Pas facile d’exister dans un calendrier si dense en fin d’année. Habituellement coincé entre le Masters 1000 de Shanghai et deux ATP 500 (Bâle et Vienne) qui eux-mêmes précèdent le Rolex Paris Masters, le tournoi d’Anvers profite de l'annulation de la tournée asiatique pour prendre la lumière. Comme en 2020, Anvers a survécu à la Covid-19. Le tournoi dirigé par Dirk Norman a été maintenu au calendrier de fin de saison. Si la Kremlin Cup a privé le tournoi belge du top 10 mondial, le casting n'en est pas moins assez intéressant malgré les forfaits de Dimitrov, Auger, Carreno, Basilashvili et du tenant du titre Ugo Humbert.

Ce tournoi est très populaire auprès des joueurs, cependant, il est loin le temps où la ville la plus peuplée de Belgique charmait le TOP 5 du classement mondial en promettant au triple vainqueur de l’épreuve, sur une période de 5 années consécutives, une raquette en diamants, rien que ça ! C’était entre 1982 et 1991, et seul Ivan Lendl était parvenu à toucher le Graal, après avoir remporté le tournoi en 1982, 1984 et 1985 – une seule joueuse a réalisé le même exploit, Amélie Mauresmo, victorieuse en 2005, 2006 et 2007. Durant cette décennie, le joueur tchèque s’est même imposé à 5 reprises, ce qui fait de lui le détenteur du record de titres à Anvers. Hormis Lendl, d’autres grands champions ont glané le tournoi flamand, dans l’ordre chronologique, John McEnroe, Goran Ivanisevic, Richard Krajicek, Pete Sampras ou encore Michael Stich, tous des anciens membres du TOP 4.

Après avoir disparu du calendrier à l’issue de la saison 1998, le tournoi d’Anvers a retrouvé une place dans le calendrier depuis 2016. Les joueurs français sont ceux qui s’y sont le mieux illustrés, puisque trois tricolores se sont hissés en finale : Richard Gasquet (victorieux face à Diego Schwartzman) en 2016, Jo-Wilfried Tsonga (victorieux face au même Argentin) en 2017 et Gaël Monfils (défait par Kyle Edmund) en 2018.

Les conditions de jeu y sont plutôt classiques pour une surface indoor, ni trop lentes, ni trop rapides. Depuis 2016, le nombre d'outsiders a atteint 35%, une moyenne assez standard pour un tournoi ATP 250 sur dur. A noter également une grande variabilité avec un pic à 45% en 2016 mais seulement 15% en 2018.

Attention, le tournoi est propice aux surprises : au moins un qualifié a toujours atteint les quarts depuis que la compétition a réintégré le calendrier ATP en 2016. Ce fut le cas Stefanos Tsitsipas en 2017 qui avait perdu en demi-finale contre Diego Schwartzman, Marius Copil en 2019 et en 2016 (quarts de finale) ou encore Ivashka en 2018 mais ce dernier avait déclaré forfait avant son quart de finale. L'an dernier, Giron et Harris ont atteint les quarts de finale. Mais globalement, le bilan des qualifiés au premier tour est négatif avec seulement 6 victoires en 15 matchs.

Pour le moment, le bilan des joueurs belges invités par les organisateurs n'est pas excellent avec 4 éliminations dès le premier tour (De Loore en 2016, Bemelmans en 2018, Coppejans en 2019 et 2020). Seuls Steve Darcis a passé le premier tour en 2016 face à Benoît Paire et Zizou Bergs l'an passé face à Albert Ramos.

Dans ce tournoi, les 4 meilleures têtes de série sont exemptées de premier tour et font leur entrée en lice en 8èmes de finale. Voici le bilan des 32 têtes de série à Anvers depuis 2016 :
– 55% ont gagné au 1er tour
– 58% ont gagné en 2ème tour
– 50% ont atteint le dernier carré et 7 en finale sur 10 (dont 3 titres sur 5 possibles).

Ce tournoi est souvent donc l'occasion pour les jeunes joueurs de performer puisque les fins de saison sont souvent propices aux surprises entre les joueurs fatigués et ceux qui sont moins motivés parce que éliminés ou déjà qualifiés dans la course au Masters. La finale de l'an passé entre De Minaur et Humbert en est le parfait exemple. Sinner et Humbert s'étaient hissés en demi-finale en 2019 tout comme Tsitsipas en 2017 ou encore Kyle Edmund en 2016.

