Loin d’être uniquement focalisé sur le mental, comme il a été souvent associé, le documentaire « Untold : Breaking Point » produit par Netflix sur la carrière de Mardy Fish, constitue un témoignage intéressant sur la fin de l’apogée du tennis américain à l’ère « pré-Fedal » au début des années 2000 et sur l’amitié étrange entre l’ancien 7ème joueur mondial et Andy Roddick. Il porte également un regard plutôt laudateur sur la notion de dépassement, avant de brouiller les cartes : celui-ci génère de nouveaux objectifs, de nouvelles espérances… et de nouvelles névroses.

(Attention, l’article dévoile très largement les grandes lignes du documentaire)

« Ceci enseigne la force mentale. L’obtenir n’est pas une tâche facile mais en suivant les étapes de cette cassette, les résultats seront là. En premier lieu, 100% de combativité, c’est-à-dire pas de pleurnicheries, de plaintes ou de fuite. »

Ce vieil enregistrement de Nick Bollettieri qui ouvre le documentaire plante abruptement le décor. Ici, il ne sera question que de discipline de fer, de fighting spirit et de confiance en soi inébranlable. Les états d’âme sont proscrits, il s’agit de marquer son autorité sur le terrain, quitte à écraser l’autre sur le terrain. « Un bon mental, c’est à 80% un bon physique », comme se plaisait à évoquer le formateur américain. Cet enseignement rude a fait la réputation de ce dernier. De nombreux champions, tels André Agassi, Jim Courier ou Monica Seles en ont bénéficié. Maria Sharapova est également un pur produit de Bollettieri. Celle-ci se démontre très froide, ne dit pas bonjour à ces consœurs du circuit WTA entre les matchs ? Peu importe, elle n’est pas ici pour se faire des amies…

Mardy Fish n’est pas passé par l’école Bollettieri mais il est le pur produit de la doctrine de l’USTA - la Fédération américaine de tennis -, qui cherchait à implémenter très tôt chez les jeunes joueurs une discipline mentale à toute épreuve. « Très jeune, j’ai appris la philosophie de baisser la tête, de faire ce qu’il y a faire et de ne montrer aucune faiblesse », rappelle celui-ci dans le documentaire. A l’âge de 15 ans, le jeune américain n’habite déjà plus chez ses parents. Il va d’ailleurs se trouver une autre famille de substitution, les Roddick. Andy, le plus jeune membre de la famille est à la fin des années 90 le plus grand espoir du tennis américain. Mais pour devenir le champion de demain, encore faut-il que celui-ci soit un adolescent épanoui, côtoyant des jeunes de son âge – avec qui il pourra s’entraîner par la même occasion. Mardy, adolescent, moins talentueux que son camarade, est le candidat identifié pour l’opération. La vision est cynique ? Certes, mais l’initiative est gagnante-gagnante pour la carrière de Mardy Fish, tant ce dernier pourra s’inspirer de ce feu intense qui anime le natif du Nebraska sur le court. Les deux adolescents deviennent inséparables et la compétition qui les anime entre eux constitue un élément important de leur amitié… qui se prolongera bientôt sur les terrains.

Sur le circuit, Roddick gagne 9 fois de suite contre son ami entre 2003 et 2008. Comment être le meilleur ami « d’un joueur qui veut presque trop gagner », selon les propres mots de Mardy Fish ? Cela parait presque improbable pour celui qui doit s’effacer, comme prévu, dans l’ombre de son camarade. Et pourtant cette amitié ne sera pas altérée et se prolongera jusqu’aux moments difficiles…

Andy Roddick était le prototype du prodige presque programmé pour gagner. Et il faut avouer que les différentes pièces du puzzle s’étaient parfaitement emboitées jusqu’à sa victoire à l’US Open 2003. Alors qu’il soulève son premier trophée en tournoi du Grand Chelem, après avoir battu Ferrero en 3 sets secs, l’Américain de 20 ans a un avenir doré devant lui et de nombreux titres majeurs à conquérir. Qui pourrait lui résister ? Bien malin celui qui aurait pu deviner à l’époque que ce premier titre du Grand Chelem serait son dernier… Il aura suffi de 3 joueurs, arrivés successivement, pour contrecarrer ses plans. Federer, Nadal puis Djokovic finiront progressivement par faire main basse sur le circuit, écœurant leurs adversaires et ramassant la quasi-totalité des plus grands tournois pendant une dizaine d’année. Pour lui comme pour Mardy Fish, il faudra faire avec, essayer de trouver des solutions contre le top 3, en vain, et se contenter des miettes, parfois. 

