C’est une bataille capitale que vont se livrer Stefanos Tsitsipas et Casper Ruud. Après leur défaite inaugurale, malheur au vaincu. C’est la troisième confrontation entre les deux hommes. Si le Norvégien s’est imposé sur terre battue à Madrid au printemps (7-6, 6-4), le Grec a pris une revanche éclatante sur dur à Toronto durant l’été (6-1, 6-4). Le N°8 mondial devra passer outre cette claque et se concentrer sur les progrès qu’il a effectués sur greenset (extérieur et intérieur). En 2021, il a remporté son premier trophée dans ces conditions de jeu (San Diego) et s’est hissé jusqu’en quarts à Toronto, Cincinnati et Paris-Bercy. De quoi faire naître chez lui un réel espoir de victoire, d’autant qu’il a montré quelques belles choses au service (9 aces) et en coup droit face à Novak Djokovic lors de son premier match au Masters. Ensuite, il s’est un peu crispé et la surface, assez rapide, lui a joué quelques tours. S’il n’a encore jamais battu un TOP 10 sur dur dans sa carrière (pour 7 défaites), ni même jamais remporté une seule manche (pour 15 perdues), voici peut-être le moment pour lui de briser le plafond de verre. Il faut bien l’avouer, on ne reconnaît plus vraiment Tsitsipas depuis maintenant quelques semaines. Après une superbe première moitié de saison, grâce notamment à d’excellents résultats sur terre battue (titre au Masters 1000 de Monte-Carlo, finale à Roland Garros), le Grec s’est peu à peu essoufflé. Récemment, il a déçu à l’US Open (troisième tour), à Vienne (deuxième tour) et à Paris-Bercy (abandon dès son entrée en lice). Certes, sa blessure au coude y est sans doute pour quelque chose. Mais elle n’explique pas tout. Physiquement, mentalement, il est en ce moment un cran en dessous. Et sur dur, il n’a plus réussi à dominer un TOP 10 depuis sa magnifique victoire contre Rafael Nadal à l’Open d’Australie en tout début de saison. Depuis, il a enchaîné 4 défaites de rang. Notons également qu’en indoor, malgré 4 trophées glanés en carrière, il reste sur un bilan négatif lors des 52 dernières semaines : 7 succès, 8 revers. Comme s’il n’arrivait plus à faire la loi, ni mettre en place son jeu offensif dans ces conditions de jeu.         

L’oeil de Rodolphe Gilbert : Ce match est beaucoup plus ouvert que l’autre rencontre du jour dans ce groupe. Le bémol pour Casper Ruud : il n’a jamais battu un TOP 10 sur dur. Ce n’est pas négligeable. Cela dit, cela devrait finir par arriver, vu ses récents progrès, notamment au service, comme on a pu le constater face à Novak Djokovic. Stefanos Tsitsipas est plus habitué au Masters et a déjà gagné ce tournoi. Mais je le sens pas très bien dans ses baskets. Il est en difficulté en cette fin de saison. Il est presque temps que l’année se termine pour lui. Il a perdu le fil conducteur et il ne produit plus le même jeu qu’en début d’exercice. Evidemment, il est toujours capable de battre Ruud, mais je ne trouve pas le statut de favori de Tsitsipas logique vu ce que nous montre actuellement le Grec. D’ailleurs, récemment, le N°4 mondial n’a pas été très bon en indoor. L’occasion est belle pour le Norvégien de battre enfin un TOP 10 dans cet environnement.   

L’œil de Florent Serra : Je l’ai déjà dit, je trouve que Stefanos Tsitsipas n’est pas en confiance. Il joue moins fort, moins lourd et se déplace moins bien. Contre Rublev, il a fait autant de points gagnants (27), mais beaucoup plus de fautes directes (27 contre 13). Côté Casper Ruud, c’était pas si mal contre Djokovic. Il a fait un bon premier set. Il sert bien et claque des aces. Alors oui, il s’est fait malmené par le Grec lors de la tournée nord-américaine, et j’espère pour lui qu’il ne va pas se focaliser sur ce match. Car il a les armes pour battre le Grec, surtout vu l’état de forme de ce dernier. Ça dépendra beaucoup de l’état physique de Tsitsipas. Sur une surface assez rapide, Ruud fera peut-être quelques bois, mais s’il arrive à jouer tôt, il peut prendre de vitesse le Grec. Selon moi, les cotes sont clairement trop écartées. Du coup, c’est très intéressant de miser sur le Norvégien. Il y a vraiment un coup à jouer.