Depuis 1986, date de création du tournoi, le Rolex Paris Masters pâtit souvent de sa position dans le calendrier. Qui dit fin de saison, dit blessure, fatigue, manque de motivation et donc… forfait. Une situation paradoxale puisque placée juste avant le Masters, l’épreuve est censée attirer les meilleurs joueurs du monde. Le problème, c’est que ceux bien souvent, la plupart du top 8 mondial est déjà qualifié et préfère donc se préserver pour rester frais et dispo. Sauf que cette édition 2021 va échapper à la règle et offrir au public parisien un affrontement entre 19 des 25 meilleurs joueurs du monde. Avec l'absence des cadors, certaines finales proposent des affiches peu glamours (David Ferrer/Jerzy Janowicz en 2012 ou Jack Sock/Filip Krajinovic en 2017), mais l’épreuve a le mérite de révéler aux yeux du grand public des futurs ou très bons joueurs (Marat Safin, finaliste en 1999 puis victorieux en 2000, Tomas Berdych et Karen Khachanov, vainqueurs en 2005 et 2018, Denis Shapovalov, finaliste en 2019) ou de permettre à des joueurs inattendus de percer dans le tableau. À Bercy, pas moins que 4 joueurs issus des qualifications se sont hissés jusqu’en finale : Sergio Casal (1986), Radek Stepanek (2004), Jerzy Janowicz (2012) et Filip Krajinovic (2017).

Mis à part Nadal, Federer, Berrettini, Thiem et Shapovalov, le gratin du tennis sera au rendez-vous dans l'enceinte parisienne. Avec comme enjeu principal les deux derniers billets pour l'ATP Finals de Turin. Ils sont encore 6 à pouvoir se qualifier : Ruud (3105 points) et Sinner (3015 points) dominent pour le moment légèrement Hurkacz (2965 points) et Norrie (2875 points). Mais il faudra au minimum atteindre la finale pour Auger (2430 points) et remporter le titre pour Karatsev (2290 points) pour espérer rejoindre Turin.

L'autre enjeu est de savoir si on verra un 4ème joueur remporter son premier titre en Masters 1000 cette saison. Après Hurkacz à Miami, Tsitsipas à Monte Carlo et Norrie à Indian Wells, les candidats ne manquent pas pour ouvrir leur palmarès dans l'anti-chambre des Grands Chelems : Rublev, Ruud, Sinner, Auger, Karatsev, Basilashvili, Alcaraz, Sonego, Tiafoe, Fritz...

Mais pour cela, il faudra passer sur le corps du big 3 en grande forme et certainement pas prêt à laisser la porte ouverte. Medvedev, Zverev et bien sûr Djokovic seront les grands favoris du tournoi. Seul l'Allemand n'a pas encore inscrit son nom sur l'arbre en bronze de Fanti.

Loin derrière au classement, les Français tenteront de tirer leur épingle du jeu. Car il faut le rappeler, le Masters 1000 parisien est de loin celui qui réussit le mieux aux tricolores. Trois vainqueurs (Guy Forget en 1991, Sébastien Grosjean en 2001 et Jo-Wilfried Tsonga en 2008), trois finalistes (Forget encore, en 1992, Gaël Monfils par deux fois, en 2009 et 2010, et Tsonga en 2010) et quatre demi-finalistes (Richard Gasquet en 2007, Mickaël Llodra en 2010 et 2012, Gilles Simon en 2012 et Julien Benneteau en 2017). Pour cette 36ème édition, les chances de voir des Bleus briller sont limitées. Gaël Monfils peine à dominer le top 20, Ugo Humbert a mis fin à sa saison. Paire, Mannarino, Gasquet et Herbert ne sont pas à leur top niveau. Rinderknech et Gaston ont encore une expérience très limitée à ce niveau de compétition. Après une édition à 2020 à huis clos, le public fera son retour et cela pourrait tout de même aider les Français à gagner quelques matchs.


Sur les 10 dernières éditions, on dénombre environ 32% d'outsiders sur le tournoi parisien, une statistique assez élevée pour un Masters 1000 mais qui s'explique par la position du tournoi dans le calendrier (fatigue, motivation). Un pic a été atteint en 2012 (42% d'outsiders) et 2017 (47%) contre seulement 20% en 2018.