Mais alors que se profile l’horizon d’une carrière honorable (3 titres ATP et une médaille d’argent aux JO d’Athènes), Mardy Fish décide fin 2009 de se donner les moyens de ses ambitions, de pousser enfin au maximum son potentiel, 9 ans après ses débuts sur le circuit, pour ne pas regretter quoique ce soit. Le joueur renonce aux fêtes, à l’alcool et se construit une caisse physique de champion : 14 kilos perdus, un mode de vie plus rigoureux et une motivation décuplée.

Une scène du documentaire surprend particulièrement. Alors qu’il cherche à lancer sa deuxième partie de carrière, Mardy Fish rencontre Franck Dancevic en quart de finale du tournoi de Newport sur gazon. En grande difficulté sur ce match, il part à la rencontre du Canadien au changement de côté et lui signifie qu’il est hors de question qu’il perde ce match. « Tu ne me battras pas, aucune chance, je reviens pour ça ». Dancevic est interloqué et la dynamique s’inverse. Cet acte totalement borderline lui permet de revenir au score, de remporter le match et de continuer son parcours jusqu’au trophée. 

Cette victoire est le déclic que le joueur américain cherchait. Ce dernier finit par enchaîner les résultats probants et s’inviter, enfin, à la table des meilleurs joueurs du monde. « J’étais fort mentalement. J’étais un vrai bulldog sur le terrain. Pour gagner, j’aurais sacrifié n’importe quoi. [1]», indiquait Mardy Fish auprès du New York Times. Et pourtant, cette carapace mentale va se retourner contre lui. Au fur et à mesure que ses ambitions grandissent, des nouvelles angoisses font leur apparition. Peu à peu noyé par les pensées parasites et cette nouvelle pression qui pèse sur ses épaules, Mardy Fish développe une forme d’arythmie cardiaque, se traduisant par des accélérations soudaines de sa fréquence cardiaque.

Mardy Fish est loin d’être le seul athlète à avoir vu ces angoisses émerger au milieu de sa carrière. Mikaela Shiffrin a également connu ce cas de figure. La championne américaine est la seule skieuse de l’histoire à compter quatre titres mondiaux gagnés d’affilée dans une discipline, en l’occurrence le ski alpin. En 2014, après avoir conquis le titre olympique en slalom alors qu’elle n’a que 19 ans, elle commence à ressentir de l’anxiété.

« Lorsque j’ai commencé la compétition à 16 ans, je ne ressentais aucune pression et j’étais à peine nerveuse. Enfin, j’étais peut-être un peu excitée par tout ça mais je ne ressentais pas le poids des espérances autour de moi que j’ai pu connaître après. Je dirais que je n’imaginais pas que je serai le genre de personne qui serait pétrifiée par la pression, a-t-elle évoqué à la presse l’année dernière. [2] Je me suis retrouvée sur la ligne de départ et je me suis figée. Mes yeux ont commencé à s’embuer et j’ai eu l’impression que ma gorge se fermait d’un coup. Cela s'est produit presque à chaque course pendant toute une saison, environ trois minutes avant que je me lance. »

La pression, les attentes, cette impression de revêtir l’habit de la championne à abattre avait fini par prendre le dessus sur elle.

