Avant le Masters 1000 de Paris-Bercy, c’est le dernier tournoi d’importance (500 points en jeu pour le vainqueur). Une occasion rêvée pour les prétendants aux deux derniers tickets pour le Masters de se rapprocher de leur objectif. À ce titre, ils sont 10 encore en course à s’aligner dans l’épreuve autrichienne, même s’il faudra un miracle pour certains (Harris, Opelka, Schwartzman, Basilashvili et Carreno-Busta) afin de rejoindre Turin. C’est plus crédible pour Auger-Aliassime, Sinner, Norrie, Hurkacz et Ruud, ces deux derniers étant pour le moment virtuellement qualifiés. On en oublie presque de signaler la présence de 5 membres du TOP 10 (Tsitsipas, Zverev, Berrettini, Ruud et Hurkacz), qui embellissent un plateau prestigieux et qui ne manque pas d’enjeux. Historiquement, la compétition a sacré de grands noms du tennis : Ivan Lendl, André Agassi, Boris Becker, Pete Sampras, Roger Federer, Novak Djokovic ou encore Andy Murray. Lors des 3 dernières éditions, ce sont encore des gros bras qui se sont imposés : Kevin Anderson, Dominic Thiem et Andrey Rublev. Cette domination des « cracks » du circuit n’a pas empêché quelques outsiders de réaliser quelques belles percées : les qualifiés Mikhaïl Kukushkin (demie) et Aljaz Bedene (quart) en 2018 et 2019, et, plus fort encore, le lucky loser Lorenzo Sonego (finale) en 2020.

Présent au calendrier ATP sans interruption depuis 1976, l'ATP a pu sauver le tournoi autrichien l'an dernier malgré la pandémie. Depuis 2015, il est inscrit dans la catégorie ATP 500 mais ouvre généralement quelques perspectives aux joueurs non membres du top 20. Récemment, Verdasco et Kukushkin ont atteint les demi-finales (2018), Pouille et Tsonga se sont retrouvés en finale (2017), Tsonga également finaliste en 2016 après avoir battu Karlovic en demi-finale. Cependant, en l'absence du tournoi de Bâle et de toute la tournée asiatique, le casting de cette édition 2021 est presque digne d'un Masters 1000.

Tradionnellement lentes, les conditions de jeu à Vienne furent assez rapides l'an dernier et les premiers matchs de qualifications ce samedi ont confirmé cette tendance. Depuis 2009 comme depuis 2015, il y a eu 32% d’outsiders (dont 36% en 2020 et 45% en 2018) Depuis 2015, Lucas Pouille est le seul joueur non-tête de série à avoir remporté le tournoi. Et ils ne sont que deux avec Philipp Petzchner sur les 23 dernières éditions à avoir réalisé cette exploit. Voici le bilan des têtes de série sur les 11 dernières éditions :
- 74% s’imposent au premier tour
- 71% s’imposent au 2ème tour
- 62% sont présents en demi-finale

Les qualifiés remportent 43% de leur match au premier tour mais un seul d’entre eux a atteint les demi-finales sur les 10 dernières éditions (Kukushkin en 2018).

Vienne est un tournoi vraiment très particulier qui peut s'adapter à tous les styles de jeu : les contreurs, les serveurs, les travailleurs, les retourneurs, les offensifs comme les défensifs... C'est pour cela qu'on retrouve Ferrer ou Murray au palmarès ou encore Nishikori et Schwartzman en finale sur les dernières éditions. L'an passé, Dan Evans s'était invité dans le dernier carré. Mais on a pu voir aussi Del Potro, Tsonga ou Anderson remporter le titre ou encore Johnson, Monfils et Cilic en finale. Vous l'aurez compris, difficile d'y voir clair. Cette surface hybride remet à plat tous les niveaux et tous les styles de jeu. L'état de forme et le niveau de confiance restent en revanche des critères inamovibles. La motivation sera la clé principale. En fin de saison, beaucoup de joueurs sont en roue libre. Mais d'autres ont des objectifs (classement, Masters, NexGen, primes avec leur sponsor) à atteindre.