1er quart de tableau

Le Masters 1000 de Paris-Bercy marque le retour à la compétition de Novak Djokovic. Le Serbe n’a plus joué depuis l’US Open, mi-septembre. Le numéro un mondial est le « héros malheureux » de la saison 2021. Il a remporté 3 trophées en Grand Chelem, mais a perdu deux des rencontres les plus importantes de sa carrière : la demie aux JO de Tokyo, contre Alexander Zverev, et la finale de Flushing Meadows face à Daniil Medvedev. Engagé en simple comme en double (avec Filip Krajinovic), « Djoko » vient dans la capitale française pour prendre ses marques avant le Masters de Turin et la phase finale de la Coupe Davis. Détenteur du record de titres au Rolex Paris Masters (5), il entre directement au deuxième tour et affrontera le vainqueur du match qui va opposer Fabio Fognini à Marton Fuscovics. Les deux joueurs ont perdu dès leur entrée en lice au tournoi de Vienne. L’Italien est en roue libre (4 défaites en 5 rencontres) et n’est pas très à l’aise en indoor (46% de réussite). Le Hongrois est meilleur sur cette surface (54%) avec une finale cette année à Rotterdam. Mais à part un quart à Anvers, il n’est pas très en forme (6 revers en 8 matchs). Il reste un favori logique de cette rencontre.

Le deuxième joueur le mieux classé dans cette partie de tableau est Andrey Rublev. Particulièrement performant sur dur intérieur (4 trophées sur ses 8 en carrière, dont Rotterdam cette année), le Russe est en nette perte de vitesse. Après avoir été sorti prématurément à Indian Wells, le 6ème mondial s’est raté en Russie. Il a perdu d’entrée à Moscou et n’a remporté qu’un match à Saint-Pétersbourg, battu à chaque fois par un joueur classé au-delà du TOP 50. Déjà qualifié pour le Masters, il lui faudra trouver un regain de motivation pour faire tomber son premier adversaire. Ce sera quoi qu’il arrive un gros morceau, soit Taylor Fritz, soit Lorenzo Sonego. Le premier vit la plus belle période de sa carrière. L’Américain a enfin percé son plafond de verre en ralliant le dernier carré dans un grand tournoi, en l’occurrence le Masters 1000 d’Indian Wells. Au passage, il a bouté deux TOP 10 (Alexander Zverev et Matteo Berrettini) et un TOP 20 (Jannik Sinner). Puis, le Californien a confirmé en indoor en rejoignant la finale de Saint-Pétersbourg. Mais attention, si l’Italien est en ce moment mi-figue mi-raisin, il a bien résisté à Vienne, ne cédant qu’en 3 manches face à un excellent Casper Ruud. En outre, le Turinois a déjà brillé dans ces conditions de jeu. Il y a pile un an, il avait atteint la finale du même tournoi autrichien après avoir dominé Hubert Hurkacz, Daniel Evans et Novak Djokovic.

Dans ce quart de tableau, il faudra suivre avec attention le parcours de Cameron Norrie. Le Britannique, victorieux à Indian Wells, est encore en lice pour le Masters, à 150 petits points de la 8ème place qualificative. Vainqueur aussi de Los Cabos et finaliste à Estoril, Lyon, au Queen’s et à San Diego, le néo TOP 20 n’a en principe rien à craindre de Federico Delbonis, qui a perdu ses 9 derniers matchs et qui est limité sur dur intérieur (39% de victoires). Le duel entre Reilly Opelka et Filip Krajinovic rappellera un peu la finale de 2017, qui avait vu un autre américain, Jack Sock, venir à bout du Serbe. Sauf que cette fois-ci, on a affaire à deux joueurs en délicatesse. Comme souvent, le géant de 2m11 ne se plaît pas sous les toits européens (défaite d’entrée à Anvers et Vienne). Même chose pour son adversaire du premier tour, battu d’entrée à Moscou, ainsi qu’en Autriche. Ce sera compliqué pour Krajinovic, qui a échoué lors de ses 6 dernières tentatives contre les grands serveurs (1m95 minimum). Enfin, deux français sont présents dans cette zone du tableau. D’abord, Gaël Monfils, forcément favori face à Miomir Kecmanovic, issu des qualifications et qui a enfin rendu deux copies propres contre Egor Gerasimov et Dominik Koepfer, au cours d’une saison très délicate (14V/24D). Concernant le showman français, une statistique est à la fois parlante et cruelle : la « Monf » a perdu 13 de ses 14 derniers matchs contre les membres du TOP 20. Compliqué pour rêver d'un titre à Paris... En revanche, le tricolore a gagné tous ses matchs depuis le début de la tournée américaine cet été face aux joueurs classés au-delà du 30ème rang mondial. Ensuite, Adrian Mannarino, qui va se coltiner un Nikoloz Basilashvili en grande forme après sa finale à Indian Wells. Reste que le Géorgien est souvent imprévisible, dans le bon comme dans le mauvais sens. Et qu’il a échoué deux fois sur dur cette saison contre un gaucher qui possède un peu le même profil de jeu que le Français. Déjà finaliste à 3 reprises dans des conditions indoor (Moscou 2018 et 2019, Nur-Sultan 2020), « Manna » vient de renverser Andrey Rublev dans la capitale russe.              