Tout d’abord circonscrites en dehors des matchs, les angoisses de Mardy Fish, finissent, elles, également par le submerger juste avant les matchs. Le point critique de cet état de fait est atteint un dimanche avant le huitième de finale que doit disputer l’Américain contre Roger Federer à l’US Open. Dévoré par ses démons, le 22ème joueur mondial est en larmes dans sa voiture avec sa femme, Stacey. « Comment vais-je pouvoir entrer sur le court ? » avoue-t-il à celle qui partage sa vie depuis 2008. « Sans ma femme, je n’aurais pas imaginé que je pourrais ne pas jouer. Nous sommes tellement habitués à ne montrer aucune faiblesse ! Mais ma femme m’a dit « Tu n’es pas obligé de jouer, tu sais ». Et là, tout d’un coup, je me suis senti libéré d’un poids »[3].

Mais une fois le tournoi passé, Mardy Fish cesse toute activité, s’isole à son domicile et lutte contre ses crises de panique. Il va voir un psychologue qui identifie chez lui un trouble sévère de l’anxiété. Il passe même sur la table d’opération pour corriger les impulsions électriques erronées qui troublent son activité cardiaque. 2015 sera l’année du vrai retour, éphémère, alors qu’il a réussi à retrouver, enfin, le contrôle de lui-même. Il jouera le dernier match de sa carrière contre Feliciano Lopez cette même année au deuxième tour de l’US Open.

Qu’est ce qui a permis à Mardy Fish de retrouver une vie normale ? Le documentaire est assez lacunaire en la matière, s’attachant plus à montrer les causes et les effets de ces angoisses.

Pour identifier les axes permettant aux sportifs de surpasser ces problèmes, il faut se retourner encore du côté de Mikaela Shiffrin, à ce jour une des athlètes qui a le plus travaillé le côté mental de la compétition et l’a continuellement intégré dans son processus d’apprentissage, pendant et en dehors des courses. « Je construis au fur et à mesure les outils qui m’aident à faire face aux hauts et aux bas que la vie de skieuse m’offre », indique-t-elle.

Parmi ceux-ci, l’art et la musique, plus particulièrement, constituent des éléments importants pour se régénérer mentalement. « La chose que je préfère faire, c’est de prendre une chanson que je trouve incroyable et d’en faire ma propre version acoustique à la guitare. De cette manière, j’ai l’impression de m’immerger dans l’esprit de celui qui a fait cette chanson et de ressentir ce qu’il a ressenti au moment de l’écrire. C’est comme regarder une photo et se remémorer les moments qui sont gravés derrière celle-ci. C’est une forme d’expression que j’aime. J’emmène ma guitare partout maintenant et lorsque je finis une course, je m’assois et j’apprends une nouvelle chanson. C’est ce qui me permet le mieux de décrocher de la course, surtout dans les moments où je suis nerveuse ou frustrée. Cela me permet de ne pas rester engoncée dans ces sentiments négatifs »[4].

Voilà pour la gestion post-compétition. Daria Abramowicz, psychologue d’Iga Swiatek, valide, elle, les bienfaits de la musique, avant le début de l’évènement. « Beaucoup d’athlètes ont leurs écouteurs avant une compétition et c’est tout à fait naturel. D'une part, la musique les aide à entendre leurs propres pensées, à se concentrer, à se séparer du monde extérieur. D'autre part, il peut aider à maintenir une stimulation obtenue lors d’un échauffement. [5]»

Et quid de son approche mentale de la compétition ? Mikaela Shiffrin raconte un de ses premiers basculements, qui ne lui a pas tant permis de calmer sa nervosité que de mieux aborder les grands évènements.

Un jour, alors qu’elle disputait une Coupe du monde et qu’elle était en proie à un trac incroyable, son coéquipier Steven Nyman, spécialiste de la descente, s’est approché d’elle : « Aux mondiaux, tu n’as qu’un objectif. Tu ne tentes pas de protéger ton avance au classement général de la Coupe du monde. Tu ne protèges rien. Tu y vas pour l'or, c'est tout. Tu as tout à gagner et rien à perdre. » Des mots qui résonnent particulièrement sur la championne.  « Cela ne m’a pas rendu plus calme ou fait skier plus vite mais ça m’a convaincu de tout donner ».