Premier quart du tableau

Jannik Sinner est le favori de cette partie la plus haute du tableau et favori tout court de l’épreuve. Si le jeune italien de 20 ans vient de chuter de deux places au classement ATP (N°16), il se trouve encore en position de venir décrocher l’un des deux derniers billets pour le Tournoi des Maîtres qui se dispute mi-novembre à Turin. Une double motivation, puisqu’outre l’attrait de faire partie des 8 meilleurs joueurs de l’année, le natif de San Candido entrevoit la possibilité d’achever la saison à la maison. Nombreux sont les arguments permettant d’imaginer le protégé de Riccardo Piatti empocher les 250 points promis au vainqueur de l’épreuve belge. D’abord, s’il a échoué en huitième de finale à Indian Wells, il demeure dans une forme intéressante. En l’espace de deux mois et demi, il a glané deux trophées, à Washington (dur extérieur) et Sofia (dur intérieur). Ensuite, les conditions indoor lui réussissent souvent très bien. Il s’y est imposé à deux reprises (Sofia 2020 et 2021) et présente un bilan flatteur dans cet environnement, 25 victoires pour 11 défaites (70% de réussite), dont une demie… à Anvers il y a deux ans.

Pour son premier match dans la compétition, Sinner ne sera pas dépaysé. Il affrontera à coups sûr une connaissance, en la personne d’un compatriote, soit Lorenzo Musetti, soit Gianluca Mager. Les deux joueurs sont au coude-à-coude au classement (N°69 et N°67). Le plus jeune (19 ans) a remporté cette année leur premier duel, mais il se jouait sur terre battue, à Parme. Sur dur et sous un toit, la donne pourrait changer même Musetti s'était imposé en indoor en Challenger fin 2019 face à Mager. Ce dernier reste sur deux bonnes victoires dans ces conditions de jeu à Sofia (quart de finale, après avoir battu Adrian Mannarino et Miomir Kecmanovic). De son côté, le jeune Toscan connaît une bien mauvaise période : seulement deux petits succès lors de ses 12 dernières sorties, un long tunnel duquel Musetti ne parvient pas à s’extirper, victime de son manque de régularité au cours d’un seul et même match. D'abord outsider, Mager est désormais favori de la rencontre. L’autre huitième de finale de ce premier quart du tableau est déjà connu. Il mettra aux prises l’une des révélations tricolores de la saison, Arthur Rinderknech au Serbe Dusan Lajovic. Les supporters français ont bon espoir de voir celui qui pointe désormais au 65ème rang mondial rejoindre les quarts, étant données ses performances sur dur intérieur. D’ailleurs, les bookmakers ne s’y trompent pas et lui donnent le costume de favori. Gros serveur, gros frappeur et joueur offensif, le Bleu a obtenu ses meilleurs résultats sur terre, mais aussi sous un toit : titre à Istanbul et demies à Cherbourg et Rennes - 3 tournois Challenger -, ainsi qu’un quart à Marseille (ATP 250). Au premier tour de l’épreuve flamande, il a dominé sans trembler un joueur médiocre en indoor, mais 40ème mondial néanmoins, Federico Delbonis. Rinderknech peut transformer l’essai en venant à bout de Lajovic, qui a lui battu un ancien vainqueur du tournoi, Richard Gasquet, mais dont on ne peut pas dire qu’il soit en grande forme : c’était seulement son deuxième succès depuis début août.


Deuxième quart du tableau

Le joueur le mieux classé dans cette zone du tableau n’est peut-être pas celui qui parviendra à se qualifier pour le dernier carré. En effet, si la constance et l’abnégation de Roberto Bautista-Agut n’ont plus besoin d’être soulignées, il se trouve que ce dernier peine à réaliser une saison aussi pleine que les années précédentes. Un bilan de 28 victoires pour 22 défaites n’a rien d’infamant, mais il fait un peu tâche pour un athlète dit « baromètre », habitué à perdre peu, et surtout contre les cracks du circuit. Au contraire, celui qui est n’est classé que 20ème à l’ATP, plutôt qu’entre la 10ème et la 15ème place, ses standards, a cédé plusieurs fois face à des joueurs à sa portée (Alejandro Davidovich-Fokina, Henri Laaksonen, Arthur Rinderknech, Pedro Martinez). Reste que la plupart de ses échecs ont eu lieu sur terre battue, sa moins bonne surface, et qu’il reste bien plus solide sur gazon et sur dur - il a atteint les huitièmes de finale à Wimbledon et s’est hissé en finale à Montpellier et Doha. Dans les conditions indoor, le Valencien a déjà remporté un tournoi (Sofia 2016) et disputé quatre finales supplémentaires. À Anvers, RBA dispose donc de bonnes chances de bien figurer, charge à lui de se montrer un poil plus tenace, lui qui a perdu dernièrement quelques combats longue distance qu’il avait pris la bonne habitude de gagner.

