Grand favori du dernier tournoi de la saison (peut-être l’avant-dernier pour Sinner si ce dernier joue à Turin en tant que remplaçant), l’Italien arrive avec beaucoup de certitudes sur cette surface après ses titres à Sofia et à Anvers. Avec 11 victoires lors des 13 derniers matchs en indoor, il a tout de même subi un petit coup d’arrêt à Bercy, s’inclinant d’entrée contre Alcaraz en deux manches. Cette saison, Sinner a perdu à deux reprises dès son entrée en lice d’un ATP250 sur dur, les deux fois contre un joueur classé au-delà de la 60ème place mondiale. Il sera opposé à Andy Murray, l’un des joueurs les plus dangereux classé hors du Top 100 et très à l’aise en indoor. L’Écossais reste sur une très belle victoire face à Hubert Hurkacz à Vienne et a réussi à monter en puissance et à remporter quelques victoires de prestige au fil des semaines. Depuis le mois d’octobre, il a battu des joueurs comme Adrian Mannarino, Carlos Alcaraz ou encore Frances Tiafoe. Dernièrement, Murray n’a pas été en réussite face aux jeunes joueurs puisqu’il reste sur 4 défaites lors des 6 derniers matchs face aux joueurs de moins de 21 ans (Coric, De Minaur, Auger-Aliassime et plus récemment Alcaraz qui l’a battu à Vienne). Son expérience et sa qualité de jeu en indoor seront-elles suffisantes pour faire flancher la tête de série n°1 ? Sur un set peut-être, mais sur la longueur cela semble tout de même compliqué. D'autant plus qu'une statistique fait mal à l'ancien numéro un mondial. Depuis la reprise du circuit en août 2020, sur les 13 tournois où Murray a passé le 1er tour, il s'est incliné à 9 reprises le match suivant. Et sur les 19 tournois disputés au total, hormis à Biella (premier tournoi de la saison 2021), il n'a jamais enchaîné trois succès de suite. Ce qui prouve que physiquement, il peine à enchaîner les matchs. Toutefois, même quand il perd, Murray offre toujours une résistance incroyable et une grosse adversité.


Paul vs Fritz
Souvent en difficulté sur dur cette saison, Tommy Paul a montré de belles choses en cette fin d’année, atteignant notamment les 8e à Indian Wells (battant au passage Andrey Rublev). Il a aussi été performant à Bercy, où il s’est imposé contre Popyrin et Struff avant de tenir la dragée haute à Hubert Hurkacz. Il retrouvera Taylor Fritz moins de deux semaines après s’être incliné face à lui au 2e tour de Saint-Pétersbourg (7-6, 6-4). Depuis 2020, Tommy Paul a remporté 36% de ses matchs face au Top 25 sur dur, un beau taux de réussite pour un joueur qui n’a jamais fait mieux qu’une 50ème place mondiale. Cependant, il semble avoir du mal contre ses compatriotes puisqu’il reste sur six défaites consécutives face aux Américains et n’a plus gagné contre eux depuis février 2020. De son côté, Fritz est en très grande forme après avoir enchaîné une demi-finale à Indian Wells, une finale à Saint-Pétersbourg et un beau quart à Bercy où il est tombé contre Djokovic. Il reste sur 8 victoires lors des 9 derniers matchs en position de favori et ne s’est pas fait piéger contre un Gerasimov toujours difficile à manœuvrer en indoor (6-4, 6-4). Lui, à l’inverse, ne semble pas avoir de complexe face aux autres Américains puisqu’il remporté 15 des 19 matchs qu’il a joués contre ses compatriotes depuis avril 2019 (en position de favori comme d’outsider).