2ème quart de tableau

Stefanos Tsitsipas est en recherche de sensations. Le Grec a besoin de victoires pour préparer le Masters, qu’il a remporté à Londres en 2019. Il a déjà glané 4 trophées sur dur intérieur, mais n’a pas bien commencé cette tournée automnale. Surpris par Frances Tiafoe dès les huitièmes de finale à Vienne, il a montré ses limites du moment, après quelques échecs précédents à l’US Open (troisième tour) et Indian Wells (quart). Le N°3 mondial aura fort à faire pour son entrée en lice. Il jouera soit Alex de Minaur, soit Lloyd Harris. L’Australien n’a pas gagné beaucoup de rencontres ces derniers temps (4 seulement, pour 10 défaites), mais il a fait mieux que résister face à Alexander Zverev à Vienne (6-2, 3-6, 6-2) et contre… Stefanos Tsitsipas à Indian Wells (6-7, 7-6, 6-2). Finaliste dans ce type d’environnement à Bâle (2019) et Anvers (2020), il pourrait poser des problèmes au Sud-Africain, qui a passé un cap cette année (finale à Dubaï et quart à l’US Open) et qui vient de disputer une demie en Belgique sur dur intérieur. Relanceur explosif, De Minaur n’est pas gêné par les grands serveurs du niveau de Harris. Preuve en est, il a remporté 4 de ses 5 derniers duels face aux joueurs mesurant plus d’1m95 et classés au-delà du TOP 30. 

On aura un œil particulièrement aiguisé sur Hubert Hurkacz, qui vise le Masters de Turin. Vainqueur du Masters 1000 de Miami à la fin de l’hiver, le Polonais a peut-être perdu de précieux points en chutant d’entrée à Vienne contre Andy Murray. Victorieux de son premier tournoi indoor il y a quelques semaines à Metz, il devra faire attention au moment d’affronter Jan-Lennard Struff ou Tommy Paul, qui vient de s’extirper des qualifications et qui a réussi par intermittence de belles choses cette saison (quart à Rotterdam et huitième à Indian Wells). Auteur d’une saison terne, le géant allemand a lui retrouvé le sourire à Saint-Pétersbourg en ralliant le dernier carré, après avoir coupé la tête d’Alexander Bublik et Denis Shapovalov. On ne va pas trop s’attarder sur la rencontre entre Laslo Djere et le lucky loser Lorenzo Musetti. Les deux ont leur chance, puisqu’il sont autant l’un que l’autre en panne de résultats en ce moment, et d’autant plus dans des conditions de jeu indoor. Intérêt restreint également entre Roberto Bautista-Agut, décevant cette année malgré deux finales en début d’exercice à Montpellier et Doha, et James Duckworth, un profil assez limité. Attention néanmoins, une éventuelle surprise pourrait arriver, l’Australien ayant montré des choses intéressantes dans un environnement similaire en atteignant la finale de Nur-Sultan à la fin du mois de septembre. On attend peut-être enfin un petit choc sympathique entre Felix Auger-Aliassime, qui peut encore croire au Masters en cas de percée à Bercy, et Andy Murray, qui a montré en dominant Hurkaz à Vienne qu’il pouvait inquiéter les meilleurs, même s’il lui reste à savoir enchainer derrière. Pour se retrouver, ils devront tous les deux éliminer des joueurs issus des qualifications, respectivement Gianluca Mager et Jenson Brooksby. Ce sera plus facile pour le jeune québécois que pour le « senior » écossais. En effet, la pépite américaine de 20 ans, déjà 56ème mondial, est un poison capable d’agresser mais aussi de défendre de manière extraordinaire, un peu à la manière d’un Medvedev ou d’un… Murray. Le Californien a atteint une finale cette année (Newport), ainsi que deux demies (Washington et plus récemment Anvers) et a déjà tapé Tiafoe, Auger, Fritz, Karatsev et Opelka.


