L’ascension spectaculaire d’Alex Eala vers la renommée mondiale a insufflé une bouffée d’inspiration sur le circuit WTA, mais la jeune ambassadrice des Philippines a admis qu’elle touche presque à l’épuisement après une longue série d’engagements.
Âgée de 21 ans, Eala est passée d’une étoile montante du tennis féminin à une figure incontournable après avoir battu la championne en titre Iga Swiatek à Wimbledon et confirmé sa progression en remportant, quelques semaines plus tôt, son premier titre sur le circuit WTA à Washington.
L’attention et l’enthousiasme autour d’Eala n’avaient jamais été vus auparavant dans le tennis féminin pour une joueuse qui n’a pas encore décroché de Grand Chelem ni même intégré le top dix du classement WTA.
Les organisateurs de l’Open du Canada ont reconnu ces derniers jours qu’Eala devait être placée sur le court principal du tournoi à Toronto, en raison de l’engouement sans précédent pour ses rencontres, avec des foules extrêmement enthousiastes lors de ses deux premiers succès.
Si tout cet engouement autour d’Eala est bénéfique pour le sport et apportera sans doute à la jeune athlète la joie au cœur de cette histoire surdimensionnée par les titres, cela peut aussi représenter un fardeau important pour une jeune fille rapidement hissée au rang des superstars sportives.
Gérer l’attention qui se dirige vers elle ne sera pas facile, et elle dispute aussi plus de matches qu’à n’importe quel moment de sa carrière professionnelle alors qu’elle continue à engranger les victoires.
Ainsi, même si la fin de cette course palpitante n’est pas ce que les admirateurs d’Eala ou les organisateurs de l’Open du Canada souhaitent, alors qu’ils surfent sur cette vague d’« Alexmania », cela pourrait être le meilleur scénario pour la joueuse au cœur de ce vacarme joyeux.
Avec ses cinq victoires à Washington et les deux obtenues à Toronto, Eala a déjà passé largement assez de temps sur le court pour aborder le prochain chapitre à l’US Open, où son nouveau statut sera pour la première fois exposé sur la scène d’un Grand Chelem.
On peut s’attendre à ce que les décideurs de l’ordre des matchs placent Eala sur la session nocturne très médiatisée à Flushing Meadows pour la première fois cette année, son statut d’icône devant atteindre un autre palier lorsque l’on lui offrira le traitement glamour de New York.
La dernière chose dont le monde du tennis a besoin à ce stade de la vague Eala est une blessure à notre nouvelle égérie dorée, et ce risque demeure alors qu’elle enchaîne les victoires.
Les équipes médicales du football parlent souvent de la notion de « zone rouge » lorsqu’un joueur montre des signes de fatigue, signe que les blessures musculaires deviennent plus probables.
Le tennis, lui, ne laisse pas de temps de repos pour quelques jeux afin de permettre à vos coéquipiers de prendre le relais pendant que votre corps se remet.
Ce sport est implacable et sans pitié, et la volonté d’éviter la défaite pousse souvent les athlètes à franchir des seuils de douleur et des barrières physiques qui peuvent conduire à des blessures.
Eala a connu une frayeur lors de son dernier match à Toronto en s’étant légèrement tordue la cheville, et ces petits accrochages peuvent s’accumuler jusqu’à devenir problématiques.
Avec le Cincinnati Open en ligne de mire avant l’US Open, les responsables du tennis espèrent que cet élan d’Eala ne sera pas freiné par une réalité blessure indésirable, car on a besoin que le nouveau héros de la discipline continue de mener la tournée WTA pendant de nombreuses années.