Andrey Rublev sur le changement d'entraîneur après sa victoire au Canadian Open : « Personne ne peut vous apprendre quelque chose »

Andrey Rublev sur le changement d’entraîneur après sa victoire au Canadian Open : « Personne ne peut vous apprendre quelque chose »

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Rédigé par Claire Dubois

5 août 2025

Andrey Rublev vise à faire mieux que l’année dernière lors du reconduit au Open du Canada 2025

Le joueur russe doit défendre cette semaine 600 points ATP au profit du tournoi canadien, après avoir atteint la finale en 2024. Son objectif cette année est donc clair : aller plus loin et goûter à cette victoire qu’il a frôlée il y a un an.

Il est de retour en quart de finale cette saison, après une victoire en trois sets face au finaliste de l’Open de Washington, Alejandro Davidovich Fokina. Rublev a su s’imposer face à ce dernier, dans un match serré, lui permettant d’avancer et de continuer sa route dans ce prestigieux tournoi.

Tout en conservant une stabilité remarquable, Rublev a réussi à bâtir une structure solide autour de lui, notamment grâce à la fidélité de son entraîneur Fernando Vicente, avec qui il collabore depuis près de dix ans. Cette constance dans son coaching est particulièrement notable dans un circuit professionnel où, en ce moment, divers changements d’encadrement s’opèrent à grande échelle tant chez les joueurs du circuit ATP que chez celles de la WTA.

Ces dernières semaines ont été marquées par de nombreuses upheavals : Stefanos Tsitsipas a réembauché son père après avoir quitté Goran Ivanisevic, Naomi Osaka a décidé de se séparer de Patrick Mouratoglou, et la situation autour d’Emma Raducanu demeure incertaine concernant son staff. Ces changements radicaux contrastent fortement avec la stabilité que représente Andrey Rublev dans le monde du tennis professionnel.

En effet, le Russe reste un modèle de régularité dans un univers en perpétuelle mutation, et il a récemment évoqué sa relation avec son entraîneur Fernando Vicente lors d’une conférence de presse.

Et pour Rublev, personne ne peut vraiment lui apprendre à ce niveau

Après sa victoire, Rublev a été interrogé sur la nature de sa relation avec son coach, Fernando Vicente. Il a répondu avec beaucoup de sincérité : « Notre relation ? Au-delà d’un simple partenariat joueur-entraîneur. C’est comme un membre de ma famille, et cela le restera pour le reste de ma vie. Parce qu’il a été là quand j’étais totalement seul. Il m’a soutenu sans voir sa propre famille, sacrifiant du temps avec eux pour rester à mes côtés. »

Il a poursuivi : « On fonctionne vraiment bien ensemble. On a une connexion incroyable. Il est très drôle, très ouvert, et on peut tout se dire sans retenue. »

Rublev compare cette relation à quelque chose de particulier : « C’est une sorte de lien, je ne sais pas trop comment le décrire. Je suis très content d’avoir trouvé quelqu’un qui excelle à la fois comme joueur et comme coach, mais également en tant qu’être humain. Fernando Vicente est l’un des meilleures personnes que j’ai rencontrées dans ma carrière. »

L’admiration de Rublev pour Vicente transcende le simple aspect professionnel. Lorsqu’on lui demande ce qui motive cette longue collaboration – ils travaillent ensemble depuis 2016 –, le Russe ne tarit pas d’éloges : « Les avantages ? La force de cette relation, c’est que Fernando est l’un des meilleurs coachs que j’aie jamais eu la chance de connaître. »

Et d’ajouter : « Et ce que j’apprécie tout autant chez lui, c’est qu’il ne travaille pas uniquement pour l’argent, il n’a pas de vices cachés. Il veut m’aider parce qu’il m’aime, c’est tout. Nous sommes comme une famille, c’est tout ce qui compte. »

Pour Rublev, Fernando Vicente ne se contente pas d’être un technicien ; il y met toute son humanité. « Il ne cherche pas à tirer profit de cette relation. Il fait beaucoup de choses pour moi en dehors du tennis, et cela fait toute la différence. Il donne tout pour que je sois à mon meilleur, et cela repose uniquement sur sa bonté et sa générosité. »

« Peu importe combien de coaches vous changez ou le nombre de conseils que vous recevez, au sommet de l’élite, chacun doit principalement se connaître lui-même. On ne peut apprendre tout d’un coach, car au final, c’est le joueur qui doit jouer. » insiste-t-il.

« Si vous cherchez constamment du soutien extérieur, vous risquez de ne pas vraiment progresser. La clé, c’est de se connaître et d’être capable de se booster seul, avec le bon accompagnement, certes, mais sans dépendance. »

Qui est Fernando Vicente ?

Fernando Vicente, entraîneur espagnol, a travaillé avec Rublev depuis presque dix ans, contribuant à faire du Russe l’un des meilleurs de l’ATP. Avant de se consacrer au coaching, Vicente a été joueur professionnel, atteignant la 29e place mondiale en simple, et remportant trois titres ATP.

Sa carrière de joueur a débuté en 1996, et il s’est progressivement tourné vers l’encadrement après sa retraite en 2011. Il a déjà entraîné d’autres grands noms comme Marc Lopez et Marcel Granollers, entre 2010 et 2014, bâtissant toujours sa réputation dans le monde du tennis.

Sous son regard attentif, Rublev a remporté 17 titres sur le circuit ATP, notamment deux trophées en Masters 1000 à Monte-Carlo et Madrid. La longue collaboration avec Vicente apparaît comme un véritable atout supplémentaire pour l’élève, lui offrant une stabilité que peu de ses concurrents peuvent revendiquer.

À l’approche de son quart de finale contre Taylor Fritz, la tête de série numéro deux du tournoi, Rublev aborde la confrontation avec confiance. Fritz, quant à lui, a décroché sa place en battant lors d’un match marathon Jiri Lehecka, chaque manche étant décidée aux jeux décisifs. Une rencontre qui promet encore du spectacle et du suspense.

Ce match, à la fois tactique et exigeant physiquement, s’annonce comme l’un des moments forts de cet Open du Canada 2025, où la constance et la stabilité mentale de Rublev pourraient faire la différence face à l’un des jeunes talents montants du circuit.

Claire Dubois

Claire Dubois

Je m'appelle Claire Dubois et je suis journaliste spécialisée tennis depuis plus de 20 ans. J’ai grandi avec la génération Mauresmo et Federer, et je mets aujourd’hui ma passion au service d’analyses fouillées et accessibles. Ce que j’aime par-dessus tout : raconter ce que les caméras ne montrent pas — les trajectoires, les doutes, les petites victoires invisibles.