3ème quart de tableau

Voici peut-être le vrai grand favori de l’épreuve parisienne. Toujours aussi serein et impressionnant au service, Alexander Zverev reste sur son nuage depuis sa défaite en huitième de finale à Wimbledon. L’Allemand a remporté 24 de ses 26 derniers matchs. Il a seulement perdu contre Novak Djokovic à Flushing Meadows en 5 manches et à Indian Wells face à Taylor Fritz après avoir obtenu deux balles pour conclure. Il a surtout glané la médaille d’or olympique, ainsi que les trophées de Cincinnati et Vienne. Lors de la finale autrichienne, il a passé plus de 80% de premières et claqué 19 aces : injouable ! Sauf fatigue ou déconcentration, « Sacha » devrait aller loin dans ce tournoi dont il a atteint la finale l’année dernière. En tout cas, le N°4 mondial ne devrait pas avoir de problèmes pour se débarrasser soit de Dusan Lajovic, soit de Mackenzie McDonald. Bien meilleur sur terre, le Serbe peine sur dur. Il reste sur une série médiocre de 2 petits succès en 8 matchs, sachant que ses deux victoires ont été acquises face à des joueurs en méforme (Benoit Paire et Richard Gasquet). C’est peut-être l’occasion pour l’Américain, pourtant peu expérimenté en indoor (12 matchs en carrière), de passer un tour. S’il gagne un match sur deux depuis plusieurs semaines, il a montré à Washington au mois d’août (finale) qu’il pouvait surprendre un certain nombre d’adversaire.

Dans ce quart de tableau, les observateurs du tennis se focaliseront sur le parcours de Casper Ruud. Pour l’instant virtuellement qualifié pour le Masters, il pourrait se faire dépasser en cas de mauvais résultat. Très solide sur terre (4 trophées cette saison), il commence à montrer qu’il peut aussi bien jouer sur dur. Son titre à San Diego et ses quarts à Toronto, Cincinnati et Vienne (indoor) en sont l’illustration. Mais attention, le Norvégien devra être au niveau d’entrée, que ce soit contre Daniel Evans ou Alexander Bublik. Certes, les deux hommes sont actuellement dans une phase descendante. Demi-finaliste au Masters 1000 de Monte-Carlo après avoir fait tomber Novak Djokovic, le Britannique a depuis alterné le bon et le moins bon. Il vient d’ailleurs de se faire surprendre à Vienne par Carlos Alcaraz. En verve en début de saison, avec notamment deux finales à Antalya et Singapour et deux quarts à Miami et Madrid, le Biélorusse est passé à côté du doublé Moscou/Saint-Pétersbourg. Reste que l’un comme l’autre ont des jeux atypiques et déroutants, et que le vainqueur de ce duel pourrait bien venir perturber un Casper Ruud plus habitué aux filières traditionnelles.

Sera t-il fatigué ? Frances Tiafoe vient tout juste de jouer la finale du tournoi de Vienne, à l’issue d’un parcours phénoménal, commencé par les qualifications et au cours duquel il a enchanté le public autrichien en venant à bout de Stefanos Tsitsipas (TOP 10), Diego Schwartzman et Jannik Sinner (TOP 20). S’il n’est pas trop fatigué et parvient à passer le premier tour, face au qualifié Marcos Giron, un compatriote capable d’être résistant sur dur intérieur (il est allé jusqu’en quart à Metz et en demie à Sofia), il aura peut-être l’occasion de recroiser le petit argentin, qui devra d’abord mettre sur la touche John Millman. Auteur d’une saison moyenne, l’Australien vient de battre Aslan Karatsev à Saint-Pétersbourg et joue un peu mieux depuis quelques semaines (4 quarts de suite, à chaque fois en indoor), mais devrait souffrir contre le natif de Buenos Aires, qui a retrouvé fougue et enthousiasme, comme en atteste sa récente finale à Anvers. Enfin, un ancien vainqueur du tournoi parisien (en 2018), mais bien moins performant depuis, sera opposé au qualifié Mikael Ymer, surprenant finaliste à Winston-Salem en août. Il s’agit de Karen Khachanov, médaillé d’argent aux JO et quart de finaliste à Wimbledon, mais incapable d’enchaîner plusieurs mois à un très haut niveau. Méfiance, le Russe n’avait battu que sur le fil le Suédois lors de l’Open d’Australie 2020 (5 manches, 10/8 au jeu décisif dans l’ultime manche et 4h30 de match). S’il passe, le N°30 mondial jouera un adepte du revers à une main. Ce sera soit Grigor Dimitrov, soit Richard Gasquet. Demi-finaliste à Indian Wells et ancien vainqueur du Masters, le Bulgare part assez largement favori face au Biterrois, invité par les organisateurs et qui ne parvient pas à se sortir d’une série de petites blessures. Le Français vient tout juste de déclarer forfait avant son quart de finale au Challenger de Brest, alors qu’il devait affronter son compatriote Maxime Janvier.          


