Aliassime et Andrey Rublev). Une respiration bienvenue après une mauvaise période sur terre. La surface verte correspond davantage aux qualités du tricolore, gaucher et qui aime prendre rapidement les échanges à son compte. Petit hic, son opposant au premier tour est un certain Nick Kyrgios. Bien sûr, Wimbledon marque le grand retour du fantasque australien sur le Tour, lui qui n’a plus joué depuis l’Open d’Australie en février, et qui n’a surtout disputé que 6 rencontres depuis presque un an et demi. Dit comme ça, on a du mal à penser que celui qui est redescendu au 61ème rang mondial va pouvoir aller loin dans le tournoi. Mais passer un, deux ou trois tours, connaissant son fighting spirit et son amour pour le gazon, tout est possible ! Voilà donc une entrée en lice extrêmement piégeuse pour Ugo Humbert, pour ne pas dire malheureuse. Toujours est-il que ce match constitue l’une des affiches les plus palpitantes du premier tour à Wimbledon, à la fois compte tenu de la qualité des deux acteurs, mais aussi en rapport avec le chef d’œuvre qu’ils nous avaient offert au deuxième tour lors du dernier Majeur australien, un match savoureux remporté en 5 manches et 3h25 par Kyrgios (5-7, 6-4, 3-6, 7-6, 6-4), alors que le Français avait obtenu deux balles pour conclure l’affaire. Préparez le pop-corn, il y a de la revanche dans l’air et ça devrait déménager !

Les deux autres grands outsiders de ce quart de tableau sont Nord-Américains. Débutons par Felix Auger-Aliassime, tête de série N°16 du Grand Chelem anglais. Toujours aussi inconstant et victime de trous d’air, le Canadien semble néanmoins exprimé davantage la pleine mesure de son talent sur gazon, plutôt que sur terre battue. En effet, en s’appuyant sur son puissant engagement et en raccourcissant les échanges, il prend moins de risque de gamberger, voire de craquer. Preuve de son aisance sur herbe, les deux bons parcours qu’il a réalisés à Stuttgart (une finale, après avoir battu Ugo Humbert et Sam Querrey) et à Halle (une demie, après avoir dominé Roger Federer à la régulière). En principe, son adversaire au premier tour, Thiago Monteiro, devrait subir le même sort que lors de leur précédent affrontement à l’US Open 2020, une défaite. Ensuite, il sera temps pour le Québécois de se jauger face à son idole de jeunesse, Jo-Wilfried Tsonga, si le Français, en méforme - il a encore été battu d’entrée à Eastbourne - parvient à se débarrasser de Mikael Ymer, un Suédois qui ne se fera pas prier pour éliminer l’ancien double demi-finaliste de Wimbledon, après avoir sorti son pote Gaël Monfils à Roland Garros.

Le troisième outsider n’est autre que John Isner, lui aussi ancien pensionnaire du dernier carré du Majeur anglais. C’était en 2018, et cette année là, l’Américain avait échoué 24-26 dans la cinquième et dernière manche contre Kevin Anderson, après 6h36 de jeu précisément. Cette saison, le géant de 2m08 a choisi de ne pas jouer d’autres tournois sur herbe avant Wimbledon. Une erreur ? Pas forcément, quand on connait la capacité du 33ème mondial a remporté les points et les matchs grâce à son exceptionnel service et son coup droit dévastateur. À Madrid, il a fait le coup, se hissant jusqu’en quart de finale, sur la surface qui l’intéresse le moins, la terre battue, et sans l’avoir foulée depuis six mois. Bref, comme chaque année, Isner s’avance tel un épouvantail, capable d’effrayer n’importe lequel de ses adversaires, à partir du moment où son pourcentage de premières balles est un tant soit peu élevé. Même s’il possède une bonne main et une bonne qualité de relance, son adversaire au premier tour, le petit Yoshihito Nishioka (1m70) risque de souffrir d’un sérieux déficit de puissance, d’autant que le Japonais n’a jamais remporté un match sur herbe sur le circuit principal et souvent souffert face aux grands serveurs du circuit sur dur (5 victoires pour 18 défaites).