Pour commencer, l’Espagnol sera opposé au vainqueur de la rencontre entre Marton Fucsovics et Dennis Novak. Le premier part avec une longueur d’avance, car mieux classé (N°39 contre N°114), le second étant toutefois issu des qualifications donc déjà dans le bain. L’Autrichien a un vrai coup à jouer. D’abord, il vit une belle période, dont le point d’orgue fût sa finale au Challenger d’Orléans, après avoir dominé de bons joueurs (Grégoire Barrère, Corentin Moutet et Henri Laaksonen). Ensuite, le Hongrois est tout l’inverse d’un monstre insubmersible depuis le début de l’été : une mini victoire (contre Yosuke Watanuki, modeste N°255) pour 6 défaites ! Reste juste à savoir si Novak aura digéré physiquement son deuxième tour de qualification remporté en 2h45 minutes face à Andreas Seppi (7-6, 3-6, 7-6).

Finalement, c’est peut-être l’autre tête de série de ce quart de tableau qui pourrait s’en sortir le mieux, et pourquoi même viser la victoire finale. Dire que Lloyd Harris a progressé cette année relève presque de la litote, tant ce dernier a réalisé de belles choses, s’appuyant sur de grosses frappes au service et en coup droit, et affirmant une solidité physique et mentale de plus en plus proche de celle d’un TOP 10. Aujourd’hui N°32 à l’ATP, le Sud-Africain n’a pas encore remporté de trophée, mais il a atteint une deuxième finale en début de saison (Dubaï). Surtout, il a rejoint son premier quart en Majeur (US Open) et a dominé de très forts joueurs (Dominic Thiem, Denis Shapovalov, Rafael Nadal, Karen Khachanov). Pour la petite histoire, il jouera cette semaine le double avec l’un de ses coachs, Xavier Malisse, qui revient aux affaires à 41 ans, cinq ans après son dernier match en double lors d’un Challenger. En simple, normalement, son entrée en lice devrait être une formalité. En l’absence de David Goffin, il affronte l’unique local de l’étape, Zizou Bergs, 186ème joueur mondial. Malgré cet écart conséquent au classement, Harris aurait tort de ne pas se méfier. Il y a un an, le jeune belge alors âgé de 21 ans était 528ème et s’était offert le scalp d’Albert Ramos-Vinolas, avant de faire trembler Karen Khachanov. Depuis, il a remporté 3 tournois Challenger, dont deux sur dur intérieur (Saint-Pétersbourg et Lille). De quoi donner confiance… Et créer une immense surprise ?

Si c'est le cas, il pourrait retrouver sa victime de l’année dernière, Albert Ramos-Vinolas. Le Catalan n’a pas encore joué en indoor cette année et n’a jamais réussi à trouver ses repères dans cet environnement (38% de réussite seulement) propice aux joueurs qui frappent fort et à plat. Cela dit, le greenset de la ville flamande n’est pas extrêmement rapide et l’Espagnol s’est montré à son aise sur dur extérieur la semaine dernière à Indian Wells, dominant Lorenzo Musetti et Felix Auger-Aliassime. Comme quoi, Jan-Lennard Struff, son adversaire au premier tour, favori selon les bookmakers, aurait plutôt intérêt à faire attention, d’autant qu’il est loin de briller dernièrement (3 succès en 10 matchs, avec une défaite d’entrée à Metz contre Mikael Ymer). En revanche, voici une note encourageante pour l’Allemand : il ne semble pas trop gêné par les gauchers (5 victoires pour 3 revers cette année).    


Troisième quart du tableau

Le troisième quart du tableau est sans doute le plus ouvert, en tout cas celui où pourraient émerger un certain nombre de surprises. La tête de série la plus élevée, Cristian Garin, n’est pas en grande forme et n’a pas joué cette saison sur dur indoor. La tournée nord-américaine en outdoor s’est transformée en désastre, avec deux petits tours passés en quatre tournois (Toronto, Cincinnati, US Open et Indian Wells). Les deux seuls joueurs que le Chilien a battu ne figurent même pas dans le TOP 100 (Norbert Gombos et Ernesto Escobedo). Bref, le 17ème mondial débarque en terre belge avec peu de sérénité, et c’est un euphémisme. Quelque soit son futur adversaire en huitième de finale , il se trouvera forcément dans une situation délicate.