Fucsovics vs Van De Zandschulp
Marton Fuscovics retrouve des couleurs depuis quelques tournois et l’indoor semble lui faire du bien. Quart de finaliste à Anvers, il a aussi montré de belles choses face à Novak Djokovic à Bercy. Il a parfaitement lancé son tournoi en dominant Adrian Mannarino (6-4, 6-0), mais devra se méfier d’un Botic Van De Zandschulp en grande forme dernièrement avec un quart de finale à l’US Open et une demie du côté de Saint-Pétersbourg. 117ème début septembre, ses performances l’ont mené à la 61ème place mondiale et lui ont surtout donné beaucoup de confiance. Le Hollandais n’a pas eu une entrée en matière facile contre Nino Serdarusic, mais il a réussi à conclure l’affaire en deux manches (7-6, 7-6). Cette saison, Botic Van De Zandschulp a remporté 55% de ses matchs en position d’outsider (57% sur dur). Il présente même un bilan de 5 victoires en 9 matchs contre le Top 50 sur cette surface. On peut même ajouter qu’il a remporté 5 des 7 matchs qu’il a joués contre des têtes de série, battu seulement par Medvedev et Khachanov. De son côté, Fucsovics a perdu près de 25% de ses matchs face aux joueurs classés au-delà de la 60e place mondiale sur dur en 2021. Méfiance donc pour le Hongrois.

L’œil de Florent Serra : Ça faisait un petit moment que Fucsovics n’avait pas enchaîné les victoires et je pense que l’indoor est une surface où son jeu s’exprime bien. Le fait que ça aille vite lui correspond avec un bon service, un jeu à plat et une prise de balle tôt. Mais attention, en face, on a un Van De Zandschulp en confiance, qui prend aussi la balle tôt et qui est capable d’agresser au retour. Actuellement, je pense que c’est un match serré et je vois une tendance 55-45 en faveur du Hongrois.


Evans vs Davidovich Fokina
Alors qu’il entame son dernier tournoi de la saison, Dan Evans n’a toujours pas décroché la moindre victoire en indoor en 2021, une surface où il a généralement du mal à performer (40% de victoires en carrière). Battu d’entrée à Vienne par Alcaraz et au même stade à Bercy par Bublik, il aura une entrée en matière tout aussi compliquée face à Davidovich Fokina, surtout au vu de son manque de régularité en position de favori cette saison. Depuis l’Open d’Australie, le Britannique a perdu 56% de ses matchs contre des joueurs moins bien classés sur dur et reste même sur 9 défaites consécutives face au Top 50 (l’Espagnol est 49e) sur cette surface (soit aucune victoire depuis début février). Heureusement, Davidovich Fokina n’est pas au top de sa forme en cette fin de saison (4 victoires lors des 12 derniers matchs avant d’arriver en Suède) même s’il retrouve quelques couleurs en indoor. Vainqueur de Mackenzie Mcdonald au premier tour (6-2, 3-6, 7-5), il a du mal à créer l’exploit en position d’outsider dernièrement (une victoire lors des 8 derniers matchs, mais tout de même 3/4 en indoor cette saison). L’Espagnol a déjà battu Evans sur terre, mais attention, il reste sur quatre défaites de rang contre des petits gabarits (< 1m75) mieux classés que lui. Les cotes seront pourtant très serrées, avec un léger avantage pour la tête de série n°4. Vu l'état de forme des deux joueurs, la cote de l'Espagnol semble intéressante.

L'œil de Florent Serra : Le jeu en variation d’Evans s’adapte bien à l’indoor, d’autant plus sur cette surface de Stockholm. Il est capable de faire du service-volée, de te mettre la pression en retour et je pense que ça peut gêner Davidovich. En revanche, Evans a un petit déficit de puissance alors que l’Espagnol est capable de frapper plus fort et d’avoir plus de points gratuits au service. Les deux hommes ne sont pas dans une excellente dynamique donc c’est un match qui est assez ouvert selon moi. Toutefois, l'Espagnol a déjà un match dans les jambes et il s'est bien arraché pour battre McDonald. Mentalement, ca donne un petit coup de boost alors qu'Evans va faire son entrée en lice, à froid et sans beaucoup de repères positifs. A niveau égal, les cotes sont logiques mais sur ce match, je ne serais pas surpris de voir l'Espagnol s'imposer. Il faudra un très bon Evans pour gagner et je ne pense pas qu'il soit capable de faire un bon match.


