Fût un temps où les meilleurs joueurs du monde venaient à Stockholm pour y disputer l'un des plus gros tournois de la saison, une époque où les finales se jouaient en 5 sets sur moquette. Depuis 30 ans, ce tournoi a peu à peu rétrogradé jusqu'à devenir en 2009 un ATP 250. Malgré tout, il y a toujours au moins un top 10 présent à chaque édition depuis 10 ans. On y retrouve par conséquent des vainqueurs renommés comme Berdych (3 fois), Del Potro (2 fois), Federer, Monfils, Dimitrov, Tsitsipas et Shapovalov, le tenant du titre.

Le directeur du tournoi, Robin Söderling, a dû faire face à une cascade de forfaits mais le plateau gardera tout de même un certain intérêt avec la présence notamment de Jannik Sinner (9ème mondial). Sur les 10 dernières éditions, le joueur le mieux classé du tournoi a remporté le titre à 3 reprises.

Depuis 2009, on note assez peu de surprises pour un tournoi de cette catégorie (30%) avec un pic toutefois en 2014 (40%), en 2018 (38,5%) et en 2019 (40%).

La surface Greenset de Stockholm a été changée en 2017 pour être plus rapide et faciliter la transition avec le Masters 1000 de Shanghai. Mais en l’absence de tournée asiatique cette année, les Suédois ont remis une surface en Plexipave moins rapide que le Greenset. On devrait donc être sur du médium.

Depuis 2010, les 4 meilleures têtes de série sont exemptées de premier tour et font leur entrée en lice au 2ème tour en huitièmes de finale. Seulement 2 titres ont échappé à une tête de série depuis 10 ans (Baghdatis en 2009 et Juan Martin Del Potro en 2016). Il y a en moyenne 70% de têtes de série dans le dernier carré.

Voici le bilan des têtes de série depuis 2009 à Stockholm :
- 68% gagnent leur match au premier tour
- 64% gagnent leur match au 2ème tour
- 52% des têtes de série arrivent en quarts de finale.

Concernant les qualifiés, 50% remportent leur match au premier tour. La plus grande performance revient  à Gulbis en 2018 qui avait atteint la finale en sortant des qualifications. Sinon un qualifié a atteint le dernier carré en 2014 (Matthias Bachinger) et 5 autres ont atteint les quarts de finale en 2009, 2010, 2011, 2016 et 2019. Un bilan très honorable.

Pour la première fois depuis ses débuts sur le circuit, le Suédois Mikael Ymer (21 ans) ne participera pas au tournoi. Son grand frère Elias Ymer (23 ans) moins talentueux et moins bien classé a lui reçu une wildcard, tout comme Andy Murray et Leo Borg (18 ans) qui sera évidemment l'attraction du tournoi. Le fils de Bjorn Borg va disputer son premier match sur le circuit ATP. Mais pour le moment, son bilan est médiocre avec seulement 4 victoires pour 19 défaites sur le circuit junior. Il est actuellement 2139ème mondial.

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1er quart de tableau

Aux portes du Masters (actuellement 9e et premier remplaçant), Jannik Sinner se rend à Stockholm pour assurer sa place dans le top 10 à la fin de saison (il peut encore être dépassé par Auger-Aliassime). Impressionnant depuis le retour de l’indoor avec deux titres à Sofia et à Anvers ainsi qu’une demie à Vienne, il a cependant été surpris dès son entrée en lice à Bercy par Carlos Alcaraz, mettant fin à ses rêves de qualifications directes pour le tournoi des Maîtres. Tête de série n°1, il fait figure de favori logique au vu du plateau et des autres têtes de série peu en forme qui le composent. En carrière, l’Italien a remporté 86% de ses matchs en position de favori sur cette surface.

Au second tour, il retrouvera Andy Murray ou un qualifié. L’Écossais revient bien depuis plusieurs semaines et reste un joueur très difficile à jouer à indoor. Depuis mi-septembre, l’ancien n°1 mondial s’est même offert Ugo Humbert, Frances Tiafoe, Carlos Alcaraz et surtout Hubert Hurkacz, preuve qu’il est revenu à un vrai bon niveau et peut toujours se battre avec les très bons joueurs du circuit. Cette saison, il a remporté les deux matchs qu’il a eu à disputer contre un joueur issu des qualifications (Gasquet et Otte) et présente un bilan de 13 victoires en 14 matchs depuis 2015 face à ce type d'adversaires.

Pour Jannik Sinner, la principale menace dans cette partie de tableau se nomme Taylor Fritz. Tête de série n°5, l’Américain est dans une très bonne période actuellement et enchaîne les bons tournois. Demi-finaliste à Indian Wells, finaliste à Saint-Pétersbourg, il a atteint les quarts à Bercy, stoppé par Novak Djokovic. Sur cette période, Fritz s’est offert le scalp de joueurs comme Matteo Berrettini, Jannik Sinner, Alexander Zverev, Andrey Rublev et Cameron Norrie. Rien que ça. Pour son entrée en lice, il sera opposé à un qualifié. En 2021 il est à 4/5 contre les qualifiés.