1er quart du tableau

Il vient à Vienne pour préparer le Masters de fin d’année. Avec comme objectif d’être « couronné » - ça tombe bien, c’est littéralement ce que signifie son prénom en grec -, après un premier sacre à Londres en 2019. Tête de série N°1, Stefanos Tsitsipas fait forcément partie des grands favoris du tournoi autrichien. Après Indian Wells, qu’il a quitté dès les quarts de finale, dominé par un intraitable Nikoloz Basilashvili, le 3ème joueur mondial a pris quelques jours de vacances aux Açores. De quoi recharger les batteries et surtout reprendre ses esprits, après quelques sorties où il a affiché lassitude et frustration. Ce fut le cas à Toronto (demi-finale vs Opelka), Cincinnati (demi-finale vs Zverev), l’US Open (troisième tour vs Alcaraz) et donc en Californie. On en oublierait presque qu’il réalise une excellente saison (54 victoires, 16 défaites), ponctuée par deux trophées, dont son premier en Masters 1000 (Monte-Carlo) et trois finales supplémentaires, dont sa première en Grand Chelem (Roland Garros). Derrière la terre battue (74% de victoires), c’est sur dur intérieur qu’il présente son meilleur ratio (67%). Il a remporté 4 de ses 7 titres dans ces conditions et n’a jamais perdu une finale dans cet environnement.

Attention, le Grec aura fort à faire dès son entrée en lice. Il sera opposé à Grigor Dimitrov, aussi brillant qu’instable. Alors qu’il vivotait au cours d’une saison neutre, le Bulgare s’est réveillé d’un seul coup pour émerveiller le public décimé d’Indian Wells. Slices de revers, coups droits agressifs, jeu de jambes au poil, il s’est projeté jusqu’en demi-finale du Masters 1000 californien. Le tout en écartant le N°2 mondial (Medvedev), un immense serveur et TOP 20 (Opelka), et un prétendant au Masters (Hurkacz). De quoi avoir accumulé assez de confiance pour faire tomber d’entrée Tsitsipas ? Rien d’évident, mais deux statistiques pourraient l’aider à croire en ses chances. D’abord, comme le Grec, il a déjà été flambé sur dur indoor. Le 21ème mondial a glané 3 trophées sous un toit, dont le Tournoi des Maîtres (2017). Ensuite, c’est lui qui a remporté le dernier duel entre les deux hommes. C’était l’année dernière, il y a pile un an. Où ça ? À Vienne, bien sûr ! Tiens, tiens…

Encore en course pour le Masters, mais avec 1000 points de retard sur le dernier qualifié, Diego Schwartzman devra réaliser un sans-faute, en Autriche puis à Paris, et espérer voir ses concurrents s’effondrer, pour réussir l’improbable, à savoir rallier le cité turinoise. En tout cas, le petit argentin est en forme. Dans une saison en demi-teinte, le voici en train de recouvrer un bon petit niveau, lui permettant d’atteindre les quarts à San Diego et Indian Wells, ainsi que de rejoindre la finale à Anvers, déjà sur dur intérieur. Sur cette surface, il a déjà prouvé avec 5 finales au total. Normalement, il ne devrait pas être trop inquiété par Fabio Fognini, en roue libre et intermittent depuis la reprise du circuit il y a un peu plus d’une année. Son bilan est négatif (23 succès, 26 revers) et il ne pointe aujourd’hui qu’au 36ème rang. Sous un toit, il n’y arrive pas vraiment (46% de victoires en carrière), même si l’Italien a déjà disputé 3 finales (Saint-Pétersbourg 2012 et 2017, Moscou 2016). La dernière fois que le natif de San Remo a joué contre Schwartzman, c’était en 2017… à Vienne. L’Argentin s’était imposé en 3 manches.

Un autre italien se trouve dans cette partie de tableau. Il s’agit de Lorenzo Musetti. Le jeune toscan de 19 ans, invité par les organisateurs, connaît une bien mauvaise période. Seulement trois petits succès lors de ses 14 dernières sorties, victime qu’il est de son manque de régularité au cours d’un seul et même match. Gaël Monfils partira assez largement favori de cette confrontation, tant le Français est au contraire dans une bonne dynamique : 12 victoires pour 6 défaites depuis les JO de Tokyo, avec au passage une finale (Sofia) et une demie (Metz) sur dur intérieur. C’est aussi en indoor que le tricolore, 19ème mondial, a remporté la plupart de ses titres (7 sur 10), dont les trois derniers (Rotterdam 2019 et 2020, Montpellier 2020). Un cadre dans lequel l’Italien n’a presque aucun repère (5 matchs sur le circuit principal) et où il n’arrive pas à tirer son jeu vers le haut malgré une technique indéniable. Dernière rencontre du premier tour dans cette zone du tableau, Dusan Lajovic, très décevant cette saison (16V/25D), en difficulté sous un toit (seulement 38% de victoires) et qui s’est fait sortir par Arthur Rinderknech dès les huitièmes de finale à Anvers, jouera Frances Tiafoe, issu des qualifications. L’Américain est sur une meilleure dynamique depuis quelques semaines et devrait pouvoir s’imposer face au Serbe qu’il avait battu à Anvers l’an dernier et aussi à Miami en début de saison.  