Ce sera soit Alejandro Davidovich-Fokina, soit Jordan Thompson. Et ce même si les deux tennismen n’ont pas obtenu de résultats probants depuis cet été. Après son quart de finale à Roland Garros, le jeune espagnol de 22 ans a davantage perdu que gagné (5 succès, 9 revers) et n’a passé qu’un tour à Metz et Sofia confondus. Depuis sa demie à Newport, l’Australien a alterné le bon et le moins bon (6 victoires, 7 défaites). Il a su battre un joueur de qualité, tel Lloyd Harris, mais a également chuté contre le N°901 à l’ATP (August Holmgren). Sur dur indoor, ils ne présentent pas de grandes références, hormis un joli parcours pour Davidovich à Paris-Bercy la saison dernière (4 succès, qualifications comprises), peut-être la raison pour laquelle les bookmakers le placent en favori. Mais comme Thompson aime les trajectoires rectilignes et le rebond des balles belges pourrait très bien lui permettre de poser quelques problèmes à son adversaire.      

Le hasard du tirage au sort a placé dans la même partie de tableau que Garin une autre tête de série qui a rencontré quelques difficultés, certes moindres, ces derniers jours, en la personne de Reilly Opelka. Après sa finale au Masters 1000 de Cincinnati et son huitième de finale à Flushing Meadows, le géant américain n’a gagné qu’un match à Indian Wells, contre le N°123 mondial, Taro Daniel. Il a d’ailleurs expliqué « ne pas aimer » les conditions de jeu de l’épreuve californienne et arrive à Anvers avec l’espoir de prendre une bouffée d’air. Mais rien n’est sûr, car bizarrement, le yankee n’a jamais vraiment réussi à briller sur dur intérieur. En début d’année, il a perdu le seul match qu’il a joué dans cet environnement, à Rotterdam, face à Marton Fucsovics. Il y a un an, il s’était incliné d’entrée à Anvers contre son compatriote, Taylor Fritz. Et en carrière, s’il s’est offert le tournoi de New York en 2019, son bilan global demeure assez neutre (56% de victoires). Comme on a parfois l’impression que le niveau de jeu du joueur US dépend souvent de son état de forme et de sa motivation, il est difficile de se prononcer sachant que les Américains brillent très rarement en Europe... A quelques exceptions près...

On aura déjà une petite tendance à l’issue de son match inaugural, qu’il jouera contre son compatriote Jenson Brooksby, loin d’être une sinécure. Le jeune américain de 20 ans a facilement passé le cap des qualifications sans perdre un set. Celui qui a résonné dans toutes les têtes tel un tube estival grâce à sa finale à Newport, une demie à Washington et un huitième à l’US Open, accrochant au passage Novak Djokovic, n’a peur de rien. Il cherche à devenir un jour le meilleur joueur de la planète, ce n’est donc pas un grand gaillard de 2m11 qui va le faire sourciller, d’autant que le retour de service est l’une de ses qualités principales. À tel point que c’est bien lui qui se trouve en position de favori selon les bookmakers ! Attention tout de même, ce sera son premier tableau principal en indoor et jouer Opelka, si ce dernier sert le feu, demeure l’un des plus gros défis sur le circuit. Au tour suivant, le survivant américain aura le droit de défier Botic van de Zandschulp, étonnant quart de finaliste à Flushing Meadows, et qui a dominé au premier tour à Anvers l’Australien Alexei Popyrin qui aspirait à mieux, lui qui avait glané son premier trophée sur dur intérieur en début d’année à Singapour.     


Quatrième quart du tableau

Soyons clair, le dernier quart du tableau est très excitant. Pêle-mêle, on y retrouve un ancien vainqueur de Grand Chelem (Andy Murray), un ancien TOP 10 (Diego Schwartzman), un joueur qui a proposé un beau spectacle à Indian Wells (Alex de Minaur) et deux showmen (Benoit Paire et Frances Tiafoe). Il l’a dit et répété, depuis le début de la pandémie, les protocoles sanitaires sur le circuit et les obligations et restrictions pour rentrer chez lui ont rendu sa vie moins joyeuse. D’ailleurs, ses résultats sont logiquement moins bons que les saisons précédentes. Diego Schwartzman a hâte de fouler de nouveau sa terre natale, mais avant de retourner au pays, le voici à Anvers pour tenter d’écrire enfin son nom au palmarès du tournoi, dont il a atteint par deux fois la finale contre Gasquet et Tsonga. Pas fan des Français donc, le 14ème mondial n’a rien à craindre de ce côté là avant un éventuel affrontement contre Benoit Paire en quart de finale. D’ici là, le petit argentin, qui a retrouvé quelques couleurs à Indian Wells en remportant 3 matchs avant d’exploser en plein vol en quart face à Cameron Norrie, devra goûter un cadeau empoisonné, soit le vainqueur du duel qui va opposer Frances Tiafoe à Andy Murray.