On recule un tout petit peu dans la hiérarchie pour évoquer Aslan Karatsev et Taylor Fritz. Depuis le début de l’année, le premier demeure une menace permanente. Après sa demie à l’Open d’Australie, le Russe a largement confirmé, remportant le tournoi de Dubaï (dur) et ne cédant qu’en finale à Belgrade (terre), après avoir éreinté et battu Novak Djokovic en demie. Bref, celui qui pointe maintenant au 24ème rang semble s’adapter à tous les environnements. Il lui reste à faire de même sur herbe, ce qui est tout-à-fait possible, mais pas une évidence. Au Queen’s, on l’a vu trébucher deux fois contre Cameron Norrie sur le sol glissant anglais, de quoi refroidir ses ardeurs. De quoi laisser aussi penser que Jérémy Chardy, son adversaire au premier tour, a toutes ses chances de l’embêter, d’autant que le Français, bien que éliminé d’entrée à Stuttgart et au Queen’s, a déjà prouvé par le passé qu’il savait tâter du gazon, en rejoignant notamment la finale de s-Hertogenbosch en 2018. Reste que Karatsev demeure un excellent retourneur et que cela risque de titiller le Palois. De son côté, Taylor Fritz a tout à perdre face à son compatriote Brandon Nakashima. Non seulement le 36ème mondial n’a quasiment rien fait depuis sa demie à Doha en mars, mais il n’a pas disputé un match sur gazon pour se préparer pour Wimbledon. La raison ? Une opération au ménisque subie il y a une dizaine de jours, après un « bruit étrange » entendu lors du dernier point qu’il a disputé à Roland Garros contre Dominic Koepfer, l’obligeant à quitter le court sur un fauteuil roulant. Il arrive donc à Londres sans repères, mais ce qui peut le rassurer en revanche, c’est sa propension à rapidement trouver ses marques sur herbe, lui qui s’appuie sur son service et qui n’éprouve pas les mêmes difficultés à se déplacer sur cette surface que sur terre. Pour mémoire, Fritz a d’ailleurs glané son unique trophée à Eastbourne, en 2019. Mais il devra absolument se méfier de Nakashima, qui a déjà trouvé ses marques durant les qualifications, en réussissant trois solides prestations, et qui avait glané il y a trois ans chez les Juniors une épreuve estampillée Grade 1… à Roehampton.

Et si ce quart de tableau était celui des surprises ? Comme ça, rien qu’en se penchant sur le premier tour, on peut en imaginer au moins trois. D’abord, Jordan Thompson, qui pourrait poser de sérieux problèmes à Casper Ruud, positionné en favori par les bookmakers. Ce n’est pas une certitude, parce que le Norvégien vient de passer deux tours à Majorque, alors même qu’il n’a quasi aucune expérience sur cette surface et que son jeu, tout en frappes bombées, est clairement plus incliné à faire mouche sur terre battue. Ce qui est sûr, c’est que l’Australien est un véritable poil à gratter sur herbe. Le N°76 à l’ATP sait presque tout faire avec sa raquette, en tout cas parfaitement utiliser le slice et les trajectoires rectilignes. Pour rappel, c’est sur gazon qu’il a atteint la seule finale de sa carrière, à s-Hertogenbosch en 2019. Ensuite, on voit bien Alexei Popyrin embêter Kei Nishikori, qui dispose pourtant largement des faveurs des pronostics. Ce n’est pas vraiment que le Japonais n’arrive pas à jouer sur herbe - il a déjà atteint deux fois les quarts à Wimbledon -, mais plutôt qu’il se montre bien trop intermittent cette saison. Avec 14 victoires pour 12 défaites, il possède un bilan trop neutre. Et contre Sebastian Korda, au deuxième tour de Halle, il a une nouvelle fois montré un manque flagrant de régularité au cours d’une seule et même partie. Alors, pourquoi ne pas voir le grand serveur qu’est Popyrin en profiter ? Évidemment, voir gagner l’Australien constitue une grosse cote, car ce dernier n’a remporté qu’une des quatre rencontres qu’il a joué sur herbe avant le Majeur anglais. Si ses frappes font mal, il lui faudra absolument éviter de trop forcer.