Auger-Aliassime vs Krajinovic
Après deux nouveaux échecs en finale en 2021, c’est la dernière occasion cette saison pour Félix Auger-Aliassime d’aller décrocher son premier en carrière. Dans un tableau tout de même très ouvert, son entrée en lice sera très importante dans l’optique de prendre ses marques et de la confiance. A Vienne, il s’est montré solide tennistiquement et mentalement (sauvant notamment des balles de match contre Norrie), il est un peu retombé dans ses travers à Bercy. Cette nouvelle surface moins rapide que la saison dernière pourrait jouer en sa défaveur. De plus cette saison, FAA a perdu plus de 30% de ses matchs contre des joueurs classés au-delà de la 40e place mondiale (Krajinovic est 42e) sur dur. Dernièrement, il s’est tout de même montré plus solide en position de favori (10/12 sur dur depuis Cincinnati). De son côté, le Serbe n’est pas dans une très bonne dynamique (6 éliminations au premier tour lors des 8 derniers tournois), et sa demi-finale à Sofia semble être un trompe-l’œil. Cette saison, il présente un bilan de 10 défaites en 11 matchs face au Top 20 et 0/6 sur dur. Il n’a plus battu un « grand » sur cette surface depuis février 2020 (6 échecs consécutifs).  Cette saison, il s’est incliné contre Auger-Aliassime à Rome.

L'œil de Florent Serra : J’ai toujours un peu de mal à analyser les matchs d’Auger-Aliassime qui reste quand même assez irrégulier. Parfois, il a beaucoup de mal à battre des joueurs à sa portée comme c’était le cas face à Mager à Bercy. En ce moment, je me méfie quand même de Krajinovic, que j’ai commenté dernièrement, et qui a bien joué lors des dernières semaines. Il est capable de bien retourner, de frapper très fort en coup droit quand il a du temps. Cependant, il a parfois tendance à craquer lors des moments importants. Je pense également que le Canadien peut le priver de temps. Avec un écart aussi large, je ne partirai pas les yeux fermés sur Auger. J’aurais rapproché les cotes personnellement vu les résultats d’Auger. Attention à Krajinovic à une telle cote. Je le vois capable d’aller accrocher un set sur ce match.


Denis Shapovalov fera aussi ses débuts dans le tournoi face à Andrea Vavassori. Le Canadien, en grande méforme (il n’a enchainé deux victoires qu’à une seule reprise lors des 7 derniers tournois), est en totale perte de confiance et aura en plus une pression supplémentaire du fait qu’il soit tenant du titre. Cela peut vite devenir un match piège face à un joueur qui jouera totalement libéré, d’autant plus qu’il s’est incliné deux fois lors des 6 derniers matchs qu’il a disputés contre un joueur issu des qualifications. Mais sur la papier, il est logiquement supérieur et une défaite ferait vraiment tâche...

Après sa très belle finale à Vienne où il avait enchainé des victoires sur Tsitsipas, Schwartzman et Sinner, Frances Tiafoe avait été stoppé dans son élan dès le premier tour à Bercy. Il a repris sa marche en avant contre Elias Ymer (6-4, 7-6) et a une belle opportunité d’avancer dans le tableau au vu de ses adversaires potentiels. Au second tour, il défiera Pedro Martinez, tombeur d’Emil Ruusuvuori après 3 heures de combat (6-4, 3-6, 7-6). L’Espagnol n’est pas un joueur d’indoor et plus globalement, pas un joueur de dur. Il reste d’ailleurs sur une seule victoire lors des 9 derniers matchs sur cette surface contre le Top 50. Au vu du niveau qu’affiche Tiafoe actuellement, il ne devrait pas se faire surprendre sur ce match, mais attention, il a perdu plus de 35% de ces matchs face aux joueurs classés au-delà de la 60e place mondiale sur dur cette saison. Et l'Espagnol est capable de faire déjouer voire surjouer l'Américain. C'est un joueur complet un peu sous-côté.

Après un bon début de match, Arthur Rinderknech a profité de l’abandon d’Alexander Bublik (6-1, 2-0 ab.) pour se hisser au second tour. Malgré sa saison marathon (il a déjà disputé 80 matchs), il n’aura pas trop puisé dans ses réserves avant de défier Josef Kovalik, qu’il a d’ailleurs battu en indoor sur le circuit challenger en mars (7-5, 6-2). Le Slovaque, lucky loser et tombeur de Peter Gojowczyk en trois manches, est un joueur beaucoup plus à l’aise sur terre battue mais il a tout de même connu quelques bons résultats sur cette surface (demi-finaliste à Sofia en 2018). Souvent en difficulté contre les grands serveurs (2/10 sur le circuit principal), il n’a plus battu un Top 100 sur dur depuis 2 ans et demi. Le Français partira donc favori mais attention au match piège...