Au second tour, il retrouvera son compatriote Tommy Paul ou Leo Borg. L’Américain a montré de belles choses à Indian Wells, mais aussi à Paris, même s’il n’a pas pu faire mieux qu’un second tour. Tommy Paul est un bon joueur d’indoor et c’est même la surface où il a le meilleur pourcentage de victoires en carrière. Il devrait pouvoir se débarrasser de Leo Borg, qui n’a pas remporté un match depuis Wimbledon junior en juillet (8 défaites consécutives).


2e quart de tableau

Tête de série n°4, Dan Evans n’est pas dans sa meilleure forme actuellement (cinq éliminations au premier tour lors des neuf derniers tournois) et n’a pas remporté le moindre match en indoor cette saison. Battu d’entrée par Carlos Alcaraz à Vienne, il a enchaîné à Paris avec une nouvelle défaite au premier tour contre Alexander Bublik. En indoor, il n’a remporté que 41% de victoires en carrière et seulement 46% de ses matchs en position de favori.

Pour son entrée en lice, il retrouvera Mackenzie Mcdonald ou Alejandro Davidovich Fokina. L’Américain a un peu baissé de pied après une belle fin d’été où il avait notamment atteint la finale à Washington. Depuis, il n’a remporté que 5 victoires lors des 12 derniers matchs et n’a pas montré grand-chose en indoor. C’est toujours mieux que Davidovich Fokina qui n’y arrive plus depuis la fin de la terre battue. Si l’on met de côté les Jeux Olympiques, l’Espagnol n’a remporté que 4 matchs lors des 9 derniers tournois et ne s’est surtout pas montré convaincant dans le jeu. Dernièrement en indoor, il a eu beaucoup de mal à s’imposer contre Gilles Simon, Steve Johnson et s’est incliné contre Benoit Paire à Sofia. Au total, il a remporté moins de 45% de ses matchs en position de favori en indoor cette saison.

Dans cette partie de tableau, c’est Frances Tiafoe qui semble être le mieux armé. L’Américain affiche un très bon niveau depuis quelques mois et impressionne surtout par sa capacité à se sublimer lors des gros matchs (4 victoires lors des 6 derniers matchs contre le Top 10).  Fin octobre, il a d’ailleurs produit un magnifique tournoi de Vienne, battant notamment Stefanos Tsitsipas, Diego Schwartzman et Jannik Sinner et atteignant une finale pour la 3e fois de sa carrière. Il a un peu payé sa folle semaine autrichienne où il sortait des qualifications en s’inclinant au premier tour à Paris face à Marcos Giron. Il aura un premier tour à sa portée contre Elias Ymer, qui n’a plus remporté le moindre match sur le circuit depuis début août. Le Suédois reste sur 14 défaites de rang face au Top 50 et sa dernière victoire remonte à mai 2015.

S’il parvient à bien gérer son premier tour, Tiafoe retrouvera Emil Ruusuvuori ou Pedro Martinez. Auteur d’une bonne saison sur dur, le Finlandais a eu un peu de mal à enchaîner en indoor, même s’il a atteint les quarts à Nur Sultan fin septembre. Malgré tout, il reste un meilleur joueur d’indoor que l’Espagnol qui n’a disputé que trois tournois ATP sur cette surface en carrière. Il devra tout de même se méfier puisque Martinez l’a battu à l’Open d’Australie en début d’année. De plus, il a perdu 2 des 3 matchs qu’il a disputés en position de favori en carrière.


3e quart de tableau

Le premier Français du tableau, Arthur Rinderknech sera opposé à la tête de série n°6 Alexander Bublik. Le fantasque Kazakh est connu pour son imprévisibilité et il est toujours difficile de savoir dans quel état d’esprit il va se présenter avant d’entrer sur le court. Depuis le retour du dur, Bublik n’a pas été exceptionnel puisqu’il n'a réussi à enchaîner deux victoires consécutives qu’à une seule reprise lors des dix derniers tournois. Sur cette période, il n’a remporté que 45% de ses matchs en position de favori. De son côté, Rinderknech marque le pas après une saison marathon où il a disputé près de 80 matchs. Mis à part un bon tournoi d’Anvers où il a atteint les quarts, le Français a eu du mal ces dernières semaines, même en Challenger, s’inclinant sèchement contre Hugo Grenier à Orléans et Manuel Guinard à Brest.