2ème quart du tableau

C’est un face-à-face à distance que vont se livrer Casper Ruud et Jannik Sinner en vue de la qualification pour le Masters. Concrètement, l’Italien peut même passer devant le Norvégien à la Race à l’issue du tournoi. L’idéal serait de les retrouver lors d’un duel rapproché en quarts de finale. Mais encore faut-il que les deux jeunes joueurs s’extirpent des griffes de leur premier adversaire. Car pour l’un comme pour l’autre, la mission ne sera pas aisée. Pour Ruud, ce sera rude, très rude. Le tirage au sort lui a mis dans les pattes l’un des hommes qui a le plus progressé cette année, Lloyd Harris. Gros serveur, gros frappeur, véloce et tombeur de plusieurs gros poissons cette saison (Rafael Nadal, Dominic Thiem, Denis Shapovalov). Déjà finaliste à Dubaï (ATP 500) et quart de finaliste à Flushing Meadows, sur dur extérieur, il vient de se hisser dans le dernier carré à Anvers, même s’il a lourdement chuté… contre Sinner. Certes, le fils de l’ancien joueur pro, Christian, vient de battre le Sud-Africain à Indian Wells et glaner son premier titre sur dur à San Diego. Mais les conditions intérieures de Vienne favoriseront moins son lift et la puissance des coups d’Harris pourrait faire pencher la balance en faveur du moins bien classé des deux athlètes.

De son côté, le jeune italien de 20 ans va devoir se coltiner l’un des plus grands bastonneurs du Tour, en la personne de Reilly Opelka. Alors oui, Sinner a récemment montré qu’il savait gérer les grands serveurs sur dur, en dominant Bublik (Miami), Isner (Indian Wells) ou encore Rinderknech et Harris (Anvers), soit 8 succès en 12 matchs sur dur (extérieur et intérieur). Aussi, le protégé de Riccardo Piatti adore jouer sous un toit : il affiche un excellent bilan de 70% de victoires et a glané 3 titres dans cet environnement (Sofia 2020 et 2021, ainsi qu’Anvers, qu’il vient de remporter avec brio). De son côté, le géant américain marque un peu le pas après sa finale au Masters 1000 de Cincinnati et son huitième de finale à Flushing Meadows. Il a chuté dès son deuxième match à Indian Wells et d’entrée en Belgique, contre son compatriote Jenson Brooksby. Mais sur un match, avec sa qualité de service, on sait bien que tout est possible avec Opelka.

Attention aussi à Lorenzo Sonego dans cette deuxième partie de tableau. À Vienne, l’Italien a des souvenirs pleins la tête. C’était il y a un an, dans cette même Wiener Stadthalle. Après avoir été éliminé au deuxième tour des qualifications, il avait été repêché pour finalement jouer l’acier. Ainsi, alors 42ème mondial, il avait successivement coupé la tête de Dusan Lajovic, Hubert Hurkacz, Novak Djokovic et Daniel Evans, avant de céder en finale face à Andrey Rublev. Polyvalent (un titre gazon, un autre sur terre), celui qui pointe actuellement au 24ème rang sait appréhender toutes les surfaces. Il reste néanmoins sur une sortie de route à Metz, contre le jeune danois Holger Rune. Pas de quoi néanmoins s’inquiéter au moment d’affronter Cristian Garin. Le Chilien vient tout juste de jouer (et perdre) son unique match de l’année sur dur indoor à Anvers (contre Alejandro Davidovich-Fokina), après une tournée nord-américaine en outdoor qui s’est transformée en désastre, avec deux petits tours passés en quatre tournois (Toronto, Cincinnati, US Open et Indian Wells). Les deux seuls joueurs que le N°17 mondial a battu ne figurent même pas dans le TOP 100 (Norbert Gombos et Ernesto Escobedo). La dernière rencontre de cette zone du tableau opposera le local de l’étape, Dennis Novak, opposé au qualifié Gianluca Mager. L’Autrichien bénéficie d’une wild card et espère bien confirmer son joli parcours lors du Challenger d’Orléans, épreuve indoor dont il a disputé la finale il y a 3 semaines. Mais l’Italien sera un adversaire coriace même s’il a moin d’expérience que l’Autrichien en indoor.