Steven Nyman s’étonnait qu’une telle championne soit autant sujette à la nervosité après avoir tant gagné par le passé. « Marcel Hirsher (ndlr : septuple champion du monde de ski alpin, aujourd’hui retraité des pistes) avait la même attitude, il n’a jamais senti qu’il était assez bon pour se mettre sur pilotage automatique. Il se disait toujours que les autres skieurs le talonnaient ». Manière de tout donner quoiqu’il arrive et quel que soit son état d’esprit. « Si vous vous tenez devant un mur infranchissable et que des centaines de chiens affamés vous poursuivent, vous devez sauver votre vie » disait Marcel Hirscher pour résumer sa philosophie de course si particulière [6].

Mais cette approche jusqu’au-boutiste ne trouve pas vraiment d’application sur le tennis, qui déroule d’une certaine manière d’autres schémas et écueils mentaux.

Cependant, avant d’aborder ce point spécifiquement, il convient de répondre à une question préalable. Le type de stress est-il différent en fonction des spécificités d’une discipline, que l’on parle de tennis ou de ski par exemple ? Daria Abramowicz, psychologue d’Iga Swiatek et ancienne navigatrice, apporte une réponse nuancée. « Chaque athlète est avant tout un être humain, et chacun est soumis à des mécanismes psychologiques très universels, liés à la gestion de la tension, au contrôle des émotions, aux processus cognitifs, etc. Bien sûr, ils fonctionnent un peu différemment selon les situations, en raison des spécificités de la discipline, affirme-t-elle. La réponse à la question est donc : oui et non. Certains problèmes sont universels, d'autres sont propres à chaque sport.[7] »

Et du coup, quels sont les problèmes inhérents au tennis ? Gaston Briano, ancien entraîneur de Mari Osaka, la sœur de Naomi, s’est confiée sur ce sujet auprès de la presse argentine sur les soucis d’ordre mentaux de l’actuelle numéro une mondiale qu’il a côtoyée. « Le tennis vous expose constamment à des situations extrêmes dans lesquelles vous devez prendre des décisions en quelques microsecondes, sans compter l'effort physique et mental qu'il exige, indique-t-il. Cette exposition est si grande qu'elle devient beaucoup plus perceptible pour un joueur de tennis d'élite, qui est finalement le seul responsable des décisions qu'il prend, ce qui n'arrive généralement pas dans les sports d'équipe [8] »

Au moment de rencontrer Roger Federer en 2012 sur le court Arthur Ash, Mardy Fish était en position de pouvoir concrétiser ses nouvelles ambitions et donner raison à tous les sacrifices qu’il avait effectués pour tutoyer le très haut niveau. En ligne de mire, il y avait le trophée tant attendu, si lointain. Et l’Américain venait d’avoir 30 ans, un âge où on commence à compter les occasions qu’il reste. Mais surtout, il se retrouvait à gérer ce match dans la peau du numéro 1 américain, un habit particulièrement encombrant.

Contrairement à Mikaela Shiffrin avant de s’élancer sur la piste, l’Américain a peut-être senti qu’il avait plus à perdre qu’à gagner sur cette rencontre. Et la meute de chiens enragés, matérialisées par toutes les attentes qui pesaient sur lui, menaçait de le dévorer.

Iga Swiatek est une grande admiratrice de Mikaela Shiffrin et sa psychologue, Daria Abramowicz, cite souvent la championne américaine comme un exemple en matière de préparation mentale en compétition[9]. Il faut dire que les parallèles sont légions. Comme Shiffrin, Swiatek a été dans une position avec un titre à défendre (Roland Garros), très jeune, alors qu’elle n’abordait que sa 2ème saison sur le circuit WTA. Autant dire qu’elle était particulièrement exposée aux problèmes évoqués par Gaston Briano… « Mon travail actuel, c’est de maintenir la pression de mon statut à distance », avouait-elle ainsi en juin dernier[10].