Un autre joueur pourrait créer la surprise, si on se fie aux cotes proposées par les bookmakers. Il est Français et il s’appelle Corentin Moutet. On connait tous sa formidable main et sa capacité à embobiner l’adversaire. En outre, il est gaucher, alors s’il passe ses premières côté avantage, il possède de bonnes chances de perturber ses adversaires, à commencer par Aljaz Bedene, pour son entrée en lice. Attention, il ne faut pas non plus s’enflammer, car à Halle comme à Majorque, le tricolore a manqué d’efficacité. Il n’a pas su s’appuyer sur ses engagements et n’a pas su non plus être tranchant, en tout cas dans la durée. Résultat, il a perdu à chaque fois dès le deuxième tour, contre Philipp Kohlschreiber et Daniil Medvedev. Contre le Slovène, les « hots shots » ne suffiront pas. Il faudra être sérieux et régulier. Et s’appliquer à relancer, face à un très bon serveur. La bonne nouvelle pour Moutet, c’est que Bedene n’est pas très à l’aise sur gazon : son ratio est médiocre (37% de réussite) et il reste sur deux défaites d’entrée au Queen’s (Frances Tiafoe) et à Eastbourne (Marton Fucsovics). On suivra aussi avec attention l’un des quatre français qualifiés pour le grand tableau, en la personne de Grégoire Barrère. Auteur de 3 bons matchs, le tricolore se retrouve opposé au premier tour à un lucky loser, Botic Van De Zandschulp. Une vraie occasion de rejoindre le tour suivant, comme en 2019, d’autant que le Néerlandais a fait appel au kiné lors de son troisième et dernier match de qualification.

Dans cette zone du tableau, on termine par un bon plan et quelques certitudes. Le bon plan se nomme Steve Johnson. Selon les bookmakers, il part avec un léger avantage face à Dennis Novak mais l’Américain semble largement plus à l’aise que l’Autrichien sur herbe. L’ancien 21ème joueur mondial a quand même remporté deux trophées sur cette surface (Nottingham 2016 et Newport 2018) et son jeu, grâce notamment à son slice de revers rasant, a de quoi inquiéter ses rivaux sur gazon. Il possède d’ailleurs une solide expérience (près de 60 rencontres sur herbe en carrière), alors que Novak n’a joué que 4 matchs… On voit bien aussi Ilya Ivashka maîtriser Jaume Munar. Le Biélorusse a montré de belles choses à Halle face à Roger Federer, avant de rejoindre les quarts à Eastbourne. Même chose enfin pour Tennys Sandgren, justement victorieux de l’Espagnol au premier tour à Majorque, qui a tout-à-fait le type de jeu qui peut provoquer quelques dégâts sur gazon. Un big service et l’envie de détruire l’adversaire en 2 ou 3 coups de raquette. En 2019, l’Américain avait atteint les huitièmes de finale à Wimbledon, après avoir battu Fabio Fognini. En face, Norbert Gombos n’a jamais remporté le moindre match gazon (0 sur 4).


L'avis de la rédaction
⭐️⭐️⭐️---
⭐️⭐️ Victoire Johnson / Victoire Barrère / Victoire Humbert / Victoire Sandgren
⭐️ Victoire Thompson / Victoire Moutet / Victoire Chardy / Victoire Popyrin / Victoire Ymer


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