3ème quart du tableau

C’est dans la troisième partie de tableau qu’on trouve le dernier chanceux à avoir obtenu une invitation. Il s’agit d’Andy Murray, dont l’immense carrière et le retour homérique après plusieurs opérations à la hanche suffisent à justifier ce coup de pouce. Le problème, pour l’Écossais, c’est qu’il ne parvient pas à remonter au classement. Le voici coincé au 156ème rang alors même qu’il propose de belles batailles, dont il sort parfois victorieux (Ugo Humbert à Metz, Frances Tiafoe à Anvers). C’est le deuxième acte qu’il n’arrive pas à conclure, éprouvé qu’il est après un premier match qui dure trop souvent. Ainsi, cette année, le Britannique n’a gagné deux rencontres de rang que lors de 3 épreuves du circuit principal. Quoiqu’il en soit, l’ancien numéro un mondial, qui a remporté son dernier tournoi dans des conditions indoor (Anvers 2019), aura son mot à dire face à Hubert Hurkacz. Bien sûr, au regard de la très jolie saison du Polonais (3 titres dont le Masters 1000 de Miami et une demie à Wimbledon), ce dernier sera favori. Favori et sur-motivé, puisqu’il vise l’un des deux derniers tickets pour le Masters - il est pour l’instant 9ème et dernier qualifié (Rafael Nadal étant forfait). Favori aussi car il mène 2/0 contre Murray, deux succès acquis ces trois derniers mois, à Cincinnati (dur extérieur) et à Metz (dur intérieur), un tournoi qu’il a d’ailleurs remporté.

Lui a déjà son ticket d’entrée pour le Tournoi des Maîtres. De quoi être plus que satisfait, d’autant qu’à partir de cette année, la prestigieuse compétition se joue dans son pays, en Italie. Tête de série N°3, Matteo Berrettini a besoin de prendre ses marques avant de tenter sa chance au Masters 1000 de Paris-Bercy, puis à Turin. En effet, s’il réalise une saison de costaud, marquée par une finale (Wimbledon) et deux quarts (Roland Garros et US Open) en Grand Chelem (Wimbledon), le N°7 mondial n’a joué qu’un tournoi (Indian Wells) depuis Flushing Meadows, et s’est fait sortir de manière prématurée. S’il est capable de bien jouer dans tous les environnements, il n’a encore rien prouvé sur dur intérieur. Peu d’expérience (23 matchs sur le circuit principal), et petit ratio (48% de réussite). Bonne nouvelle, Berrettini va démarrer piano le tournoi autrichien, puisqu’il sera opposé Alexei Popyrin. Une entrée en lice piégeuse et dangereuse pour l’Italien. D’abord parce que l’Australien a déjà deux matchs dans les jambes en qualifications face à Lopez et Gombos. Ensuite, parce qu’il a progressé en 2021 au point de soulever son premier trophée en indoor à Singapour.  Et Berrettini devra se souvenir des difficultés qu’il avait eu à battre Popyrin à l’US Open en 2019.

Les deux dernières rencontres de ce troisième quart de tableau sont alléchantes. Pablo Carreno-Busta (N°14 à la Race) et Nikoloz Basilashvili (N°15) n’ont peu de chance de rejoindre le Masters, mais ils sont mathématiquement encore en lice et ils sont tous les deux capables d’aller remporter le tournoi. Leur affrontement s’annonce très serré. Le Géorgien est en forme - il vient de se hisser en finale du Masters 1000 d’Indian Wells -, mais il présente un bilan mitigé sur dur intérieur (47% de victoires). L’Espagnol est passé à côté en Californie - élimination précoce et expéditive (6-0, 6-4) face à Karen Khachanov -, mais il a déjà brillé en indoor (titre à Moscou en 2016 et finale à Metz… il y a un mois). Comme Basilashvili a souvent du mal à enchaîner les bonnes performances, on peut donner un petit avantage au joueur des Asturies, un peu plus constant en général. Enfin, un autre espagnol, Carlos Alcaraz, va devoir résoudre l’équation Daniel Evans. Jamais facile, tant le Britannique est surprenant, surtout pour les nouveaux arrivants sur le Tour, avec son jeu à l’ancienne, ses slices de revers et ses montées intempestives. Reste que le tombeur de Novak Djokovic à Monte-Carlo n’est ni à l’aise sous un toit (seulement 42% de réussite), ni très performant en ce moment (défaites au deuxième tour à San Diego et Indian Wells). Est-ce le moment pour le protégé de Juan-Carlos Ferrero, quart de finaliste à l’US Open et déjà 42ème mondial à 18 ans, de montrer ce qu’il sait faire sur dur intérieur ? Ce sera une découverte, car seulement son deuxième match de toute sa carrière (Futures, Challengers et ATP). Le premier remonte à février à Montpellier face à Griekspoor en qualifications (6-4, 3-6, 1-6).


