Cela ressemble à une hécatombe. Une liste noire qui n’a rien de secret et qui semble désigner les têtes d’affiche que pourrait rassembler une jolie épreuve ATP 500. Et pourtant… Rafael Nadal, Dominic Thiem, Denis Shapovalov, Roberto Bautista-Agut, John Isner, Grigor Dimitrov, Casper Ruud, Reilly Opelka, Guido Pella, Dusan Lajovic, Adrian Mannarino, Stan Wawrinka, Simona Halep, Sofia Kenin, Karolina Muchova, Jil Teichmann, Kaia Kanepi, Cristian Garin ou encore Milos Raonic. Uniquement des membres du TOP 50… que Tokyo n’aura pas la chance d’admirer. Une bien mauvaise nouvelle pour les amateurs de la petite balle jaune, ainsi que pour la qualité du tournoi olympique.

Les raisons de ces absences sont diverses et variées. Fatigué après une saison sur terre éprouvante, le Majorquin a préféré faire l’impasse sur Wimbledon et les JO. « Les Jeux ont toujours eu beaucoup de significations pour moi et ont toujours été une priorité en tant que sportif, a expliqué l’Espagnol. J’ai eu la chance de vivre trois éditions et j’ai eu l'honneur d'être le porte-drapeau de mon pays. Mais le but est de prolonger ma carrière et continuer à faire ce qui me rend heureux : être compétitif au plus haut niveau ». Pour rappel, Nadal a déjà remporté la médaille d’or en simple en 2008 et en double en 2016.

Pour Dominic Thiem, la décision avait été prise avant même sa blessure au poignet droit contractée à Majorque, une douleur qui l’a également contraint à déclarer forfait pour le Majeur britannique. « Pour moi, comme pour tous les athlètes, participer aux Jeux Olympiques et représenter mon pays est un immense honneur et cela rend cette décision encore plus difficile, avait déclaré l’Autrichien, sorti dès le premier tour à Roland-Garros. Cependant, l'année 2021 n'a pas commencé comme prévu et je ne me sens pas en mesure d'être à mon meilleur niveau à Tokyo. »

Une troisième hypothèse doit aussi être avancée. Les conditions d’accueil du site olympique et le protocole sanitaire semblent avoir refroidies les ambitions de plusieurs joueurs du Tour, vécu par certains comme un enfer. Par exemple, les Français devront manquer environ 4 semaines de compétition pour participer aux JO en raison d'un stage de préparation suivi d'une arrivée au Japon huit jours avant le tournoi. Sur place, le village olympique ne sera pas très accueillant puisqu'aucune interaction entre les athlètes ne sera permise, aucun accompagnant ne pourra venir avec les joueurs, une puce sera installée sur le badge des athlètes pour les suivre à la trace et un test PCR sera réalisé tous les matins.

Des conditions qui fatiguent d’avance certains joueurs et joueuses, lassés de vivre leur métier et passion sous cloche : « Cela fait déjà 6 mois qu'on joue avec ces contraintes. Je le vis mal, je n'en dors plus la nuit », nous confiait un joueur. Voilà qui peut expliquer tous ces forfaits au cœur d'un été où les finales de Roland Garros, de Wimbledon et de l'US Open ne se tiendront en 90 jours seulement.

Toutefois, il ne faut pas oublier non plus l'immense honneur pour certains d'y participer comme Thiago Monteiro : « C'est un rêve d'enfant devenu réalité de me qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Je n'ai pas de mots pour décrire l'émotion de vivre ce moment. C'est toujours une motivation supplémentaire pour travailler plus dur de représenter notre pays. » C'est aussi le cas de Leylah Fernandez : « Je suis à court de mots. J'ai toujours rêvé de participer aux Jeux olympiques et de représenter mon pays. C'est un rêve devenu réalité. »

Et l'enjeu sportif restera de taille pour Novak Djokovic qui vise un premier titre olympique et un Golden Slam.