Contrairement à Gaston Briano qui évoque ces « micro-secondes » qui font un joueur de tennis, Daria Abramowicz insiste sur la notion de « pause ». « Le tennis, de mon point de vue, est un sport basé sur les pauses, dit-elle. Il y a de courtes pauses entre les échanges, les points, les jeux, les sets et les matchs. Puis, dans une perspective plus large, il y a des pauses entre les tournois. C'est vraiment pertinent en ce qui concerne la façon dont nous pouvons aborder le tennis en matière de préparation mentale. [11] »

La prodige polonaise travaille depuis février 2019 avec sa psychologue. Cette dernière constate dans un premier temps une certaine irrégularité chez la jeune joueuse qui a du mal à rester bien concentrée sur le match pendant un temps long. Puis, elle identifie que les premiers accomplissements de son travail d’un match à Toronto contre Karolina Wozniacki. Comment ceux-ci se sont exprimés concrètement ? La psychologue se révèle plus discrète à ce propos. La gestion mentale est quelque chose qui se règle dans le secret… « Vous pouvez probablement le voir dans sa façon d’aborder les changements de côté, indique-t-elle cependant. Par sa manière de respirer, ou de faire d’autres exercices. Et, entre les points, vous pouvez remarquer sa manière de tourner le dos au match, réfléchir un peu et respirer. [12] »

Evidemment, préparation mentale ne signifie pas offrir une « solution clé en main ». L’objectif identifié est « d’aider sa joueuse à mieux se connaitre ».

« La préparation mentale, ce sont des heures de conversation pour qu'Iga puisse évaluer elle-même ce dont elle a besoin à un moment donné et décider par elle-même [13], affirme la jeune psychologue. La préparation mentale ne consiste pas à faire quelque chose pour quelqu'un et à lui donner une résolution toute faite. Il s'agit de donner et de montrer différentes "options" possibles. »

Ces options possibles, Iga Swiatek les intègre à son entraînement pour ensuite les reproduire en match. L’une d’entre elles, par exemple, consistait à se visualiser en train de recommencer le match à partir de zéro à chaque changement de côté, afin de désincarner le match dans sa globalité, son déroulement et ce qu’il induit en termes de gestion des émotions. L’accent est ainsi mis sur le court terme et la répétition. La Polonaise essaye cette méthode en finale WTA 1000 de Rome, contre Karolina Pliskova, un match par essence difficile à appréhender émotionnellement parlant… et cela a été particulièrement concluant. « Quand j’ai demandé le score à mon coach à la fin, il m’a dit 6-0, 6-0 et je lui ai répondu : ‘Vraiment ? Tu ne te trompes pas ?’ Je crois que j’étais vraiment en très bonne forme mentalement [14]. » avoue la jeune joueuse de 20 ans avec étonnement.

Enfin, comme le démontre les problèmes actuels de Naomi Osaka, la gestion de l’exposition médiatique constitue un point primordial en matière de préparation mentale. « Après la victoire d’Iga à Roland Garros, nous avons beaucoup travaillé sur les éléments en dehors du court : la construction d'une marque personnelle, la communication avec l'équipe de management et la sensibilisation à l'aspect commercial du tennis, affirme la psychologue. Si vous vous sentez à l'aise et en sécurité dans ces domaines, vous pouvez alors vous concentrer davantage sur votre tennis, vos entraînements et vos performances. Nous mettons encore plus l'accent sur le maintien de l'équilibre entre le travail et la récupération, surtout avec tous les partenariats qu'Iga a maintenant.[15] »

Iga Swiatek a bien compris que l’attention portée à l’ensemble de ces éléments faisait partis d’un tout, lui permettant de progresser dans sa connaissance de soi. « Daria m’a rendue plus intelligente », assure-t-elle. Son exemple montre en tout cas à quel point les enjeux psychologiques constituent le futur axe de développement incontournable pour les athlètes de haut niveau.

Mardy Fish accomplit lui un autre combat dans la normalisation du recours à des psychologues, qui n’est pas celui du développement personnel, mais celui de l’acceptation des problèmes mentaux dans le tennis. L’ex-8ème mondial travaille actuellement avec l’USTA sur un programme permettant d’offrir plus de ressources aux joueurs ayant des problèmes d’anxiété. « Cela n’a rien à voir avec le fait d’être un dur. Je pratique le kick boxing, je prends n’importe qui sur le ring, bref, cela n’a rien à voir avec ça. Afficher une forme de vulnérabilité, c’est montrer une certaine force selon moi » dit-il avec fermeté.