4ème quart du tableau

Alexander Zverev est la tête d’affiche de la partie la plus basse du tableau. Épatant de puissance, de volonté et de sérénité, le joueur allemand est devenu, avec Daniil Medvedev, l’athlète le plus « sûr » depuis l’avènement du Big 3. S’il est tombé face à un immense Taylor Fritz à Indian Wells, sa saison demeure exceptionnelle. Il est le seul à avoir glané deux Masters 1000 (Madrid et Cincinnati), sans parler de sa médaille d’or aux Jeux Olympiques, après avoir renversé et écœuré Novak Djokovic. Son jeu s’adapte parfaitement aux conditions indoor. Le N°4 mondial a d’ailleurs empoché 5 trophées sous un toit, dont le Masters en 2018. Son entrée en lice devrait bien se passer, même s’il ne faudra pas prendre Filip Krajinovic à la légère. Le Serbe vient de subir une défaite cuisante à Moscou face à Pedro Martinez, mais son jeu franc et de contre lui a déjà permis de rayonner sur dur intérieur, avec deux finales à Stockholm (2019) et au Masters 1000 de Paris-Bercy (2017). Évidemment, un succès pour le 37ème mondial aura valeur d’exploit : il n’a battu qu’une seule fois un TOP 10 sur greenset (extérieur et intérieur)… pour 17 défaites !

On pourrait assister à un huitième de finale de folie entre deux joueurs en lice pour disputer le Masters pour la première fois de leur carrière. On parle ici de Felix Auger-Aliassime (N°12 à la Race) et de Cameron Norrie (N°10), même si le jeune canadien compte près de 500 points de retard sur l’épatant britannique. Mais pour s’affronter, ils devront d’abord passer un tour. Pas évident pour le Québécois qui tombe sur un Ricardas Berankis, qui bénéficie du statut de « Special Exempt » après son beau parcours à Moscou, qui l’a mené jusqu’au dernier carré. Sur dur indoor, sans aléas météo pour le perturber, le Lituanien est solide (62% de réussite), bien plus qu’en extérieur. Toutefois, son bilan face aux meilleurs serveurs du circuit est négatif sur dur (33% de victoires). « FAA » a de plus de la ressource sous un toit : il a déjà joué 3 finales en 2020, Rotterdam, Marseille et Cologne. De son côté, méfiance également pour Norrie qui devra se coltiner l’imprévisible Marton Fucsovics, 39ème joueur mondial. Alors qu’il affichait un niveau de jeu catastrophique depuis le début de l’été, avec une mini victoire contre Yosuke Watanuki (N°255) pour 6 défaites, le Hongrois vient de couper la tête de Roberto Bautista-Agut à Anvers. Il est vrai que « Fusco » a déjà brillé en indoor il n’y a pas si longtemps, en début d’année à Rotterdam (ATP 500), en se hissant en finale. Méfiance donc pour le récent vainqueur du Masters 1000 d’Indian Wells, qui affiche un maigre bilan sous un toit (42% de réussite). Pour rassurer les fans de Norrie, on rappellera que le N°16 mondial n’a perdu que 3 matchs face à des joueurs moins bien classés que le Hongrois depuis cet été, sachant que deux d’entre eux s’appellent Kei Nishikori et Carlos Alcaraz, soit des tennismen de qualité et non pas des peintres. Mais attention à la décompression après un tel titre !

Le dernier match de cette quatrième partie de tableau aurait pu donner l’occasion à Alex de Minaur de se rattraper après son échec d’entrée à Anvers face à Brandon Nakashima, contre qui il a encaissé une bulle. Mais il affrontera Kevin Anderson, issu des qualifications, déjà titré à Vienne en 2018 et demi-finaliste l’an dernier. Vu la forme actuelle de l’Australien, la mission s’annonce ardue pour lui qui devra retrouver toutes ses qualités de retour pour contrer la première balle du Sud-Africain.