Le vainqueur de ce match ira défier Marcos Giron ou Peter Gojowczyk. L’Américain est un excellent joueur d’indoor et ses derniers résultats le prouvent : quart de finaliste à Metz, demi-finaliste à Sofia et qualifié au 3e tour à Bercy après avoir notamment battu Frances Tiafoe et Diego Schwartzman. Mais Gojowczyk n’est pas en reste sur cette surface puisque c’est en indoor qu’il présente son meilleur bilan en carrière (52% de victoires). L’Allemand avait d’ailleurs atteint les demies à Metz fin septembre, écartant sur sa route… Marcos Giron en trois manches. Mais depuis, Peter Gojowczyk n’a plus goûté à la victoire, chutant de manière assez surprenante dès le premier tour à Mouilleron le Captif contre Dennis Novak, puis contre Lucas Miedler (en qualif à Vienne) et Jenson Brooksby à Bercy, également dès le premier tour des qualifications. La dynamique est du côté de Giron, qui reste sur 9 victoires lors des 11 derniers matchs en position de favori dans un tableau principal.

Dans cette partie de tableau, on retrouvera un Denis Shapovalov qui a beaucoup de mal à retrouver un bon niveau et de la régularité depuis son beau parcours à Wimbledon. Le Canadien n’a réussi à enchaîner deux victoires qu’à l’US Open et n’a même remporté que 4 des 11 matchs qu’il a disputés contre des joueurs moins bien classés depuis le Majeur Londonien. Arrivera-t-il à retrouver des couleurs dans un tournoi dont il est le tenant du titre ? Il sera opposé à un joueur issu des qualifications pour son entrée en lice. Depuis 2019 il a remporté 13 des 15 matchs qui l’ont opposés à un qualifié.


4e quart de tableau

Comme depuis le début de sa carrière, Félix Auger-Aliassime a alterné le bon et le moins ces dernières semaines. Demi-finaliste à l’US Open, il a subi une défaite surprenante contre Ramos Vinolas à Indian Wells. Idem à Vienne où il a montré un très beau visage avant de tomber face à Koepfer à Bercy. Au total, il n’a remporté que 67% de ses matchs en position de favori sur dur. Ce tournoi serait l’occasion pour lui de finir sur une bonne note, dans une partie de tableau où il semble tout de même capable de tirer son épingle du jeu s’il est dans de bonnes dispositions mentales. Il pourrait imiter son ami Shapovalov et signer cette semaine son premier titre en carrière après 8 finales perdues.

Au second tour, il fera face à Filip Krajinovic ou Roberto Carballes Baena. Les derniers résultats du Serbe n’ont pas été fameux avec trois éliminations consécutives au premier tour à Moscou, Vienne et Bercy, mais Krajinovic n’a pas eu un tirage facile. Il n’en demeure pas moins un bon joueur d’indoor, même s’il manque globalement de régularité (4/13 face au Top 100 depuis 2020). Carballes Baena n’a pas réussi à sortir des qualifications lors des trois derniers tournois en indoor et n’est clairement pas un joueur de surface rapide (deux matchs gagnés en indoor depuis le début de sa carrière). Les deux hommes ne se sont joués que sur terre battue, mais le Serbe mène tout de même 3 victoires à 0.  

De l’autre côté, on aura un beau choc entre Marton Fucsovics et Adrian Mannarino. Après deux mois compliqués, le Hongrois revient bien et performe en indoor (quart à Anvers). Il a d’ailleurs montré un beau visage face à Djokovic à Bercy, à qui il a pris un set. En début de saison, il avait même atteint la finale à Rotterdam. Malgré tout, il a perdu 30% de ses matchs en position de favori sur cette surface durant sa carrière. Il aura face à lui un joueur à l’aise sur cette surface, mais qui ne semble pas encore à 100%. Adrian Mannarino a signé un beau quart à Moscou, mais tout est encore loin d’être parfait. Il a toujours très souvent du mal à créer l’exploit face aux têtes de série. En effet, le 59e mondial présente un bilan d’une victoire pour 17 défaites depuis 2020. Dernièrement, Fucsovics a plutôt bien réussi face aux gauchers sur dur (4 victoires lors des 6 derniers matchs) et avait même battu le Français à Metz en 2018 (6-3, 6-2).

Le vainqueur de ce match défiera Botic Van De Zandschulp ou Jordan Thompson. Les deux joueurs sont dans des dynamiques totalement différentes avec un Van De Zandschulp en grande forme depuis son incroyable parcours à l’US Open puisque le Hollandais a signé une très belle demi-finale à Saint-Pétersbourg, battant notamment Sebastian Korda et Andrey Rublev. En 2021, il a même remporté 57% de ses matchs contre des joueurs mieux classés. L’Australien lui, n’a remporté que deux matchs sur le circuit depuis le mois d’août et a même préféré aller disputer deux Challengers sur la moquette allemande plutôt que de rester sur le circuit pour deux défaites contre Jonas Forejtek (294e) et Marc-Andrea Huesler (186e).