« Il faut éduquer les gens qui ne comprennent pas ces problèmes de santé mentale, ajoute-t-il enfin. Dire que c’est juste de la santé. Car en fait, on parle de santé mentale mais votre cerveau est une partie de votre corps. C’est une blessure. Mais vous ne pouvez pas la voir[16] ».

Daria Abramowicz ne dit pas moins que le natif du Minnesota, orientant le débat vers les instances de l’ATP et de la WTA. « La tendance est de ne plus parler uniquement de préparation mentale mais davantage de la santé mentale, surtout pendant cette pandémie. Les instances dirigeantes, y compris le tennis, devraient se concentrer davantage sur cela. Je pense qu'il y a un espace pour l'éducation et la sensibilisation. Lutter contre la stigmatisation et sensibiliser les gens à la prise en charge de la santé mentale, c’est ça le plus important selon moi.[17] »


[1]   https://www.nytimes.com/2021/09/06/sports/tennis/mardy-fish-naomi-osaka-netflix.html

[2] https://people.com/sports/mikaela-shiffrin-performance-anxitey-mental-health-heart-of-vail-valley/

[3] https://www.nytimes.com/2021/09/06/sports/tennis/mardy-fish-naomi-osaka-netflix.html

[4] https://www.youtube.com/watch?v=LK-xgajLrlo

[5] https://sportowy24.pl/daria-abramowicz-o-wspolpracy-z-iga-swiatek-zdarza-mi-sie-powiedziec-do-niej-wez-no-wylacz-juz-tez-dzezik-i-pusc-pearl-jam/ar/c2-15256146

[6] https://www.rds.ca/ski/ski-l-approche-mentale-de-l-americaine-mikaela-shiffrin-est-la-cle-de-ses-succes-1.10836206

[7] https://sportowy24.pl/daria-abramowicz-o-wspolpracy-z-iga-swiatek-zdarza-mi-sie-powiedziec-do-niej-wez-no-wylacz-juz-tez-dzezik-i-pusc-pearl-jam/ar/c2-15256146

[8] https://www.elgrafico.com.ar/articulo/1048/44448/gaston-briano-un-trotamundos-del-tenis-podoroska-nos-dara-otra-alegria-a-todos-los-argentinos

[9] https://www.wtatennis.com/news/2041212/-you-are-not-a-machine-swiatek-reacts-to-mikaela-shiffrin-s-wise-words

[10] https://www.tennismajors.com/fr/roland-garros-actualite/roland-garros-simple-femmes-interview-exclusive-avec-iga-swiatek-jai-change-de-statut-413232.html

[11] https://www.ubitennis.net/2021/04/exclusive-qa-with-daria-abramowicz-the-psychologist-behind-iga-switeks-historic-french-open-run/

[12] https://www.tennismajors.com/fr/wta-actualite/daria-abramowicz-permettre-a-iga-swiatek-de-mieux-se-connaitre-elle-meme-415775.html

[13] https://sportowy24.pl/daria-abramowicz-o-wspolpracy-z-iga-swiatek-zdarza-mi-sie-powiedziec-do-niej-wez-no-wylacz-juz-tez-dzezik-i-pusc-pearl-jam/ar/c2-15256146

[14] ibid

[15] https://www.tennismajors.com/roland-garros-news/iga-swiatek-know-herself-better-interview-with-daria-abramowicz-sports-psychologist-roland-garros-415853.html

[16] https://www.nytimes.com/2021/09/06/sports/tennis/mardy-fish-naomi-osaka-netflix.html

[17] https://sportowy24.pl/daria-abramowicz-o-wspolpracy-z-iga-swiatek-zdarza-mi-sie-powiedziec-do-niej-wez-no-wylacz-juz-tez-dzezik-i-pusc-pearl-jam/ar/c2-15256146