Malgré un classement inférieur (N°65 contre N°33), Arthur Rinderknech possède de bonnes chances de se qualifier pour les quarts de finale face à Dusan Lajovic. En effet, l’une des révélations de l’année (il était 130ème début janvier) a réalisé de très belles performances cette saison sur dur intérieur. Les bookmakers ne s’y trompent pas et lui donnent le costume de favori. Gros serveur, gros frappeur et joueur offensif, le Bleu a obtenu ses meilleurs résultats sur terre, mais aussi sous un toit : titre à Istanbul et demies à Cherbourg et Rennes - 3 tournois Challenger -, ainsi qu’un quart à Marseille (ATP 250). Il a par exemple battu Brandon Nakashima, Alejandro Davidovich Fokina et Lucas Pouille. Pas des cadors du circuits mais cela tombe bien, le Serbe est loin d'être une terreur en indoor. Au premier tour de l’épreuve flamande, le Français a dominé sans trembler (5 points perdus seulement derrière sa première) un joueur médiocre sur indoor, mais 40ème mondial, Federico Delbonis. Un succès qui n’a rien d’un hasard, puisqu’il avait déjà battu l’Argentin sur ocre à Kitzbühel. Rinderknech peut transformer l’essai en venant à bout de Lajovic, qui a lui sorti un ancien vainqueur du tournoi, Richard Gasquet. Mais le Serbe est loin d’être en grande forme. Sa victoire contre le Biterrois n’est que sa deuxième depuis début août. En outre, le natif de Belgrade n’a jamais brillé dans ces conditions de jeu (seulement 38% de victoire) et encore moins face à des grands serveurs (seulement 2 victoires pour 6 défaites). Il a par exemple été éliminé d’entrée par Dennis Novak, 102ème à l’époque, dès son entrée en lice à Montpellier en début d’année. Lajovic est dépendant de son lift, et c’est pour cette raison qu’il est meilleur sur terre que sur les autres surfaces. Si Rinderknech parvient à ses fins, ce serait sa première victoire sur dur indoor contre un joueur classé parmi les 35 meilleurs joueur du monde (il a déjà battu deux TOP 20 sur terre). 


Botic van de Zandschulp vs Jenson Brooksby
Plus les jours avancent et plus ils confirment. Tous les deux ont émergé cette année et les dernières semaines ont validé leur potentiel. Autant dire que le vainqueur de ce duel renforcera encore davantage la confiance acquise depuis quelques mois. Les deux joueurs sont très proches au classement. N°62, Botic van de Zandschulp a surpris l’Amérique en ralliant les quarts de finale de l’US Open. Quelques victoires marquantes (Casper Ruud et Diego Schwartzman) qui ont mis en lumière ses résultats précédents en Challenger (une finale et trois demies sur terre). N°70, le patronyme de Jenson Brooksby a résonné dans toutes les têtes cet été grâce à sa finale à Newport, une demie à Washington et un huitième à l’US Open, accrochant au passage Novak Djokovic. Le jeune américain de 20 ans n’a peur de rien : il a déjà affirmé vouloir devenir numéro un mondial. Contre Reilly Opelka, il a une nouvelle fois montré ses qualités indécentes de relanceur. Deux breaks en quatre occasions, puis une facilité déconcertante pour assurer derrière sa propre mise en jeu (85% de réussite derrière sa première, 62% après la seconde, aucune balle de break concédée). Le Néerlandais de 26 ans a bien géré aussi son entrée en lice. Il a dominé l’Australien Alexei Popyrin, pourtant à l’aise sur dur intérieur puisque vainqueur de son premier trophée à Singapour en début d’année, en lui infligeant une bulle dans le troisième set. La partie s’annonce serrée et tactique. Les deux hommes aiment jouer en contre, avec la vitesse de la balle adverse. L’un comme l’autre n’ont aucune (ou presque aucune) expérience du dur intérieur sur le circuit principal. Le yankee semble disposer de davantage de qualités intrinsèques, notamment pour créer du jeu, mais il faut attendre de voir si ces conditions lui conviennent. Normalement, vu que son style un peu atypique ressemble à celui de Daniil Medvedev (sans son gros service), sacré à Paris Bercy et au Masters la saison dernière et vainqueur de 6 épreuves indoor, la surface devrait le satisfaire. En tout cas, Brooksby est donné largement favori par les bookmakers. Peut-être un peu trop d'ailleurs...


Alejandro Davidovich Fokina vs Cristian Garin
Restant sur des performances trop moyennes dernièrement, ils tenteront de bien terminer cette saison. Davidovich a été plutôt convaincant sur son premier tour face à Thompson. Une victoire en deux sets où il a su être agressif sur les deuxièmes balles de l'Australien (59% de points gagnés). Après son huitième de finale à Rome puis son quart à Roland Garros, il a eu du mal à enchaîner. Sa tournée américaine ne fut pas une grande réussite avec des défaites au premier tour de Toronto, Cincinnati et de l’US Open. Après une élimination au second tour d’Indian Wells la semaine passée, il a bien redémarré sur son premier match mais doit maintenant confirmer face à un adversaire peu à son aise sur indoor. En effet, Garin est plus adepte de terre battue où il affiche 66% de victoires. En indoor, son bilan chute à 39% et il n’a joué que deux matchs cette saison sur cette surface. Peu en réussite dernièrement, il affiche seulement 3 victoires lors de ses 9 dernières rencontres. Lui aussi a subi une campagne américaine compliquée avec une seule victoire à l’US Open face à Gombos. Il a ensuite été dominé par Laaksonen et avait auparavant perdu au premier tour à Toronto et Cincinnati. Pour le 17ème mondial, c’est vrai que ce sont des performances bien en décalage avec son réel niveau de jeu. Il est beaucoup plus friable surtout sur ses mises en jeu où il laisse trop de possibilités à ses adversaires. On ne le sent pas forcément très heureux de jouer sur cette surface. C’est pourquoi, Davidovich, avec sa capacité à se donner à 200% sur un court, devrait pouvoir disposer du Chilien. Et c'est logique de le voir favori de cette rencontre.


Jannik Sinner vs Lorenzo Musetti
Y a pas photo ? C’est ce que martèlent les bookmakers en proposant un tel écart de cotes entre les deux pépites italiennes (1,20 pour le premier, 5,30 pour le second). Un gap qui paraît bien trop conséquent quand on connaît les qualités - nombreuses - des deux jeunes joueurs. Mais dans les faits, rien n’indique que le cadet (19 ans) peut créer la surprise. S’il a dominé lors du premier tour un autre compatriote, Gianluca Mager, le Toscan tangue sur une vague périlleuse. Avant Anvers, il n’avait remporté que deux petits matchs lors de ses 12 dernières sorties, victime de son manque de régularité et d’erreurs trop fréquentes. L’aîné (20 ans) arrive en Belgique avec beaucoup plus de confiance. En l’espace de deux mois et demi, il a glané deux trophées, à Washington (dur extérieur) et Sofia (dur intérieur). Les conditions indoor lui réussissent très bien. Il présente un bilan flatteur, 25 victoires pour 11 défaites (70% de réussite), avec au passage deux titres (Sofia 2020 & 2021) et une demie… dans la ville flamande il y a deux ans. Le natif de San Candido vise une place au Masters. De quoi accroître sa motivation. Sous un toit, le N°13 mondial devrait prendre de vitesse Musetti, sans doute en pilonnant son revers à une main. Enfin, en général, Sinner aime jouer (et corriger) ses compatriotes : 14 succès pour 2 revers dans toute sa carrière, circuit principal et Challenger confondus.