Entre un joueur qui aime créer du jeu autant que mettre l’ambiance et un autre qui est à la recherche de victoires significatives pour relancer sa dernière partie de carrière, on peut s’attendre à un bon petit match bien salé. Pour rappel, c’est à Anvers que l’Écossais a redécouvert avec émotion la joie de soulever un trophée. C’était en 2019 et c’est l’unique titre qu’il a remporté depuis ses opérations à la hanche. En ce moment, ça va plutôt bien pour le Britannique. Certes, il a encore chuté au classement après sa défaite au troisième tour à Indian Wells, mais il a montré qu’il valait encore bien mieux que le chiffre (N°172) à côté duquel est apposé son nom. Battre Ugo Humbert à Metz et Carlos Alcaraz en Californie a donné de l’espoir à l’ancien numéro un mondial. Mais attention, contrairement au Français et à l’Espagnol, Tiafoe a accumulé ces dernières années assez d’expérience pour ne pas forcément tomber dans le piège tendu par Murray. D’ailleurs, il a remporté leur dernier affrontement il y a quelques semaines à Indian Wells. Aussi, il a signé quelques victoires intéressantes, comme celle contre Andrey Rublev à l’US Open et celle face à Sebastian Korda à Indian Wells. C’est donc un match ouvert et indécis qui se présente entre les deux hommes.

Indécise aussi, la rencontre qui va opposer Alex de Minaur, tête de série N°6, et Brandon Nakashima, l’autre tube de l’été aux Etats-Unis avec Jenson Brooksby. Le jeune américain de 20 ans a bien géré le passage obligé en qualifications en dominant Fernando Verdasco, puis Pierre-Hugues Herbert. Lui qui va jouer son premier tableau principal en indoor possède le jeu, puissant et en timing, pour inquiéter l’Australien. Mais s’il y a encore dix jours, on aurait parié sur un succès quasi certain du 79ème mondial, le parcours de de Minaur à Indian Wells a de quoi largement nuancer notre avis. En effet, après 7 défaites en 8 rencontres, le N°26 à l’ATP a passé deux tours dans le Masters 1000 Californien, dont un contre Cristian Garin, mais a surtout failli faire tomber Stefanos Tsitsipas (6-7, 7-6, 6-2), en sortant une défense de fer et quelques coups d’attaques réjouissants - notamment au filet. S’il poursuit dans la même lignée, il devrait pouvoir s’imposer, poussant Nakashima à la faute. Pour mémoire, Alex de Minaur a de bons repères sur indoor (67% de réussite), et plus particulièrement à Anvers, puisqu’il s’est hissé jusqu’en finale l’année dernière, ne cédant que face à Ugo Humbert, après avoir dominé Richard Gasquet et Grigor Dimitrov.

La dernière rencontre de cette partie la plus basse du tableau sera l’occasion pour Benoit Paire de se rattraper après quelques échecs lors de 5 derniers tournois. À Winston-Salem, l’US Open, Nur-Sultan, Sofia et Indian Wells, il n’a gagné que deux matchs au total. Pour briller, le Français devra se souvenir que le dur intérieur lui a sourit, à Montpellier (2013) et Metz (2017), deux épreuves où il est allé jusqu’en finale. Reste que son ratio n’est pas du tout fameux dans ces conditions de jeu, avec un petit score de 43% de victoires. Les bookmakers ne croient pas en lui et donnent le dossard de favori à son adversaire, Henri Laaksonen. Il est vrai que le Suisse a déjà dominé le tricolore dans le même environnement (même si la surface était plus rapide), à Bâle en 2019. Autre raison de ce son ballotage favorable, ses récents résultats qui lui ont permis de réintégrer le TOP 100 (N°99) après 27 succès en 32 matchs, impressionnant ! Une réussite maximale qui l’a vu empocher le titre au Challenger d’Orléans sur dur intérieur, atteindre la finale d’un autre tournoi de cette catégorie à Braunschweig (terre battue), les quarts à Bastad (ATP 250), et le troisième tour à Roland Garros et l’US Open, en s’extirpant à chaque fois des qualifications. Il a d’ailleurs fait de même à Anvers, ce qui lui permet non seulement d’être dans le rythme, mais aussi d’espérer avec de solides arguments passer l’obstacle Benoit Paire.