Marin Cilic poursuit sa belle série. En deux semaines en Russie, le voici avec 7 succès pour un seul revers - en finale à Moscou, contre Aslan Karatsev. À Saint-Pétersbourg, le Croate a dominé un ancien TOP 20 (Albert Ramos-Vinolas) et deux ex-TOP 10 (Karen Khachanov et Roberto Bautista-Agut). Dans une forme incertaine depuis 3 ans, le 35ème mondial retrouve des couleurs sur dur intérieur. Comme sur gazon - il a remporté Stuttgart cette saison -, il peut faire parler son service précis et qui part de haut (1m98) et sa vitesse d’exécution. Il a déjà claqué 44 aces en 3 rencontres et son relâchement en coup droit lui permet de remporter les points rapidement derrière sa mise en jeu. Prendre du temps à Botic Van de Zandschulp, ce sera encore une fois l’objectif du Croate lors de cette demi-finale. Il part favori, mais de peu. Les bookmakers se méfient du Néerlandais, qui vient de frapper un grand coup en se débarrassant d’Andrey Rublev en deux sets (6-3, 6-4). Ils ont raison d’alerter les fans, quand on se concentre sur la capacité du récent quart de finaliste à l’US Open à prendre la balle tôt et appuyer là où ça fait mal, à savoir les secondes balles adverses. Rublev n’a remporté que 40% des points derrière son deuxième service. Quand on sait que Cilic n’a pas fait mieux contre Bautista-Agut, on peut se dire que le Néerlandais aura peut-être de quoi embêter le Croate, sauf si ce dernier use avec intérêt de son kick. N’oublions pas non plus que « VDZ » a éliminé Sebastian Korda, un joueur offensif et qui possède un bon service. Enfin, le 69ème mondial s’en sort souvent bien contre les gros serveurs. Cette saison, il en a battu 4 en 7 tentatives, dont Opelka et Hurkacz. À méditer, même si Marin Cilic part avec un léger avantage et plus d'expérience puisque VDZ disputera sa première demi-finale sur le circuit ATP.       

Lœil de Florent Serra : Même si je voyais Andrey Rublev gagner, j’avais parlé de la faculté de Botic van de Zandschulp à prendre la balle tôt sur les secondes adverses et à faire mal, et c’est ce qui s’est passé contre le Russe, un peu défaillant dans ce domaine. Face à Marin Cilic, ce sera une autre configuration. Le Croate est meilleur au service, notamment en deuxième. Il a aussi une prise de balle plus précoce dans l’échange. Donc le Néerlandais aura moins l’occasion de prendre le jeu à son compte. Normalement, l’expérience de Cilic devrait lui permettre de s’imposer. Pour moi, Cilic va gagner, et ce qui est intéressant, c’est que sa cote n’est pas si mal (1,80). Je l’imaginais d’ailleurs un peu plus basse, et cela me conforte dans l’idée d’aller sur le Croate.


Taylor Fritz/Jan-Lennard Struff

Pour l’instant, les planètes sont alignées. En quart de finale, on prévoyait la victoire logique de Taylor Fritz et celle moins attendue mais pas si surprenante de Jan-Lennard Struff. Contre John Millman, l’Américain a continué sa belle semaine, celle de son anniversaire - il a eu 23 ans ce jeudi. Un succès net et sans bavure (6-4, 6-2), dans la lignée des deux précédents (face à Emil Ruusuvuori et Tommy Paul), grâce à un solide service (75% de réussite derrière sa première, mais aussi 60% après sa seconde). De son côté, l’Allemand a pour la 5ème fois en 7 confrontations dominé Denis Shapovalov, pourtant N°13 mondial (6-4, 6-3). L’irrégularité constante - oxymore - du Canadien a bien aidé, la grosse première balle de service de Struff a fait le reste (seulement 3 points perdus, soit 88% de réussite). Cette victoire confirme celle acquise en huitième de finale, contre Alexander Bublik. Les cotes semblent un peu trop « écartées » (1,50 pour le yankee, 2,50 pour le germanique). Certes, Fritz connait une excellente période, avec sa demie au Masters 1000 d’Indian Wells. Mais attention, lorsque Struff est en feu, il est incontrôlable. Bien sûr, Fritz part avec un petit avantage, vu la forme du moment et la sérénité dégagée. Mais il devra se méfier. Heureusement pour l’Américain, il ne s’en sort pas trop mal face aux grands gaillards qui possèdent un gros service : cette saison, il en a battu 4 en 7 matchs, et pas des moindres (Opelka à deux reprises, mais surtout Zverev et Berrettini).           

Lœil de Florent Serra : C’est vrai que Taylor Fritz est légèrement devant selon moi. Mais je trouve la cote un tout petit peu large. Car Jan-Lennard Struff, lorsqu’il est en feu, notamment au service, peut faire très mal. Il pourrait par exemple prendre du temps sur le côté coup droit de l’Américain. Mais Fritz semble se débrouiller tellement bien en ce moment, avec une grande confiance, que j’ai envie de le donner gagnant. Il a très bien géré contre John Millman. Il sert bien, frappe fort en coup droit et varie bien. Seul bémol, sa cote n’est pas très intéressante - elle est trop basse.