4ème quart de tableau

Daniil Medvedev vient défendre son titre acquis l’année dernière. Il y a un an, le Russe avait réalisé une fin de saison exceptionnelle. Tout simplement 10 succès consécutifs avec au bout le trophée au Masters 1000 de Paris, puis au Masters de Londres. Et au passage, 7 victoires contre les membres du TOP 10. S’il a échoué, « vidé » qu’il était, face à un immense Grigor Dimitrov en huitième de finale à Indian Wells, le N°2 mondial reste sur une superbe série de 17 succès en 19 rencontres, dont le titre à Toronto et surtout à l’US Open, son premier Grand Chelem en carrière. Le protégé de Gilles Cervara fait donc figure de prétendant à Bercy, et son entrée en lice ne devrait pas lui poser trop de soucis. Ce sera soit contre Ilya Ivashka, soit face à Albert Ramos-Vinolas. L’avantage est donné au Biélorusse, même si les deux hommes sont au coude-à-coude au classement. L’Espagnol a perdu ses 8 derniers matchs en indoor et n’a pas gagné dans ces conditions de jeu depuis… 3 ans. Ivashka réalise lui une belle saison, grâce à sa polyvalence (titre à Winston-Salem, demie à Munich et Nur-Sultan, quart à Marbella et Eastbourne).

Dans ce quart de tableau, on trouve aussi un homme qui chasse l’un des deux derniers sésames pour le Masters. Virtuellement qualifié, car 8ème à la Race, Jannik Sinner est en pleine bourre. Le jeune italien (20 ans) s’est imposé à 20 reprises lors de ses 25 dernières sorties. Au passage, il a remporté 3 trophées (Washington, Sofia et Anvers), dont 2 sous un toit. Sa défaite en demie à Vienne est peut-être un mal pour un bien. Le nouveau TOP 10 (ce lundi) arrive à Paris avec un peu plus de fraicheur que s’il était allé jusqu’en finale de l’épreuve autrichienne. Attention au piège Carlos Alcaraz, qu’il pourrait affronter pour son entrée en lice. La pépite espagnole de 18 ans a prouvé à Vienne qu’il savait parfaitement s’adapter au dur intérieur. Ultra offensif, il a fait tomber Daniel Evans, Andy Murray et Matteo Berrettini. Mais l’Espagnol devra d’abord se débarrasser de Pierre-Hugues Herbert, certes même pas TOP 100 et qui est cantonné aux Challenger ou aux qualifications en ce moment, mais qui voudra forcément se montrer devant le public français et toujours capable de faire un "coup" lorsque son service est à son prime...

Trois autres tricolores s’annoncent dans cette zone du tableau. Arthur Rinderknech, qui bénéficie d’une wildcard méritée - il connaît actuellement son meilleur classement, N°62, après plusieurs belles performances : Kitzbühel (demie), Marseille, Lyon, Bastad, Gstaad et Anvers (quart) - et qui va jouer son premier tableau principal en Masters 1000. Il est malheureusement opposé à un autre Bleu, Hugo Gaston, qui s’approche du TOP 100 (après sa finale à Gstaad et 4 supplémentaires en Challenger) et qui vient de réaliser de superbes qualifications (2 succès contre Kevin Anderson, après avoir écarté deux balles de match, et Lorenzo Musetti). De son côté, Benoit Paire ne part pas en position de force face à Pablo Carreno-Busta, solide TOP 20 du circuit, mais il mène 8/4 dans ses confrontations face à l’Espagnol, dont 2/0 en indoor. Nul doute que l’Avignonnais aura envie de faire le show devant ses supporters en night session ce lundi. Reste deux jolis chocs pour terminer cette partie de tableau. Deux hommes en forme et forcément favoris, Marin Cilic (vainqueur à Saint-Pétersbourg et finaliste à Moscou) et Aslan Karatsev (victorieux à Moscou), qui devront toutefois se méfier respectivement d’Alejandro Davidovich-Fokina, tombeur du Croate dans des conditions de jeu similaires à Cologne l’année dernière et huitième de finaliste à Bercy en 2020, et de Sebastian Korda, en méforme mais dont le jeu offensif a de quoi correspondre au dur intérieur. L’Américain s’était également payé facilement le Russe à Miami à la fin de l’hiver (6-3, 6-0).