Tête de série n°1, Jannik Sinner a tenu son rang tout au long de la semaine pour se hisser pour la 5e fois de la saison en finale d’un tournoi ATP, moins d’un mois après avoir décroché le titre à Sofia. L’Italien n’a perdu qu’une finale en carrière (au Masters de Miami) en 7 participations et a déjà montré qu’il savait gérer ce genre d’évènement malgré son jeune âge. Alors qu’il avait été titré en Bulgarie sans concéder le moindre set, il a été tout aussi solide cette semaine, ne lâchant pas la moindre manche face à Lorenzo Musetti (7-5, 6-2), Arthur Rinderknech (6-4, 6-2) et Lloyd Harris (6-2, 6-2). Cette saison, Sinner a remporté 14 des 17 matchs qu’il a joués lors des ATP250 sur dur. Il sera opposé à Diego Schwartzman, que l’on retrouve à ce stade pour la 12e fois de sa carrière et pour la 5e fois en indoor. L’Argentin n’a pas un très bon taux de réussite en finale (4/11), mais il en a disputé 7 contre des joueurs mieux classés. En indoor, il n’a jamais réussi à s’imposer et n’a pris un set qu’à une seule reprise. Actuellement, Schwartzman est dans une très bonne dynamique et ses résultats sont meilleurs depuis la tournée américaine. Après un quart à Indian Wells, il a signé une nouvelle très bonne semaine en se débarrassant d’Andy Murray, Brandon Nakashima et Jenson Brooksby. L’Argentin n’est pas qu’un joueur de terre et a déjà prouvé à maintes reprises qu’il pouvait être très dangereux sur les surfaces rapides (c'est par exemple sa 3ème finale à Anvers). Cependant, il a un vrai blocage face aux tops joueurs sur cette surface. Depuis 2018, il n’a remporté que 18% de ses matchs face au Top 20 sur dur. Il a tout de même un peu brisé la malédiction contre Ruud à Indian Wells puisqu’il restait sur 14 défaites de rang. Si la vivacité et la rapidité de Schwartzman en ont fait souffrir plus d’un, Jannik Sinner lui, ne semble pas être vraiment en difficulté face aux petits gabarits. En 8 confrontations sur dur face aux joueurs de moins d’1m78, l’Italien est tout bonnement invaincu sur les circuits ATP et Challenger (McDonald, Goffin, Kohlschreiber, Gaston, Gaio, Lee, Vilella). Au classement, les deux hommes sont très proches (Schwartzman 14e et Sinner 16e), mais la surface confère logiquement un avantage à l’Italien. Pour les bookmakers, c’est un 60-40 en faveur de Sinner.

L’œil de Florent Serra : Cette finale nous offrira une belle opposition de style. Sinner ne varie pas beaucoup et frappe très fort. Son style de jeu s’adapte très bien à l’indoor où les jeux en cadence fonctionnent souvent à merveille. Il se déplace bien et ne rate pas tant que ça. Cette semaine, je trouve aussi qu’il sert plutôt bien. Mais attention, en face, il y a une petite mobylette qui contre bien, surtout en revers, qui est capable de lui faire jouer le coup supplémentaire. Il est capable de changer les rythmes, ce qui peut perturber l’Italien. Après, a-t-il assez de confiance cette saison pour rentrer dans ce gros combat et le faire rater ? C’est pour cette raison qu’il devra beaucoup varier en jouant court croisé, en faisant des amorties. Je ne suis pas sûr qu’il puisse y arriver en indoor. À mon avis, il peut manquer de puissance sur la longueur du match face à un rouleau compresseur comme Sinner. C’est un tournoi qu’il apprécie, mais c’est tout à fait logique de voir partir l’Italien avec cette cote. Je trouve qu’elles sont bien ajustées. Ce ne sera sans doute pas un match facile, mais Sinner a tout en main pour remporter le titre.