Felix Auger-Aliassime a joué un rôle majeur dans ce quart de finale de Wimbledon devenu un classique sur le Centre Court, mais au final il n’y avait qu’un seul vainqueur et cet honneur est revenu à Novak Djokovic.
Le Canadien et le Serbe se sont livrés une bataille qui a duré cinq heures et quinze minutes lors d’un duel tardif, le match s’achevant à quelques minutes du couvre-feu de 23 heures à SW19, Djokovic levant les bras en signe de triomphe.
C’était un coup dur pour la troisième tête de série, alors qu’il manquait l’objectif d’atteindre sa première demi-finale du Grand Chelem sur gazon, Djokovic se qualifiant pour la suite avec une victoire 7-6 (10-8), 3-6, 6-3, 6-7 (4-7), 7-6 (10-4).
Le cœur lourd, Auger-Aliassime a pris la parole devant les médias après la rencontre et a révélé qu’il avait gardé jusqu’au bout la confiance en sa capacité de battre le vainqueur de 24 titres du Grand Chelem, le recordman à 24 titres du Grand Chelem.
Q: Félix, défaite difficile pour toi. Donne-nous ton ressenti sur le match.
FELIX AUGER-ALIASSIME: « Ouais. Désolé, j’ai un peu la tête qui tourne. »
Q: Prends ton temps.
FELIX AUGER-ALIASSIME: « Écoute, pour faire court, c’était un combat incroyable, une bataille extraordinaire avec une légende de notre sport. C’est ce que c’est. Évidemment, c’est difficile pour moi. Des quarts à Paris. Ici. J’ai eu d’autres occasions dans ma carrière où des rencontres serrées comme celle-ci n’ont pas tourné en ma faveur. »
FELIX AUGER-ALIASSIME: « Je verrai ce que je peux faire pour que cela tourne en ma faveur la prochaine fois. Pour l’instant, je peux être fier du combat et puis je passe à autre chose, vers la suite. »
Q: As-tu senti à certains moments, dans les moments difficiles, que le résultat reposait sur ta raquette ?
FELIX AUGER-ALIASSIME: « J’avais énormément de confiance. Je ne pense pas que la confiance ait été un problème. Je pense qu’après un set égal, il n’y avait qu’un seul jeu dans le troisième set où j’ai perdu ma concentration. Après plus de deux heures et demie à rester très concentré face à lui, j’ai perdu un peu de ma concentration.
« Dans le quatrième set j’ai eu la chance de revenir. Lui aussi avait perdu de la concentration, une petite baisse, ce qui m’a donné une chance de revenir dans le quatrième set. Puis j’ai estimé que j’avais bien joué, notamment dans le tie-break. »
« Mais oui, à la fin il prouve encore une fois qu’il est bon quand il le faut. Il est solide, plus solide que moi lorsque c’est nécessaire. Ouais, ce sont les styles de jeu. Je pense que son style est un peu plus constant et plus solide dans les moments serrés que le mien. »
« Mais encore, il est impressionnant dans tant de domaines. La qualité de son service est probablement l’une des meilleures du tableau. Le retour, on le sait. À chaque retour sur sa deuxième balle il vous fait jouer et vise le fond du terrain. On le sait, car on l’a tellement vu, mais il est incroyable de le voir faire encore et encore. »
Q: C’était le match le plus long de ta carrière. Dans quelle mesure un tie-break paraît-il différent à l’issue d’un match aussi long ? Où étais-tu mentalement pendant cette dernière portion ?
FELIX AUGER-ALIASSIME: « Pour être honnête, j’ai eu énormément de confiance jusqu’au bout. J’essayais de bien servir, de ne pas trop prendre de risques, de jouer le coup le plus intelligent à chaque instant. »
FELIX AUGER-ALIASSIME: « Évidemment, parfois l’un des joueurs doit prendre un peu plus de risques à certains moments. Mais cela ne m’a pas souri. »
FELIX AUGER-ALIASSIME: « Je ne me souviens pas, j’avais 15-30 sur une remise en jeu. J’ai frappé un revers le long de la ligne. Si j’avais réussi celui-ci, cible plus précise, peut-être 15-40. Ça aurait donné un petit élan. »
FELIX AUGER-ALIASSIME: « Est-ce que je regrette peut-être de ne pas être resté dans l’échange ? Peut-être. Mais ce sont des choix que l’on fait sur le court et il faut les accepter. »
Q: Tu as dit que certaines parties de ton jeu ne te paraissent pas aussi solides que les siennes dans les grands moments. Qu’est-ce qui te paraît le moins sûr ?
FELIX AUGER-ALIASSIME: « Non, ce n’est pas ça, ce sont les styles de jeu. J’ai regardé beaucoup Novak au fil des années. J’ai analysé pas mal de ses matchs, ici ou dans d’autres Grands Chelems. Même à des moments où il n’était pas au mieux, il battait Roger ici en 2019. Tu sens que dans les tie-breaks ou les moments serrés, soit il sert bien soit il te force à jouer l’échange supplémentaire. Cela te maintient dans une position où tu ne peux pas l’attaquer, mais il te neutralise jusqu’à ce qu’il attende une erreur. »
FELIX AUGER-ALIASSIME: « Donc oui, son style de jeu n’est pas le mien par nature. J’essaie plutôt d’avancer vers l’avant. Mais je vais devoir apprendre à gérer cela, savoir quand aller en avant et quand être un peu plus solide d’une certaine façon. »